26.11.2009
Exil.
EXIL.
À la nuit
je suis sorti par la porte ouest.
Le claquement des battants,
poussés par les gardes Celtes,
me nomme étranger.
Repu de tout et de rien.
Silencieux bavard mondain.
Voyageur aux yeux de pierre.
Solitaire de trop de doigts.
Musicien désaccordé en disgrâce.
Voleur distrait de regards.
Trublion mégalomane céleste.
J’entends encore leurs quolibets
lancés dans les dîners
comme une boule de billard
avec l’espoir qu’elle touche
plein cœur.
À peine engagé sur la piste
Je regrette déjà mon audace
Lassé de tout j’avais le choix
Exil au long cours
Ou exil définitif ?
J’ai choisi la fuite élective.
Il est vrai que les gens sont fades,
ils se rehaussent d’épices médiocres
venues de terres stériles.
Puérils feux de brindilles
ils se croient bûcher.
Ils ne connaissent pas mon destin :
vivre hors de tout en ermite,
pour écrire la grande saga
du monde à venir.
Graver les tables de la nouvelle Loi
qui demain insufflera à tous
la Vérité absolu.
Un petit enfant joue du tambour,
il rie aux éclats de ses huit ans.
Puis il chante, chante sérieusement,
le grand chant du grand vent
qui assouvit et purifie les cœurs.
Qui suis-je pour lobotomiser ?
Allumette j’ai initié l’incendie.
Ridicule Néron je me prends
pour le Grand Incendiaire.
Visionnaire aveugle
d’un monde impermanent.
À haute et douce voix
un petit enfant lit le livre,
le grand livre de la Tradition.
Je joue du tambour à tout rompre,
ne pas entendre,
souffrir.
Le 03 juin 2009.
08:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, poème
25.11.2009
Monologue.
MONOLOGUE.
Il faut revenir à vous.
Tu te vouvoies maintenant ?
Non c’est juste pour l’élégance.
Tu parles !
Si, si, il est bon parfois
De prendre du recul.
La familiarité, la promiscuité
Amène la complaisance
Avec le tutoiement on fini
Par se pardonner trop facilement
On accroche aux portemanteaux des autres
Nos dépouilles malodorantes.
Tu me fatigues !
Vous il serait bon d’ouvrir vos yeux
Aveugle du sentiment.
Vous touchez la pierre sur le cœur de l’autre
Mais le rocher sur le votre ne vous pèse-t-il pas ?
C’est sûr, toi tu larmoies, tu caritative,
Tu pétitionnes, tu chèques, tu bonsentiments
Mais le mec dans la rue il pue
De trop pour que tu l’approches.
C’est vous qui me fatiguez maintenant.
C’est sûr vous grandgueulez
Dans les avenues des beaux quartiers,
Vous bouteillez avec les SDF,
Mais le métro c’est bon pour les prolos.
Vous caissedépargnez, vous sicavez,
Vous dividendez, vous écureuillez.
On ne c’est pas ce que l’avenir nous réserve!
Dites vous en baissant la tête.
Bon arrête viens boire un coup.
Je vous reconnaît bien là.
Le 21 novembre 2009.
09:38 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
23.11.2009
Le patineur.
LE PATINEUR.
À Benjamin.
Le patineur tourne, tourne.
Il oublie le temps.
Il est si léger que
vers le ciel il monte.
Sur un nuage glacé
il dessine les arabesques
d’un monde merveilleux
qu’un arc en ciel colorie.
Des bambins bouche bée
découvre les signes mystérieux
du royaume de l’imaginaire
que les adultes ne voient pas.
À la patinoire de Kitsilano
des enfants tournent, tournent
des rêves accrochés aux patins.
Ils sont légers, légers.
Le 10 novembre 2009.
LE PATINEUR. V2.
À Benjamin.
Tout de blanc vêtu
lévité par la glace cristal
il brille comme un soleil
d’hiver au zénith.
Abstrait de la pesanteur
il tourne, il arabesque,
il vole porté par les ailes
des oiseaux de paix.
Dans un doux crissement
ses lames dessinent,
tels des fleurs éternelles,
les cœurs du bonheur.
Le 13 novembre 2009.
09:29 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
21.11.2009
Effervescence.
EFFERVESCENCE.
Fragile mon cœur cesse de battre,
je viens de poignarder mon ombre.
Je cours de réverbère en réverbère,
hagard je constate ma solitude,
mes cris n’ont plus d’écho
l’altérité est morte sans bruit.
L’harmonie des contraires est rompue
je ne suis plus que lumière.
Invisible au cœur de mes semblables
je cherche désespérément mes ténèbres.
Je longe le précipice de mes bons sentiments
j’inhale avec délice les effluves
de sa cascade de rires silencieux.
Sans réfléchir je plonge,
une vague me renvoie son refus
qui me porte au rivage.
Les yeux vers les étoiles
Je mendie au cosmos un voile noir.
Hadès gronde : je suis le maître
Quelle insolence est la tienne
Attends ton tour.
Fragile mon cœur cesse de battre
Le 16 mai 2009.
11:09 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
20.11.2009
Sereine.
SEREINE.
Sereine en sa fragilité
elle assume fièrement
les marques indélébiles
que la vie dépose.
Oeuvre d’art jamais terminé
son visage irradie
la sensibilité des guetteurs.
Ses lèvres recèlent tant de baisers
que j’ai envie de m’y nicher.
Dans ses yeux défilent des souvenirs
ornés de quelques nuages
vite chassés par le vent
d’un nouvel amour.
Des ombres fugitives parfois
viennent l’obscurcir,
un plissement étoilé
appelle le clair soleil d’hiver.
Un éclat de rire brise mon miroir.
Enfin je te connais !
Le 07 novembre 2009.
11:13 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
19.11.2009
Le vampire.
LE VAMPIRE.
À Emma.
Le doux vampire amoureux
plane, soucieux, dans le vent.
Ses parents sont malheureux
il n’a pas subi le baptême du sang.
Lui ce qu’il a envie avant tout
c’est de faire des bisous
dans le cou si lisse et doux
des jeunes filles à froufrou.
Sucer le sang quelle horreur !
Alors le soir sur les balcons
il susurre les mots du coeur
déguisé en frêle garçon.
Il sais qu’un jour sans lune
une belle brune le serrera.
Alors ému mais sans regret
Prince Charmant il deviendra.
Le 10 novembre 2009.
09:57 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, société
16.11.2009
Le violoniste.
LE VIOLONISTE.
L’homme, le violoniste
Longe la scène
Comme un funambule
Au bord d’un précipice.
Mise en abyme de sa vie
Jeu dans le jeu glacial
Comédie tragique du rien,
Ne pas lâcher l’instrument.
Hélas la porte reste fermée
Il a le désespoir du noyé
Toujours une bouée
Pour s’accrocher.
Ce soir fini le rêve
Que du vécu sublime
Demain reviendra
L’inoubliable cancer.
Il est Quasimodo.
Le violon en fusion
Transmet sa beauté
Adonis joue lumineux
La musique transcende
L’incertain quotidien
Moment de grâce
Dans la boue rouge.
La route des échappées
Ne mène nulle part.
Labyrinthe du cercle
Comment briser le cycle ?
Comment briser la vie
Qui l’étouffe en souriant
Il n’a pas la force lucide
Alors il joue, il joue.
Le 05 mars 2009.
09:29 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
14.11.2009
Rêve d'enfant.
RÊVE D’ENFANT.
Mes déserts sont romanesques
Ivresses livresques
De fresques gigantesques.
Rêves gargantuesques
De nuits stellaires claires,
D’aubes lunaires millénaires.
Visions fantomatiques éphémères de
Mystérieuses et évanescentes caravanes.
Dromadaires hautains porteurs muets
De lointains trésors secrets, embellis
De brumes, dunes et tragédies.
Approche souple d’oasis assoupies,
Voiles volants entraperçus brièvement.
Douleur d’impossible apaisement
Des regards égarés des caravaniers,
Hallucinés du féminin fantasmé.
Hospitalité séculaire don des aïeux
Dattes, eau fraîche et nattes dorées
Les hommes bleus, radieux silencieux,
Déposent lentement leurs présents précieux
Ainsi le rite ancestral est honoré.
Seigneurs des sables imperturbables,
Au soleil naissant, ombres improbables,
Sur la piste ils progressent infatigables
La mélopée des ruisseaux s’efface,
Temps de méditation et de silence.
Le vent de sable estompe doucement
Les porteurs de rêves incandescents,
Ne pas perdre de temps en serment
La Mystérieuse, la Sainte est encore loin
Demain Ahmed, mon frère, sera au puits
Janvier 2008
09:38 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
12.11.2009
Le cardiaque insomniaque
LE BLUES DU CARDIAQUE INSOMNIAQUE.
Fragile mon cœur cesse de battre
ma princesse, ma baby
n’est pas dans le lit.
Sûr que j’l’ai vu à minuit
Un billet sur la table :
j’me casse connard
t’es qu’un lézard
une merde du hasard.
Oooooooh maman !
J’ai le blues
du cardiaque insomniaque
qui boit pour tuer la nuit
Fragile mon cœur cesse de battre
l’armoire est vide,
plus de petites robes sexy
plus de jeans moulants.
Je tombe à genoux
reste ses escarpins rouge
je les serre sur mon cœur
tout en pleurs
Oooooooh maman !
J’ai le blues
du cardiaque insomniaque
qui boit pour tuer la nuit
Fragile mon cœur cesse de battre,
pourquoi est-elle partie sans au revoir ?
Je suis sorti comme tous les soirs et
j’n’ai pas bu plus que le gros Joe.
Les copains sont comme moi
des cœurs fragiles à consoler,
des incompris du grand tourment
abandonnés au désespoir du comptoir.
Oooooooh maman !
J’ai le blues
du cardiaque insomniaque
qui boit pour tuer la nuit
Fragile mon cœur cesse de battre.
Demain sur ma fidèle Harley
je vais foncer en hurlant
sans ralentir au carrefour.
Le trente cinq tonnes attendu
sera peut être au rendez-vous ?
Sinon avec le gros Joe
Nous irons au bistro !
Oooooooh maman !
J’ai le blues
du cardiaque insomniaque
qui boit pour tuer la nuit.
Le 23 mai 2009.
11:10 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème
Babylone
Tentative d'exprimer par des sons des sentiments.
Exercice qui me semblait facile dans ma tête,
mais qui à l'usage se révéle fort difficile.
BABYLONE.
Ô Babylone ! Babylone !
Fiorimani, massidou péro.
Sibiabello ézo mélima
Aprila ma novelumo.
Géflino la castapléri
Portavéro ni pesdémé.
Fra spétio di biou
Moudo lou lissomé.
Ah! Babylone ! Babylone !
Mo fergature, mo pragore.
Fraja la trigone quespar
Flachiméta è matro.
Tri moroso il babala.
Mêla instraporto li boluse
Spada clomur il jaspar.
Al brombare extonu sasy.
Babylone !
Vrana, kaspéra et tradur.
Tarmar no vérogne.
Cramor, chaqué fla mo burte.
Malmar quetor strack
Sicrate barbure cro karner.
Stroche diavo stride
Ma capraca razo.
Le 09 novembre 2009.
11:06 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème



