14.05.2009

Le colporteur

LE COLPORTEUR.

 

 

 

 

Dans la vallée je vais de village en village.

Je vends des colifichets, des brimborions,

Des baumes apaisants, de la potion magique,

Des filtres d’amour, des onguents miraculeux.

 

À mon passage toutes les femmes accourent

Les jeunes, les vieilles, les belles et les laides

Je suis le marchand de petits bonheurs

J’apaise les douleurs, j’enjolive les corsages.

 

Ma vie s’écoule paisiblement sans question.

Je n’ai pas d’entrave, ni femme, ni maison.

L’été je serre les servantes au fond des granges

L’hiver je réchauffe les veuves et les infidèles.

 

Lorsque je suis fatigué d’avoir trop marché

Je m’attable à la terrasse d’une taverne

Je bois un pichet de vin blanc moelleux

Des flots de soleil m’irradient le coeur.

 

Dis moi le colporteur tes allers et retours

Depuis tant d’années ne te pèsent ils pas ?

Tu n’as pas de famille, que fais tu de ton or ?

Que fais tu de ta vie ? Rêves tu encore ?

 

Que me veux tu étranger, d’où viens tu ?

De la montagne là où tu ne vas jamais.

Restes y et laisse moi vivre en paix.

Réfléchis, nous pourrions t’apaiser.

 

Étrange personnage que ce vieil homme,

Comment a-t-il deviné mes tourments ?

Pour tous je suis libre, joyeux et sans souci.

En réalité je suis ténèbres et interrogations.

 

Que la pente est raide, aucun village en vue

Le vieil homme m’a pourtant mis sur le chemin

Peut être cherchait il à m’égarer pour me dépouiller ?

Pourquoi ai-je suivi cette voie sans réfléchir?

 

Je souffle, je crache, je peste, rude sentier.

La nuit tombe aucune maison en vue

Cette bergerie en ruine est la bienvenue.

Je me sens bien seul avec mes doutes.

 

La lumière m’ouvre doucement les yeux

Aveuglé je les referme, dur soleil des cimes.

Douce lumière ombrée de ma vallée où es-tu ?

Bienvenu mon large chapeau, isole moi !

 

Un bout de fromage et un quignon de pain

Me donnent le temps de la réflexion.

La voie est difficile, est ce le prix à payer

Pour l’apaisement promis ?

 

Après des heures de marche la pente faiblit

Je découvre trois maisons en piteux état.

Ruines du passé ou délabrement du présent ?

Personne en vue. Est-ce le Village ?

 

Sortie de nulle part une femme tout sourire.

Bienvenu étranger voici de l’eau fraîche,

Quelques provisions et une pelisse de mouton.

Si tu le souhaites il y a de la paille dans la grange.

 

Merci de ton hospitalité, est ce le Village ?

Non il est plus haut derrière cette masse sombre

Je relève mon chapeau et fixe le sommet ensoleillé

Que c’est beau ! Quelle sérénité !

 

Étranger il te faudra marcher, beaucoup marcher

Saches que tu ne seras jamais seul sur le chemin

Va confiant ne flâne pas car la route est longue

Profite pleinement de chaque jour, le Village t’attend.

 

Au réveil j’ai les pieds ailés, je suis en lévitation

Je siffle, je chante, je crie de bonheur, joyeux sentier

Cette nuit j’ai découvert la lumière qui brille en moi

Faire tout pour que jamais elle ne s’éteigne.

 

Poursuivre la voie pour se dépouiller du vieil homme

Progressivement devenir un humain véridique

S’illuminer au soleil des sommets et redescendre

Dans la vallée, là se taire et rayonner en simplicité.

 

 

Le 03 décembre2008.

Commentaires

Poème à chanter sur l'air de la bombe atomique de Boris Vian!
Bises
Hugo

Ecrit par : Hugo Billard | 15.05.2009

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