30.04.2009

Tout doit disparaître.

TOUT DOIT DISPARAÎTRE.

 

 

 

 

Tout doit disparaître,

liquidation totale avant travaux.

 

Un cœur presque neuf

une légère fêlure, quelques éclats

bien dissimulés.

Une cure de printemps et

il sera lisse et bien chaud.

Mise à prix : trois émotions.

 

Une main fatiguée

ridée de tendresse.

Serrez légèrement, délicatement

Elle deviendra chaude

douce et caressante.

Mise à prix : trois sentiments.

 

Un œil blasé, décoloré

revenu de tout

il a trop vu d’atrocités

il en a oublié la beauté.

Emmenez le au square

Sur le banc face aux enfants.

Laissez cuire à soleil doux,

il retrouvera l’acuité

de ses six ans.

Mise à prix : trois clins d’œil.

 

Un cerveau cabossé

Malmené, harcelé

Pourtant toujours plein de rêves,

d’utopies et de ciel bleu.

Un brossage fin et délicat

au soleil d’une île grecque

lui redonnera vivacité,

ouverture et humour

Mise à prix : trois neurones.

 

Une oreille paresseuse

Encrassé de fausses nouvelles,

usée par les mensonges.

Si vous lui susurré quelques

poèmes d’humain amour

elle refleurira au verbe

Mise à prix : trois Mozart

 

Un esprit désabusé

d’avoir été abusé.

Plus de joie que des doutes.

Quelques gouttes d’espérance

chaque jour et

la brume le quittera.

Mise à prix : trois colombes

 

Une langue épaisse de

Tant de mots regrettés, de

Tant de mots restés collés.

Désépaissir avec précaution

à l’aide d’une râpe à vérité.

Bien fine elle cisèlera cette fois

les mots légers, ensoleillés

si longtemps oubliés, cachés.

Mise à prix : trois poèmes.

 

 

Le 30 avril 2009.

Commentaires

Un petit mot souffle dans ton oreille paresseuse : "Genial celui la aussi" Dad
Biz VAlou

Ecrit par : Valerie Devin | 02.05.2009

Répondre à ce commentaire

Ecrire un commentaire