29.11.2008
Attila-Bush
ATTILA.
Un soleil bleu est apparu
Dans le ciel soufre.
Depuis qu’il c’est tu
Silencieux il souffre.
Attila attise la haine
Des Huns contre les autres
Il convoite les richesses,
Compte sur les faiblesses
Il ne connaît que le superficiel
Il ignore l’essence, l’essentiel.
Une seule légende la sienne,
Peuple inculte elle sera tienne.
L’inculte porte en ses gènes
Des millénaires d’histoire.
Attila porte sa certitude :
J’effacerais ta mémoire.
Il convoque le dieu Usa
Pour bénir sa horde de malfrats.
Il implore faussement le ciel,
En réalité il ne connaît que le fiel.
Le jour il adore la belle Sophia,
La nuit il convole avec Lucifer.
Enrobée d’un linceul blanc.
Son âme est noire et perfide
Attila n’est pas philosophe,
Son cynisme est sans espoir.
Il va droit à la catastrophe
Ses soldats meurent sans gloire
Un soleil rouge est apparu
Dans le ciel soufre.
Attila baisse sa nuque nue
Il a vu, il sait qu’il va être vaincu.
Maurecourt.
Le 18 avril 2008.
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28.11.2008
La crise économique.
LA CRISE ÉCONOMIQUE.
Pas de panique avec la crise économique.
Avenue Matignon pas de différence
Devant le Plaza, Rolls en permanence
Alors ne soyons pas pathétiques.
Pour mon chien chéri asthmatique
J’ai acheté un vison bien dense.
File d’attente, une vraie décadence
Oui ! Mais pour lui pas de synthétique.
Hier solde chez Dior c’était la panique
J’ai du bousculer la baronne de Rance
Pour approcher d’une petite robe garance.
À dix mille euros tout s’explique.
Pour une Cartier des plus classiques
Deux mois de délai en permanence
J’ai du acheter Piaget quelle démence !
Mon Édouard va avoir sa tête en italique.
Évidemment il faut savoir gérer sa banque,
Pas comme tous ces rêveurs d’alternance
Qui dépensent leur SMIC avec inconséquence.
Ne doivent pas lire les pages saumon ces ploucs.
Le 28 novembre 2008.
18:38 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
27.11.2008
Fulgurances
FULGURANCES.
J’ai des accès de démence
Disent quelques antipathiques
Croyant me laisser sans réplique
Mais non juste des fulgurances.
Pieds nus dans la neige je danse
Aux fleurs j’adresse des suppliques
Mon souffle met la mer en italique
Aux oiseaux je vole l’aisance.
Sur le dos des dauphins j’avance
Vers des îles aromatiques
Où ne règne pas l’économique
J’y suis honoré de ma différence.
Pour certain je suis décadence.
Étroits esprits pathétiques.
Pourquoi leur suis-je énigmatique
Alors que je suis renaissance.
Le 22 novembre 2008.
18:04 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
21.11.2008
Haïku
Putain ! Sale Gueule
Virage de Boulogne
Trois zéro, vierge !
Le 18 novembre 2008.
Transport amoureux
Livre de la libido
De port en porno.
Sans papiers à pieds,
En bateau ou en camion
La mort veille sur vous.
Aux frontières guette
L’ubique Hortefeux follet
Gens, dormez en paix.
Le 20 novembre 2008.
Un lit de cartons
Le souffle chaud des entrailles
Haleine de givre.
12 novembre 2008.
HAÏKU DU DÉSERT.
Sobre dromadaire
J’avale les dunes cul sec
Jusqu’à l’ivresse
18 novembre 2008.
Désert algérien
Fugitif enlacement
Nostalgie pleine.
La vipère cornue
En hiver dans le sable
Peur des hommes bleus.
Nuit, feu apeuré
Souffle lent de la théière,
Des pieds rougeoyants.
Derviche théière
Ascension, bruit et mousse
Frémissent les verres.
Le 20 novembre 2008.
14:35 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
20.11.2008
Version originale (bling bling)
Hymne à l'époque du bling bling.
VERSION ORIGINALE.
Version originale ou doublée ?
Tu as juste à double cliquer
Voici un beau brun vigoureux
Cow-boy mystérieux et aventureux
Sourire viril, barbe de magazine
Il est sûr de son style et de sa mine.
Double clic, version originale
Voici un insignifiant bellâtre brun infatué,
Sot phallocrate sur son arbre perché
Homme édulcoré qui se croit au sommet
Alors qu’il n’est qu’un ersatz de civilisé.
Version originale ou doublée ?
Tu as juste à double cliquer
Voici un blond amoureux langoureux
Flamboyant sourcilleux et majestueux
Crinière beach boy, bronzage intégral
Toutes sous le charme même les vestales.
Double clic, version originale
Voici un blond délavé au sourire mièvre
Corps stéroïdé à la sculpture éphémère,
Vocabulaire rudimentaire de garçonnet
En perdition sous l’image surexposée.
Version originale ou doublée ?
Tu as juste à double cliquer
Voici un roux grands espaces inexplorés
Chapeau Livingstone et veste de pionnier
Auréole "Connaissance du monde" en soirée
Le rêve dans tous les yeux des casaniers.
Double clic, version originale
Voici un roux décoloré voyageur isolé,
Aventurier en quatre-quatre climatisé
Sur des routes asphaltées et sécurisées
Nuitée en hôtel quatre étoiles aseptisé.
Version originale ou doublée ?
Tu as juste à double cliquer
Treillis kaki surmonté du béret étoilé
Parlant le Marx et le Lénine couramment
Il boit du café de Colombie bien serré
En racontant ses exploits complaisamment.
Double clic, version originale
Sierra Nanterre libérée du moi bourgeois
Avant le retour prolétarien, station Opéra
Chez papa et maman, trois cents mètres carrés,
Télé soixante chaînes et spleen de raté.
Version originale ou doublée ?
Tu as juste à double cliquer
Philosophe incandescent, synthèse incarnée,
Il condescend attristé à nous regarder vivre.
Manne offerte à la plèbe inconsciente d’être née,
Il reste pur esprit consacrant son génie à ses livres.
Double clic, version originale
Aigri concupiscent en son cœur il fulmine, il tonne
Pourquoi des châteaux, des yachts, des orfèvres
A ces sous-hommes alors qu’on m’abandonne ?
Il souffre de sa supériorité, rien ne le délivre.
18:12 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
12.11.2008
Improbables dialogues (suite)
SUR LES MARCHES.
Lui (Pas à l’aise) : Salut les gars comment ça va ?
L’autre : Salut, tu veux une bière ? C’est vrai tu ne bois pas d’alcool, tiens prend de la flotte.
Lui (Toujours pas à l’aise): Merci, merci.
L’autre : T’es v’nu tout seul ?
Lui : Oui bien sur. (Pourvu que les autres cons ne soient pas trop loin).
L’autre : Assied toi sur les marches.
Lui : Oui, oui.
L’autre : Elles sont propres, vas y.
Lui (En s’asseyant): Bien sur, bien sur.
L’autre : T’as pas l’air détendu, tiens commence, le "tarpé" est tout neuf. Craint rien c’est de la bonne, pas de vomito.
Lui (Pas rassuré par ses souvenirs d’étudiant) : Super c’est meilleur que le cigare !
L’autre : Sur, sauf que j’ai jamais fumé de cigare. Garde bien la fumée.
Lui (Ragaillardi) : J’suis pas un bleu. T’inquiète pas je te ferais passer des cigares et des bons
L’autre : Ouais, ouais, fait tourner.
Lui (Légèrement euphorique) : OK ! Les mecs j’voulais vous dire, j’suis comme vous, un type normal avec ses joies et ses problèmes.
L’autre : Ouais, ouais, sauf que toi t’es bourré de fric.
Lui : (Qu’est ce que c’est que cette vibration ? Le pétard qui fait effet ? Non merde c’est le boîtier, il faut que je réponde, une pression tout va bien)
L’autre : T’es d’jà parti ?
Lui : Non, non, je réfléchissais. C’est vrai j’ai des avantages liés à ma fonction, mais je ne fais pas parti des hommes les plus riches du monde. J’ai un train de vie qui n’a rien d’exceptionnel.
L’autre : Ouais, ouais viens je vais te faire visiter mon palais au sixième "l’Élysion", puis ma résidence secondaire au sous sol "La Cave Nègre". Dit donc tu as l’air de prendre goût au tarpé !
Lui (Euphorique): C’est parti on y va les mecs.
L’autre : L’ascenseur est en panne depuis trois semaines.
Lui : Pas grave je suis sportif les gars. (Encore ce putain de boîtier font chier, une pression tout va bien)
L’autre : Salut Mam. Reste pas plantée là, l’hospitalité traditionnelle qu’en fais tu ? Mais non c’est pas un sosie, regarde crois tu que quelqu’un peut imiter aussi bien ses tics ?
Lui : Détendez vous Madame nous sommes entre concitoyens, en toute simplicité.
L’autre : Ma mère parle très mal le français et sa naturalisation vient d’être refusé pour la quatrième fois. C’est pas grave mon père travaille chez Renault depuis trente cinq ans, c’est comme si on été français.
Lui : Oui, oui il va falloir m’adresser un dossier en trois exemplaires je vais régler cela rapidement, il faut que je m’occupe de tout. Vous savez ce n’est pas facile tous les jours pour moi avec ces ministres incompétents et ramollos je dois gérer l’ensemble des problèmes de la France.
L’autre : Ouais, ouais, mon pauvre !
Lui (Très euphorique, avec les gestes): Bientôt tout votre quartier sera rasé, à la place je vais vous faire construire des pavillons avec un jardinet et deux parkings. Des crèches et des parcs pour les petits, des stades et des salles d’activités pour les ados. Une station de RER à proximité, des bus pour toutes les directions. Tout le monde aura du travail bien payé. Vous allez vivre heureux sans souci, la société arc-en-ciel c’est moi qui en serait le père et vous serez tous mes enfants.
L’autre : Ouais, ouais faudrait pt’être arrêter la fumette, Mister Président.
Lui : J’t’en prie je suis parfaitement lucide. Ce thé est extraordinaire et ta mère est une forte agréable personne. J’ai vraiment le sentiment d’être à la maison. (Ils ne me lâchent pas, une pression tout va bien).
L’autre : T’exagère pt’être un peu. Pourquoi tu fais pas tout c’que tu racontes ?
Lui : Pourquoi ? Parce que je suis entravé par cette putain de démocratie. C’est beau la démocratie sur le papier mais dans la réalité elle freine tout. Y’en a toujours un qu’est pas d’accord, un autre qui a un projet différent et celui là qui dépose un recours au Conseil d’État pour violation de la constitution. Imagine je suis Roi de France, encore mieux Empereur de l’Europe, à ce moment là il n’y aurait plus de problème. Je décide seul, j’applique seul, je contrôle le projet seul et tout fonctionne bien.
L’autre : Ouais, ouais, en attendant on est dans la merde.
Lui (consultant sa montre) : Fait moi confiance ça va changer !
L’autre : T’es pressé ?
Lui : Non mais si je rentre trop tard je vais avoir des ennuis avec la patronne. (Rire). Ce soir nous avons un dîner à la maison.
L’autre : OK ! Tu rentres ?
Lui : Oui, il faut bien que je retourne au turbin.
L’autre : Donc on te reverra jamais plus.
Lui : Tu rigoles toutes les semaines je viens vous voir. Vous allez en avoir marre. (Rire).
L’autre : Ouais. En avant pour le jogging.
Lui : C’est parti.
L’autre (À l’extérieur sur les marches): Salut Mister Président.
Lui : Salut les mecs à bientôt (Encore ce putain de boîtier, deux pression tout…….merde je me suis trompé c’est l’alerte).
L’autre : T’as l’air bien pressé d’un seul coup ?
Lui (Partant en courant): Oui désolé, Carla m’attends (Rire).
L’autre : Quel con !
- Et maintenant le journal présenté par David Pujadas.
- Les titres du vingt heures : affrontement entre la police et des bandes de jeunes dans une cité à Clichy-sous-Bois. Deux compagnies de CRS étaient en stationnement à proximité depuis midi, ainsi que cinquante policiers en civil dans des bus banalisés. Calme complet de part et d’autre jusqu’à ce que les forces de l’ordre se précipitent dans la cité sans raison apparente. Rien, à cette heure, n’explique cette brusque flambée de violence.
Le 12 novembre 2008.
17:48 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
10.11.2008
Le fils.
LE FILS
Il faut que vous deveniez sérieux
Cher Monsieur vous êtes adulte
Si j’osais je dirai même vous êtes vieux
Il est temps d’arrêter, avant la chute.
Monsieur votre père est très soucieux
Pas de mariage, pas de progéniture
Il va falloir réfléchir et faire mieux
Mais oui vous devriez être mature.
Dites lui avec toute ma détestation
Que je ne suis pas mature mais nature
Je préfère mes gilets roses à sa prose,
Mes rollers mauve à sa rolls molle
Ma barbare brune à sa bombe blonde
Mon cuir cuit à son smoking de King
En quoi croit-il que je décrois ?
Je suis Suisse, j’ai la cuisse lisse
Les filles babillent sur mon sage passage
Les garçons sont toujours jaloux, ces poux.
Les banquiers inquiets, carnassiers affamés,
Malgré mon découvert, se découvrent souriants.
Mère amère ne désespère pas de moi,
Mais de vous père, pauvre autiste triste.
Rêve d’artiste devenu entremetteur cynique.
Armes, drogues, vierges, vive le fric.
Demain elle vous laissera seul avec l’ombre,
Votre respectabilité et votre comptabilité.
Monsieur, s’il vous plait, dites à mon père
Que je suis soucieux, très soucieux
Dites lui qu’il est vieux, très vieux
Qu’il a raté complètement, le dément,
Sa vie d’artiste socialiste et universaliste.
Je distribuerai dès sa mort son or, ses trésors
Sans remords. Délicatesse pour sa jeunesse.
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09.11.2008
Mais enfin dites moi...
Mais enfin dites moi…
1) Mais enfin dites moi
qu’est-ce que c’est
le futur
ça n’existe pas
dites vous alors
comment le décrire est-ce
blanc noir ou coloré
est-ce dans ma tête dans
les cartes ou le marc de café
est-ce une ligne sans fin
ou se courbe t-elle
en un cycle éternel
est-ce un regard
une pensée un soupir
est-ce un enfant
la mort le brouillard
dites moi dites moi
- Le futur vois-tu
c’est l’imparfait
le passé composé
le passé re-composé
2) Mais enfin dites moi
qu’est-ce que c’est
le futur
où ça commence où ça finit
comment le concevoir
est-ce une lueur
un voile un espoir
l’horizon qui s’éloigne
est-ce un sourire qui
rend supportable le présent
est-ce l’autre
qui entre en ta demeure
les bras tendus
est-ce l’insaisissable
qui t’angoisse
puis te réconforte
est-ce vient
soit confiant
tu n’es pas seul
est-ce toi et moi
main dans la main
dans la pénombre
- le futur vois-tu
c’est un rêve
une promesse
une chance
c’est la chaleur
en ton coeur
3) Mais enfin dites moi
qu’est-ce que c’est
le futur
où ça commence où ça finit
comment le rêver est-ce
une porte qui grince
de peur devant le néant
le big bang ou le big crunch
est-ce un oiseau qui s’envole
paré d’un rameau d’olivier
est-ce les ténèbres
après la lumière
est-ce la fin ou le début
d’une grande aventure
au bord du gouffre
existentiel
est-ce l’innommable
l’inavouable
l’impardonnable
l’ingérable
-le futur vois-tu
c’est tout
c’est nous
sans nous
rien n’existe
Le 20 janvier 2007.
