30.10.2008

Milan (mil an ?)

Diversité des poèmes ,comme la vie !

 

MILAN.

Sonographe.

 

 

 

J’ai mille ans et je vole comme à mes vint ans.

Oiseau immortel, prince des rapaces, je plane

Indifférent au temps.

Maître de l’espace je suis le milan royal.

 

Je l’ai vue naître, prendre forme ma ville,

Milan la religieuse. Sur mon nid de naissance

Les hommes ont construit leur premier temple

L’an mil est passé, la grande peur a disparu.

 

L’archevêque Aribert da Intimiano la dirige.

Il a imposé une organisation éternelle dit il.

Je la survole et déjà point la mort et la cupidité.

Des siècles de confusion et de haine sont en marche.

 

Je sais que la terre est ronde, je connais l’avenir.

L’ami Baramendena Keita empereur du Mali

M’accueille sur son poing et me conte à l’oreille

La véritable origine du monde et de nos ancêtres.

 

En ce temps la nous étions tous noirs et lucides

Le mil poussait en abondance, la faim n’était pas mot.

Je n’ai pas connu ce temps béni où le mal

Etait pierre et la vérité fleuve, je le regrette.

 

Mon don d’ubiquité m’a révélé les secrets du monde

J’aime au lever du soleil admirer l’autre grande mer

Immobile j’admire la citadelle royale de Chancay

Je longe la côte, au sud une grande plaine accueillante.

 

J’y vois dans une brume prémonitoire la future Lima

Irriguées de fleuves de boue et de sang, j’y vois

Des malins venus de loin, verroterie et crucifix artifices

Pour mieux exterminer les récalcitrants à l’ordre nouveau.

 

L’an deux mil est passé, la grande peur est revenue

Je connais l’avenir mais je me tais.

 

 

Le 27 octobre 2008.

 

Élucubrations sur milan (le rapace) et ses dérivés : Milan (la ville), l’an mil, mille ans, Mali, Lima, malin, l’ami, mil, mal, mail

 

29.10.2008

Haiku de Vancouver

Quelques émotions recueillies lors de notre récent séjour familial à Vancouver.

 

HAÏKU DE VANCOUVER.

 

 

Premier jour.

 

Charles de Gaulle airport

Tour de Babel temporelle

Théâtre de masques.

 

Des boules de coton

Dans le ciel épongent les larmes

D’anges nus et tristes.

 

L’avion fait peur à

La jeune femme recroquevillée

Doudou protecteur.

 

Sirène d’ambulance

Flash rouge franc, flaque de sang

Coquelicot fugace.

 

Sirène d’ambulance

Éclairs rouges des yeux de verre

Vie ou mort cette nuit ?

 

Le 30 septembre 2008

 

Rice Lake.

 

Rice Lake reflets flous

Trouble d’une âme tourmentée

Des nuages blancs passent.

 

Reflets de Rice Lake

Mon esprit cherche le repos

Souffle du vent sur l’eau.

 

En ville.

 

Troncs porteurs muets

Du chant des forêts nordiques

Bancs sages d’English Bay.

 

Troncs porteurs muets

Du chant des forêts nordiques

Cycles éternels.

 

Ciel gris ce matin

Nuages sur North Vancouver

Cargos immobiles.

 

Lumières de la ville

Grandville Bridge flèche incendiaire

Les barbares arrivent

 

Lumières de la ville

Grandville Bridge flèche incendiaire

Barbares en auto.

 

02 octobre 2008.

 

 

Splendeurs de la ville

Rumeurs de la ville

Tumeurs de la ville

 

Vancouver nuages

Montagnes noires semelles de mer

Noue ton écharpe grise.

 

Hydravion pataud

Sur l’eau - En l’air gros insecte

Ronronnant - Vent froid.

 

L’hydravion pataud

Anxieux cul-de-jatte marin

Oiseau dans le ciel.

 

03 octobre 2008.

 

Yale.

 

Une vieille femme assise

Regarde fixement la porte

Bientôt le vent froid.

 

Mains sur les genoux

La vieille femme attend muette

Viendra-t-il un jour ?

 

12 octobre 2008.

 

En ville et retour.

 

La musique allége

Le corps et l’esprit des peurs

J’arpente le cosmos

 

Discrètement j’ôte

Mes primaires chaussures de plomb

Ailes d’ange aux talons.

 

Maquereau cambré

L’assiette se tend comme un arc

Cri, la vague déferle.

 

Appel silencieux

Vers des espaces inconnus

Angoisse du mal vivre.

 

Portable panoplie

Tailleur classique jupe fendue

Tableaux et graphiques

Vie réelle ou virtuelle ?

