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  • Echos.

    ÉCHOS.

     

     

     

     

     

     

    Crépitements sur la vitre de ma mémoire.

     

    Un garnement insolent ?

    Une sorcière secoue son balai ?

    Le sel d’un sumo trop loin projeté ?

    Des voisins picards à l’heure du café ?

    Des oiseaux égarés picorent ma liberté ?

    Le Petit Poucet toque ma jeunesse ?

    La pluie d’été réveille les souvenirs ?

    Le sable du sirocco chante le désert ?

    Un pivert perfore mon cœur de marbre ?

    Des morts qui cherchent un peu de chaleur ?

    Brisures des voix aphones d’anciens amis ?

    Éclats de rire de l’enfantin bonheur éternel ?

     

    Non juste la douloureuse grêle de l’oubli.

     

     

    Le 28décembre 2009.

     

  • Je crie.

    JE CRIE.

     

     

     

     

     

    Je crie, je crie dans l’insondable forêt

    Enchevêtrée telle la pelote du Diable.

    Mes appels sans écho s’épuisent aux cimes.

     

    Poussé par la fièvre du grand secret

    Je progresse entre exaltation et angoisse

    Derrière moi les branches se croisent serrées

    M’interdisant tout retour à l’orée.

     

    Surprise et fausse bienveillance d’une allée

    Bordée de squelettes au poing levé

    Au pied de chênes sobrement rassurants.

     

    Un choeur de mâchoires claque des dents

    Un requiem inconnu des vivants

    Lentement j’avance tremblant au milieu

    De cette si humaine haie d’horreur.

     

    Je ferme mes yeux, bouche mes oreilles

    Sans espoir car en moi vivent les visages,

    Résonnent les voix éraillées de leurs assassins.

     

    Une clairière reçoit un rai apaisant de lumière

    Havre de paix pour mon cœur bouleversé.

    Impossible acceptation de mon impuissance face

    Au monde sourd aux lamentations des innocents.

     

    Pourtant il faut repartir vers la sombre futaie

    Le rai d’espoir illumine mes pas, alors à nouveau

    Je crie, je crie dans l’insondable forêt.

     

     

    Le 28 décembre 2009.

     

  • Sur le nuage.

    SUR LE NUAGE.

     

     

     

     

     

    Sur le nuage de mes rêves

    Je m’éloigne de la rumeur.

    La flèche d’oies cacarde

    Les noms du Sud.

     

    Je me laisse porter calme

    Vers mes frères africains.

    Le chaud harmattan

    Me susurre la vie.

     

    Depuis des années

    La pluie est abondante

    L’oasis fleurit joyeusement,

    Les pleurs ont disparu.

     

    Le bétail est rebondi

    Les récoltes sont miraculeuses.

    Les dunes vertes dorment

    Paisibles sous la douce lune.

     

    Le fleuve est lourd de bateaux

    Pleins de passagers et ballots.

    Les pêcheurs chantent sans fin

    En tirant leurs ronds filets.

     

    Les hommes reviennent

    Silencieux du long exil.

    Les femmes cachent leur émotion

    Derrière de stridents youyous.

     

    Près du lit de mes rêves

    La radio liquéfie mon nuage

    "Trente hommes sont morts

    Noyés au large de Lampedusa".

     

     

    Le 28 décembre 2009.

     

  • Joyeux Noël.

    JOYEUX NOËL.

     

     

     

     

     

    Dégoulinade de bons sentiments mièvres

    En un raz de marée de guimauve rose

    Faisandée à point par un an d’oubli.

     

    Journée d’amour bavard et pleurnicheur

    Pour tenter de noyer des tonnes d’indifférence.

    Ne priez pas leur honte est évanescente.

     

    Inutiles cadeaux déversés à profusion

    Sur des bambins ébahis de cette inhabituelle générosité.

    Réflexe pavlovien ou ersatz de mea-culpa de faux Père Noël ?

     

    Résurgence soudaine d’une religiosité de bon aloi

    Dieu regarde comme mon âme est belle et blanche

    N’oublie pas mon petit coin de Paradis.

     

    Aujourd’hui les voisins sont charmants et beaux,

    Sourires et signes de la main amicaux.

    Demain la cécité revenue, fantômes à nouveau.

     

    Enfants de Notre société dont nous refusons la paternité

    En ce beau jour on ose presque regarder les pauvres

    En leur jetant hâtivement des piécettes d’orgueil.

     

    Au-delà des montagnes et des mers vit l’Autre

    Si exotique, si vivant de rien, si soleil, si souriant.

    Noël, il ne pourra pas s’habituer ! Fermons la cheminée.

     

    En coulisse

    Le Grand Éplucheur de sentiments,

    Le Grand Peleur de cœurs,

    Le Grand brosseur d’âmes

    Ricanent de toutes leurs dents cariées.

