25.11.2009

Monologue.

MONOLOGUE.

 

 

 

 

 

Il faut revenir à vous.

Tu te vouvoies maintenant ?

Non c’est juste pour l’élégance.

Tu parles !

Si, si, il est bon parfois

De prendre du recul.

La familiarité, la promiscuité

Amène la complaisance

Avec le tutoiement on fini

Par se pardonner trop facilement

On accroche aux portemanteaux des autres

Nos dépouilles malodorantes.

Tu me fatigues !

Vous il serait bon d’ouvrir vos yeux

Aveugle du sentiment.

Vous touchez la pierre sur le cœur de l’autre

Mais le rocher sur le votre ne vous pèse-t-il pas ?

C’est sûr, toi tu larmoies, tu caritative,

Tu pétitionnes, tu chèques, tu bonsentiments

Mais le mec dans la rue il pue

De trop pour que tu l’approches.

C’est vous qui me fatiguez maintenant.

C’est sûr vous grandgueulez

Dans les avenues des beaux quartiers,

Vous bouteillez avec les SDF,

Mais le métro c’est bon pour les prolos.

Vous caissedépargnez, vous sicavez,

Vous dividendez, vous écureuillez.

On ne c’est pas ce que l’avenir nous réserve!

Dites vous en baissant la tête.

Bon arrête viens boire un coup.

Je vous reconnaît bien là.

 

 

Le 21 novembre 2009.

23.11.2009

Père que faire ?

PÈRE QUE FAIRE ?

 

 

 

 

 

Père que faire ?

 

Les pauvres se plaignent d’être pauvre.

Les riches se plaignent d’être riche.

 

Mon cher fils contentez vous d’être

un grand bourgeois calfeutré.

Heureux caché derrière de hauts murs.

HEC va vous expliquer tout cela.

 

Père je crains que cette position soit inconfortable.

Je vais vivre dans l’angoisse permanente.

La peur des affres de la pauvreté.

La peur de la tentation de la richesse.

 

Concentré sur la ligne médiane

comme un funambule entre deux vies,

subissant les assauts de l’envie et de l’excès.

Entre misère et péché.

 

Père que faire ?

 

Pensez à vous avant tout, négligez le commun.

Adulé le puissant, votez pour lui il vous préservera.

Aux envieux cachés vos biens et vos passions.

Ne donnez pas trop aux pauvres, ils s’habituent vite.

 

N’abandonnez jamais notre Sainte Mère l’Église

dernier rempart contre l’avilissement des mœurs.

Elle seule maintient chacun à sa place.

Laissez l’espoir du Paradis aux démunis.

 

Père les temps ont changé

Les cierges des églises n’attirent plus que les papillons.

L’encens n’enivre que les bigotes et les pigeons.

Quant au Paradis vos pauvres le cherchent sur terre.

 

Patiemment les puissants ont commencé à nous dépouiller

ils sont de plus en plus riches, leurs enfants s’embourgeoisent.

Ils achètent les châteaux Napoléon III de vos grands pères

pour en faire des résidences secondaires avec piscine.

 

Père que faire ?

 

Ils rêvent de vous ressembler! Alors, ingérez les, digérez les !

Faites en de bons gros bourgeois à la face rougeaude.

Ensemble vous trouverez des jeunes ambitieux sans le sou

que vous formerez au maintien à distance de la plèbe.

 

Quelques médailles, des postes politiques lucratifs,

puis des portefeuilles de ministre bien remplis.

Alors soyez sans crainte ils vous serviront servilement.

L’ombre sera douce à vos yeux de vainqueur.

 

Merci père.

 

 

Le 20 novembre 2009.

Le patineur.

LE PATINEUR.

 

 

 

 

À Benjamin.

 

 

 

Le patineur tourne, tourne.

Il oublie le temps.

Il est si léger que

vers le ciel il monte.

 

Sur un nuage glacé

il dessine les arabesques

d’un monde merveilleux

qu’un arc en ciel colorie.

 

Des bambins bouche bée

découvre les signes mystérieux

du royaume de l’imaginaire

que les adultes ne voient pas.

 

À la patinoire de Kitsilano

des enfants tournent, tournent

des rêves accrochés aux patins.

Ils sont légers, légers.

 

 

Le 10 novembre 2009.

LE PATINEUR. V2.

 

 

 

 

À Benjamin.

 

 

 

Tout de blanc vêtu

lévité par la glace cristal

il brille comme un soleil

d’hiver au zénith.

 

Abstrait de la pesanteur

il tourne, il arabesque,

il vole porté par les ailes

des oiseaux de paix.

 

Dans un doux crissement

ses lames dessinent,

tels des fleurs éternelles,

les cœurs du bonheur.

 

 

Le 13 novembre 2009.

 

22.11.2009

J'ai cru aux crues.

J’AI CRU AUX CRUES.

 

 

 

 

J’ai cru aux crues abondantes

J’ai cru aux décrues fertilisantes

J’ai cru à toutes leurs sornettes

J’ai cru bon de ne pas tirer la sonnette.

 

J’ai bu des grands crus

J’ai bu de l’eau des crues

J’ai bu le vin avant la lie

J’ai bu le calice jusqu’à l’hallali.

 

J’ai perdu tout mon pognon

J’ai perdu toutes mes illusions

J’ai perdu ma mie qui l’eu cru.

J’ai perdu, j’ai bu, je suis foutu.

 

J’ai vendu mon château breton

J’ai vendu ma Rolls d’occasion

J’ai vendu mes fameux Picasson

J’ai vendu les fourrures de Manon.

 

J’ai vécu chez des cousins

J’ai vécu reclus cistercien

J’ai vécu près la belle Aurélien

J’ai vécu nomade bédouin.

 

J’ai revu le soleil se lever

J’ai revu des enfants émerveillés

J’ai revu le ciel étoilé

J’ai revu mon sourire oublié.

 

J’ai tendu le cou pour voir Orion

J’ai tendu le doigt vers l’horizon

J’ai tendu l’oreille à l’appel marin

J’ai tendu la main à demain.

 

 

 

Le 28 décembre 2008.

21.11.2009

Effervescence.

EFFERVESCENCE.

 

 

 

 

Fragile mon cœur cesse de battre,

je viens de poignarder mon ombre.

Je cours de réverbère en réverbère,

hagard je constate ma solitude,

mes cris n’ont plus d’écho

l’altérité est morte sans bruit.

L’harmonie des contraires est rompue

je ne suis plus que lumière.

Invisible au cœur de mes semblables

je cherche désespérément mes ténèbres.

Je longe le précipice de mes bons sentiments

j’inhale avec délice les effluves

de sa cascade de rires silencieux.

Sans réfléchir je plonge,

une vague me renvoie son refus

qui me porte au rivage.

Les yeux vers les étoiles

Je mendie au cosmos un voile noir.

Hadès gronde : je suis le maître

Quelle insolence est la tienne

Attends ton tour.

Fragile mon cœur cesse de battre

 

 

Le 16 mai 2009.