16.05.2012

Père que faire ?

 

PÈRE QUE FAIRE ?

 

Père que faire ?

 

Les pauvres se plaignent d’être pauvre.

Les riches se plaignent d’être riche.

 

Mon cher fils contentez vous d’être

un grand bourgeois calfeutré.

Heureux caché derrière de hauts murs.

HEC va vous expliquer tout cela.

 

Père je crains que cette position soit inconfortable.

Je vais vivre dans l’angoisse permanente.

La peur des affres de la pauvreté.

La peur de la tentation de la richesse.

 

Concentré sur la ligne médiane

comme un funambule entre deux vies,

subissant les assauts de l’envie et de l’excès.

Entre misère et péché.

 

Père que faire ?

 

Pensez à vous avant tout, négligez le commun.

Adulé le puissant, votez pour lui il vous préservera.

Aux envieux cachés vos biens et vos passions.

Ne donnez pas trop aux pauvres, ils s’habituent vite.

 

N’abandonnez jamais notre Sainte Mère l’Église

dernier rempart contre l’avilissement des mœurs.

Elle seule maintient chacun à sa place.

Laissez l’espoir du Paradis aux démunis.

 

Père les temps ont changé

Les cierges des églises n’attirent plus que les papillons.

L’encens n’enivre que les bigotes et les pigeons.

Quant au Paradis vos pauvres le cherchent sur terre.

 

Patiemment les puissants ont commencé à nous dépouiller

ils sont de plus en plus riches, leurs enfants s’embourgeoisent.

Ils achètent les châteaux Napoléon III de vos grands pères

pour en faire des résidences secondaires avec piscine.

 

Père que faire ?

 

Ils rêvent de vous ressembler! Alors, ingérez les, digérez les !

Faites en de bons gros bourgeois à la face rougeaude.

Ensemble vous trouverez des jeunes ambitieux sans le sou

que vous formerez au maintien à distance de la plèbe.

 

Quelques médailles, des postes politiques lucratifs,

puis des portefeuilles de ministre bien remplis.

Alors soyez sans crainte ils vous serviront servilement.

L’ombre sera douce à vos yeux de vainqueur.

 

Merci père.

 

 

15.05.2012

Parfois.

 

PARFOIS.

 

Parfois je rêve

De plomb mon cœur l’enrober

De céciter mes yeux

De surditer mes oreilles

De plonger dans le puit noir

De l’amnésie facile

De descendre, descendre

De traverser la réalité

De retrouver les miens

De ne plus avoir peur

De ne plus désespérer

De sourire simplement

De vivre sans haine

De prier sans religion

De tribu sans ethnie

De sagesse sans guru

De paix sans calumet

 

Parfois je regrette

De mon pays le lointain.

14.05.2012

Parade.

 

PARADE

 

Paradis ensoleillé où parade la citadelle émerveillée

Je m’éveille au premier matin de l’initié vénitien

La tourterelle roucoule le chant d’amour des élus

Pendant que je grappille les premiers mots du devenir

Au pied de la passerelle règne le silence et la patience

Seuls les fils de l’imaginaire et des rêves savent

L’héliotrope serein veille devant la porte basse

Ceux qui ont choisis de la franchir sont anxieux

Face à l’escalier hélicoïdal comprendront ils

Que la porte des Mystères est au bout de la Voie.

 

 

12.05.2012

Nos rues.

 

NOS RUES.

 

Nos rues sont des rivières asséchées

qui charrient nos humeurs nocturnes.

Les jours n’aiment pas les crépuscules.

 

Nos rues sont des mers ensablées

qui portent des marées de drapeaux rouges

Les dictateurs n’aiment pas le bruit des vagues.

 

Nos rues sont des nuages sans pluies

qui emportent le flot de nos songes inachevés.

Les rêveurs n’aiment pas l’égout de nos mémoires.

 

Nos rues sont passages de vents lointains

qui chantent la misère et la mort.

Les financiers n’aiment pas la pauvre réalité.

 

Nos rues sont de longs couloirs sans porte

qui ne sourient jamais aux ombres.

Les autochtones n’aiment pas l’étranger.

 

Nos rues sont des scènes blanches et vides

qui cherchent des rôles pour les passants.

Les citadins n’aiment pas sortir de l’anonymat.

 

 

11.05.2012

Nomades.

 

NOMADES.

 

 

Les nomades n’écoutent que le vent

Qui leur chuchote : liberté, liberté.

Alors au petit matin,

Drapés de soleil levant,

Ils laissent une poignée de sable

Leur indiquer le chemin.

Joyeux fusent les rires et les chants

Qui couvrent les pleurs des enfants.

 

Loin des hommes et des dogmes

Ils sentent battre le cœur des montagnes.

Le soir en rond autour du feu ils écoutent

Le chant des dunes perpétuer les vieilles légendes.

Au frais matin comme des écus d’or

Entre leurs mains ruisselle l’eau précieuse.

Ils regardent toujours avec respect le ciel ombrageux

Qui dispense selon son humeur richesse ou disette.

Les terres inhospitalières leurs sont toujours réservées,

Ils ont appris à aimer chacun de leur bienfait.

 

Les nomades délaissent les routes et les villages

Préférant les pistes et les campements éphémères.

S’enraciner c’est perdre le bleu des cieux dans leurs yeux,

C’est ne plus respirer l’air sauvage des quatre vents.

Pour eux les frontières n’existent pas, leur territoire est là

Où sont leurs frères, l’eau ou les pâturages salvateurs.

 

Ils n’ont que faire de notre Vérité absolue

Le Monde leur offre à découvrir ses vérités.

 

 

10.05.2012

Noël.

 

NOËL

 

Je suis triste Noël approche.

 

Allez soutiers de la Noëlworldcompany

Ne vous occupez pas des ronchons

Ouvrez, ouvrez, que ça coule à flots :

Du sucré, du sirupeux, de la guimauve

Du petit Papa Noël, de l’Ave Maria,

Du il est né le Divin Enfant.

 

Nous voulons les voir l’œil humide,

Remplis de tonnes de faux bons sentiments,

De perverse culpabilisation

L’important c’est qu’ils oublient la crise

Ouvrez, ouvrez que les euros coulent à flots

Dans nos coffres insatiables et offshore.

 

J’étouffe, j’enrage, ils sont partout

Jusqu’à chez moi ils me harcèlent.

Souriant béatement de se découvrir

Si bons, si parents, si Mamy, si Papy,

Si merveilleux d’avoir fait sourire

Quelques marmots désenchantés.

 

Je ferme les yeux et me bouche les oreilles.

Alors tout ressurgit :

 

Vingt euros tu te rends compte,

Pour les pauvres en plus

Ils ont qu’à travailler merde.

Pour les enfants africains

Qui meurent de faim

Tu crois que c’est facile pour moi ?

 

Les convois nuit et brouillard

N’ont jamais cessé de rouler

Sur tous les continents.

Attendront ils que leurs proches

Disparaissent sans raison

Pour enfin relever la tête

 

N’entendent-ils pas le dernier souffle

De tous ces enfants décharnés

Qui hantent mes nuits.

Ne sentent-ils pas l’haleine empuantie

De la bête immonde qui rode sans fin

Autour de nos consciences avachies.

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

Tu l’as dit Alfred !

Peut être, mais que j’aimerai écrire l’espoir,

Écrire que nous sommes enfin devenu humain

Capable d’empathie et de respect.

Je rêve d’utopique amour réalisé.

 

Je suis triste

 

 

09.05.2012

N'importe quoi !

 

N’IMPORTE QUOI !

QUOI QUE

 

 

L’adjudant-chef joue du capillaire à moustache. Non c’est lui qui a une moustache accordéon ou lampadaire. Je ne sais plus mes chemises.

Direction l’armoire à glace qui dérive comme un iceberg paléontologue. Le piano court fier et monopolistique comme un conifère reptilien. J’aime le son translucide des mollusques télévisuels. Par delà le maître de conférence roucoule la vertu des locomotives enfantant dans la douleur.

Périscope anatomique de la périphérie orientale des hécatombes du journaliste matelas des extensions du péritoine fantôme.

Ô ! Déesse, marmite de l’antichambre du tigre d’artillerie reclus dans l’assemblée majeure des tambours grenouilles. Chiche a crié le dictionnaire au platane centenaire qui depuis zone avec le porte-avions des ténèbres mandarines en épluchant des cataractes éponymes du catcheur de la grande velours.

Mama mia fragile bombe H au cou du polymorphe nuageux qui coud l’esprit des cataphorèses en brûlant l’imaginaire casserole de la méningite culturelle. Porte savon outarde médiocre paraphrase du dénivelé de l’emphase des synopses épidermiques du poêle à mazout. Veulerie de crêpage dénaturé sordide planche du décollage des artères moisies.

Vînt la fin du moelleux profil d’île aux cales méridionales mais caustiques ou bavolet de Paris. L’oxymore anorexique chante un candélabre serpent au plexus mathématique des stalactites de la mondialisation bistro. Les falbalas sauterelles plafonnent au quai des marelles impersonnelles pendant que l’estragon tangue mirliton sur les gamelles têtues de l’abstinence.

Le mélodrame baryton écarte l’épervier qui gît macadam et mandibule. Encore une erreur du pédalier gauchiste atrabilaire. Sus aux bouses crie le percolateur en sifflant la tuile qui chaloupe au bord du tunnelier gramophone. Excuse moi paillasson vertigineux et évanescent je bois seul du diamant pétrolifère question de banque et de malodorante. A chacun sa camisole auréolée sagace ménisque du tournesol.

Je lutte précieux carnaval contre des poêles à six queues. L’origami septentrional déverse des publicités sable pendant que le ronronnement de la monnaie pétrifie les lauzes. La clepsydre indolore corrompt la méduse inoxydable du vilain paravent en vagues lubriques et médisantes.

L’acronyme pêche par clapotis le vent  des alouettes mélomanes sur les carcasses de consciences pare-soleil. Pendant ce temps l’acrostiche théorise l’éreintement du plumier des tramways dictionnaires.

Je parapente le mystère de la ficelle en torticolis comme un scarabée hante les hauts fourneaux du sexe des anges. Malgré tout je pardonne aux tranches de sudation leur parodie de basilique néo-macaron.

Ô ! Folie blanche des œufs noirs de la calomnie paratonnerre mortel. Fresque gladiateur le long d’un décollement graveleux au plus germain de ornithorynques fluctuants contre le manoir du séparateur olifant.

Vient le moment de la cécité kleptomane ou maritale. Il faut bien blanc manteau sinon la perdrix cachera l’esclave à l’enclume de mauvaise foi et je perlerai en décadence la motivation du bail emphytéotique.

L’espagnolette geint de ne pas pommier lors de la sonate conquistador des gravats. Platitude réveil des hippocampes barbelés d’immondice castafiore pluridisciplinaire et ci-devant.

Chatoiement des bielles, médiocre médicament omnivore pour talus cadenassés. Au loin trémolos du sanglier à la lune du syncrétisme.

 

08.05.2012

Neige.

 

NEIGE.

 

Neige, douce caresse de rêve

Fragiles lignes ténues

Sur des branches sans sève

Consentantes et émues.

 

Les enfants savants

Soufflent au vent

D’attendre calmement

Le retour du printemps.

 

Afin que demain matin

Les arbres devenus sapins

Restent blancs sans fin

Dans leurs yeux malins.