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  • Le blues du chômeur en fin de droit.

    LE BLUES DU CHÔMEUR EN FIN DE DROIT

     

     

     

    Maman j’ai le blues

    J’aurais pas du laisser le pays

    J’ai la nostalgie d’mamy

    Et d’ses tartes aux fruits

     

    J’ai quitté la Grande Cité

    Pour revenir en ma Creuse

    Avec ma petite poupée

    Qui en était fort heureuse

     

    Nous avons travaillé

    Dans la Grande Usine

    Au milieu des prés

    Ce n’était pas la mine

     

    Sur il y avaient les trois huit

    Qui effacent les limites

    Les cadences à respecter

    Pour une paye au rabais.

     

    Les chefaillons tatillons

    Qui nous cassent les bonbons

    Si on a une opinion

    Qui n’est pas du bon ton.

     

    Heureusement il y avait toi

    Avec ton joli minois

    Les randos dans les bois

    L’amour sous notre toit

     

    Un joli et fleuri mois de mai

    Sont arrivés les tchèques

    Avec un très gros chèque

    Notre boss disparu à jamais.

     

    Promesse de mille ans

    De travail garanti

    On a serré les dents

    Et on a souris gris

     

    Les subventions touchées

    les bénéfices encaissés

    les tchèques se son tirés.

    En bois leur chèque il était.

     

    Maman j’ai le blues

    Du quinqua lessivé

    Qui n’a aucune bouée

    Pour l’empêcher de couler

     

    On a promis de tout casser

    Tout le pays fut ameuté

    Les journalistes accouraient

    Nous étions adulés

     

    La Grande Usine a fermé

    Tous on a été licenciés

    On a touché notre indemnité

    Tout le monde nous a oublié

     

    J’ai r’trouvé la Grande Cité

    De moi elle n’avait rien à cirer

    De foyer en foyer j’ai erré

    L’alcool a fini d’me briser

     

    Maman j’ai le blues

    Du chômeur en fin de droit

    Qui n’a plus que le RSA

    Pour n’pas couler plus bas.

     

    J’ai quitté la Grande Cité

    Pour retourner dans ma Creuse

    Sans ma petite poupée

    Disparu l’amoureuse.

     

    La masure j’ai retrouvé

    Avec les sabots de pépère.

    Son jardin j’ai retourné

    A la recherche de repère

     

    Je sais qu’tout est foutu

    Plus rien à espérer

    La vie n’m’a pas attendu

    Reste juste à crever

     

    Maman j’ai le blues

    De l’exclus vaincu

    Qui en a plein l’cul

    De cette vie foutue.

     

    Maman j’ai le blues

    Du chômeur en fin de droit

    Qui n’a plus que le RSA

    Pour n’pas couler plus bas.

     

  • Stock-options.

    Dans le cadre de mes "Improbables dialogues"

     

     

     

    STOCK-OPTIONS

     

    Lui (Très aimable) : Bonjour Monsieur Baulthi, je vous en prie prenez place.

    L’autre : Merci, bonjour Monsieur Lièreseil.

    Lui (Flatteur) : Je vous remercie d’avoir accepter mon invitation à cette réunion informelle, non prévue au planning. C’est un plaisir de vous recevoir aujourd’hui.

    L’autre (Surpris): Je vous en prie. Je suis seul ?

    Lui (Suave) : Oui, si vous n’y voyez pas d’inconvénient évidemment ? J’ai besoin de votre conseil de syndicaliste expérimenté, concernant un projet qui me tient à cœur.

    L’autre (De plus en plus surpris) : Bien, je vous écoute alors.

    Lui (Baissant la voix) : Contrairement à tout ce qui se raconte notre groupe gagne de l’argent, beaucoup d’argent. Les excédents, par un montage fiscal très complexe, convergent vers la holding, de la holding, de la holding. Ils sont bien sûr situés dans trois pays différents.

    L’autre (Abasourdit) : Ouais, ouais.

    Lui (Enjoué) : Tout ceci est anecdotique, sans intérêt mais permettra d’éclairer ce qui va suivre.

    L’autre : Ouais, ouais.

    Lui (Baissant à nouveau la voix) : En accord avec les membres de ma famille qui sont toujours actionnaires, nous avons décidé, pour l’année 2008, de ne pas externaliser les excédents mais de procéder à une distribution de stock-options.

    L’autre (Désorienté, puis s’énervant) : Ouais, bien. C’est gentil de m’expliquer vos problèmes, mais je pense que vous êtes plus expert que moi dans la mise en place d’une usine à gaz fiscal. Et pour ne rien vous cacher j’en ai rien à foutre de vos stock-options. De plus sachant que cet argent est celui que vous avez volé aux travailleurs, je suis indigné que vous m’ayez convoqué pour me raconter vos histoires de fric.

