02.11.2009

La cage.

LA CAGE.

 

 

 

 

Après tant d’années de solitude

Ce matin j’ai ouvert la cage

L’oiseau muet a sifflé.

J’ai attendu, il n’a pas bougé.

 

Je lui ai raconté les arbres,

Le soleil, le vent, la pluie

Les enfants, les rires, les pleurs

J’ai attendu, il n’a pas bougé

 

Je lui ai raconté ses frères,

Ses sœurs, l’amour,

La danse nuptiale, la vie.

J’ai attendu il n’a pas bougé.

 

Je lui ai raconté la liberté,

La fraternité, l’égalité,

Le monde merveilleux.

J’ai attendu, il n’a pas bougé.

 

Je n’ai plus rien raconté

L’oiseau a sifflé "Trop tard"

Doucement j’ai refermé la cage.

Encore tant d’années de solitude.

 

 

Le 02 janvier 2009

28.10.2009

Stock-options.

Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".

STOCK-OPTIONS

 

Lui (Très aimable) : Bonjour Monsieur Baulthi, je vous en prie prenez place.

L’autre : Merci, bonjour Monsieur Lièreseil.

Lui (Flatteur) : Je vous remercie d’avoir accepter mon invitation à cette réunion informelle, non prévue au planning. C’est un plaisir de vous recevoir aujourd’hui.

L’autre (Surpris): Je vous en prie. Je suis seul ?

Lui (Suave) : Oui, si vous n’y voyez pas d’inconvénient évidemment ? J’ai besoin de votre conseil de syndicaliste expérimenté, concernant un projet qui me tient à cœur.

L’autre (De plus en plus surpris) : Bien, je vous écoute alors.

Lui (Baissant la voix) : Contrairement à tout ce qui se raconte notre groupe gagne de l’argent, beaucoup d’argent. Les excédents, par un montage fiscal très complexe, convergent vers la holding, de la holding, de la holding. Ils sont bien sûr situés dans trois pays différents.

L’autre (Abasourdit) : Ouais, ouais.

Lui (Enjoué) : Tout ceci est anecdotique, sans intérêt mais permettra d’éclairer ce qui va suivre.

L’autre : Ouais, ouais.

Lui (Baissant à nouveau la voix) : En accord avec les membres de ma famille qui sont toujours actionnaires, nous avons décidé, pour l’année 2008, de ne pas externaliser les excédents mais de procéder à une distribution de stock-options.

L’autre (Désorienté, puis s’énervant) : Ouais, bien. C’est gentil de m’expliquer vos problèmes, mais je pense que vous êtes plus expert que moi dans la mise en place d’une usine à gaz fiscal. Et pour ne rien vous cacher j’en ai rien à foutre de vos stock-options. De plus sachant que cet argent est celui que vous avez volé aux travailleurs, je suis indigné que vous m’ayez convoqué pour me raconter vos histoires de fric.

Lui (Conciliant) : Ne vous énervé pas Monsieur Baulthi, laissez moi finir…

L’autre (Se levant) : Ne vous énervez pas Monsieur Baulthi, elle est bonne celle là. Monsieur Lièreseil souhaite l’avis du syndicaliste expérimenté pour savoir comment résoudre ses problèmes de superbénéfices et ensuite il s’étonne de ma réaction.

Lui (Doucement) : Laissez moi finir, je ne vous ai pas encore exposé mon projet. Vous allez voir, contrairement à ce que vous pensez, il va beaucoup vous intéresser.

L’autre (Se rasseyant) : Bon, bon je vous écoute.

Lui (Réjoui d’avance) : Je disais donc en 2008 nous n’allons pas externaliser les excédents mais procéder à une distribution de stock-options. Attention écoutez bien : réservé à tous les salariés sauf les cadres dirigeants et les actionnaires.

L’autre (Troublé) : Ai-je bien compris, vous allez distribuer des actions au personnel ?

Lui (Fier) : C’est exactement cela !

L’autre (Narquois) : Ouais, ouais, comme la prime que vous avez versé début 2008 pour les bénéfices 2007. Entre quarante cinq et quatre vingt quatre euros par personne suivant la qualification.

Lui (Pédagogue) : Pas du tout. Sachant que les années précédentes la holding de tête à distribuer entre trois et quatre milliards d’euros aux soixante quatre actionnaires, si nous nous basons sur le l’hypothèse basse cela fera environ trois cents soixante mille euros pour chacun des huit mille deux cents soixante dix employés de notre groupe "Whisky Placement".

L’autre (Éberlué) : Tous ces chiffres me tournent la tête, pouvez vous me répéter la somme que toucherai chaque personne.

Lui (Souriant) : Environ trois cents soixante mille euros.

L’autre (Sortant sa calculette): Cela ferai…cela ferai…vingt quatre ans de salaire pour une personne qui gagne quinze mille euros par an ???

Lui (Souverain) : Je ne saurais vous dire, je ne fait jamais ce genre de calcul.

L’autre (Assommé) : C’est une mauvaise blague Monsieur Lièreseil, votre humour est bien connu mais là je pense que vous dépassez les bornes. Je comprends mieux que vous n’ayez pas souhaité la présence de mes collègues.

Lui (Soudainement inquiet) : Non, non Monsieur Baulthi, tout ceci est très sérieux. Si j’ai souhaitais m’entretenir en tête à tête avec vous, le Président de la T.G.C.* c’est pour connaître votre sentiment sur notre idée et les conséquences qui pourraient découler de sa mise en application.

L’autre : Les conséquences ?

Lui : Oui, imaginons que les gens se mettent en grève ou en colère et cassent tout le matériel.

L’autre (Dubitatif) : En grève…pourquoi  ?

Lui : Je ne sais pas pour réclamer une indemnité rétroactive par exemple.

L’autre (Souriant) : C’est bien des idées de capitaliste, ne vous inquiétez pas Monsieur Lièreseil je gèrerai. Et pour le matériel vous savez bien que nous protégeons toujours l’outil de travail.

Lui (Détendu) : Bon me voici rassuré demain je convoque un C.E. groupe pour la semaine prochaine. J’ai votre parole Monsieur Baulthi, vous tiendrez vos troupes ?

L’autre (Rigolard) : Pas d’inquiétude Monsieur Lièreseil, annoncez et distribuez les stock-options je m’occupe du reste.

Lui : Merci, merci.

L’autre (Abattu) : Je cherchais le piège le voilà ! Je suppose que je dois aussi annoncer que votre offre n’est valable que pour 2008 ?

Lui : Pas du tout à l’unanimité des actionnaires nous avons décidé qu’il en serait ainsi tous les ans.

 

 

*Très Grande Centrale.

 

 

Le 29 décembre 2008.

 

 

23.10.2009

Gens de peu.

GENS DE PEU.

 

 

 

 

Gens de peu.

Gens de peine.

Votre sang lumineux

coule dans mes veines.

 

Dès l’enfance, plus de rêves

la réalité avec perversion

vous harcelait sans trêve

jusqu’à la soumission.

 

Belles et joyeuses servantes,

courageuses et lestes repasseuses

au travail toujours présentes,

pour eux, des paresseuses

 

Rustres et durs paysans,

fiers manouvriers d’antan

quelque soit vos talents

pour eux, des fainéants.

 

Anonymes acteurs du labeur

pourtant sans votre sueur

rien qu’un monde de laideur

souvenez en Messeigneurs.

 

De l’ombre à la lumière

je n’ai pas eu peur

quelque soit les manières

le noir reste ma couleur.

 

Souvent à vous je pense

Lorsque je me trouve

En des lieux d’insolence

où brille ce que je réprouve.

 

De toutes vos souffrances

je porte fièrement la vêture

jusqu’à l’ultime déchéance

de vos morts sans sépulture.

 

Filles mères repoussées,

pères inconnus repus,

obscurs étrangers rejetés,

pères loin disparus.

 

Êtres de chair et de sang,

d’amour et de souffrance

réduits au néant

d’une énergie de subsistance.

 

Vous êtes ma pierre

je le revendique aux cieux.

Sel de ma terre,

pour vous je lève les yeux.

 

Gens de peu.

Gens de rien.

Mes ancêtres miséreux

d’amour est notre lien.

 

 

Le 03 juin 2009.

22.10.2009

Dents de lapins.

DENTS DE LAPINS.

 

 

 

Pour Thomas et Louis.

 

 

 

À ma fenêtre un gros lapin

M’a souri de toutes ses dents

"Laisse moi entrer au chaud"

Je lui ai claqué mon dentier

Au nez, il a eu peur l’idiot.

 

Dix gros lapins au look incertain

M’attendaient serein au jardin.

Pas très rassuré je leur ai souri

Bêtement de toutes mes dents.

Ils m’ont jeté leurs dentiers au nez

Effrayé j’ai fui, pauvre idiot.

 

Dix gros papys au look de marin

Armés de leur gros fusil à purin

Jouaient les malins au petit matin.

Au cri féroce de l’ours, épouvantés

Ils ont craché leurs dentiers

En détalant patauds les gros idiots

 

 

Le 02 janvier 2009.

Avenir version 2.

AVENIR.

 

 

 

 

Les estaminets où il n’y a personne

dans les petites villes appellent le tambour major.

Les cafés où il n’y a personne dans les capitales

appellent en silence.

Lumineux dans la porte tournante

des enfants jouent en riant.

Près du mur un deux trois soleil

éclaire leurs dents.

Un fragment de murmures anciens

suinte fragile des pavés.

Des garnements sans mémoire

à coup de pieds l’envoient au loin.

Ils ne savent pas encore que leurs cris

deviendront des souvenirs.

Inconscientes du temps qui passe

des fillettes nattées et rieuses

marellent sans fin leur vie.

Une vieille sur sa chaise branlante

se dit en souriant que bientôt

Elle connaîtra le ciel.

 

 

Le 03 octobre 2009.

21.10.2009

Partage.

Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".

PARTAGE.

 

Lui (Faisant le baisemain) : Bonsoir ma chère. Ce n’est pas possible, c’est incroyable, c’est terrible.

Elle (Épouvantée) : Bonsoir Amour. Qui y a-t-il Amour, votre portefeuille d’actions ne vaut plus rien ?

Lui : Non, non ma chère j’avais pris mes précautions.

Elle (Fébrile) : Amour vous avez déposé le bilan de la société ?

Lui : Mais non ma chère, tout va bien, le marché de l’art n’a jamais atteint un tel niveau.

Elle (Illuminée): Amour c’est affreux vous avez un cancer !

Lui : Du calme, du calme ma chère j’ai fait un check-up la semaine dernière j’ai une santé de fer.

Elle (Exaltée): Excusez moi Amour mais avec tout ce qu’ils racontent à la télé je ne vis plus, j’ai des migraines épouvantables. Le krach boursier, la baisse du prix du pétrole, la hausse du dollar, notre patrimoine immobilier qui ne vaut plus rien, enfin presque, les chinois qui vont nous envahir, c’est épouvantable.

Lui : Calmez vous, calmez vous ma chère.

Elle (Perdue) : Mais alors Amour qu’est ce qui est terrible ?

Lui : La misère, toute cette misère ma chère.

Elle (Rassurée) : Oui d’accord Amour mais vous savez il y a toujours eu de la misère.

Lui : Aujourd’hui ma chère je suis rentré à pieds du bureau. Cela faisait quinze, vingt ans que cela ne m’étais pas arrivé.

Elle (Surprise) : Quelle idée bizarre Amour.

Lui : C’est exact je ne sais pas ma chère ce qui m’a pris. J’ai ressenti comme un appel ! J’ai dis à Georges «Rentrez sans moi je vais à pieds".

Elle : Amour vous êtes sûr que tout va bien ?

Lui : Oui, oui ne vous inquiétez pas ma chère. La santé physique est très bonne et la santé psychique aussi.

Elle : Alors Amour ?

Lui : Eh bien imaginez vous ma chère que je me suis rappelé le chemin pour rentrer avenue Foch !

Elle : Amour vous êtes formidable !

Lui : Je vous en prie ma chère ce n’est juste qu’une question de mémoire.

Elle : Quand même Amour. Alors ?

Lui (Volubile) : Alors ? Alors ma chère j’ai emprunté l’avenue Victor Hugo puis l’avenue Raymond Poincaré. Soudain, comme le Bouddha quittant son palais pour la première fois, j’ai eu une révélation. Sur le trottoir juste à coté de moi, oui ma chère juste à coté de moi un homme en guenilles allongé sur des vieux cartons à même le sol. Stupéfait je me suis arrêtais. "Que faites vous là mon brave ?"Lui ai-je demandé.

Elle : Il vous a répondu Amour ?

Lui : Oui ma chère, un peu grossièrement mais en français. Je vous prie de m’excusez du vocabulaire voici sa réponse "Connard, tu ne vois pas que je suis un SDF, est ce que tu sais au moins ce que sais qu’un SDF couillon, je n’en suis pas sûr ! Sans Do mi ci le Fixe"

Elle : Quel grossier personnage Amour !

Lui : Que voulez vous ma chère c’est le peuple. Décontenancé je lui est dit "C’est la première fois que je suis confronté à cette situation". Sa réponse fut immédiate "Tu ne dois pas sortir souvent mon gars des types comme moi qui dorment dans la rue il y en a des milliers dans les rues de Paris".

Elle : C’est vrai Amour ?

Lui : Hélas oui ? Je le savais par la télé, de là à imaginer cela chez nous dans la 16ème, c’est incroyable. D’ailleurs en poursuivant mon chemin ma chère j’en ai croisé cinq ou six. Il y en a même avenue Foch.

Elle (Terrifiée) : C’est épouvantable Amour ! Il y a toujours eu des réfractaires au travail.

Lui : Oui ma chère c’est épouvantable au point que la vue de tous ces hommes a provoqué en moi, comme le Bouddha, une illumination.

Elle (Ébahie) : Une illumination Amour ? Comme Saint Paul plutôt, Bouddha ce n’est pas chrétien.

Lui (Les bras en croix) : Oui ma chère en lettres de feu j’ai vu écris PARTAGE.

Elle (Incrédule) : Vous en êtes bien sur Amour.

Lui : Sûr et certain ma chère.

Elle (Complètement déboussolée): Partage, partage. Je ne comprends pas Amour.

Lui : C’est pourtant simple ma chère, nous sommes riches il faut que nous partagions avec tous les miséreux de tous les pays. Nous allons vendre tous nos immeubles et avec cet argent nous ferons construire des centres d’accueil, ce n’est pas possible ma chère de rester passif devant une situation aussi dramatique.

Elle (Assommée) : De tout les pays, même en Afrique ?.....Vendre nos immeubles Amour en pleine crise de l’immobilier, est ce bien raisonnable ? …Pas le château quand même ?

Lui (Mystique) : Ma chère je suis déterminé, nous allons vendre tous nos immeubles et le château bien sûr et si ce n’est pas suffisant nous vendrons nos forêts.

Elle (Pétrifiée) : Les forêts de vos ancêtres Amour ?

Lui (Dur et déterminé) : Oui ma chère. Assez parlé il faut agir, j’appelle immédiatement notre notaire.

Elle (En pleurs) : Amour, Amour il y a peut être une autre solution.

Lui : Laquelle ma chère ?

Elle (Toujours en pleurs et au bord de l’évanouissement) : Je ne sais pas moi, voyons que faire pour eux………………..Par exemple leur donner des vêtements chauds nous en avons plein les placards……………….. Et puis….et puis financer une bonne soupe chaude, bien épaisse que l’église distribuera……….. Et puis un billet de cinquante euros à tous ceux qui viendront à la messe……………Et puis donner plus à Caritas International………..Et, et……………aux Chevaliers de malte,…..ont pourrait même donner à l’Abbé Pierre le révolutionnaire, au Secours Catholique ce repaire de gauchiste et, et…….. soyons totalement déraisonnables au Secours Populaire aussi.

Lui (Extatique) : Cessez ma chère ma décision est prise Dieu m’a élu je doit accomplir ma mission, rien ne m’arrêtera.

Elle (S’évanouie) :

Lui (Sonnant) : Georgette, Georgette venez vite Madame à besoin de vous.

Elle (Reprenant conscience) : Amour, Amour dites moi j’ai fais un mauvais rêve. Rassurez moi je vous en supplie Amour.

Lui (En lévitation) : Non ma chère vous n’avez pas rêvé je vais de ce pas téléphoner à notre notaire afin que nous mettions en vente immeubles, château et forêts si nécessaire. Je ne vend pas vos bien n’ayez crainte ma chère, uniquement les miens.

Elle : Monsieur je n’ai rien moi.

Lui : Qui puis je Madame il ne fallait pas épouser un riche. Georgette occupez vous de Madame.

Elle (Évanouie) :

Lui (S’éloignant transporté) : Georgette faites quelque chose, aidez Madame, donnez lui un alcool pour l’a ranimer, j’ai à faire, ma mission ne peut pas attendre.

 

Le 12 décembre 2008.

 

 

20.10.2009

Je serais

JE SERAIS.

 

 

 

 

Je serais faible et fort

sur la route des merveilles,

tout ébloui d’avoir osé

ce premier pas stellaire.

 

Je serais feu ardent

dans une cascade de lave,

avant de devenir galet pensif

au bord de l’abysse.

 

Je serais eau glaciale et fluide

issue d’un torrent purificateur.

Mémoire vive de source

perdue dans le delta de l’oubli.

 

Je serais fragment et totalité

être fragile et cosmique.

Nu sur la dune

j’attendrai sans un cri

 

Les SI de mes utopies

ont fait reculer le noir horizon,

libérant la porte secrète

des mystères de l’Orient.

 

Et puis je ne serais plus.

Voile de milliards de particules

portées par le vent,

je sais qu’à nouveau je naîtrai.

 

 

 

Le 17 octobre 2009.

18.10.2009

Humaine nature.

HUMAINE NATURE.

 

 

 

 

L’homme, avatar de l’évolution,

Se croit reflet de la perfection.

Bouffi de vanité, d’illusions

Il s’imagine ultime illumination.

 

Pour justifier sa déraison

Il invente l’innommable : Dieu.

Puis, pirouette de fanfaron,

Il se place au centre des cieux.

 

L’homme, poussière cosmique,

Se rêve être parfait et unique.

Il n’est que passant anecdotique,

Nain tragique devant l’énigmatique

 

Demain l’homme-dieu disparaîtra

Le cosmos sourd ne frémira pas

A ces appels d’angoissés en trépas,

Il poursuivra son cycle sans émoi.

 

Alors les grands crabes ronds

Monteront des abysses sans Jéhovah.

Ivres de lumière ils deviendront……

De vrais humains, pourquoi pas !

 

 

07 janvier 2008

Fulgurances

FULGURANCES.

 

 

 

 

J’ai des accès de démence

Disent quelques antipathiques

Croyant me laisser sans réplique

Mais non justes des fulgurances.

 

Pieds nus dans la neige je danse

Aux fleurs j’adresse des suppliques

Mon souffle met la mer en italique

Aux oiseaux je vol l’aisance.

 

Sur le dos des dauphins j’avance

Vers des îles aromatiques

Où ne règne pas l’économique

J’y suis honoré de ma différence.

 

Pour certain je suis décadence.

Étroits esprits pathétiques.

Pourquoi leur suis-je énigmatique

Alors que je suis renaissance.

 

 

Le 22 novembre 2008.

17.10.2009

Quiproquo

Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".

QUIPROQUO.

 

Lui est exceptionnellement au bureau à sept heures. Seul un retour matinal de New York ou de Shanghai peut expliquer sa présence.

 

Lui : Bonjour Madame Traoré.

L’autre (surprise de ce salut et de la main tendue) : Bonjour Monsieur Arnault. (Je ne m’appelle pas Traoré mais Keïta. Bon il ne peut pas connaître tout le monde par son nom)

Lui : Comment allez-vous ?

L’autre : Bien Monsieur Arnault.

Lui : Et vos enfants ?

L’autre : Je n’ai pas d’enfant Monsieur Arnault.

Lui (Surpris): (Normalement elles ont toujours plein de gosses) Et votre mari ?

L’autre : Il est mort Monsieur Arnault.

Lui (gêné) : (Merde). Je …je voulais vous dire que je suis très satisfait du ménage que vous faites dans mon bureau.

L’autre : (Je ne fait que le nettoyage des toilettes des collaborateurs. Son bureau est entretenu par Simone surveillée par René le chef. Accès interdit aux noires à cause de l’odeur). Merci Monsieur Arnault.

Lui (Toujours gêné) : Pour vous remercier de votre travail dans notre société je vais vous faire attribuer une prime de 5 000 euros.

L’autre (Stupéfaite) : (Il ne sais pas que je travail pour une société extérieure de nettoyage ? Alors la prime  ……). Merci Monsieur Arnault.

Lui : Je vous en prie, je tiens à marquer par ce geste le respect que j’ai pour vous et votre travail.

L’autre : Merci Monsieur Arnault.

Lui : Au fait comment savez vous que je suis Monsieur Arnault ?

L’autre : J’ai vu votre photo dans le hall.

Lui (Surpris) : Vous ne passez pas par la porte de service ?

L’autre : Si, mais je nettoie aussi le hall Monsieur Arnault.

Lui (Soulagé): Bon très bien, à bientôt Madame Sissoko.

 

Le 20 octobre 2008.

 

 

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