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  • Absence

    Quelques jours de repos en Normandie sans possibilité de transfert de textes. À toutes celles et à tous ceux qui ont la gentillesse et l'indulgence de lire mon blog j'adresse tous mes meilleurs vœux pour une année 2014.

  • Joyeux Noël

     

    JOYEUX NOËL

     

    Dégoulinade de bons sentiments mièvres

    En un raz de marée de guimauve rose

    Faisandée à point par un an d’oubli.

     

    Journée d’amour bavard et pleurnicheur

    Pour tenter de noyer des tonnes d’indifférence.

    Ne priez pas leur honte est évanescente.

     

    Inutiles cadeaux déversés à profusion

    Sur des bambins ébahis de cette inhabituelle générosité.

    Réflexe pavlovien ou ersatz de mea-culpa de faux Père Noël ?

     

    Résurgence soudaine d’une religiosité de bon aloi

    Dieu regarde comme mon âme est belle et blanche

    N’oublie pas mon petit coin de Paradis.

     

    Aujourd’hui les voisins sont charmants et beaux,

    Sourires et signes de la main amicaux.

    Demain la cécité revenue, fantômes à nouveau.

     

    Enfants de Notre société dont nous refusons la paternité

    En ce beau jour on ose presque regarder les pauvres

    En leur jetant hâtivement des piécettes d’orgueil.

     

    Au-delà des montagnes et des mers vit l’Autre

    Si exotique, si vivant de rien, si soleil, si souriant.

    Noël, il ne pourra pas s’habituer ! Fermons la cheminée.

     

    En coulisse

    Le Grand Éplucheur de sentiments,

    Le Grand Peleur de cœurs,

    Le Grand brosseur d’âmes

    Ricanent de toutes leurs dents cariées.

     

    Heureusement pour notre odorat délicat et compatissant

    Les effluves nauséabonds de leurs souffles pourris

    Sont annihilées par le doux parfum des tiroirs-caisses.

     

  • Grande pompe

     

    GRANDE POMPE

     

    Ce matin j’ai enterré mes chaussures en grande pompe.

    Cirage de première classe et brosse à reluire de chez Hermès.

    Complètement désenchaussé j’ai fondu en larmes

    Comme une noisette de beurre dans la poêle.

    À genoux devant la tombe j’ai imploré Sainte Semelle

    Jamais lacet elle a une nouvelle fois exaucée mes vœux.

    Les shadoks indifférents à ma tristesse sont arrivés en chantant

    «Sainte Semelle nous voilà, pomper est notre travail

    Les pompeurs sont notre famille et la pompe est notre patrie»

    Puis en silence ils ont actionné la Grande Pompe à larmes.

    Miraculeusement asséché de ma souffrance j’ai bondis joyeux

    Le curédonnier scandalisé m’a jeté sa soutatane au visage

    Libéré de mon deuil je me suis précipité chez l’indien du coin

    Acheter une jolie paire de mocassins en peau de marcassin.

     

  • Gibbon

     

    GIBBON

     

    Ce matin en me levant j’étais très balafon, ça résonnait, ça résonnait. Mes neurones, malgré tous leurs efforts, peinaient à se réseauter et mes molécules cherchaient leurs atomes partout.

    Qu’est ce que j’étais allé mazourguer hier soir dans ces agapes de débiles ? Avec Gibbon mon complice de toujours et de tounuits c’est : "Viens, tu verras je connais l’organisateur on va se marrer en plus il y aura des filles canons".

    Et tout s’était déroulé comme d’habitude : le lieu n’était pas accueillant, les filles étaient moches et minces comme un fil. La bouffe était nulle, la musique d’un autre temps et pour m’achever tout le monde avait repris en chœur "Ah le petit vin blanc" en agitant les mains.

    Complètement désintégré je désertais mon cerveau, je m’attrapillais le cœur et pour me brouiller les méninges j’ai bu, j’ai bu.

