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  • Errance

     

    ERRANCE


    Une écharpe d’éternité

    Pour mon fragile cou.

    Une étoile sur le front,

    Souvenir d’illuminations,

    J’erre le long des quais

    En valsant "Câlin, câlin".

    Dans l’Oise un car nage

    Détendu et souriant.

    L’onde frétille en minaudant

    Sous ses caresses osées.

    Qu’importe l’outrage

    Pourvu qu’on ait l’ivresse.

    Ulcérée ma compagne Utopie

    Se déguise en Chimère

    Cracheuse de feu.

    Aussitôt je m’enflamme :

    Viens dans cette vieille usine,

    Nous ne sommes pas au théâtre

    Lui dis je, pas de comédie.

    Elle rit de moi pauvre hâbleur,

    Son feu libérateur m’enveloppent,

    Piteusement l’avare de sentiments

    Dépose tendrement en sa tirelire

    Son obole à la construction de

    L’escalier du septième ciel.

    La belle Utopie à croqué

    L’escroc émerveillé

    Du rêve devenu réalité.

     

  • En vérité je vous le dis

     

    EN VÉRITÉ JE VOUS LE DIS

     

    En vérité je vous le dis je n’aime pas les néons.

    Tous les soirs je joue de l’accordéon

    Et lorsque je suis saoul du bandonéon

    Sous le balcon de la belle Manon

     

    Oh ! la la la – la la la

    Oh ! la la la – la la la

    Ils ont bien raison mes compagnons

    De dire que j’ai une folle imagination.

     

    En vérité je vous le dis je n’aime pas le cyclotron.

    Tous les soirs je joue du cornet à pistons

    Et lorsque je suis saoul du clairon

    Sous le balcon de la belle Suzon

     

    Oh ! la la la – la la la

    Oh ! la la la – la la la

    Ils ont bien raison mes compagnons

    De dire que j’ai une folle imagination.

     

    En vérité je vous le dis je n’aime pas le téléphon.

    Tous les soirs je joue du balafon

    Et lorsque je suis saoul de l’éléphon

    Sous le balcon du beau Léon

     

    Oh ! la la la – la la la

    Oh ! la la la – la la la

    Ils ont bien raison mes compagnons

    De dire que j’ai une folle imagination.

     

    En vérité je vous le dis je n’aime pas le cynorhodon.

    Tous les soirs je joue de l’hélicon

    Et lorsque je suis saoul du klaxon

    Sous le balcon de la belle Marion

     

    Oh ! la la la – la la la

    Oh ! la la la – la la la

    Ils ont bien raison mes compagnons

    De dire que j’ai une folle imagination.

  • Chaudasse Jobarde

     

    CHAUDASSE JOBARDE

     

    Chaudasse Jobarde un sex-toy à la main

    Le fait miroiter comme une amulette

    Pour attirer les alouettes dans ses nuits sans fin ;

    Succès la boite est pleine de gogos en goguette

     

    Frigide Barjot une croix entre les seins

    Me fait beaucoup plus trembler de peur

    Que les Lucifers de ses petits matins

    Et l’on voudrait que de Dieu elle soit la lueur !

     

    Chaudasse Jobarde aime bien les nouveaux membres

    Qui s’introduisent en catimini dans les manifestations

    De protestations contre les abominations des chambres.

    Heureusement Madone Barjot veille sur ses étalons.

     

    Frigide Barjot pourchasse les indésirables pervers

    De son monde où seul règne ordre et religion,

    Jupes plissées et serre-tête, où rien ne se fait à l’envers.

    Oh ! Quelle agression, heureusement il y a la confession

     

    Chaudasse Jobarde rêvasse au joli temps

    Où tout était transgression et perversion

    Mais aujourd’hui de la foi c’est le printemps

    Fini de jouer au morpion, retour à la contrition.

     

  • Prendre le temps

     

    PRENDRE LE TEMPS

     

    Prendre son temps.

    Au gré du vent semer des mots

    Pour fleurir les rochers.

    Recouvrir le chemin d’éclats de rires

    Afin que nos pas oublient le glas.

    Se sentir éternité face à l’éclair.

    Chaque seconde mourir puis renaître

    Á l’espérance du devenir.

    Envelopper de rêves

    Le champ de notre mémoire

    Pour que seul le soleil existe.

