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  • Mélika

    MÉLIKA

     

    Une multitude de fines tresses encadrent un visage épanoui. Elle a des yeux aussi rieurs que son sourire est accueillant. Elle a seize ans et l’on vient de lui annoncer qu’elle est admise au lycée français de Yaoundé. Le rêve de sa vie se réalise.

    Depuis que petite elle avait écouté son cousin Émile lui lire un livre qu’il avait ramené de France pour elle son but avait été fixé : je veux lire dans tous les livres de monde ne cessait elle de répéter. Tais toi lui rétorqué son père, ça ne sert à rien de savoir lire. Tu ferais mieux d’aider ta mère pour devenir une femme qui sait s’occuper de son mari et de sa maison.

    Dès qu’elle eu six ans Malika s’enfuyait tous les matins. Une heure de marche était nécessaire pour rejoindre l’école où silencieuse elle s’asseyait sur les marche. Les paroles de l’instituteur, jour après jour, lui faisaient découvrir un monde totalement différent de celui qu’elle vivait dans son village.

    Grâce à l’amour et au courage de sa mère, qui chaque matin inventait une histoire pour justifier son absence, elle réussit à déchiffrer seule son précieux livre.

    L’instituteur touché par sa persévérance, son enthousiasme et sa précocité intellectuelle, l’autorisa à s’asseoir à l’intérieur de la classe.

    Malika se remémore le jour où elle est revenu avec son cahier rempli et de la victoire qui en suivi. Son père stupéfait que sa fille sache lire et écrire céda.

    Dès lors sa vie ne fut qu’un flot de bonheur continu. Dont le summum fut son admission au collège d’Ebolowa comme interne grâce au soutien d’une ONG française.

    Mélika ! Mélika ! La voix puissante de son père la tire de sa rêverie, vient me voir tout de suite.

    Elle se précipite son père est devant la porte avec un homme habillé comme un blanc.

    Le cousin Émile, tu te rappelles, celui qui t’a offert ton premier livre. Il a besoin d’une femme pour s’occuper de lui lorsqu’il vient au village. Il t’a choisi, je suis d’accord. Le mariage aura lieu dimanche. Rejoint les femmes pour te préparer.

    Mais papa le lycée !

    Quoi le lycée ! Obéis !

     

  • Médite sur l'origine

    MÉDITE SUR L’ORIGINE

     

    Médite sur l’origine,

    Accroche ton cri

    Á la première seconde de l’éternité.

     

    Lève tes yeux,

    Stèle des amours brûloirs

    Ton nom frémit aux cailloux du sentier.

     

    Éventre le ciel,

    De tes sanglots d’albâtre

    Jaillira la fleur du métronome.

     

    Ouvre tes poings,

    Que s’envole ton désir

    Vers le précipice des appétences d’exil.

     

    Articule les mots,

    Au hachoir de la mémoire

    De vents incertains souffleurs d’illusion.

     

    Attends silencieux

    Le signal de l’invisible clarté

    Pour offrir ta bergerie au ciel écarlate.

     

    Détrompe les attentes,

    Ensorcelle la routine porphyre

    Ta Belle accrochera sa robe aux étoiles nues.

     

    Joue de l’arc-en-miel

    Dans le vallon des mille trésors

    Où les griots d’extase déflorent les sortilèges

     

    Écarte les jaloux,

    Quémandeurs de miettes de vie,

    Faussaires perdus d’un ciel trop grand.

     

    Impose ta chance,

    Serre ton bonheur et va vers ton risque.

    Á te regarder, ils s’habitueront.

     

  • Mains

    MAINS

     

     

    Il faut tendre la main

    Á ceux qui ont les mains vides.

    Avoir le cœur sur la main

    Afin qu’ils cessent de se tordre les mains

    Face à ceux qui font main basse

    Sur leur tour de main

    En leur donnant de la main à la main

    Une aumône pour crève-la-faim.