20.06.2009
Réfugié.
RÉFUGIÉ.
Huit jours que je marche
Vers le nord, vers l’Autre pays
Sous le grand soleil noir,
Dans la poussière de nos morts.
Huit jours que je marche
J’entends les pleurs des enfants
J’entends les cris des femmes.
J’entends les rires des barbares
Huit jours que je marche
Je vois mes parents égorgés
Je vois les fillettes violées
Je vois la mort hilare.
Huit jours que je marche
Tremblant de frayeur
Dès que j’entends la rumeur
"Ils arrivent, Ils arrivent".
Huit jours que je cours me cacher
Dans la forêt, le marais, le fossé
Je deviens invisible et silencieux
Comme un tronc, un cadavre.
Huit jours que je tombe,
Sans dormir, vais-je mourir ?
Je le souhaite et le redoute
Pourquoi suis-je vivant ?
Huit jours que je mange
Des racines, des baies et
De la viande pourrie de …
Pas de question mes aïeux.
Dix jours que je marche
À l’entrée du camp
À coup de bâton
Ils nous mettent en rang.
Dix heures que j’attends
Dans l’Autre pays
Sous le grand soleil noir
Dans la poussière rouge.
Dix secondes, rapide regard puis
Une couverture, une gamelle.
Anonyme reconnaissance
Du réfugié C 2830.
Six mois que je tourne
Dans le camp. Seules
Les mouches s’intéressent à moi
Je cherche désespérément.
Deux heures que j’attends
Muet et tête basse
"Suivant" je tend ma gamelle,
Claquement de la louche. "Merci"
Le 05 décembre 2008.
14:05 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité, sarkozy




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