Trouver le sens pour vivre.

 

Dur pour les faibles

Mou face à ses problèmes

Nulle voie, des impasses.

 

14 octobre 2008.

 

Irresponsables ?

Question majeur en ces temps troublés.

 

 

IRRESPONSABLES ?

 

 

 

Têtue question piége.

Impossible refus refuge.

Superficielle superflu

De fausses esquives.

 

Spectateurs pas acteurs

Triste tromperie,

Duperie infantile

Pour public miroir.

 

Acteurs depuis toujours

En un théâtre clos,

Veules abrités derrière

Masques et bergamasques.

 

La lumière noire

De la misère

Est dérangeante,

La justice est aveugle.

 

Réalités trop réelles,

Cruautés insoutenables.

Fermons les yeux,

Ô rassurante cécité !

 

Facile falsification

Du verbe créateur.

Rejet d’appartenance,

Déni d’humanité.

 

Dans le noir secret,

Malaise mal vécu.

L’inaltérable étincelle

Repousse l’éteignoir.

 

Quel siècle verra

L’acceptation de cette

Profonde nécessité

D’humaines vérités ?

 

 

Le 28 octobre 2008.

 

28.10.2008

Suicide.

SUICIDE.

 

 

 

Je ne l’ai jamais nié, j’ai déconné

C’est vrai je me suis complètement égaré.

Je n’aurais jamais du la voler cette télé

C’était la coupe du monde j’ai disjoncté.

 

Est-ce une raison pour me tutoyer,

M’insulter, me bousculer, me bastonner,

Me jeter dans cette cellule sans manger,

M’obliger à implorer afin de pouvoir pisser ?

 

Transfert, je suis en prison depuis une semaine

À attendre sans explication, sans espoir

Les matons me traite comme un criminel

J’ai une peur permanente de mes codétenus.

 

Eux c’est des durs des vrais, pas des pédés.

D’ailleurs il ne se gêne pas pour me le rappeler

T’as des couilles ou quoi tu ne vas pas pleurer

Toute la journée comme une gonzesse.

 

Je n’en dors plus, je revis tout en boucle

J’ai honte pour ma mère et mon père

Ma famille est déshonorée dans la cité

Quand à moi ma vie est foutu, c’est sur.

 

Madame, Monsieur bonsoir, voici les titres :

Un communiqué du Ministère de la Justice

Annonce qu’un nouveau détenu c’est suicidé

Il s’agit du douzième cas depuis le début du mois.

 

Carla Bruni a vendu trois cent mille exemplaires

De son dernier disque "Comme si de rien n’était".

 

 

Le 27 octobre 2008.

27.10.2008

Le dernier tango.

A Paris où ailleurs on ne choisit pas sa terrasse.

 

LE DERNIER TANGO.

 

 

 

 

 

Sur la terrasse, allongé sur un matelas blanc,

Je laisse le soleil me grignoter tendrement.

La musique d’Astor Piazzolla, langoureusement,

Caresse mes songes lunaires et évanescents.

 

De la maison un nouvel appel enjoué me sollicite.

Se sustenter ! Proposition triviale, inutile trêve.

Revenir au contingent, respecter l’accord tacite.

Tout en lenteur je m’extirpe de mes rêves.

 

Debout les bras en croix je me défroisse, silencieux.

Derviche je suis kaléidoscope d’ombre et de lumière

Le soleil complice clos et étoile mes yeux.

Les jeux sont faits, il faut suivre la traversière.

 

Etourdis, j’ai le sentiment d’une présence.

Svelte et souple profitant de ma confusion

Mon ombre m’a enlacé sans troubler le silence

Surpris je la repousse, inutile gesticulation.

 

Elle sourit et m’entraîne en un tango fusion

Je suis léger, je m’abandonne ému

Jamais je n’ai dansé avec autant de passion

Je suis ici et ailleurs, pleinement détendu.

 

Sur la terrasse une robe blanche me cherche.

Incognito, fondues dans l’ombre des pierres

Deux orphelines s’étreignent puis s’éloignent.

Un zéphyr discret chasse la poussière.

 

 

Le 24 octobre 2008.

 

26.10.2008

Petites réflexions

Bon dimanche.

 

PETITE

 

 

Petite tu accroches ma main

Pourquoi ?

J’ai peur du blanc

Pourquoi ?

Sa lumière tue le noir.

 

2007.

 

VIE.

 

Éternité, présent, oubli.

Fleuve de lave visqueuse

En recherche de mer,

Pour une vie de pierre.

 

Éternité, présent, oubli.

Fleuve de lave incandescente

En recherche d’air,

Pour une vie solaire.

