23.09.2009
J'ai.
J’AI
J’ai la peau blanche
à l’intérieur toubab.
J’ai cru, tu as cru, il a cru
nous avons cru, ils ont ri.
J’ai un fragment de la vraie croix,
dix euros la vidéo.
J’ai peur du noir
alors je bois du blanc.
J’ai Gustave Eiffel,
vas faire un tour !
J’ai le rhume des foins,
rumine dans ton coin.
J’ai la tête de veau ravigote,
la vache elle mégotte !
J’ai du persil dans les narines
ça chatouille Karine.
J’ai la libido en berne,
fais toi naturaliser Suisse.
J’ai fox terrier,
mon pauvre lapin !
J’ai perforation intestinale,
performance matinale.
J’ai la mouche du coche
affamée dans mon coffre
J’ai la médaille en chocolat
qui me pèse sur l’estomac.
J’ai le sentiment,
sans le poids marchand.
J’ai un cor au pied,
c’est mieux qu’au bout du nez.
J’ai un pèse personne
et personne ne sonne !
J’ai une haleine de phoque,
le chacal se moque.
J’ai perdu le nord
sans aucun remord.
Le 29/30 juillet 2009.
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22.09.2009
Litanies pour trois milliards d'humains.
LITANIES POUR TROIS MILLIARDS D’HUMAINS
Chaque jour je nuit noire
Pour ceux qui meurent de faim
Pour ceux qui meurent de soif
Pour ceux qui meurent sous les balles
Pour ceux qui meurent du paludisme
Pour ceux qui meurent de n’être rien
Pour ceux qui meurent de notre indifférence
Pour ceux qui meurent du sida
Pour ceux qui meurent de noyade
Pour ceux qui meurent d’avenir trop rêvé
Pour ceux qui meurent de ne plus avoir de rêve
Pour ceux qui meurent à petit feu
Pour ceux qui meurent au large des côtes
Pour ceux qui meurent immobiles
Pour ceux qui meurent de désespoir
Pour ceux qui meurent sans une larme
Pour ceux qui meurent nus
Pour ceux qui meurent sans vieillesse
Pour ceux qui meurent sous la torture
Pour ceux qui meurent enfant
Pour ceux qui meurent sans vie
Pour ceux qui meurent soulagés
Pour ceux qui meurent d’espoir
Pour ceux qui meurent loin
Pour ceux qui meurent sans amour
Pour ceux qui meurent d’être fille
Pour ceux qui meurent de non vaccin
Pour ceux qui meurent au labeur
Chaque nuit je rêve de jour
Pour ceux qui vivent de rien
Pour ceux qui vivent d’espoir
Pour ceux qui vivent de rêves
Pour ceux qui vivent avec un dollar par jour
Pour ceux qui vivent esclave économique
Pour ceux qui vivent enfant-soldat
Pour ceux qui vivent dans la misère
Pour ceux qui vivent favelas
Pour ceux qui vivent la mort
Pour ceux qui vivent non vie
Pour ceux qui vivent de leur corps
Pour ceux qui vivent en fermant les yeux
Pour ceux qui vivent en prison
Pour ceux qui vivent sans avenir
Pour ceux qui vivent sans le savoir
Pour ceux qui vivent sans abri
Pour ceux qui vivent illettrés
Pour ceux qui vivent sans passé
Pour ceux qui vivent sans tradition
Pour ceux qui vivent déracinés
Pour ceux qui vivent télévision
Pour ceux qui vivent de rapines
Pour ceux qui vivent aujourd’hui
Pour ceux qui vivent sans parole
Pour ceux qui vivent sans un regard
Pour ceux qui vivent clandestin
Pour ceux qui vivent dans la peur
Pour ceux qui vivent sans ancêtres
Jour et nuit je crépuscule sans fin.
Le 31 juillet 2009.
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21.09.2009
Le blues du chômeur en fin de droit.
LE BLUES DU CHÔMEUR EN FIN DE DROIT
Maman j’ai le blues
J’aurais pas du laisser le pays
J’ai la nostalgie d’mamy
Et d’ses tartes aux fruits
J’ai quitté la Grande Cité
Pour revenir en ma Creuse
Avec ma petite poupée
Qui en était fort heureuse
Nous avons travaillé
Dans la Grande Usine
Au milieu des prés
Ce n’était pas la mine
Sur il y avaient les trois huit
Qui effacent les limites
Les cadences à respecter
Pour une paye au rabais.
Les chefaillons tatillons
Qui nous cassent les bonbons
Si on a une opinion
Qui n’est pas du bon ton.
Heureusement il y avait toi
Avec ton joli minois
Les randos dans les bois
L’amour sous notre toit
Un joli et fleuri mois de mai
Sont arrivés les tchèques
Avec un très gros chèque
Notre boss disparu à jamais.
Promesse de mille ans
De travail garanti
On a serré les dents
Et on a souris gris
Les subventions touchées
les bénéfices encaissés
les tchèques se son tirés.
En bois leur chèque il était.
Maman j’ai le blues
Du quinqua lessivé
Qui n’a aucune bouée
Pour l’empêcher de couler
On a promis de tout casser
Tout le pays fut ameuté
Les journalistes accouraient
Nous étions adulés
La Grande Usine a fermé
Tous ont a été licenciés
On a touché notre indemnité
Tout le monde nous a oublié
J’ai r’trouvé la Grande Cité
De moi elle n’avait rien à cirer
De foyer en foyer j’ai erré
L’alcool a fini d’me briser
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
J’ai quitté la Grande Cité
Pour retourner dans ma Creuse
Sans ma petite poupée
Disparu l’amoureuse.
La masure j’ai retrouvé
Avec les sabots de pépère.
Son jardin j’ai retourné
A la recherche de repère
Je sais qu’tout est foutu
Plus rien à espérer
La vie n’m’a pas attendu
Reste juste à crever
Maman j’ai le blues
De l’exclus vaincu
Qui en a plein l’cul
De cette vie foutue.
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
Le 29 août 2009.
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20.09.2009
Perles.
PERLES.
Issues de la brume des flots nacrés
Mes rêves délicats et parfumés
Nourrissent la réalité sacrée
De l’intuition enfin recomposée.
Soudain de ma bouche émerveillée,
En un cliquetis doux et mélodieux,
S’écoulent des perles argentées
Venues du temps des Dieux.
Sur le sable rouge de mes nuits,
Plages perdues des inconnues,
Elles roulent légères, sans bruit
La vibrations venue des nues.
Enfin libéré mon esprit rebelle
Accueille le flux ensemenceur
Du Souffle cosmique éternel,
Promesse de la blanche douleur.
Je plante l’axe du monde natal
Des mots échappés de l’absolu
Jalon dans la quête sidérale
Du bêcheur, calme géant résolu.
La pierre marque l’angle du perdu.
La splendeur solaire de l’Arpenteur,
Au cœur du désert la main tendue,
Illumine le pays maudit des menteurs.
Le 15 avril 2009.
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Parfum.
PARFUM.
Forces irrésistibles du
Vainqueur noir.
L’odorante menthe enivre
Mes semelles,
Oublieuses des remugles
Obscurs
Elles me portent au-delà
Du vent.
Les pierres roulent porteuses
Du souvenir.
Écho des longues plaintes
De la rose.
Le 27 avril 2009.
09:33 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème


