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  • L'égyptienne

     

    L’ÉGYPTIENNE

     

    L’égyptienne aux pieds troués traverse le grand pont sans frémir.

    Ses voiles translucides murmurent des mots d’amour au néant.

    La barque constellée l’accueille indifférente au voyage.

    Le fleuve déroule le message éternel de la source empoisonnée

    L’égyptienne lit et sourit.

     

  • Mes terres

     

    MES TERRES

     

    Désabusé je parcours mes terres,

    Terres fertiles en jachère,

    Squelettes d’arbres brûlés

    Pyromane conscient je gémis.

     

    Gémissements d’un barbare

    Devant tant de trésors enfouis

    Que ses yeux sans cœur

    N’avaient pas su dévoiler

     

    Maintenant je sais qu’en elle

    Se trouve l’étincelle originelle,

    La source des joies éternelles

    Auxquelles aspire tout mon être.

     

    Terres de mes ancêtres

    Grasses et riches de vous

    Terreau de mon appartenance

    Je dois cesser l’errance.

     

    Apaisé je vais labourer profond

    Puis je sèmerai la graine d’avenir

    Par laquelle je renaîtrai à la vie

    Les yeux pleins de lumière.

     

  • Le fils

     

    LE FILS


    Il faut que vous deveniez sérieux

    Cher Monsieur vous êtes adulte

    Si j’osais je dirai même vous êtes vieux

    Il est temps d’arrêter, avant la chute.

     

    Monsieur votre père est très soucieux

    Pas de mariage, pas de progéniture

    Il va falloir réfléchir et faire mieux

    Mais oui vous devriez être mature.

     

    Dites lui avec toute ma détestation

    Que je ne suis pas mature mais nature

    Je préfère mes gilets roses à sa prose,

    Mes rollers mauve à sa rolls molle

    Ma barbare brune à sa bombe blonde

    Mon cuir cuit à son smoking de King

     

    En quoi croit-il que je décrois ?

    Je suis Suisse, j’ai la cuisse lisse

    Les filles babillent sur mon sage passage

    Les garçons sont toujours jaloux, ces poux.

    Les banquiers inquiets, carnassiers affamés,

    Malgré mon découvert, se découvrent souriants.

     

    Mère amère ne désespère pas de moi,

    Mais de vous père, pauvre autiste triste.

    Rêve d’artiste devenu entremetteur cynique.

    Armes, drogues, vierges, vive le fric.

    Demain elle vous laissera seul avec l’ombre,

    Votre respectabilité et votre comptabilité.

     

    Monsieur, s’il vous plait, dites à mon père

    Que je suis soucieux, très soucieux

    Dites lui qu’il est vieux, très vieux

    Qu’il a raté complètement, le dément,

    Sa vie d’artiste socialiste et universaliste.

    Je distribuerai dès sa mort son or sans remords.

    Délicatesse pour sa jeunesse.

     

  • Le blues du cardiaque insomniaque

     

    LE BLUES DU CARDIAQUE INSOMNIAQUE

     

    Fragile mon cœur cesse de battre

    ma princesse, ma baby

    n’est pas dans le lit.

    Sûr que j’l’ai vu à minuit

     

    Un billet sur la table :

    j’me casse connard

    t’es qu’un lézard

    une merde du hasard.

     

    Oooooooh maman !

    J’ai le blues

    du cardiaque insomniaque

    qui boit pour tuer la nuit

     

    Fragile mon cœur cesse de battre

    l’armoire est vide,

    plus de petites robes sexy

    plus de jeans moulants.

     

    Je tombe à genoux

    reste ses escarpins rouge

    je les serre sur mon cœur

    tout en pleurs

     

    Oooooooh maman !

    J’ai le blues

    du cardiaque insomniaque

    qui boit pour tuer la nuit

     

    Fragile mon cœur cesse de battre,

    pourquoi est-elle partie sans au revoir ?

    Je suis sorti comme tous les soirs et

    j’n’ai pas bu plus que le gros Joe.

