23.11.2009

Le patineur.

LE PATINEUR.

 

 

 

 

À Benjamin.

 

 

 

Le patineur tourne, tourne.

Il oublie le temps.

Il est si léger que

vers le ciel il monte.

 

Sur un nuage glacé

il dessine les arabesques

d’un monde merveilleux

qu’un arc en ciel colorie.

 

Des bambins bouche bée

découvre les signes mystérieux

du royaume de l’imaginaire

que les adultes ne voient pas.

 

À la patinoire de Kitsilano

des enfants tournent, tournent

des rêves accrochés aux patins.

Ils sont légers, légers.

 

 

Le 10 novembre 2009.

LE PATINEUR. V2.

 

 

 

 

À Benjamin.

 

 

 

Tout de blanc vêtu

lévité par la glace cristal

il brille comme un soleil

d’hiver au zénith.

 

Abstrait de la pesanteur

il tourne, il arabesque,

il vole porté par les ailes

des oiseaux de paix.

 

Dans un doux crissement

ses lames dessinent,

tels des fleurs éternelles,

les cœurs du bonheur.

 

 

Le 13 novembre 2009.

 

22.11.2009

J'ai cru aux crues.

J’AI CRU AUX CRUES.

 

 

 

 

J’ai cru aux crues abondantes

J’ai cru aux décrues fertilisantes

J’ai cru à toutes leurs sornettes

J’ai cru bon de ne pas tirer la sonnette.

 

J’ai bu des grands crus

J’ai bu de l’eau des crues

J’ai bu le vin avant la lie

J’ai bu le calice jusqu’à l’hallali.

 

J’ai perdu tout mon pognon

J’ai perdu toutes mes illusions

J’ai perdu ma mie qui l’eu cru.

J’ai perdu, j’ai bu, je suis foutu.

 

J’ai vendu mon château breton

J’ai vendu ma Rolls d’occasion

J’ai vendu mes fameux Picasson

J’ai vendu les fourrures de Manon.

 

J’ai vécu chez des cousins

J’ai vécu reclus cistercien

J’ai vécu près la belle Aurélien

J’ai vécu nomade bédouin.

 

J’ai revu le soleil se lever

J’ai revu des enfants émerveillés

J’ai revu le ciel étoilé

J’ai revu mon sourire oublié.

 

J’ai tendu le cou pour voir Orion

J’ai tendu le doigt vers l’horizon

J’ai tendu l’oreille à l’appel marin

J’ai tendu la main à demain.

 

 

 

Le 28 décembre 2008.

21.11.2009

Effervescence.

EFFERVESCENCE.

 

 

 

 

Fragile mon cœur cesse de battre,

je viens de poignarder mon ombre.

Je cours de réverbère en réverbère,

hagard je constate ma solitude,

mes cris n’ont plus d’écho

l’altérité est morte sans bruit.

L’harmonie des contraires est rompue

je ne suis plus que lumière.

Invisible au cœur de mes semblables

je cherche désespérément mes ténèbres.

Je longe le précipice de mes bons sentiments

j’inhale avec délice les effluves

de sa cascade de rires silencieux.

Sans réfléchir je plonge,

une vague me renvoie son refus

qui me porte au rivage.

Les yeux vers les étoiles

Je mendie au cosmos un voile noir.

Hadès gronde : je suis le maître

Quelle insolence est la tienne

Attends ton tour.

Fragile mon cœur cesse de battre

 

 

Le 16 mai 2009.

20.11.2009

Sereine.

SEREINE.

 

 

 

 

Sereine en sa fragilité

elle assume fièrement

les marques indélébiles

que la vie dépose.

Oeuvre d’art jamais terminé

son visage irradie

la sensibilité des guetteurs.

Ses lèvres recèlent tant de baisers

que j’ai envie de m’y nicher.

Dans ses yeux défilent des souvenirs

ornés de quelques nuages

vite chassés par le vent

d’un nouvel amour.

Des ombres fugitives parfois

viennent l’obscurcir,

un plissement étoilé

appelle le clair soleil d’hiver.

Un éclat de rire brise mon miroir.

Enfin je te connais !

 

Le 07 novembre 2009.

19.11.2009

Le vampire.

LE VAMPIRE.

 

 

 

 

À Emma.

 

 

 

Le doux vampire amoureux

plane, soucieux, dans le vent.

Ses parents sont malheureux

il n’a pas subi le baptême du sang.

 

Lui ce qu’il a envie avant tout

c’est de faire des bisous

dans le cou si lisse et doux

des jeunes filles à froufrou.

 

Sucer le sang quelle horreur !

Alors le soir sur les balcons

il susurre les mots du coeur

déguisé en frêle garçon.

 

Il sais qu’un jour sans lune

une belle brune le serrera.

Alors ému mais sans regret

Prince Charmant il deviendra.

 

 

Le 10 novembre 2009.