    Pendant ce temps mon Gibbon souriait béatement, il était heureux. Lui s’était intégré harmonieusement dans la soirée. Il buvait des coups avec des monstres et caressait des dragons à crinière verte. Pour parachever le tout, il s’était promu premier de cordée hilare d’une danse des canards complètement valaborde.

    C’est peu après que des anges blonds aux ailes dorées m’ont exfiltré. Calé au fond d’un carrosse, ma tête reposant sur l’épaule de Léonard Cohen qui me chantait doucement la berceuse de ma grand-mère. J’étais complètement paradis en arrivant sur l’arc-en-ciel. Les anges m’ont déposé délicatement sur un nuage moelleux et je me suis endormi en souriant.

     

  • Géométrie

     

    GÉOMÉTRIE


    Textes écrits sur le principe des Euclidiennes d’Eugène Guillevic.

     

    Le triangle équilatéral.

     

    Sous leur aspect austères

    Tes pointes guerrières

    Cachent les mystères

    Silencieux de l’Univers.

     

    Le point.

     

    Centre immobile de l’action

    Tu diriges la partition

    Du cercle de l’émotion,

    Axe de la passion.

     

    Le carré.

     

    Symbole du matériel

    Tu recherches l’essentiel,

    Ton frère le ciel

    Pour l’équilibre existentiel.

     

    Le carré.

     

    C’est moi le plus balèze

    Le trapèze est obèse

    Le triangle est malingre.

    Le losange est étrange

    La spirale pas un mâle.

    L’hexagone quel gone !

    La sphère manque de fer.

    L’ovale n’est pas stable.

     

    L’angle aigu.

     

    Bec fouineur, chercheur

    Sans ampleur, ni grandeur.

     

    Oiseau de malheur

    Rageur perforateur

    De mon bonheur

    Source de mes pleurs.

     

    Sans heurts, avec lenteur,

    Mais sans erreur,

    Tu cisèles ma douleur.

    Le cercle.

     

    Tu es, par ta forme inouï,

    L’expression de l’infini,

    Le ciel de l’esprit.

    Tu me ravi.

     

    Le cercle.

     

    Tu enlaces le carré

    Tu libères les sphères

    Ton centre est à créer

    Par ceux qui espèrent.

     

    Le rectangle.

     

    Symbole de l’inégalité

    Tu supportes ta spécificité

    Car tu peux t’allonger

    Beaucoup mieux qu’un carré.

     

    Le rectangle.

     

    Symbole de l’inégalité

    Tu es mis en parallèle

    Avec la triste société

    Où l’angle droit est virtuel.

     

    La droite.

     

    Comme l’homme je suis hanté

    Par l’éternelle question

    Où est le début, où est la fin ?

    Je peux m’allonger indéfiniment

    Je ne connaîtrais jamais mon destin.

     

    La droite.

     

    Point j’étais, point je redeviendrai.

    Point de désappointement, je fais

    Fi de l’embonpoint de points

    Au profit du point final.

     

    La sphère.

     

    Mes mains l’éveillent

    Chaleur de notre union

    Je suis maître du soleil

    Bonheur de la transgression.

     

    Doucement je te dépose

    En mon cœur glacé

    Miracle de la gnose

    Fleuri l’amour annoncé.

     

    Le cône.

     

    Penaud sur ta base

    Fainéant sur ton flanc

    Arrogant sur ta pointe

    Tu roules triste et pataud.

     

    Le cône.

     

    Tu es lumière

    Tu es glace

    Tu es chapeau

    Tu es nez

     

    Tu es le chapeau

    Sur le nez

    Mangeant ta glace

    En pleine lumière.

     

    Tu es en pleine lumière

    Mangeant ta glace

    Le chapeau

    Sur le nez.

     

  • Gens de peu

     

    GENS DE PEU

    Gens de peu.

    Gens de peine.

    Votre sang lumineux

    coule dans mes veines.

     

    Dès l’enfance, plus de rêves

    la réalité avec perversion

    vous harcelait sans trêve

    jusqu’à la soumission.