     

    Les copains sont comme moi

    des cœurs fragiles à consoler,

    des incompris du grand tourment

    abandonnés au désespoir du comptoir.

     

    Oooooooh maman !

    J’ai le blues

    du cardiaque insomniaque

    qui boit pour tuer la nuit

     

    Fragile mon cœur cesse de battre.

    Demain sur ma fidèle Harley

    je vais foncer en hurlant

    sans ralentir au carrefour.

     

    Le trente cinq tonnes attendu

    sera peut être au rendez-vous ?

    Sinon avec le gros Joe

    Nous irons au bistro !

     

    Oooooooh maman !

    J’ai le blues

    du cardiaque insomniaque

    qui boit pour tuer la nuit.

     

    Oooooooh maman !

    J’ai le blues

    du cardiaque insomniaque

    qui boit pour tuer la nuit.

     

  • Pensée sentimentale

     

    Pensée sentimentale

     

    Perdu dans ses rêveries il remonte les Champs-Élysées sans entendre le tic-tac. Lorsque le niveau sonore atteint son maximum il prend soudain conscience du danger. Il est trop tard. Le coup de foudre frappe le sol à quelques mètres de lui, provoquant une gerbe d’étincelles et une épaisse fumée pourpre qui s’élève en formant un coeur. Dans l’impossibilité de se protéger, le souffle le plaque sur un kiosque à journaux en l’éclaboussant de points rouges. Il ne doit plus bouger. Aussitôt tout le monde passe au large.

    C’est certain, il a dû avoir une pensée sentimentale pour être pris en chasse par l’Équipe. Leur savoir-faire et leurs moyens sont redoutables. Les caméras qui surveillent la ville sont équipées d’un système infra rouge qui visualise toute pensée amoureuse grâce à un halo rose au dessus de la tête du contrevenant. Maintenant il se souvient : ce matin il a oublié de prendre son cachet anti-sentiment. Quel con !

    Le sentiment amoureux est le plus pourchassé, l’unique sentiment dans la Loi passible d’une condamnation à la relégation à vie. Déjà à l’atelier il avait reçu un premier avertissement pour inattention contreproductive. En tant que récidiviste c’est le bouquet, l’erreur fatale. Sa vie est foutue.

    Maintenant les sirènes hurlent dans sa tête uniquement afin d’éviter que le mouvement de panique débutant ne s’amplifie.

    Les voilà ! Les voilà ! Comment va-t-il pouvoir se justifier ? Les membres de l’Équipe vont l’emmener au Grand Tribunal. Dans moins d’une heure il sera en vis-à-vis avec le Grand Interrogateur. Là pour se défendre on l’autorisera à se souvenir.

    Il doit oublier la belle Lola.

     

  • Propos

     

    PROPOS

     

    Maintenant je ne suis plus disponible.

     

    Plus disponible pour rire au gai moment de la Grande Fête annuelle.

    Plus disponible pour pleurer au triste moment des Grandes Funérailles.

    Plus disponible pour boire à l’héroïque moment de la Grande Commémoration.

    Plus disponible pour chanter au radieux moment du Grand Hymne.

    Plus disponible pour prier au mystique moment de la Grande Purification.

     

    Bien évidemment cela a entraîné beaucoup de quiproquo.

    Ce n’est pas de ma faute si les gens prennent tout de haut

     

    Les portes se ferment, les regards fuient, les mains gardent les poches

    La chaude soupe aux choux à la table commune près de l’âtre c’est fini

    La lecture exaltée au bistro du "Provincial" faut pas rêver c’est terminé

    Le curé, qui disait m’aimer comme un frère, ne vient plus à mes dîners

     

    Au fil des jours tous ces abandons, ces trahisons m’allègent, m’allègent

    Du poids de toutes les pesanteurs sociales, de tous les qu’en-dira-t-on

    De tous les doigts pointés, de tous les rictus de dégoût, de tous les hallalis

    L’esprit enfin libéré je peux tenter l’épreuve de la vérité au vent du doute

     

    Pour penser par moi-même

    Maintenant je suis disponible.

