29.09.2009
Labyrinthe.
Exceptionnellement un texte long.
AMIS LECTEURS MERCI DE PRENDRE QUELQUES SECONDES POUR
LAISSER UN AVIS FAVORABLE OU DEFAVORABLE SUR MES ECRITS.
LABYRINTHE.
Ce matin, comme à l’accoutumée, j’ouvre péniblement mes yeux. Je les referme aussitôt. Ce que j’ai vu ne correspond pas du tout, mais pas du tout à ma chambre. Calme toi me dis je, tu es encore dans ton rêve, un peu de patience le film va se terminer.
Je me sens bien dans le noir, pourtant une intuition me pousse à rouvrir mes yeux rapidement. Ce n’était donc pas un rêve, je suis bien dans mon lit mais il se trouve dans un long couloir glacial.
Ai-je eu un malaise ? Un accident ? Suis-je à l’hôpital ? Dans une clinique ?
Bizarre je suis un célibataire solitaire, alors qui a pu me faire transporter ? Étais-je avec une femme ou un ami hier soir ? Je suis incapable de me souvenir du déroulement de la soirée.
Ce couloir me fait penser à ceux des urgences, avec une différence fondamentale : je suis seul dans un silence absolu.
En plus le m’aperçois que le mur de gauche est blanc et celui de droite noir. Réalité ou décor virtuel ? Je touche le noir aussitôt il devient totalement blanc. Simultanément résonnent un cliquetis de chaînes que l’on traîne et le bruit de leur chute.
Cette situation est totalement incongru, ce n’est pas possible je suis encore dans mon rêve.
La peur me saisis effrayé je frappe le mur de mes poings, qui est d’une dureté bien concrète. À chacun de mes coups le mur change de couleur dans un concert terrifiant de chaînes.
Partir d’ici vite. Impossible je suis sanglé sur mon lit. Je touche le mur blanc instantanément il devient rouge. De longs sanglots, des lamentations accompagnent cette transformation.
Je me bouche les oreilles et hurle. Noir et blanc, calme complet. Effondré je ne bouge plus, ce statut quo me convient et me glace.
Un homme vêtu en Monsieur Loyal me regarde en souriant. D’où sort il ? Il n’y a aucune porte visible dans ce couloir sans fin.
"Bonjour Monsieur vous m’avez appelé ?"
"Pas vraiment j’ai hurlé de peur"
"Peur de quoi Monsieur ?"
"Des murs, du couloir, des bruits"
"C’est la vie alors n’ayez pas peur"
"J’entends bien mais lorsque vous touchez des murs et que ceux-ci changent de couleur dans un fracas de chaînes ou un crescendo de lamentations n’y a t-il pas quelques raisons d’être effrayé ?"
"Illusion, illusion Monsieur ! D’ailleurs je touche les murs que se passe t-il, rien !"
Je frappe violemment sur le mur blanc qui le reste obstinément. J’ai mal à la main, découragé j’arrête.
"Détachez moi"
"Restez calme Monsieur et je vous libérerai, vous voyez tout est normal ici"
"Ici, c’est où ici ?"
"Loin de là-bas mais près d’ailleurs Monsieur"
Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, je prends ma tête à deux mains jamais je n’ai jamais fait un tel cauchemar.
"S’il vous plait………" je n’ai plus d’interlocuteur Monsieur Loyal a disparu.
Arrivé sans bruit de l’arrière surgit un fou bossu bondissant armé d’un cimeterre. Étrange ses clochettes ne font aucun bruit.
Le fou m’observe impassible quelques secondes, cette fois c’est sur ma fin est proche il va me découper en fines tranches.
"Je vous en supplie Monsieur ne me tuait pas …. Je n’ai jamais fait de mal à personne, je donne à la quête lors de la messe…. Je n’ai pas de stock options, ni de parachute doré…"
Sans attendre la fin de ma supplique, d’un saut fantastique, il se retrouve debout sur mon lit. À nouveau je ferme les yeux le cimeterre siffle dans l’air puis s’abat à plusieurs reprises.
Silence complet suis-je découpé ? Je n’en ai pas l’impression ou alors je suis devenu insensible à la douleur. J’entrouvre en une fine meurtrière mes paupières, personne face à moi.
Patience, patience il est peut être derrière. J’entends les secondes s’écouler comme si les grains de sable étaient remplacés par des galets. En guise de clepsydre il y a mon cœur qui cogne dans ma tête comme un arbitre qui compte le K.O.
Les sangles sont coupées, je plie mes bras puis mes jambes tout fonctionne. Pas de commentaire du fou. Je tortille ma tête pour tenter de voir s’il est derrière moi. Difficile exercice assouvir ma curiosité sans déplaire, le sifflement du cimeterre résonne encore dans mes oreilles.
Prenant mon courage à deux mains je m’assied. Rien à gauche, rien à droite, de chaque coté un interminable couloir sans porte.
À nouveau je prends ma tête entre mes mains suis-je dans un rêve ou dans la réalité ? J’aimerais tant être dans un cauchemar et soudain me réveiller en sueur dans mon lit. Hélas tout ce qui m’entoure est concret, bien concret, y compris mon lit sur lequel je suis assis. Je me suis interrogé sur ma présence en ce lieu mais lui comment est-il venu ?
Je ne consomme aucune drogue, un peu de whisky de temps à autre, toutefois je ne pense pas en avoir bu hier soir une quantité telle qu’elle m’aurait fait sortir de mon univers quotidien.
"Vous semblez bien pensif Monsieur"
Le fou bossu est devant moi tout sourire. Si ce n’était la situation son costume de fou du roi de théâtre me ferait rire. D’où sort-il lui aussi ?
"Je suis dans un lieu inconnu, situé je ne sais où, confronté à des problèmes qui soit disant n’existe pas. Des personnages entrent et sortent d’un couloir sans porte, du moins apparente.
J’ai l’impression que tout ceci m’autorise à être pensif ?
"Bien sur Monsieur, bien sur. À moins que vous ayez beaucoup d’imagination. De nos jours les esprits s’enflamment vite, avec le virtuel tout paraît possible".
"Si vous le permettez laissez moi toucher votre bras".
"Faites Monsieur, faites".
J’ai un instant d’hésitation, si ma main se referme sur du vide c’est un gros problème, si elle se referme sur du solide c’est aussi un gros problème.
"À priori je ne suis pas dans le virtuel vous semblez bien en chair et en os"
"À moins que je ne soit un robot" dit il en éclatant de rire.
Anéanti je m’effondre.
Un grincement de porte me redresse vivement, je cours comme un fou Le son m’a semblé si proche. Je cours, je cours mon cœur va éclaté c’est sûr tant pis plutôt mourir. Ma vue se trouble, je m’arrête et pose la main sur le mur pour ne pas glisser au sol. Il se dérobe sans un bruit dévoilant une ouverture en arche.
J’avance timidement la salle est immense totalement blanche sauf le mur de droite qui est rouge corail. Devant ce dernier assis sur un trône fluorescent jaune citron un singe en smoking blanc fume le cigare.
"Bonjour Monsieur, à qui ai-je l’honneur ?".
Totalement abasourdi, dans l’incapacité de réfléchir je m’entends répondre :
"Sherlock Holmes pour vous servir".
En réalité je m’appelle Anastase Piquepieds, suis-je en train de devenir fou ? A moins que je sois spectateur d’une histoire qui me concerne, mais à ce moment là cela signifie que je suis dans un horrible cauchemar, pourtant tout semble si réel autour de moi. Ou alors…je ne sais plus !
"Vous êtes bien perplexe Monsieur. Excusez moi j’ai omis de me présenter tout à l’heure. Je m’appelle Anastase Piquepieds. Puis je vous aider ?".
Je bredouille "Co, co, comment vous appelez vous ?"
"Anastase Piquepieds pour vous aider ".
"C’est impossible c’est mon nom !"
"Cher Monsieur je ne pense pas que vous puissiez vous prévaloir d’un droit quelconque sur ce nom, il est libre et c’est le mien. Il peut être également le votre, je n’y vois aucun inconvénient. Toutefois il me semble que vous avez quelque problème de personnalité puisque tout à l’heure vous m’avez dis vous nommez Sherlock Holmes".