    Lui (Conciliant) : Ne vous énervé pas Monsieur Baulthi, laissez moi finir…

    L’autre (Se levant) : Ne vous énervez pas Monsieur Baulthi, elle est bonne celle là. Monsieur Lièreseil souhaite l’avis du syndicaliste expérimenté pour savoir comment résoudre ses problèmes de superbénéfices et ensuite il s’étonne de ma réaction.

    Lui (Doucement) : Laissez moi finir, je ne vous ai pas encore exposé mon projet. Vous allez voir, contrairement à ce que vous pensez, il va beaucoup vous intéresser.

    L’autre (Se rasseyant) : Bon, bon je vous écoute.

    Lui (Réjoui d’avance) : Je disais donc en 2008 nous n’allons pas externaliser les excédents mais procéder à une distribution de stock-options. Attention écoutez bien : réservé à tous les salariés sauf les cadres dirigeants et les actionnaires.

    L’autre (Troublé) : Ai-je bien compris, vous allez distribuer des actions au personnel ?

    Lui (Fier) : C’est exactement cela !

    L’autre (Narquois) : Ouais, ouais, comme la prime que vous avez versé début 2008 pour les bénéfices 2007. Entre quarante cinq et quatre vingt quatre euros par personne suivant la qualification.

    Lui (Pédagogue) : Pas du tout. Sachant que les années précédentes la holding de tête à distribuer entre trois et quatre milliards d’euros aux soixante quatre actionnaires, si nous nous basons sur le l’hypothèse basse cela fera environ trois cents soixante mille euros pour chacun des huit mille deux cents soixante dix employés de notre groupe "Whisky Placement".

    L’autre (Éberlué) : Tous ces chiffres me tournent la tête, pouvez vous me répéter la somme que toucherai chaque personne.

    Lui (Souriant) : Environ trois cents soixante mille euros.

    L’autre (Sortant sa calculette): Cela ferai…cela ferai…vingt quatre ans de salaire pour une personne qui gagne quinze mille euros par an ???

    Lui (Souverain) : Je ne saurais vous dire, je ne fait jamais ce genre de calcul.

    L’autre (Assommé) : C’est une mauvaise blague Monsieur Lièreseil, votre humour est bien connu mais là je pense que vous dépassez les bornes. Je comprends mieux que vous n’ayez pas souhaité la présence de mes collègues.

    Lui (Soudainement inquiet) : Non, non Monsieur Baulthi, tout ceci est très sérieux. Si j’ai souhaitais m’entretenir en tête à tête avec vous, le Président de la T.G.C.* c’est pour connaître votre sentiment sur notre idée et les conséquences qui pourraient découler de sa mise en application.

    L’autre : Les conséquences ?

    Lui : Oui, imaginons que les gens se mettent en grève ou en colère et cassent tout le matériel.

    L’autre (Dubitatif) : En grève…pourquoi  ?

    Lui : Je ne sais pas pour réclamer une indemnité rétroactive par exemple.

    L’autre (Souriant) : C’est bien des idées de capitaliste, ne vous inquiétez pas Monsieur Lièreseil je gèrerai. Et pour le matériel vous savez bien que nous protégeons toujours l’outil de travail.

    Lui (Détendu) : Bon me voici rassuré demain je convoque un C.E. groupe pour la semaine prochaine. J’ai votre parole Monsieur Baulthi, vous tiendrez vos troupes ?

    L’autre (Rigolard) : Pas d’inquiétude Monsieur Lièreseil, annoncez et distribuez les stock-options je m’occupe du reste.

    Lui : Merci, merci.

    L’autre (Abattu) : Je cherchais le piège le voilà ! Je suppose que je dois aussi annoncer que votre offre n’est valable que pour 2008 ?

    Lui : Pas du tout à l’unanimité des actionnaires nous avons décidé qu’il en serait ainsi tous les ans.

     

     

    *Très Grande Centrale.

  • Incertitude

    INCERTITUDE.

     

     

     

     

     

    Depuis combien de temps suis-je dans cette cellule ? Question idiote car ici le temps n’existe pas. La lumière non plus, je suis dans les ténèbres en permanence. Parfois j’aperçois un très lointain flash lumineux qui ne dévoile rien de mon environnement. Je me demande, à chaque fois, s’il ne s’agit pas d’une hallucination.

    Mon seul luxe, du moins il me semble, c’est la grandeur de ma cellule. Plusieurs fois je me suis déplacé de quelques pas dans toutes les directions sans rencontrer d’obstacle. Comme je suis dans le noir absolu je n’ai pas osé m’aventurer bien loin par peur de tomber dans un trou ou autre cul-de-basse-fosse.

    Je n’ai pas d’espoir ni de désespoir juste de l’incompréhension. Quelle est la finalité de cet enfermement ?

    J’étais en train de méditer sur ce sujet lorsque soudain dans le bruit et les cris j’ai été expulsé en pleine lumière. L’aveuglement  fut si terrible que j’en ai hurlé. J’ai essayé de reculer, impossible ! Moi qui avais toujours existé insensible dans le silence et l’obscurité.

    Je découvre la douleur.

     

     

  • Perdre

    PERDRE.

     

     

     

     

    On a toujours peur de perdre quelque chose :

     

    Les riches leur argent.

    Les pauvres leurs enfants.

    Les nantis leur souris.

    Les démunis leur vie.

    Les jeunes leur tranquillité.

    Les vieux leur dentier.

    Les hommes leur heaume.

    Les femmes leur home.

    Les prêtres leur soutane.

    Les athées leur tatanes.

     

    On a toujours peur de perdre quelque chose :

     

    Son porte-monnaie, son porte-flingue

    Son porte-jarretelles, son porte avions

    Son porte-bonheur, son porte-malheur

    Son portefaix son porte-ugais

    Son porte-manteau, son porte-mental

    Son porte- clés, son porte-ouverte

    Son porte-balais, son porte à fauxSon porte-enseigne, son porte-Dieu

     

    On a toujours peur de perdre quelque chose :

     

     

  • Le train fantôme.

    LE TRAIN FANTÔME.

     

     

     

     

     

    Une nouvelle fois il est monté dans le train fantôme de sa vie. Aussitôt il fonce dans les ténèbres d’un long tunnel d’indécision qu’éclairent de brefs flashs d'espoir.

    De grands yeux verts le regardent, faibles halos dans le néant.

    Dans des niches d’anciennes vies, impassibles des squelettes fluorescents l’aveuglent des reflets désenchantés de leurs chaînes en or.

     

    Parfois une main se tend qu’il ne sait pas saisir.

    Des grands cris de solitude tournent comme des particules dans l’anneau géant.

    Rêves de rencontres.

    Une fille se jette dans ses bras, il l’étreint comme un fou, elle explose. Bulle de savon du devenir.

    Rêves d’amour.

    Une toile d’araignée géante l’emprisonne. Un nabot couronné de clochettes en profite pour le chatouiller avec une plume d’écrivain fielleux.

    Rêves de liberté.

    Soudain il reconnaît le chant de la cantatrice chauve. Vite se boucher les oreilles avant que la vrille ne perfore son imaginaire.

    Rêve de vie.

     

    Sans préavis s’est le retour au réel, il titube ivre de vie évanescente.

    Une nouvelle fois perdu il trébuche sur le désespoir de la Beauté.

     

     

  • Peur

    PEUR.

     

     

     

     

     

    Toujours cette fugace mais violente douleur du coté du coeur à chaque fois que la nuit tombe. La venue du crépuscule l’effraie toujours autant depuis qu’enfant il avait compris qu’il n’était pas éternel.

     

     

  • L'égyptienne.

    L’ÉGYPTIENNE.

     

     

     

     

     

    L’égyptienne aux pieds troués traverse le grand pont sans frémir.

    Ses voiles translucides murmurent des mots d’amour au néant.

    La barque constellée l’accueille indifférente au voyage.

    Le fleuve déroule le message éternel de la source empoisonnée

    L’égyptienne lit et sourit.

     

     

  • le voyage.

    LE VOYAGE.

     

     

     

     

     

    Il avait trouvé le voyage long, très long. Loin des villes il n’y avait plus que la marche pour terminer son périple

    Paul était fatigué, ses pieds lui faisaient mal, sa tête était lourde. Mais, maintenant qu’il venait d’apercevoir l’entrée de l’allée lumineuse de son enfance, il se sentait mieux.

    Quelle ne fut pas sa déception lorsqu’il s’engagea sous une voûte sombre de marronniers centenaires. Au débouché la maison ruisselante de lumière lui arracha un discret cri de joie.

     

    Il était devant la lourde porte hésitant, troublé, pensif, n’osant pas sonner.

    Allait-elle le reconnaître après tant d’années ? Lui pardonnerait elle sa fuite après leur longue nuit d’amour ? Ébloui de soleil, ivre de liberté il ne s’était pas retourné, pas un adieu.

     

    Il a relevé la tête elle était sur le seuil, les bras ouverts, souriante. Elle avait changé mais si peu. Elle l’a étreint doucement, a posé un baiser sur son front et sans un mot l’a entraîné vers le grand lit blanc.

    Il savait que cette nuit d’amour serait longue, très longue.