    Pétrir la pâte de nos sentiments

    Pour que se lève le vent chaud

    Qui assèche les larmes.

    Prendre le temps de croire

    Que la vie existe sous la pierre

    Qui écrase notre cœur.

     

  • Dans une ville

     

     Dans une ville.

     

    Dans une ville, tout près d’ici, loin d’ailleurs

    Un enfant, joue au jardinier arroseur

    Depuis longtemps il est amoureux d’une femme-fleur

    J’avais entendu cette histoire d’un conteur

    Et j’étais assis rêvant d’un monde meilleur

    Il y avait des hommes sans peur

    Il y avait des femmes sans pleurs

    Ils ont dit qu’il n’y avait plus de dictateur

    Une silhouette familière surgie, c’était le narrateur

    Léger comme dans un rêve d’éveilleur

    Ses lèvres formaient le mot bonheur.

     

    Dans une ville V2.

     

    Dans une ville, tout près d’ici, sous un soleil bleu

    Un enfant arc-en-ciel se déploie lentement

    Il est amoureux d’une Étoile d’Or.

    J’avais un chapeau en croissant de lune

    Et j’étais assis auprès de la source

    Il y avait des hommes en chemise de vent

    Il y avait des femmes en châle de brume

    Ils ont dit qu’ils chanteraient à nouveau.

    Une silhouette familière a souri

    Évanescente comme dans un rêve

    Ses lèvres formaient le mot espoir.

     

  • Autoportrait de l'autoportraitiste

     

    Texte écrit à partir d'un texte-souche : "Autoportrait du descendeur" de Paul Fournel. Dans l'esprit oulipo.


    AUTOPORTRAIT DE L’AUTOPORTRAITISTE

     

    Mon métier consiste à écrire du haut de chaque page blanche jusqu’en bas de la page. À écrire le plus vite possible. C’est un métier d’homme. D’abord parce que lorsqu’il est en haut de la page blanche, l’homme a envie de descendre en bas de la page, ensuite parce que lorsqu’il y a plusieurs hommes en haut de leur page blanche, ils veulent tous descendre plus vite les uns que les autres.

    Un métier humain.

    Je suis autoportraitiste.

    Il y a eu Queneau, il y a eu Le Lionnais, il y a eu Schmidt, il y a eu Arnaud, il y a eu Fournel, il y a eu les faux Oulipiens et, maintenant il y a moi. Je serais cette année champion du monde et aux prochains jeux Oulypiques, j’aurai la médaille d’or.

    Je suis l’homme le plus équilibré de l’autoportrait, le plus calme le plus concentré, et mon travail consiste à fabriquer de la déconstruction.

    Tous les grands autoportraiteurs fabriquent de la déconstruction.

    Écrire plus vite c’est d’abord écrire autrement ; de façon à semer l’inquiétude et le doute.

    Faire peur. Écrire de telle manière que les autres soient persuadés que vous ne tiendrez pas devant votre clavier, jusqu’à ce qu’une génération entière écrive comme vous.

    Dans une vie d’autoportraitiste, on ne peut inventer qu’une déconcentration géniale et un seul.

    Les Moldaves sont arrivés à Paris avec la réputation de "crazy writter" et deux saisons plus tard, les cinquante top-autoportraitistes du circuit écrivaient comme eux.

    Maintenant il y a moi.

    Être un grand autoportraitiste est un état qui exige un don absolu de soi-même et une concentration totale. J’oulipo à temps plein. J’oulipo en montant les cols sur mon vélo en plein été. Je vis avec un carton de cinquante livres sur les épaules pour mieux écrire. Je souris à l’imprimeur et aux lecteurs parce que je sais qu’ils m’aident à écrire. Je casse la tête de mon éditeur qui est nulle parce que je sais que cela m’aidera à écrire.

    Prenez deux hommes à égalité de poids et de matériel, avec le même sujet, mettez les à coté l’un de l’autre et c’est toujours moi qui écris le plus vite.

    Le double clic qui commande l’accès à mon texte, je le fais mille fois par semaine. Les fautes de syntaxe de fin de journée, celles que l’on prend avec le cerveau de plomb, je les découvre chaque soir avant de me coucher. Je sais tous les autoportraits oulipiens au centimètre et, à deux cents lignes à l’heure, je les vois passer au ralenti.