     

    Belles et joyeuses servantes,

    courageuses et lestes repasseuses

    au travail toujours présentes,

    pour eux, des paresseuses

     

    Rustres et durs paysans,

    fiers manouvriers d’antan

    quelque soit vos talents

    pour eux, des fainéants.

     

    Anonymes acteurs du labeur

    pourtant sans votre sueur

    rien qu’un monde de laideur

    souvenez en Messeigneurs.

     

    De l’ombre à la lumière

    je n’ai pas eu peur

    quelque soit les manières

    le noir reste ma couleur.

     

    Souvent à vous je pense

    Lorsque je me trouve

    En des lieux d’insolence

    où brille ce que je réprouve.

     

    De toutes vos souffrances

    je porte fièrement la vêture

    jusqu’à l’ultime déchéance

    de vos morts sans sépulture.

     

    Filles mères repoussées,

    pères inconnus repus,

    obscurs étrangers rejetés,

    enfants loin disparus.

     

    Êtres de chair et de sang,

    d’amour et de souffrance

    réduits au néant

    d’une énergie de subsistance.

     

    Vous êtes ma pierre

    je le revendique aux cieux.

    Sel de ma terre,

    pour vous je lève les yeux.

     

    Gens de peu.

    Gens de rien.

    Mes ancêtres miséreux

    d’amour est notre lien.

     

  • Généfile et mystriphore

     

    GÉNÉFILE ET MYSTRIPHORE

     

    Dans ma pauvre tête les mots généfil et mystriphore se rebellent. J’ai toujours eu beaucoup de problème avec eux. Lorsque généfile gère les mots de mes jours et mystriphore dispose des mots de mes nuits tout va bien. Par contre lorsque l’un d’eux a des rêves d’Empire c’est l’enfer.

    Avec leur horde ils envahissent mon cerveau, le remplissent à le faire éclater. Pour me libérer je n’ai qu’une seule solution : les jeter sur le papier.

    Hélas ce transfert douloureux ne réussit qu’à déplacer la gestion de la surabondance.

    Maintenant qu’ils sont sur une feuille ils me narguent. Espiègles ils dansent, glissent, tourbillonnent.

    Vais-je réussir à les pétrifier, les amaglouter ? Allez j’essaie, je sors une banderille et je la remplis d’encre, le seul anesthésiant efficace. Attention je sais que cette danse avec les mots auquel je m’attaque est périlleuse et perverse. Surtout ne pas se laisser enlacer, embrasser, attendrir sinon me voici parti dans un tourbillon fantasmagorique, peterpanique,

    Beaucoup qui s’y sont essayés ont été aspirés au cœur de la tornade. Certains n’en sont pas revenus, d’autres droits sur leur banderille ont résisté. Du moins le croient-ils, en réalité depuis leur cerveau clodipouille. Ils ont perdu le mode d’emploi, alors les mots cascadent, trébuchent, déflexulent avant de se figer dans un indescriptible chaos.

    Si je ne veux pas que ma vie devienne un enfer je sais qu’il me faudra résister, toujours résister. Pour les contenir je devrais user de souplesse, de fermeté, d’agilité, de patience, de tendresse, de pleinsetdéliés.

    Aujourd’hui j’ai enfin compris que la seule solution c’était d’abandonner le stylo-banderille pour le stylo-plume.

     

  • Fragments inutiles

     

    FRAGMENTS INUTILES

     

    Fragments inutiles que balaient les vents

    Des profondeurs cosmiques.

    Points d’interrogation ignorés

    Des lueurs de l’infini.

     

    L’échelle de Jacob est brisée,

    Celle d’Adam subsiste

    Appuyée sur le néant.

    Ni Eden, ni vertes prairies,

    Ni muses vierges, ni ambroisie.

    RIEN !

     

    Cet homme sans visage

    Assis les mains sur les genoux

    À quoi pense t-il ?

    Une minute de paix en échange

    D’une éternité de silence ?

     

    Un voile épais tamise la lumière

    Le cristal pur se craquelle

    La paix éternelle après l’étincelle de souffrance.

    Descendre ou monter les marches ?