     

    Heureusement pour notre odorat délicat et compatissant

    Les effluves nauséabonds de leurs souffles pourris

    Sont annihilées par le doux parfum des tiroirs-caisses.

     

     

    Le 25 décembre 2009.

     

  • Place des menteux.

    PLACE DES MENTEUX.

     

     

     

     

    Ce matin sur TV Flots Bleus

    Reportage place des Menteux.

    Attentifs, calmes et silencieux

    Les poissons sont heureux.

     

    Malgré la forte chaleur

    Les gestes des pêcheurs

    Sont d’une telle ampleur

    Qu’ils épatent les plus rêveurs.

     

    Devant la télé bouches en coeur

    Même les bars les plus hâbleurs,

    Eux d’habitude si querelleurs,

    Ne se sentent pas à la hauteur.

     

    Les poissons se disent en déjeunant :

    Mais où habitent donc ces géants ?

    Peut être au fond de l’océan

    Loin dans les abysses, le néant.

     

    À Luc sur Mer c’est impensable !

    Nos pêcheurs, il est fort probable,

    Racontent des exploits contestables,

    Où alors dans des îles au diable.

     

    À Courseulles lorsque l’on va

    Chez Isabelle reine du Stenaca

    Devant les turbos bodybuildés

    Les soles hyper vitaminées

     

    Les raies aux ailes large du ciel

    Les bars sauvages providentiels

    On se dit place des Menteux

    Sont plutôt modestes les baveux.

     

     

  • Le blues du pilier de bar.

    LE BLUES DU PILIER DE BAR.

     

     

     

    Pourquoi cette fille hier soir ?

    C’est vrai j’étais complètement noir

    Quand même j’aurais du la voir

    Cette bonbonne édentée sans fard.

    Arrivé dans la chambre, ooooh !

    Quelle surprise devant le tableau.

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

    Pleure pas bébé maman va t’consoler

    Entre mes seins je vais t’cajoler.

    J’ai fui la porte était fermé à clé

    Dans un piège j’étais tombé.

    Pleure pas bébé j’suis là pour t’aimer

    Juste pour toi quarante ans de métier

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

    Elle a hurlé : bébé fais moi l’amour

    En me plaquant sur le lit sans détour.

    Sous le poids j’ai cru mourir étouffé

    Pas le temps de respirer j’étais violé.

    Oh maman je crois que j’vais y rester

    J’ai tout essayé, impossible de résister.

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

    Quand va finir ce terrible cauchemar ?

    Soudain tout est flou, j’en ai marre.

    Juste le temps de foncer aux toilettes

    Je vomis mon cœur et mes tripettes.

    Une pieuvre poisseuse soutient ma tête,

    J’ai rejoins la mer mon vieux Jazette.

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

    Au petit matin quand j’me suis réveillé

    J’étais à poil, dépouillé et tout mouillé.

    Même pas un slip pour cacher ma nudité,

    Juste une vieille serviette rose trouée.

    Allo maman vient vite me chercher

    Motel des Amoureux, derrière l’évêché

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

    J’ai le blues du pilier de bar

    Qui cherche une fille sans espoir.

     

     

  • Le noeud gordien.

    LE NOEUD GORDIEN.

     

     

     

     

    Il faut trancher

    Le nœud gordien

    De serpents malsains.

     

    Dénouer à jamais

    Les liens noirs

    De nos mémoires.

     

    Briser sans pitié

    La lourde chaîne

    Des vieux gènes.

     

    Douce utopie

    Baume illusoire

    Sur mon désespoir.

     

  • Paradis

    PARADIS

     

     

    Parodie de paradis

    Pluie de nuit

    Cris gris

    Fruits d’envie

    D’ennui pourri

     

    Soleil en veille

    Treille en sommeil

    Merveilles pareilles

    Aux gouffres vermeils

     

    Repli rempli

    D’apathie aigrie.

    Autrui ?

    Qui ?

     

    Ironie, baronnie

    Des instruits éconduits

    Par les harpies enrichies

    Flétri maudit !

     

    Menti des nantis

    Panoplie de l’ami

    Perverti aujourd’hui.

    Hérésie de démocratie.

     

    Insoumis en sursis

    Malappris, malogis

    Banni des circuits

    Survivez au ralenti

    Ou périssez sans bruit.

     

    Eblouis par l’inouï

    Gabegie des sans-soucis

    Les commis ravis

    Copient leur forfanterie

     

    Au pilori les aigris.

    Ralentis, confits

    En rêveries d’harmonie

    D’infini et tutti quanti

     

    Mélancolie d’alanguie

    De coolies engourdis

    Parti pris garanti

    Envers les choisis.

     

    Rassis vos récits contrits.

    Vivi le profit infini

    Qui glorifie la vie

    Epanoui, enrichi.