28.01.2012

Désespéré.

Illumination nocturne : tu dois écrire
M’a dit Victor Hugo, tout de blanc vêtu.
Investi de cette haute mission littéraire,
Tout vêtu de blanc je m’installe, dès l’aube,
Devant mon ordinateur qui ronronne de plaisir.
Lui ronronne moi je grogne, écrire, écrire
C’est bien mais quoi ? Victor inspire moi !
Du calme, du calme me dis-je, réfléchi un peu.

Les romanciers outranciers racontent leur vie,
Bonne piste Baptiste, exploitons le filon Léon.
Je vais bien trouver dans ma vie Louis,
Du croustillant, de l’étonnant, du détonnant,
De l’intime à gratter à vif, du scabreux graveleux.

Allez au travail, je commence par le début,
Inventaire des impossibles possibles :
Je ne fus pas abandonné à l’Assistance Publique,
Je ne suis pas un orphelin maltraité par la société
Pas d’inceste dans la famille, tout est tranquille
Je ne me suis jamais drogué, ni fumette, ni piquette,
Ni snifette, quelques cigarettes muettes, des miettes.
Je ne suis pas, par manque de vocation, une tantouze.
Je ne connais pas, par manque de relation,
Le charmant circuit sado-maso-partouze.
Je dois bien le reconnaître l’amour à douze
Me tente autant qu’une douzaine de piquouses
Je ne hais pas toute la société, même les vieilles mémés.

Triste bilan je suis désespéré, rien pour un roman à succès.


27.01.2012

Démocratie.

Il y a déjà un an j'écrivais :

 

Ils ont réseauté le vent de la liberté
Alors l’espoir, flammèche désespérée,
Est redevenue feu de joie
Dans la longue nuit de silence.

La peur, complice du dictateur,
Main invisible du pouvoir relâche
Son étreinte poisseuse et malsaine
Sur les paroles de lendemain.

Place du Droit de Vivre Libre
Ils se sont tous retrouvés unis,
Même cordée d’alpinistes du rêve,
Criant en chœur avec rage "dégage".

Le coup de fil libérateur a fait pleurer
Rire, chanter, danser les fous d’hier.
Ébahis de leur propre audace
Hommes et femmes relèvent la tête.

Passé les embrassades et les agapes,
S’ouvre la voie aride de la démocratie.
Tendre au cœur, dure à la raison
Elle fissure souvent les révolutions.

Exigeante elle malmène ses prétendants :
Si vous m’aimez vraiment il faut savoir
Vivre harmonieusement dans la diversité.
Être toujours accueillant à l’autre.

Pensifs ils ont repris le cours de leur vie.
La petite graine du bel avenir est en terre
Nos jardiniers semeur de lumière s’activent.
Que récolteront-ils : Nuit ou clarté ?

 

La question reste toujours posée.



26.01.2012

Demain.

 

Lorsque je rejoindrai l’abîme
J’emporterai mes certitudes,
Mes victoires sans lendemain,
Mes flamboiements obscurs,
L’écume de mes jours.

Je vous laisserai les braises
De mes doutes,
De mes défaites glorieuses,
De mon monde inconnu.

Puis j’attendrai le souffle
Qui les embrasera
Pour l’illumination.


25.01.2012

Dans une ville.


Dans une ville, tout près d’ici, loin d’ailleurs
Un enfant, joue au jardinier arroseur
Depuis longtemps il est amoureux d’une femme-fleur
J’avais entendu cette histoire d’un conteur
Et j’étais assis rêvant d’un monde meilleur
Il y avait des hommes sans peur
Il y avait des femmes sans pleurs
Ils ont dit qu’il n’y avait plus de dictateur
Une silhouette familière surgie, c’était le narrateur
Léger comme dans un rêve d’éveilleur
Ses lèvres formaient le mot bonheur.

Dans une ville V2.

Dans une ville, tout près d’ici, sous un soleil bleu
Un enfant arc-en-ciel se déploie lentement
Il est amoureux d’une Étoile d’Or.
J’avais un chapeau en croissant de lune
Et j’étais assis auprès de la source
Il y avait des hommes en chemise de vent
Il y avait des femmes en châle de brume
Ils ont dit qu’ils chanteraient à nouveau.
Une silhouette familière a souri
Évanescente comme dans un rêve
Ses lèvres formaient le mot espoir.


24.01.2012

Couleur femme.

Elle porte la couleur des brumes automnales
De nos douleurs ensevelies,
Rassurés nous savons qu’elle peut de son souffle
Chasser tous nos nuages.

De ses yeux de braise jaillissent les diamants noirs
De la misère universelle,
Qu’estompent les doux plissements multicolores
De ses sourires maternels.

Ses paroles coucher de soleil d’or et d’azur
Apaisent et consolent
Les enfants et les miséreux du premier doute
À l’ultime cauchemar.

Souvent ombre furtive d’esclave, elle sait :
Un jour viendra la lumière,
Alors les ténèbres ne pourront plus masquer
L’aube bienveillante.

Elle pleure en silence des larmes d’argent
Que recueillent tremblants
Les papillons de ses rêves pour les transformer
En rosée cristalline.

L’arc-en-ciel, enfant du malheur et du bonheur,
Est la couleur femme.
Xylophone céleste tu apaises nos cœurs anxieux
De tes pétales d’amour.

Elle est la poésie incarnée depuis le premier jour
Du sentiment amoureux.
Ses doigts aériens et graciles tracent dans l’argile ocre
Les courbes du bonheur.



21.01.2012

Comédie.


Elle flotte dans l’éternité
L’étoile de mes rêves.
Je l’enlace pour un câlin
Les soirs de tristesse
Après l’annonce des carnages,
Onde violente qui outrage
Mes utopies encore préservées.

La grande usine à décerveler
Fonctionne à plein temps
Et nous dans le théâtre de nos vies
Nous jouons la comédie
Des grandes âmes sensibles
En pensant à la meilleure
Méthode pour remplir nos tirelire.
Escalier dérobé pour minable escroc.


20.01.2012

Coeur de pierre.

Mon rugueux cœur de pierre
Pleure une rosée sanglante.
Honte à toi mon fidèle zélateur
Soutien énigmatique de ma haine.

Pleurer sur quoi ?
Mes yeux restent secs aux peurs,
Aux cris d’effroi des humains,
Passagers effarés de l’infini.

Paillettes à mille faces,
Quémandeurs hallucinés
D’un espoir d’éternité,
Ils s’édifient un avenir.

Espérer est ce raisonnable ?
La flèche retombe inexorablement.
Aussi fort soit l’archer céleste,
L’arc cosmique toujours échoue.

Pourquoi construire ?
Détruire est flamboyance.
Je nie la matière et l’esprit,
Expression de l’ultime arrogance

Mon rugueux cœur de pierre
Oublie l’interstice lumineux
Ephémère raie de fausse vérité,
Source de larmes d’illusion.



19.01.2012

CHU de Caen.

Massif et impersonnel blockhaus,
Aux petites fenêtres tels des alvéoles
D’une ruche humaine froide et distante.
Océan de douleurs et de souffrances
Physique et morales parsemé de
Quelques îlots de bonheur, d’espoir.
Cris de nouveaux-nés entre mille agonies.

À chaque passage je m’imagine cet édifice
Comme un bloc renouvelé de malheurs,
Posé au milieu de la ville amnésique.
Vision pessimiste, injuste et partiale.

Le premier ressenti absorbé, telle la vague par le sable,
M’apparaissent les visages radieux de tous ceux,
Qui arrivés anxieux, défigurés par la douleur,
Sortent guéris, soulagés, prêts à profiter
Pleinement de leur vie ou d’un supplément,
Parfois inespéré, volé à la mort.

Chaque vision de ce bâtiment me mets mal à l’aise.
Malgré tous les aspects positifs que j’imagine
Cette architecture ne réussit pas à me persuader
Quand ce lieu des humains se battent
Nuit et jour pour donner du bonheur,
En obligeant l’ombre à battre en retrait,
Ce qui pourtant est le cas en permanence.
Alors pourquoi ce malaise persistant ?