Je me tape les cuisses, les bras, la tête que du solide.
"C’est exact Monsieur. Par contre je suis bien incapable de vous expliquez pourquoi ce nom est sorti de ma bouche. En réalité je m’appelle Sherlock Holmes. Quel est votre rôle dans cette mascarade épouvantable ?".
"Je suis le Roi d’Ici, Anastase le Grand. Cher Monsieur je vous prie de rester poli, il ne s’agit pas d’une mascarade, personne n’est déguisé. Vous êtes bien dans le réel et je suis surpris de votre surprise. Veuillez vous asseoir sur ce siége à ma droite. Je vous ai déjà consacré trop de mon temps précieux, je dois régler les affaires de mon royaume". Il ponctue son propos d’un magnifique rond de fumée.
Mes jambes tremblent lorsque je me dirige vers le siége. Il s’agit d’un arrosoir de grandes dimensions. Ce n’est pas le moment de réfléchir, je suis épuisé je me laisse tomber à califourchon, aussitôt l’arrosoir s’adapte à la forme de mon fessier. Quel confort !
"Grand Chambellan faites entrer l’ambassadeur d’Ailleurs".
"Monsieur l’ambassadeur d’Ailleurs".
Aussitôt annoncé surgi sur sa trottinette un grand escogriffe roux, longiligne comme un boa, en redingote verte et tricorne
"Bamala in extenso Anastase le Grand. Séromato pénipéni galefu Sushi pre le Grancol…"
"Arrêtez de faire le malin, parlez en icilonien".
"Que le monde entier s’agenouille à vos pieds en signe de respect Anastase le Grand. Mon Roi et Maître le grandiose et diabolique Sushi 1er le Grandissime s’incline, avec difficulté à cause de son arthrose, devant son illustre voisin et néanmoins ennemi.
"Que voulez vous ?".
"Vous déclarer la guerre ".
"Pas le temps, au suivant "
"Monsieur l’ambassadeur de Là-bas".
"Que le monde entier s’agenouille à vos pieds en signe de respect Anastase le Grand. Mon célébrissime Roi Capuccino II le Victorieux, blablabla et blablabla…
"Monsieur l’ambassadeur Dauloin blablabla……"
"Monsieur le Conseiller spécial aux affaires particulières, blablabla…
Toutes ces paroles mièvres et perfides à la fois, débitées sur un ton monocorde, froid et impersonnel m’embrument la tête. Deux, trois fois mes yeux se ferment, puis se closent sur ma nuit.
"Monsieur, Monsieur réveillez vous".
Le Grand Chambellan est en train de me secouer comme une feuille de palme tout en me crachant dans l’oreille :
"Monsieur, Monsieur quelle inconvenance dormir pendant une audience de notre respecté et respectable Roi Anastase le Grand. De plus au moment où il s’adresse à vous".
Hébété je me lève, je tourne la tête. Dans la brume d’un matin sans café je parviens à distinguer son Altesse Sérénissime qui me regarde fort courroucé. Ce que me confirme son cigare qui fume comme les cheminées du France lors de son départ du Havre.
"Monsieur Sherlock Holmes dans un moment exceptionnel de ma grande bonté royale et insubmersible je vous nommes Ambassadeur d’Ici auprès d’Ailleurs. Vous pouvez disposer".
"Merci. Que le monde entier s’agenouille à vos pieds en signe de respect Anastase le Grand".
Le Grand Chambellan m’entraîne dans le salon qui jouxte la salle du trône.
Je suis songeur pourquoi m’avoir choisi comme Ambassadeur ? Je ne parle pas la langue et j’ignore totalement les coutumes locales. Il doit s’agir d’une fonction honorifique.
«Grand Chambellan dites moi en quoi consiste la fonction d’Ambassadeur auprès du Roi d’Ailleurs ?".
"C’est ma fois fort simple, nous allons vous vêtir de la tenue traditionnelle, c'est-à-dire le costume des mignons d’Henri III, puis nous vous parfumerons aux senteurs de jasmin et de purin".
"Cela doit sentir mauvais ?".
"Pas vraiment disons que c’est un mélange subtilement préparé pour les êtres androgynes. Revenons à notre problème, ainsi préparé vous partez en Rolls au château de sa Majesté le Roi Sushi 1er le Grandissime pour présenter vos lettres de créances".
