05.11.2009

Certitudes.

Toujours dans ma série des "Improbables dialogues".

 

CERTITUDES.

 

Lui : Bonjour Mamadou

L’autre : Bonjour Monsieur Le Plume. (Je ne m’appelle pas Mamadou mais Boubacar. Pour lui tous les noirs se nomment ainsi, comme Firmin pour les valets d’antan)

Lui : Pas d’ennui cette nuit ?

L’autre : (Toujours la même question) Non calme plat.

Lui : T’as pu dormir alors ?

L’autre : (Toujours la même plaisanterie) Vous savez bien que je fait consciencieusement mon métier de gardien de votre parking, je ne dors jamais.

Lui : (Il me prend pour un con ce singe) Comme si j’allais te croire. Mais contrairement à ce que dise les mauvaises langues je ne suis pas raciste. Je suis également bon puisse que je ne te vire pas.

L’autre : Merci Monsieur Le Plume.

Lui : (Il se fout de moi ce noiraud) Ca va, ça va. Donc le "Cargo" a été calme cette nuit ?

L’autre : Le parking oui. Pour là haut il faut demander aux gars de chez "Vigilance et Honneur SARL".

Lui : Tu as raison ce n’est pas des métèques qui veilleront un jour sur le saint des saints. Il est beau cet immeuble, immense, fort comme moi. Je suis fière de cette preuve matériel de mon influence.

L’autre : Oui Monsieur Le Plume.

Lui : (Je rêve il continue à se foutre de moi) Ferme ta gueule.

L’autre : Oui Monsieur Le Plume.

Lui : (C’est incroyable il me tient tête) Il faut que je te mette mon poing dans la gueule pour que tu t’écrases ?

L’autre (Effrayé) : Non Monsieur Le Plume j’ai compris.

Lui (Bombant la poitrine) : (La force, il ne comprenne que cela les bouffeurs de bananes) C’est bon.

L’autre : Cette nuit j’ai lu dans le journal que vous alliez être obligé de vendre le "Cargo".

Lui : Balivernes de journalistes noyautés par les juifs et les francs-maçons. Nous ne quitterons jamais le cargo.

L’autre : C’est clair Monsieur Le Plume.

Lui : Sinon imagine tu tombes sur des nouveaux propriétaires racistes eux, ils te virent.

L’autre : Je n’avais pas envisagé la situation sous cet angle. Vous, vous me payez au black mais au moins j’ai un travail pour nourrir ma famille.

Lui : Et après cela on dit que je n’ai pas de cœur.

L’autre : Merci Monsieur Le Plume.

Lui (Ouvrant son portefeuille): Tiens voila mille euros, car en plus de toutes mes qualités je suis généreux.

L’autre : Merci beaucoup Monsieur Le Plume.