 

Août 2007

 

LE GRAND MYSTÈRE.

 

 

 

 

 

Pourquoi ces ténèbres ?

Pourquoi ce silence absolu ?

Quelle porte ai-je franchie ?

Suis-je sur la barque

Où dans l’œuf ?

Attendez moi !

J’entends vos voix,

Mais vous ne me répondez pas !

 

Juillet 2003

 

 

 

 

24.10.2008

L'origine des humains (du moins ma version)

Ma cosmogonie vaut bien celle des créationnistes.

 

CRÉATION.

 

 

 

La vraie origine de la femme, de l’homme et du temps (Conte moderne, moral et non traditionnel).

 

En ce temps là, le temps ne s’écoulait pas. Le système solaire était en attente.

Sur une face de la terre immobile, il n’y avait pas de saisons, pas de nuit donc pas de lune, le soleil brillait toujours au zénith.

Sur l’autre face régnaient les ténèbres, il n’y avait pas de saisons, pas de jour, juste la faible lueur d’une lune immobile.

 

Les androgynes, seuls habitants d’une terre dépourvue de végétation, étaient les fruits des Géants hermaphrodites. Ils naissaient adultes.

Les Géants, quant à eux, se créèrent d’un mélange de magma et de poussières d’étoiles.

De temps à autre un Géant descendait du sommet de la Grande Montagne afin de dévorer un androgyne, pour s’amuser ou lorsqu’il était triste.

Sinon leur vie était paisible, sans souci d’un futur qui n’existait pas.

Les androgynes n’avaient aucune activité. Figés au point zéro, ils n’avaient pas de besoin physiologique, pas de pensée.

Leur corps ne vieillissait pas, leur organisme était complet mais inactif et leur esprit était figé.

Leur existence ou leur disparition dépendait uniquement du bon vouloir des Géants.

Vie végétative dans l’attente de quelle destinée ?

 

En ce temps là, venu de l’espace surgit un astéroïde qui vint heurter le sommet de la Grande Montagne. L’impact tangentielle, d’une puissance extraordinaire, eu plusieurs conséquences : il provoqua la mise en rotation de la terre, qui entraîna celle de la lune, dans un parcours elliptique autour du soleil. Cette mise en mouvement déclencha la Grande Horloge Cosmique les secondes commencèrent à s’égrener.

Les androgynes s’agitèrent légèrement, ceux qui avaient attendu sous le soleil avaient acquis de la chaleur, de la douceur, de l’amour, leur part de féminin s’était développé, ainsi se créa la femme. Ceux qui avaient attendu dans les ténèbres avaient acquis de la froideur, de la dureté, de l’égoïsme, leur part de masculin s’était développé, ainsi se créa l’homme.

 

Les hommes et les femmes étaient seuls face à leur destin, car les Géants avaient été pulvérisés par l’astéroïde. Armés de leur libre arbitre, ils partaient insouciants à la découverte du futur.

 

Voilà pourquoi l’homme et la femme.

Voilà pourquoi le temps passe.

 

Le12 mai 2007.

 

23.10.2008

Harcélement camélien (fable saharienne)

Dédié à cet extraordinaire Monsieur Hortefeux champion de l'expulsion.

Mais attention son collégue italien risque de lui ravir son titre de champion d'Europe.

Brice accélère, accélère. Comment il y a des pieds sur le frein.....

Que fait sarko ?

 

HARCÉLEMENT CAMÉLIEN.

 

 

Je n’en peux plus de te voir tourner autour de moi en souriant de toutes tes dents, qu’est ce que tu veux ?

Quoi ! Tu es fou ! Tu veux quitter le désert !

Ma femme est là-bas va lui demander son avis.

Bien sur tu préfères discuter avec moi, tu n’es pas très courageux.

Bon imaginons que ma femme accepte, il y a le voyage, as-tu pensé au voyage ? Ce sera long pénible, épuisant, tu vas peut être y ruiner ta santé.

Quoi ton cousin ? Quelqu’un l’a ramené d’Asie !

Je sais c’est encore plus loin. Et alors ?

Il vit en Normandie depuis deux ans et supporte très bien le climat. C’est normal il ne vivait pas dans le même pays que toi, il a pu s’adapter lui, mais toi ?

Ton cousin, ton cousin arrête avec celui la, c’est peut être une histoire de ton invention ce que tu me racontes.

Comment, je suis de mauvaise foi, elle est bonne celle la. Tu ne sais plus quoi inventer pour que j’adhère à ta folie.

Bien sur tu n’es pas fou, c’est une façon de parler.