"Que dois je dire ?".
" Rien, le Roi Sushi est extrêmement en colère car notre Roi Anastase le Grand, je m’agenouille à ses pieds en signe de respect, a dédaigné sa déclaration de guerre. Il va donc vous faire tuer, il gardera la Rolls ce qui l’apaisera. Il en a déjà une vingtaine dans son garage, elles correspondent à chacune de ses déclaration de guerre".
"Mais votre histoire est terrible, de plus je n’ai nulle envie de mourir. Qui sais ils vont peut être me torturer en me piquant avec des cure-dents ou en me frottant la plante des pieds avec une brosse à reluire les canines, à moins qu’ils ne me chatouillent les narines avec une plume d’orang-outang".
"Je crains que le rituel d’intronisation qui va vous être infligé soit plus délicat. Le dernier Ambassadeur a été découpé en fines lanières. Une fois sèches elles ont servis au tressage d’un fauteuil de pêche pour Sushi 1er le Grandissime que nous détestons avec grandeur et convenance. Son prédécesseur a été haché menu, bouilli et jeté aux chiens de la meute royale. Un coup de chance ils n’ont pas été malades sinon nous aurions eu droit à une nouvelle déclaration de guerre. Lorsque l’on connaît le prix d’une Rolls le Grand Financier aurais encore eu une crise d’urticaire géant. Je vous épargne les autres récits".
"Votre humour est d’un noir très profond Monsieur le Grand Chambellan, honnêtement je préfère un humour plus primesautier, plus léger genre valse à quatre temps. Sérieusement dites moi qu’elle est ma mission ?".
"Je pensais vous l’avoir décrite avec précision, puisque vous êtes crédule je vais vous monter toutes les photos de la fin de nos derniers ambassadeurs au royaume d’Ailleurs. Le Roi Sushi, 1er le Grandissime, que nous détestons avec grandeur et convenance, se fait une joie débordante - comme sa piscine - de nous adresser avec ses remerciements pour la Rolls un album des photos du supplice. Il est tellement fier des prodiges de son imagination que nous ne pouvons pas lui reprocher cette petite faute de goût. En plus nous y puisons de riches innovations pour nos services secrets, uniquement les secrets évidemment car nos services non secrets ne pratiquent pas les interrogatoires aquagym".
"Non je ne veux pas voir les photos" dis je en m’évanouissant.
Hagard et ahuri j’émerge. Qui me parle, où suis-je ? Tout me revient à l’esprit comme une vague de grande marée. Mon cauchemar est fini je suis dans mon lit. Miséricorde ! Je suis bien dans mon lit mais à nouveau dans ce couloir sans fin et sans porte.
Monsieur Loyal me regarde en souriant gentiment.
"Monsieur il serait bon que vous quittiez ce lit, un peu de promenade vous ferez du bien".
"J’ai quitté ce lit Monsieur, j’ai même trouvé une porte qui débouche dans la salle d’audience du Roi Anastase le Grand. Il m’a reçu gentiment hélas, quelle incorrection, je me suis endormi assis sur l’arrosoir tant les bavardages étaient insipides".
"D’accord, d’accord très belle histoire mais rien de tout ceci n’existe".
"Comment osez vous affirmer cela, j’ai vu, de mes yeux vu le Roi ce grand singe en smoking blancs, cigare aux lèvres. Tout à l’heure votre ami le fou m’a bien affirmé que nous étions dans le réel. Oh ! Je ne sais plus, finissons en".
"Du calme Monsieur, du calme. Est-ce que je suis désagréable avec vous ?".
"Non pas du tout. Mais comprenez moi je n’en peux plus, faîtes moi revenir chez moi. Finalement ma petite vie tranquille, mon petit boulot, mes copains, mes copines enfin tout ce que je vomissais en une mélancolique bile verdâtre à longueur de journée j’adore. Que mon supplice cesse. Qui m’a condamné ? J’adore ma vie sans relief, rendez la moi. La télé me manque !".
