19.10.2009
Sur les marches.
Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".
SUR LES MARCHES.
Lui (Pas à l’aise) : Salut les gars comment ça va ?
L’autre : Salut, tu veux une bière ? C’est vrai tu ne bois pas d’alcool, tiens prend de la flotte.
Lui (Toujours pas à l’aise): Merci, merci.
L’autre : T’es v’nu tout seul ?
Lui : Oui bien sur. (Pourvu que les autres cons ne soient pas trop loin).
L’autre : Assied toi sur les marches.
Lui : Oui, oui.
L’autre : Elles sont propres, vas y.
Lui (En s’asseyant): Bien sur, bien sûr.
L’autre : T’as pas l’air détendu, tiens commence, le "tarpé" est tout neuf. Craint rien c’est de la bonne, pas de vomito.
Lui (Pas rassuré par ses souvenirs d’étudiant) : Super c’est meilleur que le cigare !
L’autre : Sur, sauf que j’ai jamais fumé de cigare. Garde bien la fumée.
Lui (Ragaillardi) : J’suis pas un bleu. T’inquiète pas je te ferais passer des cigares et des bons
L’autre : Ouais, ouais, fait tourner.
Lui (Légèrement euphorique) : OK ! Les mecs j’voulais vous dire, j’suis comme vous, un type normal avec ses joies et ses problèmes.
L’autre : Ouais, ouais, sauf que toi t’es bourré de fric.
Lui : (Qu’est ce que c’est que cette vibration ? Le pétard qui fait effet ? Non merde c’est le boîtier, il faut que je réponde, une pression tout va bien)
L’autre : T’es d’jà parti ?
Lui : Non, non, je réfléchissais. C’est vrai j’ai des avantages liés à ma fonction, mais je ne fais pas parti des hommes les plus riches du monde. J’ai un train de vie qui n’a rien d’exceptionnel.
L’autre : Ouais, ouais viens je vais te faire visiter mon palais au sixième "l’Élysion", puis ma résidence secondaire au sous sol "La Cave Nègre". Dit donc tu as l’air de prendre goût au tarpé !
Lui (Euphorique): C’est parti on y va les mecs.
L’autre : L’ascenseur est en panne depuis trois semaines.
Lui : Pas grave je suis sportif les gars. (Encore ce putain de boîtier font chier, une pression tout va bien)
L’autre : Salut Mam. Reste pas plantée là, l’hospitalité traditionnelle qu’en fais tu ? Mais non c’est pas un sosie, regarde crois tu que quelqu’un peut imiter aussi bien ses tics ?
Lui : Détendez vous Madame nous sommes entre concitoyens, en toute simplicité.
L’autre : Ma mère parle très mal le français et sa naturalisation vient d’être refusé pour la quatrième fois. C’est pas grave mon père travaille chez Renault depuis trente cinq ans, c’est comme si on été français.
Lui : Oui, oui il va falloir m’adresser un dossier en trois exemplaires je vais régler cela rapidement, il faut que je m’occupe de tout. Vous savez ce n’est pas facile tous les jours pour moi avec ces ministres incompétents et ramollos je dois gérer l’ensemble des problèmes de la France.
L’autre : Ouais, ouais, mon pauvre !
Lui (Très euphorique, avec les gestes): Bientôt tout votre quartier sera rasé, à la place je vais vous faire construire des pavillons avec un jardinet et deux parkings. Des crèches et des parcs pour les petits, des stades et des salles d’activités pour les ados. Une station de RER à proximité, des bus pour toutes les directions. Tout le monde aura du travail bien payé. Vous allez vivre heureux sans souci, la société arc-en-ciel c’est moi qui en serait le père et vous serez tous mes enfants.
L’autre : Ouais, ouais faudrait pt’être arrêter la fumette, Mister Président.
Lui : J’t’en prie je suis parfaitement lucide. Ce thé est extraordinaire et ta mère est une forte agréable personne. J’ai vraiment le sentiment d’être à la maison. (Ils ne me lâchent pas, une pression tout va bien).
L’autre : T’exagère pt’être un peu. Pourquoi tu fais pas tout c’que tu racontes ?
Lui : Pourquoi ? Parce que je suis entravé par cette putain de démocratie. C’est beau la démocratie sur le papier mais dans la réalité elle freine tout. Y’en a toujours un qu’est pas d’accord, un autre qui a un projet différent et celui là qui dépose un recours au Conseil d’État pour violation de la Constitution. Imagine je suis Roi de France, encore mieux Empereur de l’Europe, à ce moment là il n’y aurait plus de problème. Je décide seul, j’applique seul, je contrôle le projet seul et tout fonctionne bien.
L’autre : Ouais, ouais, en attendant on est dans la merde.
Lui (consultant sa montre) : Fait moi confiance ça va changer !
L’autre : T’es pressé ?
Lui : Non mais si je rentre trop tard je vais avoir des ennuis avec la patronne. (Rire). Ce soir nous avons un dîner à la maison.
L’autre : OK ! Tu rentres ?
Lui : Oui, il faut bien que je retourne au turbin.
L’autre : Donc on te reverra jamais.
Lui : Tu rigoles toutes les semaines je viens vous voir. Vous allez en avoir marre. (Rire).
L’autre : Ouais. En avant pour le jogging.
Lui : C’est parti.
L’autre (À l’extérieur sur les marches): Salut Mister Président.
Lui : Salut les mecs à bientôt (Encore ce putain de boîtier, deux pression tout…….merde je me suis trompé c’est l’alerte).
L’autre : T’as l’air bien pressé d’un seul coup ?
Lui (Partant en courant): Oui désolé, Carla m’attends (Rire).
L’autre : Quel con !
- Et maintenant le journal présenté par David Pujadas.
- Dans l’actualité ce soir : affrontement entre la police et des bandes de jeunes dans une cité à Clichy-sous-Bois. Deux compagnies de CRS étaient en stationnement à proximité depuis midi, ainsi que cinquante policiers en civil dans des minibus banalisés. Calme complet de part et d’autre jusqu’à ce que les forces de l’ordre se précipitent dans la cité sans raison apparente. Rien, à cette heure, n’explique cette brusque flambée de violence.
Le 12 novembre 2008.
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04.09.2009
L'ombre
L’OMBRE.
Sorti de l’oubli existentiel
Un grand oiseau cendré
Déploie son ombre
Sur les champs fertiles.
Les paysans sont apeurés
Ils l’avaient oublié, relégué
Est-il revenu de lui-même ?
Avons-nous commis une faute ?
Ma jeunesse devenue souvenir
Je le croyais mort ou annihilé,
Dit l’un d’eux, pourquoi ressurgit il
Au triomphe de mon âge adulte ?
Protégeons nos enfants de son gel
Qu’ils ne deviennent pas comme nous
Des statues de sel, dureté friable
Figés dans le vital élan primal.
Le grand oiseau cendré
Doucement a battu des ailes.
Tous ont reconnu le Souffle,
Alors ils ont baissé la tête.
Sorti de l’oubli existentiel
La Parole circule fluide,
Exaspérante, déstabilisante
Ravivant la Grande Question.
Êtes-vous fils de l’ombre
Ou prisonnier de l’ombre ?
L’oiseau cendré vole vers l’Orient.
Humains osez le chevaucher,
Si son ventre est dans les ténèbres
Sa tête est auréolée de lumière.
Le 28 décembre 2008.
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03.09.2009
L'oiseau me parle.
L’OISEAU ME PARLE.
L’oiseau me parle
il est joyeux
du retour du printemps.
Tout petit j’ai appris
le langage des oiseaux.
Ma mère me racontait
des histoires en français
puis en oiseau.
À cinq ans j’étais bilingue.
Lorsque je veux connaître
l’état du monde
je les interroge.
Avec eux pas de langue de bois
le moula-moula
me raconte le palais
du Dictateur,
les complots, les meurtres,
l’argent. Il a tout vu :
les pauvres qui meurent
nus dans l’indifférence,
la désertification,
les villas avec piscine.
La cigogne de
retour d’Afrique pleure.
Elle a tout vu :
la misère, le non avenir
les pirogues, les naufrages.
Elle a tout senti
l’odeur des corps
rongés par le sida,
la fumée âcre
des maisons en flamme
Le rouge gorge
en mon jardin
me chuchote :
connais tu ton bonheur ?
Je pense que oui
lui dis je.
Tes frères les oiseaux
m’expliquent notre monde.
Pauvre homme tu ne connais
que l’écume des jours,
cherche la vérité.
Le 21 mars 2009.
10:07 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité
L'oiseau du bonheur.
L’OISEAU DU BONHEUR.
Porté par l’oiseau du bonheur
Est arrivé le malheur.
Simple et humble il a déclaré
Désolé, je dois obtempérer.
Ils se sont raidis
Elles se sont blotties
Les hommes ont crié
Les femmes ont prié.
Désolé, je dois obtempérer
Vous prenez sans donner
Depuis trop longtemps
Voici venu le temps.
Le malheur a disparu
Comme il était venu
Les hommes ont soufflé
Les femmes ont prié.
L’oiseau du bonheur
Observe avec douceur
Les hommes l’ont tué
Les femmes l’ont prié.
La douce brise d’ouest
Est devenu tempête
Renversant le carré d’or
Flotte une odeur de mort.
Cent millions de moins
Le nanti est très chagrin
C’est vraiment inhumain
De briser le rêve du gain.
Plus de boulot plus de demain
Le quart monde à faim.
C’est vraiment inhumain
De briser le rêve du pain.
L’oiseau du bonheur
C’est sûr jamais ne meurt
Tel le phénix de Sumatra
De ses cendres il renaîtra
Viendra la reconquête
Les soirées de fête
Pas de prise de tête
Direction Papeete.
Restera la lourde dette
Le désespoir en tête
La fierté empêche la quête
Les Restos signe la défaite.
Le 09 avril 2009.
10:07 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité
17.07.2009
J'ai perdu...
J’AI PERDU…
J’ai perdu mon boulot.
J’ai perdu ma situation.
J’ai perdu connaissance.
J’ai perdu mon sang froid.
J’ai perdu la tête.
J’ai perdu la boule.
J’ai perdu patience.
J’ai perdu la voix.
J’ai perdu le nord.
J’ai perdu mon procès.
J’ai perdu la bataille.
J’ai perdu mes illusions.
J’ai perdu mon temps.
J’ai perdu mon honneur.
J’ai perdu courage.
J’ai perdu l’espoir.
J’ai perdu l’estime de moi-même.
J’ai perdu confiance en moi.
J’ai perdu la face.
J’ai perdu ma fierté.
J’ai perdu mon latin
J’ai perdu pied.
J’ai perdu la raison.
J’ai perdu l’appétit.
J’ai perdu le repos.
J’ai perdu le sommeil.
J’ai perdu du poids.
J’ai perdu mes cheveux.
J’ai perdu la santé.
J’ai perdu ma route.
J’ai perdu mon chemin.
J’ai perdu mon crédit.
J’ai perdu le fruit de mon travail.
J’ai perdu mon argent.
J’ai perdu mes biens.
J’ai perdu mon toit.
J’ai perdu ma famille.
J’ai perdu la trace de mes amis.
J’ai perdu le contact.
J’ai perdu de vue.
J’ai perdu le sentiment d’appartenance.
J’ai perdu le souvenir.
J’ai perdu la mémoire.
J’ai perdu le goût de l’humanité.
J’ai perdu l’équilibre.
J’ai perdu l’habitude de vivre.
J’ai perdu le sens.
J’ai perdu l’esprit.
J’ai perdu mon âme.
J’ai perdu la foi.
J’ai perdu la vie.
Le 07 novembre 2008.
09:18 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, poème, actualité
16.07.2009
J'ai cru aux crues.
J’AI CRU AUX CRUES.
J’ai cru aux crues abondantes
J’ai cru aux décrues fertilisantes
J’ai cru à toutes leurs sornettes
J’ai cru bon de ne pas tirer la sonnette.
J’ai bu des grands crus
J’ai bu de l’eau des crues
J’ai bu le vin avant la lie
J’ai bu le calice jusqu’à l’hallali.
J’ai perdu tout mon pognon
J’ai perdu toutes mes illusions
J’ai perdu ma mie qui l’eu cru.
J’ai perdu, j’ai bu, je suis foutu.
J’ai vendu mon château breton
J’ai vendu ma Rolls d’occasion
J’ai vendu mes fameux Picasson
J’ai vendu les fourrures de Manon.
J’ai vécu chez des cousins
J’ai vécu reclus cistercien
J’ai vécu près la belle Aurélien
J’ai vécu nomade bédouin.
J’ai revu le soleil se lever
J’ai revu des enfants émerveillés
J’ai revu le ciel étoilé
J’ai revu mon sourire oublié.
J’ai tendu le cou pour voir Orion
J’ai tendu le doigt vers l’horizon
J’ai tendu l’oreille à l’appel marin
J’ai tendu la main à demain.
Le 28 décembre 2008.
09:36 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité
27.06.2009
La voix du silence.
Funeste exil dithyrambique.
Se croire maître du jeu,
Aveuglement perfide et fratricide
En un fracas incohérent
Effervescence dissonante d’absolues vérités.
Stériles, puériles cacophonies monogames.
Ruts puissants de l’impuissance,
Anesthésiant masquant nos maux.
Incontinent zélateur du masque
Au cœur orné d’humaine éternité,
Talisman fébrile et factice des
Certitudes d’imputrescible avenir.
S’enivrer des vapeurs suaves de
L’infaillibilité déstructurante
Du flot suzerain.
Ne plus s’appartenir, obéir.
Fuir, s’enfouir, mentir,
Briser le miroir péremptoire.
Narcissique folie éolienne,
Négation du cercle flamboyant.
Incantations aux crues bénéfiques,
Arrivée des crues dévastatrices.
Fleuve de boue noire,
Conscience violée, voilée.
Les larmes dormantes sourdent.
Porteuses de verticalité.
En ce temps là
Le rocher était menhir
Pourquoi ai-je pleuré ?
Résurgence esclavagiste
D’une mine abandonnée,
Ou source de pur cristal ?
Oser le reflet,
Délier le bouillonnement,
Fermer les yeux et
Lire le cœur épars.
Foudre silencieusement fertile,
Apaisement incertain du tonnerre.
La grande cataracte expire,
J’ai peur de l’avant.
Confrontation titanesque
En une esquisse de réconciliation.
Janus enfin dédoublé.
Incompatibles reflets ?
Gémellité des sentiments,
Inespéré compromis salutaire.
La caverne s’éclaire, je suis là
Baigné d’anxieux silence
Source de pur cristal,
Ambroisie cosmique,
Donne à mon cœur
La Lumière du premier jour.
Larmes de blanche rosée,
Sésame d’une forteresse oubliée.
En son coeur repose
Le Verbe apaisé.
13 août 2007
15:54 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité
24.06.2009
Avanie et framboie à la PJ.
AVANIE ET FRAMBOISE À LA PJ.
La lumière aveuglante s’est soudainement muée en ambre. J’ai laissé mes yeux en minces meurtrières, il fallait doucement les habitués au repos. De plus la prudence me conseillait de les rapetisser, ne pas se laisser surprendre par un retour inopiné de la lumière.
En descendant du train hier soir, la tête pleine de rêves de ma mie, je ne me creusais pas les méninges, le programme du week-end était limpide. Dîner en tête à tête chez Gaston – ma brasserie préférée – puis retrouvailles amoureuses pour s’emberlificoter tendrement, le bonheur !
"Vous êtes bien Monsieur Pontrand ?".
"Oui pourquoi ?".
"Police judiciaire, veuillez nous suivre".
Le mastodonte préhistorique me brandi sous le nez une carte barrée de tricolore. Je suis tétanisé impossible de faire ma pirouette habituelle, mon jeu de mots ringard pour dédramatiser la situation.
"Que me voulez vous ?".
"Suivez nous le chef vous expliquera le pourquoi du comment".
Il faut bien me satisfaire de cette réponse mes deux lascars ne me semble pas très causants.
Lorsqu’ils me poussent dans un véhicule banalisé l’angoisse me saisie. Et si ce n’était pas des policiers ? Leur demander à nouveau de présenter leurs cartes? Coincé entre ces deux costauds je ne me sens pas le courage de quoique ce soit.
Arrêt brutal, je suis extrait avec vigueur et poussé vers l’entrée d’un immeuble. Je manque de culbuter sur le trottoir. Me voici dans le bureau du chef à peine assis il me présente un trombinoscope où figure une dizaine de photos d’hommes.
"Qui connais tu ? Je me raidi
"Bonjour Monsieur, vous attendez quoi de moi ?".
"Ta gueule bavolet répond à ma question : qui connais tu ? ".
"Je ne distingue pas bien les photos"
Erreur ! Le projecteur me cueille pleine face comme un direct. Je balbutie :
"Laissez … laissez moi le temps".
"Qui connais tu ?".
Cette fois il me faut bien regarder ces têtes toutes patibulaires à l’exception d’un blond frisé qui ressemble à un angelot
"Qui connais tu ?".
Tout tourbillonne dans ma pauvre tête, la série télévisée"L’inspecteur Framboise" que je trouvais dure vue d’ici me parait un conte pour jeunes enfants. Je maudis le ciel et la terre, si j’étais resté tranquille dans ma Lozère à ramasser des gastéropodes. De toute façon…
"Qui connais tu ?".
"Personne Monsieur, personne".
"Tu te fous de ma gueule, qui connais tu ?". La rage me prend :
"Puisque je vous dis personne c’est personne. D’abord expliquez moi pourquoi je suis ici et de quoi suis-je accusé. De plus je veux appeler mon avocat".
"Ici je suis le seul à vouloir. Pourquoi : vol de nains de jardin dans la propriété des Yvelines de Monsieur Christian Clavier. Les voisins vous ont vu crapahuter sur la pelouse, certains ont pris des photos. Un voisin qui déculassait le moteur de sa voiture dans son garage a entendu votre véhicule qui démarrait. Une Golf GTI rouge avec des flammes sur les portières".
Le flic ventripotent à rouflaquettes me regarde en souriant.
"Alors p’tit gars avoue tu vois l’on c’est tout".
Une déchirure brûlante m’explose le cœur. Je n’aurais jamais du rejoindre les terroristes du "Front de Libération des Nains de Jardin". Ma mère me l’avait bien dit.
"Ben oui j’avoue …".
"OK ! Coupez. Détendez vous Monsieur c’était pour la caméra cachée de la police judiciaire. La vie n’est pas gaie dans les commissariats, les nuits sont longues, alors une petite caméra cachée sur la chaîne "PJ News" ça détend.
Le 06 juin 2009.
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20.06.2009
Réfugié.
RÉFUGIÉ.
Huit jours que je marche
Vers le nord, vers l’Autre pays
Sous le grand soleil noir,
Dans la poussière de nos morts.
Huit jours que je marche
J’entends les pleurs des enfants
J’entends les cris des femmes.
J’entends les rires des barbares
Huit jours que je marche
Je vois mes parents égorgés
Je vois les fillettes violées
Je vois la mort hilare.
Huit jours que je marche
Tremblant de frayeur
Dès que j’entends la rumeur
"Ils arrivent, Ils arrivent".
Huit jours que je cours me cacher
Dans la forêt, le marais, le fossé
Je deviens invisible et silencieux
Comme un tronc, un cadavre.
Huit jours que je tombe,
Sans dormir, vais-je mourir ?
Je le souhaite et le redoute
Pourquoi suis-je vivant ?
Huit jours que je mange
Des racines, des baies et
De la viande pourrie de …
Pas de question mes aïeux.
Dix jours que je marche
À l’entrée du camp
À coup de bâton
Ils nous mettent en rang.
Dix heures que j’attends
Dans l’Autre pays
Sous le grand soleil noir
Dans la poussière rouge.
Dix secondes, rapide regard puis
Une couverture, une gamelle.
Anonyme reconnaissance
Du réfugié C 2830.
Six mois que je tourne
Dans le camp. Seules
Les mouches s’intéressent à moi
Je cherche désespérément.
Deux heures que j’attends
Muet et tête basse
"Suivant" je tend ma gamelle,
Claquement de la louche. "Merci"
Le 05 décembre 2008.
14:05 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité, sarkozy
Milan.
MILAN.
Sonographe.
J’ai mille ans et je vole comme à mes vint ans.
Oiseau immortel, prince des rapaces, je plane
Indifférent au temps.
Maître de l’espace je suis le milan royal.
Je l’ai vue naître, prendre forme ma ville,
Milan la religieuse. Sur mon nid de naissance
Les hommes ont construit leur premier temple
L’an mil est passé, la grande peur a disparu.
L’archevêque Aribert da Intimiano la dirige.
Il a imposé une organisation éternelle dit il.
Je la survole et déjà point la mort et la cupidité.
Des siècles de confusion et de haine sont en marche.
Je sais que la terre est ronde, je connais l’avenir.
L’ami Baramendena Keita empereur du Mali
M’accueille sur son poing et me conte à l’oreille
La véritable origine du monde et de nos ancêtres.
En ce temps la nous étions tous noirs et lucides
Le mil poussait en abondance, la faim n’était pas mot.
Je n’ai pas connu ce temps béni où le mal
Etait pierre et la vérité fleuve, je le regrette.
Mon don d’ubiquité m’a révélé les secrets du monde
J’aime au lever du soleil admirer l’autre grande mer
Immobile j’admire la citadelle royale de Chancay
Je longe la côte, au sud une grande plaine accueillante.
J’y vois dans une brume prémonitoire la future Lima
Irriguées de fleuves de boue et de sang, j’y vois
Des malins venus de loin, verroterie et crucifix artifices
Pour mieux exterminer les récalcitrants à l’ordre nouveau.
L’an deux mil est passé, la grande peur est revenue
Je connais l’avenir mais je me tais.
Le 27 octobre 2008.
Élucubrations sur milan (le rapace) et ses dérivés : Milan (la ville), l’an mil, mille ans, Mali, Lima, malin, l’ami, mil, mal, mail
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