Mais non je ne dis pas n’importe quoi et son contraire et puis arrêtes de me regarder de haut avec cet air dédaigneux.

Je crois que tu as faim, va te sustenter, nous reprendrons la conversation après.

Je sais, je sais tu es robuste et sobre, mais tout le monde peut avoir un passage à vide.

Mais non je ne noie pas le poisson.

Tu m’énerves à me tourner autour, allez va plus loin. Si tu n’as pas faim moi j’ai l’estomac dans les talons.

Tu iras plus loin lorsque je t’aurais donné une réponse claire ! Bravo le chantage maintenant. Comment dois je t’expliquer que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Nous sommes des nantis  égoïstes et sans cœur. Tu y vas fort quand même !

Bon admettons, admettons. Tu es en Normandie au milieu du vert comme tu le souhaites, que vont penser les voisins ? J’entends déjà les remarques "Il vient se nourrir sur notre dos, il n’y en a qu’un mais bientôt ils seront un troupeau".

Non ce n’est pas de la mauvaise volonté et puis, je ne vais pas abandonner ma femme pour m’occuper uniquement de toi, c’est impossible.

Tu peux te passer de moi, d’accord.

As-tu pensé à l’abri ? Tu ne t’imagines quand même pas que tu vas pouvoir vivre dehors, tu vas mourir de froid.

Je n’ai qu’à t’en construire un, mais tu rêve mon gars je n’ai pas les moyens.

De plus ta taille, ta morphologie sont des obstacles supplémentaires.

Non je ne mets pas de la mauvaise volonté, je pense à ta survie.

Autre chose as-tu réfléchi à l’impact de ta présence sur les vaches ? Je suis sur que lorsqu’elles vont te voir cela va déclencher une épidémie de vaches folles. Conséquence abattage des troupeaux, ruine des éleveurs….

Comment je suis un gros, gros raciste

Bon je vais en discuter avec ma femme et l’on en reparle.

En attendant va paître avec les autres dromadaires et laisse moi déjeuner !

 

Le 24 novembre 2007.

 

 

22.10.2008

Epitaphes, petit jeu.

Petit jeu très instructif dans les soirées entre amis. De plus il met mal à l'aise les coincés du devenir.

 

ÉPITAPHES

 

 

 

Ci-gît de l’énergie

Prête pour le tri

Avant le retour en synergie.

 

Tant que vous me garderez

Dans votre cœur je vivrais.

 

Ci-gît un éphémère assemblage

Sans souffle ni esprit.

 

Une perle de rosée

Roule sur une feuille

J’abaisse mes paupières

C’est déjà fini.

 

Mort j’ai encore le mors

Aux dents, la nuit je mords

Sans remords le fantôme

De Jim Morrison.

 

Vous avez reçu le plus beau

Des cadeaux. N’attendez pas

La mort pour vous en apercevoir.

 

J’te parle, réponds !

 

J’ai freiné à mort

Impossible d’éviter

La grande horloge.

 

Vivez !

 

Perruque et faux nez

Enfin nu !

 

Poussière tu étais,

Poussière tu redeviendras

Et la femme de ménage passera.

 

Roux je sentais déjà le brûlé,

J’aurais du me douter de la fin.

 

Je ne me suis pas méfié

En venant au rendez-vous,

J’ai pris un aller et retour.

 

Enlève moi ça,

Ça me tient chaud.

 

Ombre, lumière,

Ombre, lumière,

Ombre, lumière…………..

 

Je n’avais pas de chaussures en arrivant

Comment m’a-t-elle entendu ?

 

Heureusement que j’ai ri entre les deux.

 

Linéaire ou circulaire c’est le grand mystère.

Ai-je la réponse ?

 

Jeune je voulais mourir à 40 ans.

Je m’en suis souvenu à 60 ans

J’ai dit je verrais à 80 ans.

J’ai eu 80 ans, j’avais perdu la mémoire.

 

Entrée, plat et désert.

 

Épitaphe, épitaphe !

Est-ce que j’ai une tête d’épitaphe ?

 

Restez où vous êtes il n’y a rien d’intéressant où je suis.

 

Si vous avez peur du noir trouvez une autre solution.

 

21.10.2008

J'étais......

J’ÉTAIS.

 

 

 

Écrire un poème à la manière d’Yves Buin.

 

Je l’ai divisé en quatre partie : l’enfance, l’adolescence et la jeunesse, l’âge adulte et l’âge d’or. Par contre les "j’étais" sont en vrac.

 

 

J’étais ballot de paille.

J’étais spectateur inconscient de l’Histoire.

J’étais le loup maître des neiges.

J’étais le trappeur hermétique et ouvert.

J’étais frère et cow-boy dans la grande plaine.

J’étais livres et rêves d’espace.

J’étais un entêté décidé.

J’étais sport individuel.

J’étais homme-volant.

J’étais labours et moissons.

J’étais bruit de la pluie sur le toit.

J’étais libre et heureux, j’étais.

J’étais ruisseaux et poissons.

J’étais éclat de rire qui brise les vitres.

J’étais lettres dans le bouillon.

J’étais rebelle, pieds nus et patois.

J’étais Fausto Coppi vainqueur du Tour de France.

J’étais nuage devant le soleil.

J’étais tarte à la rhubarbe.

J’étais silence et vertige.

J’étais galet plat sur la crête des vagues.

J’étais vibrations des feuilles au printemps.

J’étais ligne jaune infranchissable.

J’étais si tous les enfants du monde……….

J’étais refus et refuge.

J’étais macaroni.

J’étais complicité et symbiose muettes.

J’étais dictionnaire de A à Z.

J’étais cabutes à lapens.

J’étais terrains vagues, Aventures sur Seine.

J’étais déjà bavard !

J’étais retours sur les chevaux de labour.

J’étais vieux chiffons et effluves de naphtaline

J’étais émois et frissons.

 

 

J’étais repli dans la foule.

J’étais à contre-courant désespérément.

J’étais amitié pour la vie.

J’étais nuit et brouillard.

J’étais eschatologie désespérée.

J’étais attente désespérée de la majorité.

J’étais révolté indiscipliné.

J’étais choc devant Ubu.

J’étais pierre qui roule.

J’étais mesure et démesure.

J’étais, je veux être.

J’étais granit persévérant.

J’étais respect Monsieur Gutenberg.

J’étais brut jaillissement.

J’étais soupe au lait.

J’étais foi en l’homme.

J’étais caillou dans la chaussure.

J’étais prisonnier sciant ses barreaux.

J’étais allergique aux dogmes.

J’étais date gravée dans la pierre.

J’étais usine, bruit et fureur.

J’étais livre par toi le salut.

J’étais ne pas devenir………..

J’étais la vague qui n’a jamais atteint la grève.

J’étais Vallée d’Aoste et Vénétie.

J’étais vingt ans, bon voyage !

J’étais sablier étranglé.

J’étais découvreur angoissé de failles

J’étais vague qui se brise sur les rochers.

J’étais abeille.

J’étais la Terre.

J’étais effroi devant le non respect de soi.

 

 

J’étais enfant, beauté du monde.

J’étais impétueux comme le torrent.

J’étais comme le vent, sans rancune.

J’étais maillon d’une chaîne en avenir.

J’étais sel de la terre.

J’étais cote sauvage.

J’étais l’été grec.

J'étais New York, New York.

J’étais poème pulvérisé.

J’étais voyage en grande garabagne.

J’étais homme sans ombre.

J’étais miroir cherchant un reflet.

J’étais sentier sur la crête.

J’étais pleurs de fou rire.

J’étais passage clouté.

J’étais avenir.

J’étais des pas dans le sable.

J’étais le regard de l’autre.

J’étais rêve de folie.

J’étais foi en l’homme.

J’étais constructeur de cathédrales.

J’étais quête sans donner.

J’étais violoncelle désespérément.

J’étais univers ou multivers ?

J’étais projets et réalisations.

J’étais espérance incurable.

J’étais  flèche je me croyais arc.

J’étais camisole de force.

J’étais, j’ai cru que j’étais.

J’étais cairn d’une piste oubliée.

J’étais sermon sur la montagne.

J’étais ru à la recherche d’un océan.

J’étais île en attente de Robinson.

J’étais flaque d’eau, je me croyais ciel.

J’étais voie ferrée sans aiguillage.

J’étais adulte………..disaient-ils.

 

 

J’étais les ténèbres du savoir.

J’étais la lumière de l’intuition.

J’étais infini comme le temps.

J’étais mystérieux comme le sable.

J’étais astre proche et lointain.

J’étais fuite et retour.

J’étais bringuebalant dans ma carriole.

J’étais Afrique profondément.

J’étais devenu plusieurs.

J’étais acacia imputrescible.

J’étais fil du rasoir.

J’étais noir et blanc.

J’étais tente dans le désert.

J’étais de clarté en clarté.

J’étais putréfaction vivante.

J’étais le grand passage et je ne le savais pas.

J’étais flammes et cendres.

J’étais sur la Voie mais perdu

J’étais carré et cercle.

 

J’étais vivant.

J’étais, je suis et je serais ici et maintenant.

J’étais l’origine, je serais l’origine.

 

Je suis nu devant vous.

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