"Monsieur c’est bien vous, tout de suite dans l’excès. Votre vie elle est ici vous n’avez jamais vécu ailleurs, ni là-bas. Depuis vingt ans que je suis à votre service nous n’avons jamais déménagé".
Je ferme les yeux. Respire à fond, calme toi me dis-je. Il n’y a rien de vrai, tu es dans un rêve. Non dans un cauchemar effroyable ! À moins que j’hallucine sous l’effet d’une drogue que l’on m’aurait fait avaler à mon insu ? Impossible si j’étais sous l’emprise d’une drogue je serais incapable de raisonner comme je suis en train de le faire. Calme toi !
Progressivement mon rythme cardiaque s’apaise, je redeviens serein et je m’endors.
"Bonjour papa, bonjour. As-tu bien dormi ?".
Une douce voix d’ange se faufile dans mes neurones et d’une caresse les éveille. Je suis mort me voici au paradis. J’ouvre doucement mes yeux un enfant tout de neige vêtu le visage et les mains maquillés de blanc, me regarde intensément.
"Bonjour papa, bonjour. As-tu bien dormi ?".
Finalement je ne suis pas au paradis mais toujours en enfer. Me voici père maintenant moi qui est toujours refusé la paternité.
"Je suis désolé mon petit je n’ai pas d’enfant, tu te trompe".
Immédiatement des larmes coulent et claquent sur le sol comme des grosses gouttes d’orage estival. Ce bruit me perfore le cerveau et coule en cascade dans mon cœur. Je me lève, j’enlace le bambin.
"Ne sois pas triste, je t’en supplie ne pleure plus nous allons retrouvé ton papa".
"C’est toi mon papa pourquoi me rejette tu aujourd’hui ?".
"Je suis désolé pour toi je n’ai jamais eu d’enfant, tu confond avec une autre personne. Je suis peut être le sosie de ton vrai père. Ou, ou…….". Je ne sais plus je deviens fou.
Je repousse le petit et regarde autour de moi, je suis toujours dans le couloir, personne en vu. Je hurle "Monsieur Loyal, Monsieur Loyal" et je m’écroule en sanglots sur mon lit
"Monsieur a besoin de moi ?".
"Tuez moi !".
"Ça, recommence, monsieur est déprimé. Surmenage, hallucination, délire de persécution et pour finir les pensées deviennent suicidaires".
"Arrêtez, arrêtez je ne vous connais pas et vous êtes en train d’affabuler sur mon existence. Vous parlez de moi comme si vous connaissiez ma vie par cœur".
Une grande fatigue m’accable, mes épaules hurlent avec les loups. Où est ma vraie vie ? Résurgence soudaine et explosive :
"Le petit, où est le petit ?".
"De qui parlez vous Monsieur ?".
"De l’enfant qui était là il y a quelques minutes. Tout de blanc habillé et maquillé comme un clown".
"Vous voulez parler de votre fils ? Ne vous inquiétez pas il a rejoint sa chambre, il est patient comme un crocodile, il ne doute pas que vous allez le reconnaître un jour".
"Arrêtez, arrêtez de débiter vos balivernes si vous me connaissez si bien vous savez que je n’ai jamais eu d’enfant".
"Il est vrai que le père s’appelle, à ce qu’il se dit, Anastase Piquepieds et vous vous dites vous dénommer Sherlock Holmes Mon père a eu un chien de chasse qui portait ce nom, un fin museau. Tout ceci me laisse bien perplexe et rêveur comme vous Monsieur le Roi des Songes. Réfléchissons".
En prononçant ces propos Monsieur Loyal c’est mis à me fixer intensément. Ses yeux bleus sont parcourus de nuages qui défilent rapidement, la tempête doit être forte là-haut. Ils s’agrandissent, s’agrandissent je vois maintenant la mer sous les nuages. La plage est sous mes pieds, le chaud soleil m’invite à la baignade. J’avance doucement puis je me mets à courir et plonge dans les vaguelettes amoureuses. Mon plongeon provoque une énorme vague qui m’enroule et m’entraîne au loin. Je roule comme lors de ma dernière expérience de cosmonaute dans le tambour de mon lave-linge. Quel soyeux, quelle fraîcheur, il faudra que je demande la marque de son adoucisseur à Monsieur Loyal. L’harmonie avec l’univers est soudainement rompue, j’ai l’impression que des algues m’accrochent pour un abordage de pirates, à moins que ce soit les tentacules d’une pieuvre géante ?
Je suis tiré irrésistiblement vers le fond, de plus en plus entortillé, je vais me noyais c’est sûr. Je hurle : "Au secours, au secours".
J’ouvre les yeux, je suis en sueur, entortillé dans mes draps, dans mon lit, dans ma chambre.
J’ai envie de crier ma joie d’être enfin sortie de ce cauchemar, mais prudent je regarde autour de moi. Oui tout est à sa place ma commode Bernard 1er, mon faux mobile de Calder tricoter par ma grand-mère, mon armoire Nicolas II d’Espagne, ma table de nuit en papier mâché de Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur mon tapis en corne effilée de l’Aubrac mes chaussons adorés en peau de chacal, fourrés en poils de chinchilla du Matchu Pitchu.
Plus de doute je suis bien revenu. My home, my sweet home "YEEEEEEEEES !!!!!".
Mon enthousiasme cesse rapidement, l’on vient de toquer discrètement à ma porte. Je me raidi inquiet. Quelle heure est il ? Treize heures, normal ! Qui peut taper à la porte de ma chambre à cette heure ? Suis-je bête seule ma mère à la clé de mon appartement.
"Entre maman chérie".
Le battant se meut tendrement laissant apparaître…..Monsieur Loyal.
"Vous m’avez appelé Monsieur ?".
Une ombre blanche passe furtivement derrière lui.
Le 18 juillet 2009.
11:52 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
28.09.2009
Voileux
VOILEUX
Hors la routine, le fastidieux
Entre mer et cieux
Le monde merveilleux
Des vents et des voileux.
Le 31 juillet 2009.
10:16 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
27.09.2009
Portable
PORTABLE
Sur la digue à Luc sur Mer
Ni les vagues, ni les mouettes,
Ni le vent ne masquent l’horloge
Cruelle invention du Diable.
Les mamys et les papys
Consultent fébrilement
Leur portable rouge
Comme des adolescentes
Bourse de New York, de Tokyo
Enfants, petits-enfants
Sœurs, frères,
Percepteur, prêtres.
De qui attendent ils l’appel
Qui comblera le vide ?
Que faire de tout ce temps
Qui s’écoule vers le gouffre ?
Portable, illusoire leurre,
Qui squelette les minutes
Lorsqu’il sonne enfin
Face aux regards envieux
Acharnement thérapeutique
A base de vibreur
Sornettes téléphonesques,
Ils sont déjà morts.
Le 31 juillet 2009.
12:13 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
26.09.2009
Le blues du latino
LE BLUES DU LATINO.
Viens au pays latino
tu m’as dis, tout est beau !
J’t’ai cru sacré camelot.
Putain d’salaud.
Maintenant j’suis un latino
qui travaille chez Mac Do
pour quelques pétos.
Putain d’boulot.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
J’suis un clandestino,
qui en a plein l’dos
d’être pris pour du guano.
Putain de maquereaux
J’vis dans la trouille pas fiérot.
À chaque patrouille dans l’métro
je transpire comme un cachalot.
Putain d’vie d’blaireau.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
Avec ma tronche de noiraud
impossible bicolore duo
j’vis toujours en solo.
Putain d’fiasco.
Liberté : j’lai rêvé, pauvre ballot !
L’avenir : plus tard pour les prolos !
Les dollars : tu repasseras Diego !
Putain d’piége à gogos.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
Le 21 septembre 2009.
09:45 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
25.09.2009
L'adjudant chef Piccolo
L’ADJUDANT-CHEF PICCOLO
Pauvre débile d’appelé
tu dois le respect à
l’adjudant-chef Piccolo
-Alcoolo accro à la kro-
Oui chef !
J’ai fait l’Indo moi,
l’Algérie et tutto.
J’ai la croix moi p’tit con.
Oui chef !
Toutes les petites jaunes
à mes pieds à m’adorer
Oui chef !
Ah ! la bataille d’Alger
avec Massu, quel souvenir !
Pas un fellouse ne résistait
à ma gégène.
