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  • Milan

     

    MILAN

    Sonographe.

     

    J’ai mille ans et je vole comme à mes vint ans.

    Oiseau immortel, prince des rapaces, je plane

    Indifférent au temps.

    Maître de l’espace je suis le milan royal.

     

    Je l’ai vue naître, prendre forme ma ville,

    Milan la religieuse. Sur mon nid de naissance

    Les hommes ont construit leur premier temple

    L’an mil est passé, la grande peur a disparu.

     

    L’archevêque Aribert da Intimiano la dirige.

    Il a imposé une organisation éternelle dit il.

    Je la survole et déjà point la mort et la cupidité.

    Des siècles de confusion et de haine sont en marche.

     

    Je sais que la terre est ronde, je connais l’avenir.

    L’ami Baramendena Keita empereur du Mali

    M’accueille sur son poing et me conte à l’oreille

    La véritable origine du monde et de nos ancêtres.

     

    En ce temps la nous étions tous noirs et lucides

    Le mil poussait en abondance, la faim n’était pas mot.

    Je n’ai pas connu ce temps béni où le mal

    Etait pierre et la vérité fleuve, je le regrette.

     

    Mon don d’ubiquité m’a révélé les secrets du monde

    J’aime au lever du soleil admirer l’autre grande mer

    Immobile j’admire la citadelle royale de Chancay

    Je longe la côte, au sud une grande plaine accueillante.

     

    J’y vois dans une brume prémonitoire la future Lima

    Irriguées de fleuves de boue et de sang, j’y vois

    Des malins venus de loin, verroterie et crucifix artifices

    Pour mieux exterminer les récalcitrants à l’ordre nouveau.

     

    L’an deux mil est passé, la grande peur est revenue

    Je connais l’avenir mais je me tais.

     

  • Mars en automne

     

    MARS EN AUTOMNE

     

    Venus des quatre vents

    Les poussières des grandes terres

    S’amoncellent fébrilement

    Riches moissons de futur.

     

    Les pluies de mousson

    Détruisent de leurs rafales

    L’espérance de fertilité

    Pleurs acides de futur

     

    L’harmattan parcours goulûment

    Les arides plaines du centre

    Desséchant l’asséché

    Négation de futur.

     

    Le simoun embrase les baobabs

    Du vaste pays des géants

    La fumée aveugle le soleil

    Sombres reflets de futur.

     

    Mars arrive en automne

    Une nouvelle fois

    Le printemps est mort-né

    Les mères hurlent au futur

     

    Venus des quatre vents

    Les poussières des grandes terres

    S’amoncellent fébrilement

    Riches moissons de futur.

     

  • Marginalité

     

    MARGINALITÉ

     

    Inspiré du poème "La nécessité" de Paul Eluard extrait de son recueil "La vie immédiate".

     

    Sans grande cérémonie à terre

    Près de ceux qui gardent leur équilibre

    Sur cette misère de tout repos

    Tout près de la bonne voie

    Dans la poussière du sérieux

    J’établis des rapports entre le jour et la nuit

    Entre les sphères sonores et les songes soyeux

    Entre le cristal brisé et la vague

    Entre les rognures de mémoire et l’envie

    Entre l’espace et la boite

    Entre le jet du sel et les pleurs du rossignol

    Entre le cadavre exquis et le suaire blanc

    Entre le front pensif et la déstructuration

    Entre la cerise écrasée et le baiser volé

    Entre la caricature et le vent du large

    Entre l’éternité et le roseau souple

    Entre les abysses et le cadavre

    Entre le loukoum et la sagesse

    Entre le frisson amoureux et la mort

    Entre la volonté divine et les soupirs

    Entre l’homme et la femme

    Entre ma solitude et moi

     

  • Mains

     

    MAINS

     

    Il faut tendre la main

    Á ceux qui ont les mains vides.

    Avoir le cœur sur la main

    Afin qu’ils cessent de se tordre les mains

    Face à ceux qui font main basse

    Sur leur tour de main

    En leur donnant de la main à la main

    Une aumône pour crève-la-faim.

     

  • Ma ville imaginaire

     

    MA VILLE IMAGINAIRE

    Ma ville imaginaire

    Ne cherche pas à plaire,

    Elle souhaite donner

    Espace et proximité,

    Silence et musique

    Cantique et tectonik.

     

    Ma ville imaginaire

    Banni le précaire

    Elle rêve demain

    Gère l’incertain

    Son passé la soutient

    Lui donne du maintien.

     

    Ma ville imaginaire

    N’est pas sectaire

    Elle aime simplement

    Mais sans égarement.

    Fluide de vie invisible,

    Indispensable cœur miscible.

     

    Ma ville imaginaire

    N’a rien d’angulaire

    Du souple paradis,

    De l’arrondi exquis,

    Les rêves ondulants

    Des parcs chantants.

     

    Ma ville imaginaire

    Mon utopie solaire.

     

  • Ma vie

     

    MA VIE

     

    Tu t’en vas, fière et souriante

    Une nouvelle fois tu me quittes.

    Frileux et recroquevillé j’espère,

    Sans moi que vas-tu devenir ?

    Qui t’incarnera ma vie ?

    Je suis le seul à t’aimer.

    Tu roules au casino du désespoir

    Zéro et noir tu as encore perdu.

    Pauvre boule de rêves éthérés.

    Et moi j’attends la réconciliation,

    Encore et encore fou d’amour.

    Surpris d’avoir la force

    De faire un pas je souris puis

    Je reste immobile devant le vide.

     

  • L'ombre

     

    L’OMBRE

     

    Sorti de l’oubli existentiel

    Un grand oiseau cendré

    Déploie son ombre

    Sur les champs fertiles.

     

    Les paysans sont apeurés

    Ils l’avaient oublié, relégué

    Est-il revenu de lui-même ?

    Avons-nous commis une faute ?

     

    Ma jeunesse devenue souvenir

    Je le croyais mort ou annihilé,

    Dit l’un d’eux, pourquoi ressurgit il

    Au triomphe de mon âge adulte ?

     

    Protégeons nos enfants de son gel

    Qu’ils ne deviennent pas comme nous

    Des statues de sel, dureté friable

    Figés dans le vital élan primal.

     

    Le grand oiseau cendré

    Doucement a battu des ailes.

    Tous ont reconnu le Souffle,

    Alors ils ont baissé la tête.

     

    Sorti de l’oubli existentiel

    La Parole circule fluide,

    Exaspérante, déstabilisante

    Ravivant la Grande Question.

     

    Êtes-vous fils de l’ombre

    Ou prisonnier de l’ombre ?

     

    L’oiseau cendré vole vers l’Orient.

    Humains osez le chevaucher,

    Si son ventre est dans les ténèbres

    Sa tête est auréolée de lumière.

     

  • L'oiseau du bonheur

     

    L’OISEAU DU BONHEUR

     

    Porté par l’oiseau du bonheur

    Est arrivé le malheur.

    Simple et humble il a déclaré

    Désolé, je dois obtempérer.

     

    Ils se sont raidis

    Elles se sont blotties

    Les hommes ont crié

    Les femmes ont prié.

     

    Désolé, je dois obtempérer

    Vous prenez sans donner

    Depuis trop longtemps

    Voici venu le temps.

     

    Le malheur a disparu

    Comme il était venu

    Les hommes ont soufflé

    Les femmes ont prié.

     

    L’oiseau du bonheur

    Observe avec douceur

    Les hommes l’ont tué

    Les femmes l’ont prié.

     

    La douce brise d’ouest

    Est devenu tempête

    Renversant le carré d’or

    Flotte une odeur de mort.

     

    Cent millions de moins

    Le nanti est très chagrin

    C’est vraiment inhumain

    De briser le rêve du gain.

     

    Plus de boulot plus de demain

    Le quart monde à faim.

    C’est vraiment inhumain

    De briser le rêve du pain.

     

    L’oiseau du bonheur

    C’est sûr jamais ne meurt

    Tel le phénix de Sumatra

    De ses cendres il renaîtra

     

    Viendra la reconquête

    Les soirées de fête

    Pas de prise de tête

    Direction Papeete.

     

    Restera la lourde dette

    Le désespoir en tête

    La fierté empêche la quête

    Les Restos signe la défaite.