15.12.2009
Haïku
HAÏKU TRADITIONNELS (5-7-5)
Gris uniforme
le ciel nous fait la tête.
Jaloux de la mer ?
Silence de Luc
éclats lointains du monde,
impossible paix.
La mer est douce
elle caresse le sable,
un amour d’été…
Crépuscule bleu
mer et ciel rivalisent,
beauté absolue.
Les vagues roulent
Le soleil et la lune
Ont encore bu.
La nuit la mer dort
Sûr la lune ma l’a dit
En pluie de lettres.
Les crocs des vagues
Anthropophage guettent
Leur proie de sable.
Visage tourné
Vers la ligne d’utopie
Fraîcheur marine.
Appels des oiseaux
Bienvenue ou reproche ?
La joie dans mon cœur.
Le chant des oiseaux
Intuitive connection
Mes lointains cousins.
La mouette crie
Que puis je lui répondre
Pauvre bipède.
Mes pieds sur terre,
Attraction universelle
Me dit la marée.
Boule de coton
Sur le sable humide
Duvet d’angelot.
Petits fossiles
Clin d’œil de l’éternité
À l’éphémère.
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14.12.2009
Tête blanche.
TÊTE BLANCHE.
Fragile chrysanthème à tête blanche
La vieille femme, les yeux perdus dans un hier,
Mâchonne doucement des mots polis par la vie.
De sa bouche usée s’échappe des sons sporadiques.
Curieux indiscret je guette sans succès ses secrets.
Rien d’intelligible pour l’occasionnel passager.
Pour le non initié reste l’imagination :
Simples échos de paroles oubliées ou
Dialogue avec des ombres muettes ?
A moins que remontent en joyeuses bouffées
Des bribes d’enfantines comptines
Rythmées du bruit des galoches sur la marelle ?
Serais ce une réminiscence qui déclenche en elle
Des prières incontrôlées, effluves d’antiques gènes ou
Paroles d’un autre monde incompréhensible aux vivants ?
Voyante de l’au-delà nos bavardages l’amusent,
Avant le grand retour elle vit le silence apaisant de la vérité
En son quotidien tête à tête avec l’origine.
Le 10 décembre 2009.
12:12 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
13.12.2009
Surpris.
SURPRIS.
Malgré mon interdiction il a ouvert sa cage.
Curieux intimidé il reste sur mon épaule.
Soudain libre et léger il volette en silence.
Je pose mon crayon et je le regarde.
Surpris il revient sur mon épaule et observe.
Alors il comprend, ici le temps n’existe pas.
Les pendules et la grande horloge mentent.
Faire semblant pour ne pas effrayer les passants.
Le cerf de la forêt voisine s’est figé dans un mur
Revêtu de sédiments de joies et de douleurs.
Les fleurs ne peuvent être que séchées,
Seul flotte un parfum de souvenirs.
Maintenant il s’approche du jeune homme,
Beauté noire et blanche; il lui sourit sans espoir.
Seule la mort donne une telle sérénité,
Le sommeil et la méditation eux exhalent la vie.
Posé sur une estrade, hommage à sa splendeur,
Le piano devenu meuble muet de désamour
Se souvient de ses doigts si doux, si sensuels
Ah ! Ces merveilleuses soirées printanières.
Livres assoupis en attente du Lecteur Charmant
Possesseur des yeux magiques qui les délivreront
De la malédiction de la sorcière Clepsydre :
Un jour vous redeviendrez poussière.
Le voici pensif devant des affiches de théâtres
Datent elles le début de l’exil hors le temps ?
Quel brutal événement ou quel choix serein
A pu extraire cette maison de la folie du monde ?
Voila qu’il se pose sur les genoux de la vieille dame
Si fortement présente en son absence.
Qu’elle est belle illuminée d’hiver comme un
Fragile chrysanthème à tête blanche.
Le 09 décembre 2009.
11:34 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème.
12.12.2009
Le blues du mec qui pue des pieds.
LE BLUES DU MEC QUI PUE DES PIEDS.
Oh ! J’ai le blues Mémé adorée
Du mec qui pue des pieds
Comme un camembert oublié
Depuis six mois sous l’évier.
Déjà tout petit nourrisson
Ma nourrice à gros tétons
En respirant mes petits petons
A gerbé illico son ronron.
Ado lorsque dans les vestiaires
J’ai enlevé mes croquenots
J’ai aussitôt de plein air
Eté interdit sans un mot
Oh ! J’ai le blues Mémé adorée
Du mec qui pue des pieds
Comme un camembert oublié
Depuis six mois sous l’évier.
À l’armée dans la chambré
Ils ont cru qu’on les gazé
Une fois l’alerte passé
J’ai aussitôt été réformé.
Dans mon studio je l’ai emmené
Tendrement je l’ai enlacé
Mais lorsque mes godillots j’ai ôté
Elle a fuit effrayé ma belle poupée.
Oh ! J’ai le blues Mémé adorée
Du mec qui pue des pieds
Comme un camembert oublié
Depuis six mois sous l’évier.
Chez le docteur je suis allé
Pour me faire soigner
Les chaussettes à peine tirées
De déodorant il m’a aspergé.
L’autre jour je vais au bistro
Avec mon petit pote Paulo
À peine entré le proprio
M’a viré à coup de sabot.
Oh ! J’ai le blues Mémé adorée
Du mec qui pue des pieds
Comme un camembert oublié
Depuis six mois sous l’évier.
Ma Mémé pourquoi m’as-tu quitté ?
Par mon odeur tu n’étais pas indisposé
Le parfum de mes pieds tu l’aimais
Solitaire à jamais je resterais.
Oh ! J’ai le blues Mémé adorée
Du mec qui pue des pieds
Comme un camembert oublié
Depuis six mois sous l’évier.
Le 11 décembre 2009.
08:32 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, humour
11.12.2009
Les flammes.
LES FLAMMES.
Les flammes jeunes et sveltes,
Blanche et surprenante d’énergie,
Se contorsionnent allégrement.
Sûr, du bois elles se libéreront.
L’effort continu ne les épuise pas,
Quelques rougeurs aux joues,
De fins filets bleus et violets
De veines qui se gonflent,
Pas une goutte de sueur.
Trapues elles se concentrent
C’est la lutte finale, voyons
Encore un effort camarades
Le joug forestier va se briser.
En un intense rougeoiement
Elles dévorent les braises
Amour fusionnel,
Cendres communes.
10:00 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème



