28.03.2009
Mes déserts.
RÊVE D’ENFANT.
Mes déserts sont romanesques
Ivresses livresques
De fresques gigantesques.
Rêves gargantuesques
De nuits stellaires claires,
D’aubes lunaires millénaires.
Visions fantomatiques éphémères de
Mystérieuses et évanescentes caravanes.
Dromadaires hautains porteurs muets
De lointains trésors secrets, embellis
De brumes, dunes et tragédies.
Approche souple d’oasis assoupies,
Voiles volants entraperçus brièvement.
Douleur d’impossible apaisement
Des regards égarés des caravaniers,
Hallucinés du féminin fantasmé.
Hospitalité séculaire don des aïeux
Dattes, eau fraîche et nattes dorées
Les hommes bleus, radieux silencieux,
Déposent lentement leurs présents précieux
Ainsi le rite ancestral est honoré.
Seigneurs des sables imperturbables,
Au soleil naissant, ombres improbables,
Sur la piste ils progressent infatigables
La mélopée des ruisseaux s’efface,
Temps de méditation et de silence.
Le vent de sable estompe doucement
Les porteurs de rêves incandescents,
Ne pas perdre de temps en serment
La Mystérieuse, la Sainte est encore loin
Demain Ahmed, mon frère, sera au puits
Jean Devin
Janvier 2008
FÉBRILITÉ.
Mes déserts sont d’appréhension.
Rêve lumineux de nuit en feu.
Situations en boucle non vécues.
Visages, rêves perçus jamais vus.
Laisse venir les retrouvailles !
Sablier ralenti par l’impatience,
Imagination trop fertile et fébrile,
Le vécu n’apaise pas l’effervescence.
Brûle tes grotesques épouvantails.
Laisse venir les nouvelles épousailles
Recherche attentive et inutile en
Un grouillement grotesque de masques.
Multitude des désirs, flux enchevêtrés
Le temps séparera le subtil de l’épais
Laisse venir le temps travaille.
Chèches et djellabas, lente agitation
Chacun se rallie à son étendard.
Aspect, regards et sourires crispés,
Soulagement ou désagrément ?
Laisse venir le but qui vaille.
Asphalte oublié, chaleur et poussière,
La piste réveille les souvenirs.
Le corps se réjouit doucement.
Bivouac, feu et thé brûlant.
Laisse venir loin est la grisaille.
Jean Devin
Janvier 2008
SÉRÉNITÉ.
Ombres violettes, vertes et bleues
Dunes rouges, oranges et ors.
Pourquoi n’ai-je pas le pouvoir
D’arrêter le soleil dans sa course ?
Bivouac, orienter notre tente,
Trouver l’éternel Orient.
Là demain, doucement, incandescent,
Râ grandira et nous le saluerons.
Pieds allégés, position décontractée
Thé bouillant ou carcadet frais ?
Quelques biscuits distraitement mangés
La Beauté nous accapare en entier.
Il faut revenir au contingent,
Nudité et lingettes bienfaisantes.
Vite l’émerveillement n’attend pas,
Vision de premier soir, silence.
La nuit a doucement effacé le jour,
La lune, fier miroir, estompe
Les myriades d’antiques soleils.
Rêves devant le Grand Mystère.
Plénitude du jour nouveau,
Vivre, vivre intensément
La délicate renaissance
De la sérénité première.
Jean Devin.
Janvier/mars 2008.
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27.03.2009
Gros saoulard
Interdiction de lire il faut le chanter.
GROS SAOULARD.
C’matin c’est le grand bide
J’ai une gueule de bois comac,
Ma baby n’est pas dans le lit
Et dehors il pleut des cordes.
Oh ! Maman j’ai le blues.
J’me lève avec raideur
La tête comme un mixeur
La terre a du accélérée
Ça tourne, ça tourne.
Oh ! Maman j’ai le blues
Du percepteur en sueur
Sous son gros ventilateur
Un été de forte chaleur.
Ma poupée d’amour
M’a laissé un mot doux
"J’me casse connard
T’es qu’un gros saoulard".
Oh ! Maman j’ai le blues.
Elle est partie avec
Mon grand morlingue,
Ma réserve de whisky
Et les photos de Mamy.
Oh ! Maman j’ai le blues
Du percepteur en sueur
Sous son gros ventilateur
Un été de forte chaleur.
Allo baby c’est Jeannot
J’venais juste de trouver un boulot,
De m’inscrire aux anonymes alcoolos
Et floc tout tombe à l’eau.
Oh ! Maman j’ai le blues.
"Espèce de gros saoulard,
Tu m’as déjà raconté
Les mêmes bobards
Vas te faire voir connard".
Oh ! Maman j’ai le blues
Du percepteur en sueur
Sous son gros ventilateur
Un été de forte chaleur.
J’dois perdre la mémoire
Il m’faut sans retard boire
Pour retrouver ma dignité
Et toute ma lucidité.
Oh ! Maman j’ai le blues.
Allo mon p’tit Pierrot
J’ai plus une seule thune
Peux tu me prêter dix euros
Pour me payer une prune.
Oh ! Maman j’ai le blues
Du percepteur en sueur
Sous son gros ventilateur
Un été de forte chaleur.
Merde c’est l’répondeur
Chez Tony l’ardoise est pleine.
Reste plus que la Germaine
Au sixième sans ascenseur
Oh ! Maman j’ai le blues.
Pour atteindre son whisky.
Il faut lui passer dessus
Foutu vie tout en kaki.
J’enfile mon pardessus….
Oh ! Maman j’ai le blues
Du percepteur en sueur
Sous son gros ventilateur
Un été de forte chaleur.
Le 26 mars 2009.
09:33 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
26.03.2009
Utopia. Version 2.
UTOPIA.
L’Homme a brutalement brisé
La pierre au cœur noir
Maladresse malencontreuse
Ou dureté délibérée ?
Le cœur saigne blanc
Sur les pavés polis
Le sang s’écoule
Sans faire frémir.
Les Hommes perplexes
Hochent la tête.
Qu’avons-nous fait
De nos vingt ans ?
La pierre de jeunesse
Un emplâtre à l’âme
Semble tranquille.
Les Hommes sont rassurés.
Le cœur noir à l’abri
Continue de saigner blanc
Personne ne l’écoute,
Tout va bien !
Il pleut dru sur
L’île au trésor
Utopia pleure en silence
Seul parmi tous.
Le 24 mars 2009.
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La momie du MOMA
LA MOMIE DU MOMA.
La momie du MOMA
Vomie la vie
Ainsi elle revit
En dépit du pli
De son lit durcit
Par la pluie de suie.
Elle se réjouit, cette nuit
En catimini, sans bruit,
Promis elle fuit vers lui :
Pharaon son chéri.
le 14 mars 2009.
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Je doute.
JE DOUTE.
Je doute du doute de mes doubles
Qui doute de mon doute.
Dois je douter ?
Oui je n’en doute pas.
Je redoute de douter à tort,
J’ai des doutes sur mon doute.
Doute me dis je avant
D’être out en août
Coûte que coûte doute
Et redoute de ne plus douter
Déboute le sans doute
Des mammouths
Qui déroute ton doute
Le 07 mars 2009.
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25.03.2009
Utopia.
UTOPIA.
L’Homme a brutalement brisé
La pierre au cœur noir
Maladresse malencontreuse
Ou dureté délibérée ?
Le cœur saigne blanc
Sur les pavés polis
Le sang s’écoule
Sans faire frémir.
Les Hommes perplexes
Hochent la tête.
Qu’avons-nous fait
De nos vingt ans ?
La pierre de l’éternelle jeunesse
Un emplâtre au coeur
Ne perd plus son sang
Les Hommes sont rassurés.
Le cœur noir à l’intérieur
Continue de saigner blanc
Personne n’entend rien
Tout va bien !
Il pleut dru sur
L’île au trésor
Utopia pleure en silence
Seul parmi tous.
Le 24 mars 2009.
12:00 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité
24.03.2009
Hommage à Alain Bashung.
Hommage à Alain Bashung en utilisant les titres de ses chansons.
HOMMAGE À ALAIN BASHUNG.
Après d’âpres hostilités
Les volutes ont eu raison de toi
C’est comment qu’on freine
Demandais tu
Assis sur un trapèze.
La malédiction du noir démon
Et puis les lendemains qui tuent
L’irréel après tant de nuit.
Plus d’idylle au Caire
Plus de dimanche à Tchernobyl
Plus de tournée hier à Sousse
Demain à Ostende
Allez, osez Joséphine
Succombez aux vertiges de l’amour
Dites lui jamais d’autre que toi
Hélas il est dans le train de nuit
Des grands voyageurs d’où
Aucun express ne le ramènera
Malgré vos SOS amor.
Racontez lui à voix basse vos
Nights in white satin
En rêvant de l’élégance du rebel
Expliquez lui comment Madame rêve
Et crie Gay, oh Gaby
À nous les résidents de la République
Étrange été en vue
Les petits enfants de l’apiculteur
Ne connaîtront jamais
Le secret des banquises.
Réunis au pavillon des lauriers
Nous chantons avec Elvire l’ode à la vie.
Puis je rejoins ma petite entreprise.
La nuit je mens, j’écume
Je me dis dans la foulée
Je t’ai manqué
J’ai cru à la légère éclaircie
Annoncée par Samuel Hall.
La déraison est-ce aimer
À perte de vue ?
Je tuerai la pianiste
Cette Vénus blonde
Et volontaire
Avec ses blue eyes et
Son bijou, bijou
Milady m’a dis
J’ai lu son horoscope
En 2043 il quittera ses prisons
Pour mes bras
Pauvre imbécile,
Un âne plane !
L’imprudence fut ta vie
Toujours sur la ligne blanche
Dehors la rue est
Noire de monde.
Penses tu : faisons envie,
J’passe pour une caravane
Well all right ?
Le 23 mars 2009.
En italique les titres de chansons d’Alain Bashung.
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23.03.2009
Nouvelles du monde.
NOUVELLES DU MONDE.
L’oiseau me parle
Il est joyeux
Du retour du printemps.
J’ai appris le langage
Des oiseaux tout petit.
Ma mère me racontait
Des histoires en français
Puis en oiseau.
À cinq ans j’étais bilingue.
Lorsque je veux connaître
L’état du monde
Je les interroge.
Avec eux pas de langue de bois
Le moula-moula
Me raconte le palais
Du Dictateur,
Les complots, les meurtres,
L’argent. Il a tout vu
Les pauvres qui meurent
Nus dans l’indifférence,
La désertification,
Les villas avec piscine.
La cigogne de
Retour d’Afrique pleure
Elle a tout vu
La misère, le non avenir
Les pirogues, les naufrages.
Elle a tout senti
L’odeur des corps
Rongés par le sida,
La fumée âcre
Des maisons en flamme
Le rouge gorge
En mon jardin
Me chuchote :
Connais tu ton bonheur ?
Je pense que oui
Lui dis je.
Tes frères les oiseaux
M’expliquent notre monde.
Pauvre homme tu ne connais
Que l’écume des jours,
Cherche la vérité.
Le 21 mars 2009.
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22.03.2009
Triste test.
TRISTE TEST.
Vînt le moment divin de tester le vin.
L’écrivain chauvin, verre en main,
Resta coi devant sa goutte de vin.
Il tenta un pot de vin à l’échevin de Provins.
En vain, rien ne vînt dans son tâte-vin.
Moralité : il est vain
De rester à vingt devant
Une bouteille de vin,
Parole de sac à vin.
Septembre 2007
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Haïkus de Jordanie.
HAÏKU DE LA JORDANIE.
L’homme apeuré
Tête sur siége avant
Prie sans fin son dieu.
Un aéroport
Symbole anonyme
Mondialisation.
07 mars 2009.
Le son lancinant
Du rabab sous la tente
La fumée pique.
Des coups de vent frais
Agitent fort les toiles
Mouvement d’humeur ?
Petit Pétra le 09 mars 2009.
Larmes de pierre
D’anges tristes incarnés
Universel Un.
Larmes de pierre
Des siècles qui s’écoulent
La solitude.
Larmes de pierre
Des âmes bien pensantes
Neige au soleil
Larmes de pierre
Regrets des nabatéens
Les japonaises.
Pétra le 10 mars 2009.
Braiements des ânes
Aboiements des chiens errants
La pleine lune ?
Garçons silencieux
Oreilles, yeux aux aguets
Paroles de vie.
Dix huit ans marié
Fume comme les hommes
Et bientôt père.
10 mars 2009.
Larmes de pierre
Jets de l’horloge cosmique
Les pleurs des mères.
Larmes de pierre
Jets de l’horloge cosmique
Laves stellaires.
Larmes de pierre
Jets de l’horloge cosmique
Qui figent le temps ?
Larmes de pierre
Jets de l’horloge cosmique
Elles savent l’heure.
D’une bouche rocheuse
jaillie une tête.
Jeune fille radieuse
D’être sortie du
Minéral pour la source.
Près du camp bédouin le 11 mars 2009.
Le chant du vent
Nous porte les nouvelles
Du monde
Quoi de beau
Monsieur le vent ?
Soudain le silence !
Le feu chantonne
Romance à la lune
Timide elle fuit.
Le feu chante fort
Le mythe de Prométhée
La cendre sourie.
La lune estompe
Les étoiles adverses
Blanche nudité.
Le 12 mars 2009.
La lune brille
Les étoiles s’éclipsent
Passent les cycles.
Jeu en noir et blanc
Je ferme les yeux
Des milliards d’années.
Craquement des pas
Sur le fin sable croûté
Écho du désert.
Le 13 mars 2009.
14:17 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité



