19.12.2009

Monsieur Jacques.

MONSIEUR JACQUES.

 

 

 

Nous sommes le premier janvier 2009

Monsieur Goinfre de Toutamoit

Rentre avec les croissants et la brioche.

Chérie la boulangère m’a dit

Que Jacques le clochard était mort.

Oui Jacques celui qui sortais les poubelles

Pour rendre service disait il, en fait

Il acceptait bien mon petit billet,

Enfin celui de la copropriété.

Il parait qu’on l’a retrouvé sous un banc

Dans le square du Général Boulanger.

Je sais je lui avait interdit de coucher

Dans la cave, que veux tu tout le monde

Se plaignait de sa mauvaise odeur et

Puis je ne voulais pas d’histoire.

Il n’avait qu’à aller dans un foyer

Il y en a plein dans Paris avec douche,

Télévision, repas chaud et lit douillet.

De toute façon c’était un fainéant

Comme tous ces collègues de la rue.

Ils n’ont qu’à travailler comme tout le monde

Ils choisissent la marginalité et

Voilà le résultat.

On ne va pas les plaindre quand même !

18.12.2009

Mon jardin.

MON JARDIN.

 

 

 

 

Pour le visiteur vite passé

Mon jardin est vaste et ordonné,

De droites allées ensoleillées

Bordées de beauté colorée.

 

Itinéraires balisés, portes sculptées

Tracées perspectives convergentes.

Jardin japonais terre et cosmos,

Gravier zen en courbes concordantes

 

Gazon rouge de désir du puissant

Souffle chaud de l’harmattan,

De la brise iodé de l’océan

Plaisirs à chaque instant.

 

Agrémenté de cerisaies en fleur,

De fraîches fontaines bruissantes

Il est sérénité, harmonie en paysage,

Soleil et lune en équilibre parfait.

Quelle paix, sous la nuit étoilée

L’œil se réjouit et l’esprit envie

 

Pour le flâneur non flatteur

Mon jardin est vaste et varié

Au delà des hautes haies de laurier

Des pistes sombres et embourbées

 

Au sein d’une forêt implorante

Clairière calcinée inattendue.

Brûlis pour quelle régénération ?

Feu pour quelle purification ?

 

Parterres damiers noir et blanc

Puits sans vérité, où est l’étoile ?

La source est tarie, les Ténèbres

Ont bu la Lumière.

 

Au centre d’un cercle d’acacias

Une porte d’airain invite au voyage

Premiers pas prometteurs, puis

Impasses imprévues et brutales.

Hommes fermés, portes closes.

 

Écoute le souffle silencieux,

Cherche, cherche seul la Voie.

 

Un labyrinthe, c’est un labyrinthe !

Vision illusion de la Porte d’Or.

Soudaine inquiétude et frissons

Où sont les chemins fleuris promis ?

 

Frère humain tu es en ma maison,

Cherchons, cherchons la Voie.

 

 

17.12.2009

Rendez vous à Montmagnon

Dans ma série des improbables dialogues.

RENDEZ VOUS À MONTMAGNON.

 

L’autre : Mister Président merci d’avoir répondu si vite à mon invitation.

Lui : Mon cher Price Minister venir de suite c’est le moins que je pouvais faire suite à votre convocation (Rire).

Que puis je pour vous être agréable ?

L’autre : Mister Président commençons par les détails pratiques. J’aimerai récupérer ma villa de fonction le Fanal et Georges mon chauffeur.

Lui : Ah! Georges était votre chauffeur ! Pas de problème il rejoint Montmagnon dès demain matin.

Le Fanal ne vous fâchez pas c’était juste un emprunt. Moi je ne voulais pas, c’est Maria. Vous savez ce que c’est l’amour j’ai cédé ! (Rire). Maintenant elle préfère le Grand Cabanon. Cette semaine j’ai fait déménager nos effets personnels. Dès le prochain week-end vous pourrez vous y rendre avec votre épouse ou avec votre maîtresse (Rire).

Quoi d’autre mon cher Price Minister ?

L’autre : Mister Président j’aimerai échanger mon costume de laquais contre celui de Price Minister ma fonction officielle au sein de votre Conseil d’Administration. J’en ai marre que l’on se moque de moi.

Lui : Excusez moi, je suis vraiment désolé Monsieur le Price Minister je n’ai pas étudié l’histoire du costume à la faculté de droite (Rire).

Personnellement je vous trouve très beau en cette tenue, mais si vous me dites qu’il y a une erreur je vous crois. Passez demain à la Grande Costumerie, je vais donner des ordres afin que cette erreur soit réparée.

Quoi d’autre mon cher Price Minister ?

L’autre : Mister Président j’aimerai que le lendemain vous ne disiez pas le contraire de mes affirmations de la veille.

Lui (Mielleux) : Comment cela, comment cela !! Je n’ai jamais tenu de propos qui allés à l’encontre des vôtres. Nous travaillons la main dans la main n’est ce pas ?

L’autre (Énervé) : Ne mélangeons pas les foutaises que je raconte aux journalistes économiques et la réalité. Personne n’est dupe vous n’avez rien à foutre de l’avis de tous ceux qui vous entourent. Les membres de votre conseil d’administration ne sont là que pour entériner vos décisions.

Lui : Ce n’est pas gentil, non vraiment ce n’est pas gentil. Moi qui fais tout pour vous être agréable à tous. Vous me décevez, rappelez vous lors du dernier conseil d’administration n’ai-je pas repris votre proposition de remplacer sur nos sites toutes les plaques d’égout en fonte étrangère par des plaques en fonte française. C’est vrai ou pas ?

L’autre (Agacé) : C’est vrai Mister Président. Toutefois si je peux me permettre à ce même conseil vous nous avez présentez le budget 2020 à adopter, la déclaration de guerre à nos concurrents Deutsch Brothers à entériner, le traité d’amitié avec nos anciens concurrents Russianoff et fils à valider. Lorsqu’il s’agit d’affaires sérieuses vous ne daignez pas nous demander notre avis.

Lui (Les bras en croix, il lévite) : Vous me surprenez, vraiment vous me surprenez ! Je n’ai jamais imaginé que vous puissiez être intéressé par ce genre de problème. Sinon bien sur, évidemment, certainement que j’aurais présenté mes projets, tous mes projets, pour recueillir vos commentaires, à vous mon fidèle bras droit et ensuite au conseil.

Je vous donne ma parole sur la tête de Maria que dorénavant je vous demanderai votre avis sur toutes mes idées.

Quoi d’autre mon cher Price Minister ?

L’autre : Mister Président dans votre conseil d’administration il y a un certain nombre d’arrivistes et de plus ce sont des incompétent notoires. Il me semble que le moment est venu de les mettre à la retraire d’office.

Lui : Mon cher Price Minister de qui voulez vous parler ?

L’autre : Mister Président de ceux auquel vous pensez. Par exemple Monsieur Sombres, Monsieur Boutefeux, Monsieur Loujner, Monsieur Freddydard, etc, etc.

Lui : Oui, oui mon cher Price Minister je dois le reconnaître ils vieillissent mal, ce n’est pas des bons, mais que voulez vous, l’amitié me rend faible.

L’autre : Mister Président ce n’est plus de l’amitié mais du vulgaire copinage pour vous faire réélire facilement. Vous entamé votre troisième mandat les actionnaires se lassent de vos agissements Si vous souhaitez que votre fils Jehan le Bon vous succède il va falloir que vous jouiez plus serré et plus fin. Si je peux me permettre ces conseils Mister Président.

Lui : Bien sur, bien sur que vous pouvez vous permettre mon cher Price Minister. Moi je pensais qu’ils m’adoraient tous. Quelle déception, je suis vraiment trop sentimental je ne vois que l’intérêt de mes actionnaires, jamais l’once d’un calcul de ma part. La transparence rien que la transparence.

(L’air attristé) Alors je vais être obligé de faire de la politique ?

L’autre (Scandalisé) : Vous avez vraiment un culot qui dépasse l’entendement. Plus faux-cul que vous je n’ai jamais vu. Vous êtes un politique et un calculateur né Mister Président. Ce que je vous dis tout le monde le murmure dans votre dos et vous le savez bien.

Lui (Accablé) : Si j’avais su, si j’avais su. Je suis vraiment confus et désolé. Moi qui suis si attentif aux autres comment ai-je pu commettre de telles erreurs psychologiques ?

Mon cher Price Minister prenez moi dans vos bras et donnez moi le baiser du pardon.

(Séquence émotion : longue accolade, une larme coule sur la joue de Mister Président)

L’autre (Déstabilisé) : Mister Président ressaisissez vous, n’oubliez pas que vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.

Lui : Vous avez raison. Cocorico !

Price Minister demain je convoque une assemblée extraordinaire de tous les actionnaires pour la semaine prochaine. Je ferais mon mea culpa en m’appuyant sur vos recommandations. Dans la foulée je ferais voter la dissolution du conseil d’administration puis la nomination du nouveau conseil que j’ai déjà composé. Bien sur vous ne serez pas candidat mon cher Price Minister …….vu votre âge……

L’autre (Estomaqué): Ben, ben ….. Bien sur Mister Président.

 

 

Le 17 décembre 2009.

 

 

16.12.2009

j'aime les nuits.

J’AIME LES NUITS.

 

J’aime les nuits en plis

Lits de mes délits

Repli de mon ennui

Méli-mélo inassouvi.

 

J’aime les nuits en pluie

Manteau gris et parapluie

Seul, transi mais ravi

Je recherche l’infini.

 

J’aime la nuit en bruit

Où tu m’as suivi

Fragile furie tu m’as conduis,

Ébloui j’ai vu l’infini.

 

J’aime les nuits remplies

De tes fruits d’envie

Je supplie, tu me guéris

Mélodie sans souci.

 

J’aime les nuits en rêveries

Artaud et Michaux tu me lis

La poésie soigne mon esprit,

J’oublie ma folie fleurie.

 

J’aime les nuits en causerie,

Tu ris de mes saillies

Je me réjouis, ébloui

De ton esprit de répartie.

 

J’aime les nuits en flânerie

Escale dans l’indéfini sursis

Oubli des paris partis pris

Abandon ravi, Paris paradis.

 

J’aime les nuits utopie

Amour toujours, c’est promis.

Mari aux cheveux blanchis,

Ma vie dans tes yeux gris.

 

Je hais la nuit où tu es parti

Tu as sourie ravie, puis

Tu as fui vers lui

Je crie, je plie, sali, détruit.

 

14.12.2009

Tête blanche.

TÊTE BLANCHE.

 

 

 

 

Fragile chrysanthème à tête blanche

La vieille femme, les yeux perdus dans un hier,

Mâchonne doucement des mots polis par la vie.

 

De sa bouche usée s’échappe des sons sporadiques.

Curieux indiscret je guette sans succès ses secrets.

Rien d’intelligible pour l’occasionnel passager.

 

Pour le non initié reste l’imagination :

Simples échos de paroles oubliées ou

Dialogue avec des ombres muettes ?

 

A moins que remontent en joyeuses bouffées

Des bribes d’enfantines comptines

Rythmées du bruit des galoches sur la marelle ?

 

Serais ce une réminiscence qui déclenche en elle

Des prières incontrôlées, effluves d’antiques gènes ou

Paroles d’un autre monde incompréhensible aux vivants ?

 

Voyante de l’au-delà nos bavardages l’amusent,

Avant le grand retour elle vit le silence apaisant de la vérité

En son quotidien tête à tête avec l’origine.

 

 

Le 10 décembre 2009.

13.12.2009

Surpris.

SURPRIS.

 

 

 

 

 

Malgré mon interdiction il a ouvert sa cage.

Curieux intimidé il reste sur mon épaule.

Soudain libre et léger il volette en silence.

Je pose mon crayon et je le regarde.

 

Surpris il revient sur mon épaule et observe.

Alors il comprend, ici le temps n’existe pas.

Les pendules et la grande horloge mentent.

Faire semblant pour ne pas effrayer les passants.

 

Le cerf de la forêt voisine s’est figé dans un mur

Revêtu de sédiments de joies et de douleurs.

Les fleurs ne peuvent être que séchées,

Seul flotte un parfum de souvenirs.

 

Maintenant il s’approche du jeune homme,

Beauté noire et blanche; il lui sourit sans espoir.

Seule la mort donne une telle sérénité,

Le sommeil et la méditation eux exhalent la vie.

 

Posé sur une estrade, hommage à sa splendeur,

Le piano devenu meuble muet de désamour

Se souvient de ses doigts si doux, si sensuels

Ah ! Ces merveilleuses soirées printanières.

 

Livres assoupis en attente du Lecteur Charmant

Possesseur des yeux magiques qui les délivreront

De la malédiction de la sorcière Clepsydre :

Un jour vous redeviendrez poussière.

 

Le voici pensif devant des affiches de théâtres

Datent elles le début de l’exil hors le temps ?

Quel brutal événement ou quel choix serein

A pu extraire cette maison de la folie du monde ?

 

Voila qu’il se pose sur les genoux de la vieille dame

Si fortement présente en son absence.

Qu’elle est belle illuminée d’hiver comme un

Fragile chrysanthème à tête blanche.

 

 

Le 09 décembre 2009.

12.12.2009

Le blues du mec qui pue des pieds.

LE BLUES DU MEC QUI PUE DES PIEDS.

 

 

 

 

Oh ! J’ai le blues Mémé adorée

Du mec qui pue des pieds

Comme un camembert oublié

Depuis six mois sous l’évier.

 

Déjà tout petit nourrisson

Ma nourrice à gros tétons

En respirant mes petits petons

A gerbé illico son ronron.

 

Ado lorsque dans les vestiaires

J’ai enlevé mes croquenots

J’ai aussitôt de plein air

Eté interdit sans un mot

 

Oh ! J’ai le blues Mémé adorée

Du mec qui pue des pieds

Comme un camembert oublié

Depuis six mois sous l’évier.

 

À l’armée dans la chambré

Ils ont cru qu’on les gazé

Une fois l’alerte passé

J’ai aussitôt été réformé.

 

Dans mon studio je l’ai emmené

Tendrement je l’ai enlacé

Mais lorsque mes godillots j’ai ôté

Elle a fuit effrayé ma belle poupée.

 

Oh ! J’ai le blues Mémé adorée

Du mec qui pue des pieds

Comme un camembert oublié

Depuis six mois sous l’évier.

 

Chez le docteur je suis allé

Pour me faire soigner

Les chaussettes à peine tirées

De déodorant il m’a aspergé.

 

L’autre jour je vais au bistro

Avec mon petit pote Paulo

À peine entré le proprio

M’a viré à coup de sabot.

 

Oh ! J’ai le blues Mémé adorée

Du mec qui pue des pieds

Comme un camembert oublié

Depuis six mois sous l’évier.

 

Ma Mémé pourquoi m’as-tu quitté ?

Par mon odeur tu n’étais pas indisposé

Le parfum de mes pieds tu l’aimais

Solitaire à jamais je resterais.

 

Oh ! J’ai le blues Mémé adorée

Du mec qui pue des pieds

Comme un camembert oublié

Depuis six mois sous l’évier.

 

 

Le 11 décembre 2009.

11.12.2009

Les flammes.

LES FLAMMES.

 

 

 

 

Les flammes jeunes et sveltes,

Blanche et surprenante d’énergie,

Se contorsionnent allégrement.

Sûr, du bois elles se libéreront.

 

L’effort continu ne les épuise pas,

Quelques rougeurs aux joues,

De fins filets bleus et violets

De veines qui se gonflent,

Pas une goutte de sueur.

 

Trapues elles se concentrent

C’est la lutte finale, voyons

Encore un effort camarades

Le joug forestier va se briser.

 

En un intense rougeoiement

Elles dévorent les braises

Amour fusionnel,

Cendres communes.

 

Parfois.

PARFOIS.

 

 

 

 

 

Parfois je rêve

De plomb mon cœur l’enrober

De céciter mes yeux

De surditer mes oreilles

De plonger dans le puit noir

De l’amnésie facile

De descendre, descendre

De traverser la réalité

De retrouver les miens

De ne plus avoir peur

De ne plus désespérer

De sourire simplement

De vivre sans haine

De prier sans religion

De tribu sans ethnie

De sagesse sans guru

De paix sans calumet

 

Parfois je regrette

De mon pays le lointain.

09.12.2009

Solitude.

SOLITUDE.

 

 

 

Au fond du canyon

Entre les verticales parois,

L’aigle, ses ailes d’or en deuil,

Marche depuis dix mille ans.

 

Homo incante le rocher

Pour faire jaillir la Source.

Un jet de sable rempli sa bouche

Étouffant son cri de joie.

 

Des roches suintent les rouges pleurs

D’un soleil stupéfait

De l’avidité des lèvres de pierre

Que tord un rictus d’envie.

 

Porteur d’espoir un souffle parcourt,

En un cycle éternel,

Les serpentesques méandres assoiffés

D’un éternel fleuve disparu.

 

Rien ne frémis à son passage

Tout est pétrifié, fossilisé.

Épuisé de tant d’ingratitude

Il quitte le canyon sans fin.

 

Ses yeux morts le supplient

Homo incante le verbe

Pour faire jaillir la lumière

Ses ténèbres ne la reçoivent pas.

 

Les fruits de l’onirique sont pourris

Le grand singe s’épuise en vain

A tenter de détruire le mur

En d’inutiles projections vespérales.

 

La cloche d’airain ne sonne plus le tocsin

Le battant a été dérobé

Par les fantômes muets

De nos nuits moites.

 

La greed plane dans l’azur

Monopolysant le soleil.

L’aigle dans l’ombre

Baisse honteusement la tête.

 

Le 28 novembre 2009.

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