    Je me prépare aussi pour ces sujets mous et indécis que les hasards d’illumination de mon éditeur m’imposent. Les sujets rebattus qui permettent à un Guillaume Musso, le populopeople, de devenir champion des ventes.

    Tout compte dans votre carrière.

    Un jour, l’essentiel devient l’index droit (si vous êtes droitier). C’est l’index qui fait l’écrivain. Vous avez essuyé vos lunettes, vous avez changé quatorze fois l’angle de votre écran, vous vous êtes mis en colère et vous avez effacé trois chapitres pour deux petits clic parce qu’en ouvrant votre texte vous vous êtes demandé dans quelle position exacte était votre index.

    Quand je dors, j’oulipo, quand je mange, j’oulipo. Je dessine mes trajectoires, je modèle mes appuis. Mes doigts et mon cerveau sont intraitables, je porte sans cesse sur l’index la marque de la souris.

    Lorsque l’ouverture de mon ordinateur me libère en haut de la page, il libère des tonnes de travail. Après il reste un autoportraitiste sur la pente qui n’a plus ni yeux, ni tête, ni jambes et qui fonce pour arriver en bas de la page plus vite que les autres hommes.

    C’est la règle.

     

    Et puis il y a le moment qui arrive forcément dans une vie, le seul moment de vrai repos, de repos absolu. Le repos de l’autoportraitiste.

    Vous avez passé le premier paragraphe et le dernier est déjà dans votre tête, vous copiez-collez et vous faites cette minuscule erreur de trajectoire, cette petite faute stupide (qui n’est pas d’inattention puisque les autoportraitistes ignorent l’inattention) qui vous tire quelques centimètres en dehors de la ligne idéale. Et là, c’est le vrai repos, le repos immense. Vous avez déjà perdu deux paragraphes puis très vite un troisième et tous vos textes disparaissent. Plus rien n’a d’importance, vous n’êtes plus un autoportraitiste, votre index se relâche, votre esprit se libère, vous savez que vous ne serez jamais Queneau.

     

  • Trop fier

     

    TROP FIER

     

    Seul dans mon désert je suis trop fier

    Pour ôter mes œillères ou lever mes paupières

    Loin de mes semblables naïfs trop sincères

    J’avance imperturbable, étranger à mes frères.

     

    Suis-je encore dans ce bas monde anodin

    Seule lumière parmi les ombres

    Ou là haut maître du destin de ces pantins

    Inconscients de la faiblesse du nombre

     

    Que m’importe je poursuis sans être las,

    Insensible devant les décombres,

    Mon ascension vers l’au-delà

    Loin de leur lamentable pénombre.

     

    Ne m’approchez pas damnés

    Le moindre souffle peut me briser

    Á vous attendre depuis tant d’années

    Mon cœur, pauvre rose, c’est fané.

     

  • Le clampin

     

    LE CLAMPIN

     

    Clopant un max un clampin clopine vers le claque

    Le clapot du cloaque dans sa tête clame

    Tu n’es qu’un cloporte kafkaïen près de clapoter.

    Que m’importe, pourvu que Clara ou Clarisse

    Soit clean et classe, j’emmerde le clergé.

     

    Pauvres clowns dans vos clapiers cradots

    Vous attendez le clap final pour clamser

    Pas de clarté dans vos vies que des clichés flous

    Clafoutis sans fruit et Clairette au goût de chlore,

    Cloclo à la télé, et club Mickey l’été.

     

    Moi le Clovis je joue de la clarinette

    Et du clavecin dans un clair-obscur classieux

    Vous du clairon et de la seringue à clystère

    Clameurs dans l’espace clos de votre clan

    Aboyez clébards avec la clique des clodos.

     

    Vous vous laissez cloîtrer, claquemurer par

    Les cleptomanes de la mémoire.

    Les voleurs de clepsydre clignotant

    Créent un climat de clivage sans clémence

    Dans vos cerveaux à claire-voie secondaire.

     

    Pour classer l’affaire sans clash

    J’ai jeté la clef de la clinique des cléments

    Dans le lac sans cligner les yeux

    Clapotis classique des claquettes sur la moquette

    Et moi je clopine vers le claque.