     

  • Epitaphes

     

    ÉPITAPHES

     

    Ci-gît de l’énergie

    Prête pour le tri

    Avant le retour en synergie.

     

    Tant que vous me garderez

    Dans votre cœur je vivrais.

     

    Ci-gît un éphémère assemblage

    Sans souffle ni esprit.

     

    Une perle de rosée

    Roule sur une feuille

    J’abaisse mes paupières

    C’est déjà fini.

     

    Mort j’ai encore le mors

    Aux dents, la nuit je mords

    Sans remords le fantôme

    De Jim Morrison.

     

    Vous avez reçu le plus beau

    Des cadeaux. N’attendez pas

    La mort pour vous en apercevoir.

     

    J’te parle, réponds !

     

    J’ai freiné à mort

    Impossible d’éviter

    La grande horloge.

     

    Vivez !

     

    Perruque et faux nez

    Enfin nu !

     

    Poussière tu étais,

    Poussière tu redeviendras

    Et la femme de ménage passera.

     

    Roux je sentais déjà le brûlé,

    J’aurais du me douter de la fin.

     

    Je ne me suis pas méfié

    En venant au rendez-vous,

    J’ai pris un aller et retour.

     

    Enlève moi ça,

    Ça me tient chaud.

     

    Ombre, lumière,

    Ombre, lumière,

    Ombre, lumière…………..

     

    Je n’avais pas de chaussures en arrivant

    Comment m’a-t-elle entendu ?

     

    Heureusement que j’ai ri entre les deux.

     

    Linéaire ou circulaire c’est le grand mystère.

    Ai-je la réponse ?

     

    Jeune je voulais mourir à 40 ans.

    Je m’en suis souvenu à 60 ans

    J’ai dit je verrais à 80 ans.

    J’ai eu 80 ans, j’avais perdu la mémoire.

     

    Entrée, plat et désert.

     

    Épitaphe, épitaphe !

    Est-ce que j’ai une tête d’épitaphe ?

     

    Restez où vous êtes il n’y a rien d’intéressant où je suis.

     

    Si vous avez peur du noir trouvez une autre solution.

     

  • La ville

     

    LA VILLE

     

    Du haut de la colline je contemple la ville

    Belle, majestueuse, fière, arrogante et tendre.

    Ses coupoles d’or et ses palais opulents

    Matérialisent mes rêves de conquérant.

     

    Nos étendards claquent impatients

    La troupe ébahie retient son souffle

    Ce soir même le soleil s’incline

    L’admiration de mes officiers m’irradie

     

    D’un geste lent j’ordonne le bivouac

    Silence absolu et noir intense

    Cette nuit, tendus, nous dormirons peu

    La fièvre brûle tous les corps

     

    Avant l’aube après le salut à Toukam

    Masqués par la brume parfumée

    Nous pénétrerons par la porte nord

    Ouverte par un eunuque délaissé

     

    Aux premiers cris la ville comprendra

    Ses cloches sonneront à la volée

    Trop tard mes reîtres égorgent, violent,

    Pillent, ce matin tout est à eux

     

    Avec mes fidèles et barbares capitaines

    Insensibles aux suppliques des bambins

    Nous truciderons le Prince et sa famille

    Et chargerons son trésor dans nos chariots

     

    Au milieu des femmes du harem

    En caressant leurs étranges cheveux d’or

    Nous boirons ses vins rouge sang

    En écoutant ses musiciens apeurés

     

    Á midi je ferai sonner le rassemblement

    Une fois la ville totalement incendiée

    Tambour battant nous prendrons

    La direction des riches plaines du sud

     

    Un soir une nouvelle ville sera à nos pieds

    Belle, majestueuse, fière, arrogante et tendre.

    Ses coupoles d’or et ses palais opulents

    Réveilleront l’audace de mes vingt ans.