21.10.2009
Partage.
Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".
PARTAGE.
Lui (Faisant le baisemain) : Bonsoir ma chère. Ce n’est pas possible, c’est incroyable, c’est terrible.
Elle (Épouvantée) : Bonsoir Amour. Qui y a-t-il Amour, votre portefeuille d’actions ne vaut plus rien ?
Lui : Non, non ma chère j’avais pris mes précautions.
Elle (Fébrile) : Amour vous avez déposé le bilan de la société ?
Lui : Mais non ma chère, tout va bien, le marché de l’art n’a jamais atteint un tel niveau.
Elle (Illuminée): Amour c’est affreux vous avez un cancer !
Lui : Du calme, du calme ma chère j’ai fait un check-up la semaine dernière j’ai une santé de fer.
Elle (Exaltée): Excusez moi Amour mais avec tout ce qu’ils racontent à la télé je ne vis plus, j’ai des migraines épouvantables. Le krach boursier, la baisse du prix du pétrole, la hausse du dollar, notre patrimoine immobilier qui ne vaut plus rien, enfin presque, les chinois qui vont nous envahir, c’est épouvantable.
Lui : Calmez vous, calmez vous ma chère.
Elle (Perdue) : Mais alors Amour qu’est ce qui est terrible ?
Lui : La misère, toute cette misère ma chère.
Elle (Rassurée) : Oui d’accord Amour mais vous savez il y a toujours eu de la misère.
Lui : Aujourd’hui ma chère je suis rentré à pieds du bureau. Cela faisait quinze, vingt ans que cela ne m’étais pas arrivé.
Elle (Surprise) : Quelle idée bizarre Amour.
Lui : C’est exact je ne sais pas ma chère ce qui m’a pris. J’ai ressenti comme un appel ! J’ai dis à Georges «Rentrez sans moi je vais à pieds".
Elle : Amour vous êtes sûr que tout va bien ?
Lui : Oui, oui ne vous inquiétez pas ma chère. La santé physique est très bonne et la santé psychique aussi.
Elle : Alors Amour ?
Lui : Eh bien imaginez vous ma chère que je me suis rappelé le chemin pour rentrer avenue Foch !
Elle : Amour vous êtes formidable !
Lui : Je vous en prie ma chère ce n’est juste qu’une question de mémoire.
Elle : Quand même Amour. Alors ?
Lui (Volubile) : Alors ? Alors ma chère j’ai emprunté l’avenue Victor Hugo puis l’avenue Raymond Poincaré. Soudain, comme le Bouddha quittant son palais pour la première fois, j’ai eu une révélation. Sur le trottoir juste à coté de moi, oui ma chère juste à coté de moi un homme en guenilles allongé sur des vieux cartons à même le sol. Stupéfait je me suis arrêtais. "Que faites vous là mon brave ?"Lui ai-je demandé.
Elle : Il vous a répondu Amour ?
Lui : Oui ma chère, un peu grossièrement mais en français. Je vous prie de m’excusez du vocabulaire voici sa réponse "Connard, tu ne vois pas que je suis un SDF, est ce que tu sais au moins ce que sais qu’un SDF couillon, je n’en suis pas sûr ! Sans Do mi ci le Fixe"
Elle : Quel grossier personnage Amour !
Lui : Que voulez vous ma chère c’est le peuple. Décontenancé je lui est dit "C’est la première fois que je suis confronté à cette situation". Sa réponse fut immédiate "Tu ne dois pas sortir souvent mon gars des types comme moi qui dorment dans la rue il y en a des milliers dans les rues de Paris".
Elle : C’est vrai Amour ?
Lui : Hélas oui ? Je le savais par la télé, de là à imaginer cela chez nous dans la 16ème, c’est incroyable. D’ailleurs en poursuivant mon chemin ma chère j’en ai croisé cinq ou six. Il y en a même avenue Foch.
Elle (Terrifiée) : C’est épouvantable Amour ! Il y a toujours eu des réfractaires au travail.
Lui : Oui ma chère c’est épouvantable au point que la vue de tous ces hommes a provoqué en moi, comme le Bouddha, une illumination.
Elle (Ébahie) : Une illumination Amour ? Comme Saint Paul plutôt, Bouddha ce n’est pas chrétien.
Lui (Les bras en croix) : Oui ma chère en lettres de feu j’ai vu écris PARTAGE.
Elle (Incrédule) : Vous en êtes bien sur Amour.
Lui : Sûr et certain ma chère.
Elle (Complètement déboussolée): Partage, partage. Je ne comprends pas Amour.
Lui : C’est pourtant simple ma chère, nous sommes riches il faut que nous partagions avec tous les miséreux de tous les pays. Nous allons vendre tous nos immeubles et avec cet argent nous ferons construire des centres d’accueil, ce n’est pas possible ma chère de rester passif devant une situation aussi dramatique.
Elle (Assommée) : De tout les pays, même en Afrique ?.....Vendre nos immeubles Amour en pleine crise de l’immobilier, est ce bien raisonnable ? …Pas le château quand même ?
Lui (Mystique) : Ma chère je suis déterminé, nous allons vendre tous nos immeubles et le château bien sûr et si ce n’est pas suffisant nous vendrons nos forêts.
Elle (Pétrifiée) : Les forêts de vos ancêtres Amour ?
Lui (Dur et déterminé) : Oui ma chère. Assez parlé il faut agir, j’appelle immédiatement notre notaire.
Elle (En pleurs) : Amour, Amour il y a peut être une autre solution.
Lui : Laquelle ma chère ?
Elle (Toujours en pleurs et au bord de l’évanouissement) : Je ne sais pas moi, voyons que faire pour eux………………..Par exemple leur donner des vêtements chauds nous en avons plein les placards……………….. Et puis….et puis financer une bonne soupe chaude, bien épaisse que l’église distribuera……….. Et puis un billet de cinquante euros à tous ceux qui viendront à la messe……………Et puis donner plus à Caritas International………..Et, et……………aux Chevaliers de malte,…..ont pourrait même donner à l’Abbé Pierre le révolutionnaire, au Secours Catholique ce repaire de gauchiste et, et…….. soyons totalement déraisonnables au Secours Populaire aussi.
Lui (Extatique) : Cessez ma chère ma décision est prise Dieu m’a élu je doit accomplir ma mission, rien ne m’arrêtera.
Elle (S’évanouie) :
Lui (Sonnant) : Georgette, Georgette venez vite Madame à besoin de vous.
Elle (Reprenant conscience) : Amour, Amour dites moi j’ai fais un mauvais rêve. Rassurez moi je vous en supplie Amour.
Lui (En lévitation) : Non ma chère vous n’avez pas rêvé je vais de ce pas téléphoner à notre notaire afin que nous mettions en vente immeubles, château et forêts si nécessaire. Je ne vend pas vos bien n’ayez crainte ma chère, uniquement les miens.
Elle : Monsieur je n’ai rien moi.
Lui : Qui puis je Madame il ne fallait pas épouser un riche. Georgette occupez vous de Madame.
Elle (Évanouie) :
Lui (S’éloignant transporté) : Georgette faites quelque chose, aidez Madame, donnez lui un alcool pour l’a ranimer, j’ai à faire, ma mission ne peut pas attendre.
Le 12 décembre 2008.
13:53 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, poème, politique.




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