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  • Coquelicot

    COQUELICOT.

     

     

     

     

    Brûlure froide

    Du pur diamant

    Sur le coquelicot

    Délicatement éclaté.

     

    Cette fleur de déraison

    Est un poison onirique.

    Une inclusion perfide

    Dans l’absolu nécessité.

     

    Le coquelicot reste silence

    Il est sûr de sa primauté.

    Au cœur de sa corolle brûle

    L’athanor d’éternité.

     

    Demain le monolithique

    Fera alliance avec son feu

    Harmonie des contraires,

    Le cosmos tressaillira d’aise

     

     

  • Drôle d'alphabet.

    DRÔLE D’ALPHABET.

     

     

     

    Insolite neige.

     

    Ce matin l                                                       A

    Je suis resté bouche                                     B

    Une neige insen                                            C

    Recouvrait le                                                  D

    De mon lit moell                                             E

    Un rire br                                                         F

    Il va falloit na                                                  G

    Ou se, mettre à la ta                                       H

    Je reste éblou                                                  I

    De voir cette neige qui                                  J

    Comment, en tout,                                          K

    Expliquer ce phénomène exceptionn            L

    C’est vraiment un probl                                  M

    Je commence à avoir la                                   N

    De cette histoire d’                                          O

    Ce concentrer ne pas être dissi                       P

    Ne pas s’avouer vain                                       Q

    Éclaircir ce myst                                                R

    Est-ce une diabl                                                 S

    Ou une étrange enti                                          T

    Qui l’aurait voul                                                U

    Je suis moti                                                        V

    Vivement motivé, oui avec                              W

    Heureusement j’ai fait l’                                   X

    Avec des équations pleines d’X et d’            Y

    Je réussirai à trouver sans                                Z

     

     

     

    L’abbé.

     

    En ce temps l                                                  A

    Au village vivait un ab                                  B

    Il avait les cheveux héri                                C

    Et roux comme un irlan                                  D

    Il parlait doucement mais p                            E

    Il soulevait son couvre-ch                             F

    En croisant les plus â                                      G

    L’été un bol de lait de v                                   H

    Avec deux tartines de pain de m                     I

    L’attendaient le soir à son lo                           J

    L’hiver une soupe au tapio                             K

    Et une grosse gam                                             L

    De pâtes, sauf pendant le Car                         M

    Lui remplissait la bed                                         N

    Le tout était arrosé d’un verre d’                     O

    Il s’occupait de tous les éclo                            P

    De la vie, les malheureux, les vain                    Q

    Il donnait de l’amour à ces pauvres                  R

    Plongés dans la pire détr                                    S

    Avec le temps ils l’avaient adop                       T

    C’était le père qu’ils n’avaient pas                   U

    Qu’ils avaient enfin trou                                     V

    Pas question de doigts en                                 W

    Pour ceux dont la naissance sous                     X

    Les condamnait à l’anonymat de l’                   Y

    À être toute leur vie des zéros avec unZ

     

  • Exil.

    EXIL.

     

     

     

    À la nuit

    je suis sorti par la porte ouest.

    Le claquement des battants,

    poussés par les gardes Celtes,

    me nomme étranger.

     

    Repu de tout et de rien.

    Silencieux bavard mondain.

    Voyageur aux yeux de pierre.

    Solitaire de trop de doigts.

    Musicien désaccordé en disgrâce.

    Voleur distrait de regards.

    Trublion mégalomane céleste.

     

    J’entends encore leurs quolibets

    lancés dans les dîners

    comme une boule de billard

    avec l’espoir qu’elle touche

    plein cœur.

     

    À peine engagé sur la piste

    Je regrette déjà mon audace

    Lassé de tout j’avais le choix

    Exil au long cours

    Ou exil définitif ?

    J’ai choisi la fuite élective.

     

    Il est vrai que les gens sont fades,

    ils se rehaussent d’épices médiocres

    venues de terres stériles.

    Puérils feux de brindilles

    ils se croient bûcher.

     

    Ils ne connaissent pas mon destin :

    vivre hors de tout en ermite,

    pour écrire la grande saga

    du monde à venir.

    Graver les tables de la nouvelle Loi

    qui demain insufflera à tous

    la Vérité absolu.

     

    Un petit enfant joue du tambour,

    il rie aux éclats de ses huit ans.

    Puis il chante, chante sérieusement,

    le grand chant du grand vent

    qui assouvit et purifie les cœurs.

     

    Qui suis-je pour lobotomiser ?

    Allumette j’ai initié l’incendie.

    Ridicule Néron je me prends

    pour le Grand Incendiaire.

    Visionnaire aveugle

    d’un monde impermanent.

     

    À haute et douce voix

    un petit enfant lit le livre,

    le grand livre de la Tradition.

    Je joue du tambour à tout rompre,

    ne pas entendre,

    souffrir.

     

     

  • Fissures.

    FISSURES.

     

     

     

     

    J’ai étranglé le sablier,

    Surpris le temps a cessé de s’écouler.

    Dans le silence absolu du néant

    Ma vie s’est fissurée.

     

    Ébloui je regarde s’en échapper

    Le pur cristal de mes joies étouffées

    Qui se fige en fleurs.

     

    La lave incandescente de mes souvenirs perdus

    Jaillie des pas de longs voyages

    En tristesse solaire.

     

    Mes nuits et mes jours se fondent

    En un torrent de perles de lune

    Qui éclatent sur les roches d’oubli.

     

    Les doux nuages de mes amours explosent

    Comme de ridicules bulles de savon

    Soufflées par le Diable hautain.

     

    J’ai relâché mon étreinte

    Surpris le temps respire et sourit

    Doucement, tristement mes fissures

    Se referment sur leurs secrets.

     

     

  • Je trie.

    JE TRIE.

     

     

     

     

    Je trie dans mes débris

    De tombeaux et de landaux,

    Des lambeaux de peau,

    Des morceaux de cri.

     

    Dans mon grand charroi

    Fragments de foi,

    Éclats de voix

    S’amoncellent en désarroi.

     

    La nuit je me réfugie

    Dans mon grand fouillis

    Je pèse puis je classe sans répit.

    Au matin absous je souris.

     

     

  • J'étais tranquille

    J’ÉTAIS TRANQUILLE

     

     

    J’étais tranquille, j’étais peinard,

    J’garais mon gros char

    En haut des Champs

    N’importe comment.

     

    Un flic est arrivé furibard,

    C’est interdit de s’garer là

    T’es pas à Zanzibar

    Tire toi d’là

     

    J’lui est dit : je suis Renaud

    Le chanteur intello

    Tu vas pas m’emmerdo

    Sinon j’appelle Sarko

     

    Il m’a mit une prune,

    J’lui ai mis dans la lune.

    Il m’a dit outrage à agent

    J’lui ai dit c’est du vent

     

    J’lui ai donné mon permis

    Et ma photo aussi

    J’avais l’air d’un con,

    Laisse béton

     

    J’étais tranquille, j’étais peinard,

    En arrivant au tribunal

    Le juge, un vrai anar,

    M’a dit : alors toujours anal

     

    J’lui est dit : je suis Renaud

    Pas un sale marmot

    Tu vas pas m’emmerdo

    Sinon j’appelle Sarko

     

    Il m’a mit un mois

    Je lui ai fait le doigt

    Il a doublé la mise

    Je lui ai dit : j’te fais la bise

     

    J’ai donné mes savates,

    Arraché ma cravate.

    Direct case prison,

    Laisse béton.

     

     

  • La cage.

    LA CAGE.

     

     

     

     

    Après tant d’années de solitude

    Ce matin j’ai ouvert la cage

    L’oiseau muet a sifflé.

    J’ai attendu, il n’a pas bougé.

     

    Je lui ai raconté les arbres,

    Le soleil, le vent, la pluie

    Les enfants, les rires, les pleurs

    J’ai attendu, il n’a pas bougé

     

    Je lui ai raconté ses frères,

    Ses sœurs, l’amour,

    La danse nuptiale, la vie.

    J’ai attendu il n’a pas bougé.

     

    Je lui ai raconté la liberté,

    La fraternité, l’égalité,

    Le monde merveilleux.

    J’ai attendu, il n’a pas bougé.

     

    Je n’ai plus rien raconté

    L’oiseau a sifflé "Trop tard"

    Doucement j’ai refermé la cage.

    Encore tant d’années de solitude.

     

     

  • La source

    LA SOURCE.

     

     

    À Hugo.

     

     

    Au creux de mon automne

    j’ai découvert au plus profond

    de l’inextricable forêt,

    discrète et frémissante,

    une source fraîche et vive.

    Elle jaillit en chantant :

    je suis le bel été.

     

    Sa voix cristalline et douce

    m’incite à la pause,

    aux songes paisibles.

    Ma soif inextinguible d’absolu

    y trouvera-t-elle l’apaisement ?

     

    Puisse le bel été chanter

    sans se tarir.

     

    À sa jeunesse

    je lave patiemment mon visage

    ride par ride pour effacer

    les temps mauvais,

    en un rêve de clair regard.

     

    Reflet fugitif d’un visage d’enfant.

    Sourire solaire de l’absolu.

    Résurgence inattendue, purificatrice

    de mon cœur amer,

    qu’un souffle furtif efface.

     

    Puisse le bel été chanter

    sans se tarir.

     

    Je bois avidement son eau

    riche de bonté et d’amour.

    Mon sable ébloui crie au miracle,

    les ondées sont si rares.

    Demain je sais que mon désert

    verra éclore la petite fleur.

     

    Puisse le bel été chanter

    sans se tarir.