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  • Un jardin imaginaire

    UN JARDIN IMAGINAIRE

     

    Mon jardin est de mer et de montagne

    De parfums suaves et d’effluves d’effroi

    Il accueille les géants du Soudan et

    Les nains de mes bas fonds.

     

    Les cascades de perles de cristal

    Disparaissent dans le nadir

    Où mes ancêtres se purifient

    Aux fumeroles des volcans disparus.

     

    Les arbres tête en terre

    Lancent leurs racines vers le ciel

    En quête du poème de l’origine.

     

    Les fleurs carnivores élégantes et angoissantes

    Dévorent à belles dents mes péchés de chair.

     

    Les allées ensoleillées ne sont qu’impasse

    Chaque jour fébrile comme Ulysse

    Je quémande aux mendiants :

    Je cherche la porte des mystères.

    Des éclats de rire édentés

    Me renvoient à mon enfer.

     

    D’un jet de lave écarlate

    Jaillit Lucifer hilare.

    Pauvre assemblage éphémère

    Éructe t-il en vomissant des vipères rouges

    Moi seul possède la clé

    De la porte d’Or.

    Dieu est mort !

     

    Aux quatre points cardinaux de ton jardin

    Les archanges déchus t’attendent

    Va vers eux cueille les plantes de la Connaissance

    Et revient auprès de l’axe du monde.

    Là laisse ta bile noire s’écouler

    En spasmes silencieux dans les profondeurs.

     

    Au petit jour ton jardin refleurira.

     

  • Tout doit disparaître

    TOUT DOIT DISPARAÎTRE

     

    Tout doit disparaître,

    liquidation totale avant travaux.

     

    Un cœur presque neuf

    une légère fêlure, quelques éclats

    bien dissimulés.

    Une cure de printemps et

    il sera lisse et bien chaud.

    Mise à prix : trois émotions.

     

    Une main fatiguée

    ridée de tendresse.

    Serrez légèrement, délicatement

    Elle deviendra chaude

    douce et caressante.

    Mise à prix : trois sentiments.

     

    Un œil blasé, décoloré

    revenu de tout

    il a trop vu d’atrocités

    il en a oublié la beauté.

    Emmenez le au square

    Sur le banc face aux enfants.

    Laissez cuire à soleil doux,

    il retrouvera l’acuité

    de ses six ans.

    Mise à prix : trois clins d’œil.

     

    Un cerveau cabossé

    Malmené, harcelé

    Pourtant toujours plein de rêves,

    d’utopies et de ciel bleu.

    Un brossage fin et délicat

    au soleil d’une île grecque

    lui redonnera vivacité,

    ouverture et humour

    Mise à prix : trois neurones.

     

    Une oreille paresseuse

    Encrassé de fausses nouvelles,

    usée par les mensonges.

    Si vous lui susurré quelques

    poèmes d’humain amour

    elle refleurira au verbe

    Mise à prix : trois Mozart

     

    Un esprit désabusé

    d’avoir été abusé.

    Plus de joie que des doutes.

    Quelques gouttes d’espérance

    chaque jour et

    la brume le quittera.

    Mise à prix : trois colombes

     

    Une langue épaisse de

    Tant de mots regrettés, de

    Tant de mots restés collés.

    Désépaissir avec précaution

    à l’aide d’une râpe à vérité.

    Bien fine elle cisèlera cette fois

    les mots légers, ensoleillés

    si longtemps oubliés, cachés.

    Mise à prix : trois poèmes.

     

  • Texte île

    TEXTE ÎLE

     

    J’aime les textes îles, merveilleux papillons

    De mémoire blotties au creux des abysses

    Où dorment nos Atlantides muettes.

     

    J’aime les tendres et fragiles haïkus

    Confettis passionnés de nos vies,

    Réceptacle de nos vivantes émotions.

     

    J’aime les poèmes libres, îlots d’ailleurs,

    Porteurs du souffle de l’origine ils révèlent

    L’invisible aux cœurs des cherchants.

     

    J’aime les nouvelles, îles généreuses,

    Receleuses de trésors, pépites du quotidien

    Volées aux clepsydres chronophages.

     

    J’aime les textes îles, feux de joie

    Dans les ténèbres de l’abandon

    Ils effacent les rides du vent mauvais.

     

  • Pharfar

    PHARFAR

     

    Pharfar est un farceur, il dit qu’il vient du far West alors qu’en réalité il n’a jamais dépassé le phare de Tréfarden. C’est sûr il boit du whisky coca et porte des jeans, mais ses sabots sont en bois de nénuphar. Il dit que ça lui permet de marcher sur l’eau sans fartage.

     

    Certains de ses copains disent qu’il fume trop dans sa bouffarde de son mélange qui le rend complètement farfelu. D’autres disent que c’est parce qu’il n’est qu’un soiffard imbibé de gnole frelatée.

    Devant ces attaques il prend son air effaré de séfarade farouche. Je ne fume dit il que ma production, un savant et secret dosage de farigoulette et de farine de seigle. Concernant ma gnole c’est du premium. Pommes de mon jardin qui macèrent six mois dans de l’urine de veaux élevés sous la mère avant distillation. Je ne suis pas comme vous bande de farfelus aux gueules enfarinées, moi j’ai un pharynx en acier inox. De plus ça me donne de la force pour jouer du tuba dans la fanfare.

    Et puis m’faites pas chier, j’veux pas en voir un farfouiller dans mes affaires.

     

    La nuit lorsqu’il a le cafard, nu dans la lande bretonne le visage fardé comme un camion indien, il organise des farandoles avec des elfes, des farfadets et des sylphes. La fumette et la gnole aidant au petit matin il leur chante des légendes ancestrales en farsi et en celte en s’accompagnant au luth pharisien.

     

    Son ami le pharmacien n’arrête pas de lui dire : avec ton teint blafard tu ne vas pas tarder à faire un infarctus et là tu ne fera plus le fanfaron. Comme lorsque l’on te retrouve dans ta voiture au petit matin dans le bas coté. Tu n’es qu’un chauffard qui se prend pour un pharaon avec un gyrophare sur la tête et le corps entouré de bandelettes fluo.

    Arrête tes farces à la con et arrête de nous raconter des faridondaines qui nous farcissent la tête. Tu es un vrai fardeau pour le village.

     

    D’ailleurs ses amis le disent en permanence au bar tabac : "Il faut se le farcir !".

    C’est effarant les fariboles qu’il peut leur raconter. La dernière ! Il est, soi disant, partit faire un safari dans la vallée de Katmandou pour chasser le farfalla avec une équipe d’italiens amateur de far breton, de chianti et de grappa.

    Depuis, ce Tartarin de Tréfarden qui vit du RSA, raconte à qui veut bien l’entendre qu’il lui en a coûté dix mille euros. Un prix faramineux juste pour aller faire du farniente au Népal avec des lepidoptérophiles.

     

    Pharfa l’extraterrestre a disparu sans prévenir. Sûrement exaspéré par le manque de poésie de ses contemporains.

    Depuis il n’y a plus de pluie de rêves sur Tréfarden.

     

  • Taureau

    TAUREAU

     

    Il tournoie dans l’air le matador

    Serait il devenu aviator ?

    Le taureau ramasse l’épée au sol

    Et d’un geste élégant l’embroche au vol.

    L’étrange coléoptère multicolore

    Surpris de cette avanie implore.

     

    Utilisant les banderilles ensanglantées

    D’un tir vif et précis le taureau enchanté

    Cloue sur les palissades lisses et argentées

    Les picadors hagards et désorientés.

     

    La foule en délire jette dans l’arène

    L’éleveur, l’imprésario et la Reine.

    Le taureau bombe ses pectoraux

    Et sort sous les vivats et les bravos.

     

  • Sortir du lit

    Variations sur ce thème

    Haïku

     

     

    Sortir du lit, aïe !

    Douloureuse décision

    Hors de ma raison

     

    Sortir du lit, non !

    Mourir au lit pas question

    Pascal au secours.

     

    Sortir du lit, oui

    Dit le fleuve paresseux

    En se recouchant.

     

    Sortir du lit, bof !

    La nuit est calme fleuve

    Vivre est délit.

     

    Faut sortir du lit

    Illico presto papy

    Tu l’as dit bouffi.

     

    Faut sortir du lit

    Ma colombe adorée

    Ball-trap aujourd’hui

     

    Faut sortir du lit

    La nuit fuit le jour qui vient

    Les rêves baillent

     

    La vie appartient …

    Ne croyons pas aux dictons

    Sortir du lit nuit.

     

    En mission d’espion.

    Louis il faut sortir du lit

    Fin du rêve fou.

     

     

     

     

    Poèmes.

     

     

    Sortir du lit !

    Quelle drôle d’idée

    On est si bien au chaud

    Sous la couette douillette,

    Surtout à deux.

     

     

    ****************************

     

    Je suis sorti du lit

    Pour partir à la chasse au mistigri

    Avec mon parapluie gris,

    Et mon fusil à patchouli.

     

    Au détour du bois joli

    Transi j’ai eu très peur

    Devant ce qui n’était pas un leurre

    Mon cœur était en folie.

     

    En réalité, le croiras tu ma chérie,

    Un lapin me tirait la langue

    Surpris, épouvanté je tangue

    Bêtement j’ai doucement souri.

     

    C’est dans l’œil droit

    Que j’ai reçu le jus de salsifis

    De son fusil en plumes de sifie.

    Pauvre chasseur devenu proie.

     

    Quelle idée ai-je eu ma mie

    De sortir du lit en catimini

    Pour cette piteuse comédie

    D’un lourdaud endormi.

     

     

    ***************************

     

    Sortir du lit

    Fait fuir les papillons de mes rêves.

    En un doux bruissement attendri

    Ils s’éloignent de ma grève.

     

    Retour à l’impossible oubli

    Au sortie de la mélancolique trêve.

    Les vieux souvenirs évanescents

    S’émiettent en confettis multicolores

     

    Les échos assourdis de la nuit

    Résonnent en lumineuses brèves.

    Le feu violent des infamies

    Ravage l’enclos des solitaires.

     

    L’aube apporte le désespoir

    Des errances utopiques.

    Soleil voilé de noir

    En mon cœur glacé.

     

     

    *************************

     

    Sortir du lit

    Rejoindre la lie du monde

    En repli sous la pluie

    Dans l’effroi de l’hallali.

     

    Leur dire en un cri

    Résistez à l’apathie

    Ne prenez pas le pli

    Refuser le déni des non béni.

     

    La misère avilit tout

    Même le joli devient gris ;

    Repeindre tout en lilas

    La beauté réconcilie.

     

    Sortir du lit de l’infamie

    Courir au soleil n’est pas un délit.

    Aimer à la folie

    La vie sans mélancolie.

     

    Choisir la voie qui relie

    Les petits, les démunis

    En un bouquet fleuri

    D’espoir en l’embelli.

  • Sono io

    SONO IO !

    Sono io ! C’est moi !

    J’avale des crapauds

    Je brise des verres avec mes dents

    Je lève une chaise avec deux doigts

    Je mange quatre kilos de choucroute

    Je tracte un camion

    Je tue quatre faisans avec une balle

    Je grimpe au sommet du Mont Blanc en tennis

    Je traverse la Manche en nageant d’un bras

    Je réécris "Les misérables" en une journée

    Je danse la valse sur un tabouret

    Je gère vingt parties d’échecs simultanément

    Je séduis malgré moi

    Je fends des bûches à main nues

    Je foudroie un taureau de mon regard

    Je parle vingt sept langues vivantes et douze mortes

    Je guéri en montrant mes mains

    Je ne transpire jamais

    Je dors quatre heures quand je suis fatigué

    Je bloque la mâchoire d’un crocodile

    Je conseille le Président

    Je couche avec la Présidente

    J’avale des couleuvres

    Je tords des barres de fer par la pensée

    Je crache à vingt cinq mètres

    Je pisse à cinquante.

    Je croque des cailloux

    Je peux être Michael Jackson

    Je joue la "Marseillaise" en pétant

    Je lance un boomerang sans retour

    Je suis trop intelligent

    Je suis le premier et le dernier

    Sono io ! C’est moi !

     

  • Sereine

    SEREINE

     

    Sereine en sa fragilité

    elle assume fièrement

    les marques indélébiles

    que la vie dépose.

    Oeuvre d’art jamais terminé

    son visage irradie

    la sensibilité des guetteurs.

    Ses lèvres recèlent tant de baisers

    que j’ai envie de m’y nicher.

    Dans ses yeux défilent des souvenirs

    ornés de quelques nuages

    vite chassés par le vent

    d’un nouvel amour.

    Des ombres fugitives parfois

    viennent l’obscurcir,

    un plissement étoilé

    appelle le clair soleil d’hiver.

    Un éclat de rire brise mon miroir.

    Enfin je te connais !