Oui chef !
Quoi que les villages
viets en flammes
c’était du beau boulot
Oui chef !
Chez les noirauds c’était rigolo,
facile pour les tuer
ils se croyaient invincibles
Aujourd’hui en France que des pédés
qui se laissent marcher sur les pieds
par tous les métèques.
Oui chef !
Tu te foutrais pas d’ma gueule ?
Oui chef !
Le 27 juillet 2009.
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24.09.2009
Rituel païen.
RITUEL PAÏEN
Premier jour.
1) Marcher vers la plage
2) Marcher sur la plage
3) Trouver une place
4) Planter le parasol
5) Étaler les serviettes
6) Se déshabiller
7) Se tremper
8) Se sécher
9) Étaler la crème bronzante
10) Se bronzer
11) Se tremper
12) Se sécher
13) Étaler la crème bronzante
14) Se bronzer
15) Attendre
16) Partir
17) Manger
18) Dormir
Deuxième jour.
1) Marcher vers la plage
2) Marcher sur la plage
3) Trouver une place
4) Etc.
N.B. : le cycle 7 à 10 peut être renouvelé au-delà de deux fois. Le nombre de jours est laissé à l’appréciation de chacun.
Le 13 août 2009.
10:05 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
23.09.2009
J'ai.
J’AI
J’ai la peau blanche
à l’intérieur toubab.
J’ai cru, tu as cru, il a cru
nous avons cru, ils ont ri.
J’ai un fragment de la vraie croix,
dix euros la vidéo.
J’ai peur du noir
alors je bois du blanc.
J’ai Gustave Eiffel,
vas faire un tour !
J’ai le rhume des foins,
rumine dans ton coin.
J’ai la tête de veau ravigote,
la vache elle mégotte !
J’ai du persil dans les narines
ça chatouille Karine.
J’ai la libido en berne,
fais toi naturaliser Suisse.
J’ai fox terrier,
mon pauvre lapin !
J’ai perforation intestinale,
performance matinale.
J’ai la mouche du coche
affamée dans mon coffre
J’ai la médaille en chocolat
qui me pèse sur l’estomac.
J’ai le sentiment,
sans le poids marchand.
J’ai un cor au pied,
c’est mieux qu’au bout du nez.
J’ai un pèse personne
et personne ne sonne !
J’ai une haleine de phoque,
le chacal se moque.
J’ai perdu le nord
sans aucun remord.
Le 29/30 juillet 2009.
09:25 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
22.09.2009
Litanies pour trois milliards d'humains.
LITANIES POUR TROIS MILLIARDS D’HUMAINS
Chaque jour je nuit noire
Pour ceux qui meurent de faim
Pour ceux qui meurent de soif
Pour ceux qui meurent sous les balles
Pour ceux qui meurent du paludisme
Pour ceux qui meurent de n’être rien
Pour ceux qui meurent de notre indifférence
Pour ceux qui meurent du sida
Pour ceux qui meurent de noyade
Pour ceux qui meurent d’avenir trop rêvé
Pour ceux qui meurent de ne plus avoir de rêve
Pour ceux qui meurent à petit feu
Pour ceux qui meurent au large des côtes
Pour ceux qui meurent immobiles
Pour ceux qui meurent de désespoir
Pour ceux qui meurent sans une larme
Pour ceux qui meurent nus
Pour ceux qui meurent sans vieillesse
Pour ceux qui meurent sous la torture
Pour ceux qui meurent enfant
Pour ceux qui meurent sans vie
Pour ceux qui meurent soulagés
Pour ceux qui meurent d’espoir
Pour ceux qui meurent loin
Pour ceux qui meurent sans amour
Pour ceux qui meurent d’être fille
Pour ceux qui meurent de non vaccin
Pour ceux qui meurent au labeur
Chaque nuit je rêve de jour
Pour ceux qui vivent de rien
Pour ceux qui vivent d’espoir
Pour ceux qui vivent de rêves
Pour ceux qui vivent avec un dollar par jour
Pour ceux qui vivent esclave économique
Pour ceux qui vivent enfant-soldat
Pour ceux qui vivent dans la misère
Pour ceux qui vivent favelas
Pour ceux qui vivent la mort
Pour ceux qui vivent non vie
Pour ceux qui vivent de leur corps
Pour ceux qui vivent en fermant les yeux
Pour ceux qui vivent en prison
Pour ceux qui vivent sans avenir
Pour ceux qui vivent sans le savoir
Pour ceux qui vivent sans abri
Pour ceux qui vivent illettrés
Pour ceux qui vivent sans passé
Pour ceux qui vivent sans tradition
Pour ceux qui vivent déracinés
Pour ceux qui vivent télévision
Pour ceux qui vivent de rapines
Pour ceux qui vivent aujourd’hui
Pour ceux qui vivent sans parole
Pour ceux qui vivent sans un regard
Pour ceux qui vivent clandestin
Pour ceux qui vivent dans la peur
Pour ceux qui vivent sans ancêtres
Jour et nuit je crépuscule sans fin.
Le 31 juillet 2009.
10:19 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
21.09.2009
Le blues du chômeur en fin de droit.
LE BLUES DU CHÔMEUR EN FIN DE DROIT
Maman j’ai le blues
J’aurais pas du laisser le pays
J’ai la nostalgie d’mamy
Et d’ses tartes aux fruits
J’ai quitté la Grande Cité
Pour revenir en ma Creuse
Avec ma petite poupée
Qui en était fort heureuse
Nous avons travaillé
Dans la Grande Usine
Au milieu des prés
Ce n’était pas la mine
Sur il y avaient les trois huit
Qui effacent les limites
Les cadences à respecter
Pour une paye au rabais.
Les chefaillons tatillons
Qui nous cassent les bonbons
Si on a une opinion
Qui n’est pas du bon ton.
Heureusement il y avait toi
Avec ton joli minois
Les randos dans les bois
L’amour sous notre toit
Un joli et fleuri mois de mai
Sont arrivés les tchèques
Avec un très gros chèque
Notre boss disparu à jamais.
Promesse de mille ans
De travail garanti
On a serré les dents
Et on a souris gris
Les subventions touchées
les bénéfices encaissés
les tchèques se son tirés.
En bois leur chèque il était.
Maman j’ai le blues
Du quinqua lessivé
Qui n’a aucune bouée
Pour l’empêcher de couler
On a promis de tout casser
Tout le pays fut ameuté
Les journalistes accouraient
Nous étions adulés
La Grande Usine a fermé
Tous ont a été licenciés
On a touché notre indemnité
Tout le monde nous a oublié
J’ai r’trouvé la Grande Cité
De moi elle n’avait rien à cirer
De foyer en foyer j’ai erré
L’alcool a fini d’me briser
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
J’ai quitté la Grande Cité
Pour retourner dans ma Creuse
Sans ma petite poupée
Disparu l’amoureuse.
La masure j’ai retrouvé
Avec les sabots de pépère.
Son jardin j’ai retourné
A la recherche de repère
Je sais qu’tout est foutu
Plus rien à espérer
La vie n’m’a pas attendu
Reste juste à crever
Maman j’ai le blues
De l’exclus vaincu
Qui en a plein l’cul
De cette vie foutue.
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
Le 29 août 2009.
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20.09.2009
Perles.
PERLES.
Issues de la brume des flots nacrés
Mes rêves délicats et parfumés
Nourrissent la réalité sacrée
De l’intuition enfin recomposée.
Soudain de ma bouche émerveillée,
En un cliquetis doux et mélodieux,
S’écoulent des perles argentées
Venues du temps des Dieux.
Sur le sable rouge de mes nuits,
Plages perdues des inconnues,
Elles roulent légères, sans bruit
La vibrations venue des nues.
Enfin libéré mon esprit rebelle
Accueille le flux ensemenceur
Du Souffle cosmique éternel,
Promesse de la blanche douleur.
Je plante l’axe du monde natal
Des mots échappés de l’absolu
Jalon dans la quête sidérale
Du bêcheur, calme géant résolu.
La pierre marque l’angle du perdu.
La splendeur solaire de l’Arpenteur,
Au cœur du désert la main tendue,
Illumine le pays maudit des menteurs.
Le 15 avril 2009.
09:34 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème



