01.10.2009
Haïku
HAÏKU.
Aux Champs-Élysées
Un jour de l’An, enlacés
L’Histoire et moi.
Voitures brûlées
Illuminent les banlieues
Les Rolls sont en paix.
Vent glacial du nord
Contrebandier du pôle
Vivifie l’hiver.
Le 02 janvier 2009.
Hortefeux : c’est moi
Le roi nu des expulsions
Besson : rigolo !
Sarko grand semeur
Distribue cash des milliards -
Pauvres plus pauvres -
Fofana l’effroi,
Froid sang froid, ni foi, ni loi
L’autre connaît pas.
Fofana tueur
Remplir le vide affolant
Dieudonné merci.
Fofana ardent
Zélote du noir néant
Dieudonné merci.
Fofana, paria
De sa propre vie, vole
Celle des autres.
Ilan Halimi
À l’aurore de ta vie,
Brisé sans pitié.
Le 19 juin 2009.
Jardin de Monet
Nymphéas fleurs éclatées
De joie de vivre.
Le 26 juin 2009.
Gris uniforme
le ciel nous fait la tête.
Jaloux de la mer ?
Silence de Luc
éclats lointains du monde,
impossible paix.
La mer est douce
elle caresse le sable,
un amour d’été…
Crépuscule bleu
mer et ciel rivalisent,
beauté absolue.
Le 01 août 2009.
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27.09.2009
Portable
PORTABLE
Sur la digue à Luc sur Mer
Ni les vagues, ni les mouettes,
Ni le vent ne masquent l’horloge
Cruelle invention du Diable.
Les mamys et les papys
Consultent fébrilement
Leur portable rouge
Comme des adolescentes
Bourse de New York, de Tokyo
Enfants, petits-enfants
Sœurs, frères,
Percepteur, prêtres.
De qui attendent ils l’appel
Qui comblera le vide ?
Que faire de tout ce temps
Qui s’écoule vers le gouffre ?
Portable, illusoire leurre,
Qui squelette les minutes
Lorsqu’il sonne enfin
Face aux regards envieux
Acharnement thérapeutique
A base de vibreur
Sornettes téléphonesques,
Ils sont déjà morts.
Le 31 juillet 2009.
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26.09.2009
Le blues du latino
LE BLUES DU LATINO.
Viens au pays latino
tu m’as dis, tout est beau !
J’t’ai cru sacré camelot.
Putain d’salaud.
Maintenant j’suis un latino
qui travaille chez Mac Do
pour quelques pétos.
Putain d’boulot.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
J’suis un clandestino,
qui en a plein l’dos
d’être pris pour du guano.
Putain de maquereaux
J’vis dans la trouille pas fiérot.
À chaque patrouille dans l’métro
je transpire comme un cachalot.
Putain d’vie d’blaireau.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
Avec ma tronche de noiraud
impossible bicolore duo
j’vis toujours en solo.
Putain d’fiasco.
Liberté : j’lai rêvé, pauvre ballot !
L’avenir : plus tard pour les prolos !
Les dollars : tu repasseras Diego !
Putain d’piége à gogos.
Mama j’ai le blues du Latino
qui rêvais du pays des héros.
À Mexico tout minot
j’ croyais à l’eldorado.
Le 21 septembre 2009.
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25.09.2009
L'adjudant chef Piccolo
L’ADJUDANT-CHEF PICCOLO
Pauvre débile d’appelé
tu dois le respect à
l’adjudant-chef Piccolo
-Alcoolo accro à la kro-
Oui chef !
J’ai fait l’Indo moi,
l’Algérie et tutto.
J’ai la croix moi p’tit con.
Oui chef !
Toutes les petites jaunes
à mes pieds à m’adorer
Oui chef !
Ah ! la bataille d’Alger
avec Massu, quel souvenir !
Pas un fellouse ne résistait
à ma gégène.
Oui chef !
Quoi que les villages
viets en flammes
c’était du beau boulot
Oui chef !
Chez les noirauds c’était rigolo,
facile pour les tuer
ils se croyaient invincibles
Aujourd’hui en France que des pédés
qui se laissent marcher sur les pieds
par tous les métèques.
Oui chef !
Tu te foutrais pas d’ma gueule ?
Oui chef !
Le 27 juillet 2009.
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24.09.2009
Rituel païen.
RITUEL PAÏEN
Premier jour.
1) Marcher vers la plage
2) Marcher sur la plage
3) Trouver une place
4) Planter le parasol
5) Étaler les serviettes
6) Se déshabiller
7) Se tremper
8) Se sécher
9) Étaler la crème bronzante
10) Se bronzer
11) Se tremper
12) Se sécher
13) Étaler la crème bronzante
14) Se bronzer
15) Attendre
16) Partir
17) Manger
18) Dormir
Deuxième jour.
1) Marcher vers la plage
2) Marcher sur la plage
3) Trouver une place
4) Etc.
N.B. : le cycle 7 à 10 peut être renouvelé au-delà de deux fois. Le nombre de jours est laissé à l’appréciation de chacun.
Le 13 août 2009.
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23.09.2009
J'ai.
J’AI
J’ai la peau blanche
à l’intérieur toubab.
J’ai cru, tu as cru, il a cru
nous avons cru, ils ont ri.
J’ai un fragment de la vraie croix,
dix euros la vidéo.
J’ai peur du noir
alors je bois du blanc.
J’ai Gustave Eiffel,
vas faire un tour !
J’ai le rhume des foins,
rumine dans ton coin.
J’ai la tête de veau ravigote,
la vache elle mégotte !
J’ai du persil dans les narines
ça chatouille Karine.
J’ai la libido en berne,
fais toi naturaliser Suisse.
J’ai fox terrier,
mon pauvre lapin !
J’ai perforation intestinale,
performance matinale.
J’ai la mouche du coche
affamée dans mon coffre
J’ai la médaille en chocolat
qui me pèse sur l’estomac.
J’ai le sentiment,
sans le poids marchand.
J’ai un cor au pied,
c’est mieux qu’au bout du nez.
J’ai un pèse personne
et personne ne sonne !
J’ai une haleine de phoque,
le chacal se moque.
J’ai perdu le nord
sans aucun remord.
Le 29/30 juillet 2009.
09:25 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité.
22.09.2009
Litanies pour trois milliards d'humains.
LITANIES POUR TROIS MILLIARDS D’HUMAINS
Chaque jour je nuit noire
Pour ceux qui meurent de faim
Pour ceux qui meurent de soif
Pour ceux qui meurent sous les balles
Pour ceux qui meurent du paludisme
Pour ceux qui meurent de n’être rien
Pour ceux qui meurent de notre indifférence
Pour ceux qui meurent du sida
Pour ceux qui meurent de noyade
Pour ceux qui meurent d’avenir trop rêvé
Pour ceux qui meurent de ne plus avoir de rêve
Pour ceux qui meurent à petit feu
Pour ceux qui meurent au large des côtes
Pour ceux qui meurent immobiles
Pour ceux qui meurent de désespoir
Pour ceux qui meurent sans une larme
Pour ceux qui meurent nus
Pour ceux qui meurent sans vieillesse
Pour ceux qui meurent sous la torture
Pour ceux qui meurent enfant
Pour ceux qui meurent sans vie
Pour ceux qui meurent soulagés
Pour ceux qui meurent d’espoir
Pour ceux qui meurent loin
Pour ceux qui meurent sans amour
Pour ceux qui meurent d’être fille
Pour ceux qui meurent de non vaccin
Pour ceux qui meurent au labeur
Chaque nuit je rêve de jour
Pour ceux qui vivent de rien
Pour ceux qui vivent d’espoir
Pour ceux qui vivent de rêves
Pour ceux qui vivent avec un dollar par jour
Pour ceux qui vivent esclave économique
Pour ceux qui vivent enfant-soldat
Pour ceux qui vivent dans la misère
Pour ceux qui vivent favelas
Pour ceux qui vivent la mort
Pour ceux qui vivent non vie
Pour ceux qui vivent de leur corps
Pour ceux qui vivent en fermant les yeux
Pour ceux qui vivent en prison
Pour ceux qui vivent sans avenir
Pour ceux qui vivent sans le savoir
Pour ceux qui vivent sans abri
Pour ceux qui vivent illettrés
Pour ceux qui vivent sans passé
Pour ceux qui vivent sans tradition
Pour ceux qui vivent déracinés
Pour ceux qui vivent télévision
Pour ceux qui vivent de rapines
Pour ceux qui vivent aujourd’hui
Pour ceux qui vivent sans parole
Pour ceux qui vivent sans un regard
Pour ceux qui vivent clandestin
Pour ceux qui vivent dans la peur
Pour ceux qui vivent sans ancêtres
Jour et nuit je crépuscule sans fin.
Le 31 juillet 2009.
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21.09.2009
Le blues du chômeur en fin de droit.
LE BLUES DU CHÔMEUR EN FIN DE DROIT
Maman j’ai le blues
J’aurais pas du laisser le pays
J’ai la nostalgie d’mamy
Et d’ses tartes aux fruits
J’ai quitté la Grande Cité
Pour revenir en ma Creuse
Avec ma petite poupée
Qui en était fort heureuse
Nous avons travaillé
Dans la Grande Usine
Au milieu des prés
Ce n’était pas la mine
Sur il y avaient les trois huit
Qui effacent les limites
Les cadences à respecter
Pour une paye au rabais.
Les chefaillons tatillons
Qui nous cassent les bonbons
Si on a une opinion
Qui n’est pas du bon ton.
Heureusement il y avait toi
Avec ton joli minois
Les randos dans les bois
L’amour sous notre toit
Un joli et fleuri mois de mai
Sont arrivés les tchèques
Avec un très gros chèque
Notre boss disparu à jamais.
Promesse de mille ans
De travail garanti
On a serré les dents
Et on a souris gris
Les subventions touchées
les bénéfices encaissés
les tchèques se son tirés.
En bois leur chèque il était.
Maman j’ai le blues
Du quinqua lessivé
Qui n’a aucune bouée
Pour l’empêcher de couler
On a promis de tout casser
Tout le pays fut ameuté
Les journalistes accouraient
Nous étions adulés
La Grande Usine a fermé
Tous ont a été licenciés
On a touché notre indemnité
Tout le monde nous a oublié
J’ai r’trouvé la Grande Cité
De moi elle n’avait rien à cirer
De foyer en foyer j’ai erré
L’alcool a fini d’me briser
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
J’ai quitté la Grande Cité
Pour retourner dans ma Creuse
Sans ma petite poupée
Disparu l’amoureuse.
La masure j’ai retrouvé
Avec les sabots de pépère.
Son jardin j’ai retourné
A la recherche de repère
Je sais qu’tout est foutu
Plus rien à espérer
La vie n’m’a pas attendu
Reste juste à crever
Maman j’ai le blues
De l’exclus vaincu
Qui en a plein l’cul
De cette vie foutue.
Maman j’ai le blues
Du chômeur en fin de droit
Qui n’a plus que le RSA
Pour n’pas couler plus bas.
Le 29 août 2009.
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19.09.2009
Parfois;
PARFOIS.
Parfois je rêve
De plomb mon cœur l’enrober
De céciter mes yeux
De surditer mes oreilles
De plonger dans le puit noir
De l’amnésie facile
De descendre, descendre
De traverser la réalité
De retrouver les miens
De ne plus avoir peur
De ne plus désespérer
De sourire simplement
De vivre sans haine
De prier sans religion
De tribu sans ethnie
De sagesse sans guru
De paix sans calumet
Parfois je regrette
De mon pays le lointain.
Le 17 janvier 2009.
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Paradis
PARADIS
Parodie de paradis
Pluie de nuit
Cris gris
Fruits d’envie
D’ennui pourri
Soleil en veille
Treille en sommeil
Merveilles pareilles
Aux gouffres vermeils
Repli rempli
D’apathie aigrie.
Autrui ?
Qui ?
Ironie, baronnie
Des instruits éconduits
Par les harpies enrichies
Flétri maudit !
Menti des nantis
Panoplie de l’ami
Perverti aujourd’hui.
Hérésie de démocratie.
Insoumis en sursis
Malappris, malogis
Banni des circuits
Survie au ralenti
Ou péri sans bruit
Eblouis par l’inouï
Gabegie des sans-soucis
Les commis ravis
Copient leur forfanterie
Au pilori les aigris.
Ralentis, confits
En rêveries d’harmonie
D’infini et tutti quanti
Mélancolie d’alanguie
De coolies engourdis
Parti pris garanti
Envers les choisis.
Rassis vos récits contrits.
Vivi le profit infini
Qui glorifie la vie
Epanoui, enrichi
Luc sur Mer le 30/09/07.
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