04.11.2009
Le puits.
LE PUITS.
La poulie renâcle et couine
le grand puits est si profond.
Le seau déverse l’odorant purin
bile des monstres souterrains.
La porte se ferme en grinçant,
le vent griffe les volets.
La chair cherche un squelette
dans les méandres du temps,
pourquoi nous sommes nous
condamnés à
vivre dans le souffle des vents ?
Le coq a perdu la tête
décapité par les morts.
Désorientée la bulle éclate
sans laisser de trace.
Fragiles comme l’éternité
souveraine
les lampyres fuient dans l’espace
la prégnante origine.
Les mots, vomissures des ténèbres,
souillent les lèvres des momies,
il faudra réapprendre l’aurore.
Des salves d’or ont fusillé
les fragiles fleurs,
les hommes mastiquent du khat
en s’amusant de leur agonie.
Jour après jour ils remplissent
leur faille purulente
de baumes argentés,
d’onguents de leurres,
confondants aurore et servilité.
Fuir l’esclavage de la fausse liberté,
vomir les poisons goulûment avalés,
derrière le mur de soie découvrir
la transparente incandescence.
Utiliser la pourriture de la plaie
pour fertiliser son appétit
et dans un spasme titanesque
vomir les vipères rouges et
les vouivres laiteuses, alors voir
dans la béance jaillir les sources.
Pleurer en laissant se clore la nuit
comme s’ouvre le long tunnel.
Parcourir le désert du centre
plein de facétieux assassins qui
vantent le facile abandon du cercle,
pour étreindre, loin de l’orage,
le bonheur illimité à 29 euros 90.
Le coq de la Rolex chante.
De pauvres hères irréalistes,
plein d’ascendants cyclones
ouvrent leur mémoire pour
tenter de détruire ce fallacieux
rempart de sable, qui aveugle
les fenêtres du firmament.
J’ai frémis en côtoyant le précipice
de mes bons sentiments.
L’edelweiss m’a dis :
bonimenteur du passé, aboyeur du futur,
vis dans le présent.
Mon cœur calciné cherche
le moindre souffle pour apaiser
la tristesse du violoncelle.
J’erre perdu dans ma ville,
au pied des lampadaires flétris,
dans la douleur de la lumière
artificielle,
je poignarde des ombres.
Illusoire béatitude du meurtrier
en recherche de sainteté
un bouquet de fragrances en main.
Illuminé j’éructe pour récupérer mes
fragments d’illusions éparpillés
dans le cosmos nourricier, où
elles recherchent éperdues leur place
dans le puzzle du jeu de la Vérité.
Sonore expression de la réalité
la poulie renâcle et couine
l’étoile s’est noyée dans le puits
clame t-elle il n’y aura plus de réponse.
Le sablier s’est bouché
le temps ne s’écoule plus
seul le cri de la Passion résonne
sans fin et sans raison.
L’Univers entier vibre de
la rage de mourir, le big crunch
initie ses premiers pas,
vers le toboggan du retour
à l’éternelle renaissance.
Seul, hors du temps,
l’as de pique s’habille, enfile
un brassard de deuil et
se dirige lentement
en direction du cimetière.
À la porte muet d’effroi
Il découvre le grand puits sans fin.
Terreur statufiée il comprend :
Il n’y a plus d’au-delà !
Le 28 avril 2009.
10:04 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique.




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