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08.11.2008
La pêche aux voix.
Les grandes campagnes de pêche sont terminées, préparons les futures !!
LA PÊCHE AUX VOIX.
La voi est un poisson que l’on trouve dans les eaux salées et douces, claires ou troubles. Sa capacité d’adaptation au changement d’environnement est phénoménale. Par exemple elle peut, comme le caméléon, changer de couleur en fonction des fonds : rouge, verte, rose, bleue, parfois noire et exceptionnellement bleue blanche rouge. Hors de l’eau elle est grise.
Comme l’anguille la voi est glissante, difficilement saisissable. Vous croyez la tenir, elle vous échappe sans que vous sachiez si elle est partie à gauche, à droite ou au centre. Physiquement elle ressemble à un beau bar lisse.
La voi est discrète, anonyme dans la grande famille des poissons. Elle se fond dans le paysage marin en se cachant au milieu des grands bancs de requins.
Les mers qui baignent les côtes de France, ainsi que ses rivières regorgent de voix de toutes tailles et de toute qualité. La pêche y est autorisée ce qui n’est pas le cas partout.
Certains pays, pour justifier leur interdiction, invoquent le manque de maturité des voix nageants dans leurs eaux: trop petites, trop faibles. D’autres mettent en avant que leur population ne mange pas de voi, ce met ne fait pas parti de leur tradition culinaire, alors pourquoi les pêcher ? Surtout que la voi ne s’exporte pas, elle ne se déguste que fraîche.
Certains pêcheurs peu scrupuleux ont cherché à gonfler leur tonnage en incorporant des voix de contrebande congelées, mais l’odeur nauséabonde qu’elles dégagent rapidement dénonce le coupable aux responsables de la criée. Ils expulsent immédiatement le tricheur en attendant de le juger.
Les pêcheurs à la ligne n’attrapent jamais de voi ils sont trop dilettantes et peu enclin à se déplacer le dimanche pour rechercher les trous à voi.
Pour le pêcheur professionnel de voix le succès de sa pêche dépend en très grande partie du choix du filet.
Deux technique s’offre à lui : soit au fil des jours il confectionne patiemment un filet fin à petite maille. Les points de jonction les plus communément employés sont le point de croyance, le point de peur et le point final. Avec ce modèle il capturera une multitude de petites voix, malheureusement les grosses cassent ce type de filet.
Soit il fabrique rapidement un grossier mais solide filet à large maille. Les points de jonction usuels sont le point d’argent, le point de gloire et le point d’éternité. Celui-ci lui permettra de capturer des grosses voix mais le menu fretin lui échappera.
Comme vous l’avez compris la conception et la réalisation du filet reste la préoccupation majeure. Comment créer un filet qui permettrait de remonter des petites et des grosses voix sans distinction ?
Chaque pêcherie a ses secrets qu’elle protége jalousement. Les entreprises sont surveillées en permanence, les plans enfermés dans des coffres-forts et les filets ne sont déballés que sur le lieu de pêche.
Les plus riches armateurs font appel à des consultants pour innover, améliorer ou optimiser leurs filets.
Parmi les pêcheurs de voix il existe encore quelques amateurs rêveurs mais le marché impitoyable les élimine progressivement.
Pour qu’une pêche soit réussie il est nécessaire de se présenter à la criée, à l’heure de vérité, avec les deux tailles. Des petites voix pour le tonnage mais le prix est faible et des grosses voix pour la démonstration de compétence qui assure une réputation d’excellence au pêcheur de voix. De plus comme son prix est élevé le score s’élève et son prestige grandit.
En France la pêche aux voix est très réglementée. Seules deux campagnes annuelles consécutives et intensives sont autorisées. Elles provoquent la capture de 45 à 75 % des voix existantes. Ensuite pendant cinq ans la pêche est interdite ce qui permet une reconstitution et un rééquilibrage. Les pêcheurs sont extrêmement attentifs à l’évolution et au renouvellement de l’espèce.
Les nouvelles générations de voix s’adaptent plus vite à l’environnement. Il est donc nécessaire de réaliser des sondages pour expérimentés l’efficacité des nouveaux filets. Pour ce faire l’état autorise de petites pêches intermédiaires.
Certains pêcheurs sont spécialisés dans la pêche sportive au super gros. Pêche dure et secrète, ne jamais faire voir son matériel, ne jamais dévoiler ses lieux de prospection même à ses amis les plus intimes. Il faut beaucoup de patience et de doigté pour ne pas casser le fil.
Ce type de pêcheur recherche la gloire en sortant d’énormes voix, ce qui lui permettra d’appartenir à l’élite : une haute assemblée qui réglemente, conseille, sanctionne la profession. Ses membres sont âgés car la ruse et l’expérience sont plus importantes que la force.
Contrairement aux idées reçues les pêches "miraculeuses" se font lors des grosses tempêtes. Les voix sont des poissons peureux, par gros temps ils se collent au fond en adoptant la couleur des lieux.
Le pêcheur qui a un bon météorologue dans son équipe anticipera le coup de vent et ainsi embarquera des filets racleurs du type de ceux utilisés pour la coquille saint Jacques et ramassera un maximum de voix. Lors de ces campagnes 75 à 85 % de l’existant est sorti.
Le pêcheur opportuniste et anticipateur rafle entre 60 et 65 % du total pêché.
La voi se déguste crue ou à toutes les sauces suivant l’imagination des pêcheurs. C’est un poisson qui se prête à toutes les recettes, il faut simplement éviter de le griller.
Lorsque la pêche est close tous les participants, en conformité avec la tradition médiévale, se déclarent heureux, quelque soit le tonnage ramené dans leurs filets. Ils remercient Dieu, le Roi, la Reine et le petit Prince, même dans les états républicains, de leur avoir permis de revenir au port, surtout lorsque leur bateau à couler.
Le 20 octobre 2008.
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07.11.2008
J'ai perdu...
L'annonce d'une multitude de dépots de bilan me fait songer à la détresse qui frappe des milliers de personne.
J’AI PERDU…
J’ai perdu mon boulot.
J’ai perdu ma situation.
J’ai perdu connaissance.
J’ai perdu mon sang froid.
J’ai perdu la tête.
J’ai perdu la boule.
J’ai perdu patience.
J’ai perdu la voix.
J’ai perdu le nord.
J’ai perdu mon procès.
J’ai perdu la bataille.
J’ai perdu mes illusions.
J’ai perdu mon temps.
J’ai perdu mon honneur.
J’ai perdu courage.
J’ai perdu l’espoir.
J’ai perdu l’estime de moi-même.
J’ai perdu confiance en moi.
J’ai perdu la face.
J’ai perdu ma fierté.
J’ai perdu mon latin
J’ai perdu pied.
J’ai perdu la raison.
J’ai perdu l’appétit.
J’ai perdu le repos.
J’ai perdu le sommeil.
J’ai perdu du poids.
J’ai perdu mes cheveux.
J’ai perdu la santé.
J’ai perdu ma route.
J’ai perdu mon chemin.
J’ai perdu mon crédit.
J’ai perdu le fruit de mon travail.
J’ai perdu mon argent.
J’ai perdu mes biens.
J’ai perdu mon toit.
J’ai perdu ma famille.
J’ai perdu la trace de mes amis.
J’ai perdu le contact.
J’ai perdu de vue.
J’ai perdu le sentiment d’appartenance.
J’ai perdu le souvenir.
J’ai perdu la mémoire.
J’ai perdu le goût de l’humanité.
J’ai perdu l’équilibre.
J’ai perdu l’habitude de vivre.
J’ai perdu le sens.
J’ai perdu l’esprit.
J’ai perdu mon âme.
J’ai perdu la foi.
J’ai perdu la vie.
Le 07 novembre 2008.
11:43 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème


