17.12.2009
Rendez vous à Montmagnon
Dans ma série des improbables dialogues.
RENDEZ VOUS À MONTMAGNON.
L’autre : Mister Président merci d’avoir répondu si vite à mon invitation.
Lui : Mon cher Price Minister venir de suite c’est le moins que je pouvais faire suite à votre convocation (Rire).
Que puis je pour vous être agréable ?
L’autre : Mister Président commençons par les détails pratiques. J’aimerai récupérer ma villa de fonction le Fanal et Georges mon chauffeur.
Lui : Ah! Georges était votre chauffeur ! Pas de problème il rejoint Montmagnon dès demain matin.
Le Fanal ne vous fâchez pas c’était juste un emprunt. Moi je ne voulais pas, c’est Maria. Vous savez ce que c’est l’amour j’ai cédé ! (Rire). Maintenant elle préfère le Grand Cabanon. Cette semaine j’ai fait déménager nos effets personnels. Dès le prochain week-end vous pourrez vous y rendre avec votre épouse ou avec votre maîtresse (Rire).
Quoi d’autre mon cher Price Minister ?
L’autre : Mister Président j’aimerai échanger mon costume de laquais contre celui de Price Minister ma fonction officielle au sein de votre Conseil d’Administration. J’en ai marre que l’on se moque de moi.
Lui : Excusez moi, je suis vraiment désolé Monsieur le Price Minister je n’ai pas étudié l’histoire du costume à la faculté de droite (Rire).
Personnellement je vous trouve très beau en cette tenue, mais si vous me dites qu’il y a une erreur je vous crois. Passez demain à la Grande Costumerie, je vais donner des ordres afin que cette erreur soit réparée.
Quoi d’autre mon cher Price Minister ?
L’autre : Mister Président j’aimerai que le lendemain vous ne disiez pas le contraire de mes affirmations de la veille.
Lui (Mielleux) : Comment cela, comment cela !! Je n’ai jamais tenu de propos qui allés à l’encontre des vôtres. Nous travaillons la main dans la main n’est ce pas ?
L’autre (Énervé) : Ne mélangeons pas les foutaises que je raconte aux journalistes économiques et la réalité. Personne n’est dupe vous n’avez rien à foutre de l’avis de tous ceux qui vous entourent. Les membres de votre conseil d’administration ne sont là que pour entériner vos décisions.
Lui : Ce n’est pas gentil, non vraiment ce n’est pas gentil. Moi qui fais tout pour vous être agréable à tous. Vous me décevez, rappelez vous lors du dernier conseil d’administration n’ai-je pas repris votre proposition de remplacer sur nos sites toutes les plaques d’égout en fonte étrangère par des plaques en fonte française. C’est vrai ou pas ?
L’autre (Agacé) : C’est vrai Mister Président. Toutefois si je peux me permettre à ce même conseil vous nous avez présentez le budget 2020 à adopter, la déclaration de guerre à nos concurrents Deutsch Brothers à entériner, le traité d’amitié avec nos anciens concurrents Russianoff et fils à valider. Lorsqu’il s’agit d’affaires sérieuses vous ne daignez pas nous demander notre avis.
Lui (Les bras en croix, il lévite) : Vous me surprenez, vraiment vous me surprenez ! Je n’ai jamais imaginé que vous puissiez être intéressé par ce genre de problème. Sinon bien sur, évidemment, certainement que j’aurais présenté mes projets, tous mes projets, pour recueillir vos commentaires, à vous mon fidèle bras droit et ensuite au conseil.
Je vous donne ma parole sur la tête de Maria que dorénavant je vous demanderai votre avis sur toutes mes idées.
Quoi d’autre mon cher Price Minister ?
L’autre : Mister Président dans votre conseil d’administration il y a un certain nombre d’arrivistes et de plus ce sont des incompétent notoires. Il me semble que le moment est venu de les mettre à la retraire d’office.
Lui : Mon cher Price Minister de qui voulez vous parler ?
L’autre : Mister Président de ceux auquel vous pensez. Par exemple Monsieur Sombres, Monsieur Boutefeux, Monsieur Loujner, Monsieur Freddydard, etc, etc.
Lui : Oui, oui mon cher Price Minister je dois le reconnaître ils vieillissent mal, ce n’est pas des bons, mais que voulez vous, l’amitié me rend faible.
L’autre : Mister Président ce n’est plus de l’amitié mais du vulgaire copinage pour vous faire réélire facilement. Vous entamé votre troisième mandat les actionnaires se lassent de vos agissements Si vous souhaitez que votre fils Jehan le Bon vous succède il va falloir que vous jouiez plus serré et plus fin. Si je peux me permettre ces conseils Mister Président.
Lui : Bien sur, bien sur que vous pouvez vous permettre mon cher Price Minister. Moi je pensais qu’ils m’adoraient tous. Quelle déception, je suis vraiment trop sentimental je ne vois que l’intérêt de mes actionnaires, jamais l’once d’un calcul de ma part. La transparence rien que la transparence.
(L’air attristé) Alors je vais être obligé de faire de la politique ?
L’autre (Scandalisé) : Vous avez vraiment un culot qui dépasse l’entendement. Plus faux-cul que vous je n’ai jamais vu. Vous êtes un politique et un calculateur né Mister Président. Ce que je vous dis tout le monde le murmure dans votre dos et vous le savez bien.
Lui (Accablé) : Si j’avais su, si j’avais su. Je suis vraiment confus et désolé. Moi qui suis si attentif aux autres comment ai-je pu commettre de telles erreurs psychologiques ?
Mon cher Price Minister prenez moi dans vos bras et donnez moi le baiser du pardon.
(Séquence émotion : longue accolade, une larme coule sur la joue de Mister Président)
L’autre (Déstabilisé) : Mister Président ressaisissez vous, n’oubliez pas que vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
Lui : Vous avez raison. Cocorico !
Price Minister demain je convoque une assemblée extraordinaire de tous les actionnaires pour la semaine prochaine. Je ferais mon mea culpa en m’appuyant sur vos recommandations. Dans la foulée je ferais voter la dissolution du conseil d’administration puis la nomination du nouveau conseil que j’ai déjà composé. Bien sur vous ne serez pas candidat mon cher Price Minister …….vu votre âge……
L’autre (Estomaqué): Ben, ben ….. Bien sur Mister Président.
Le 17 décembre 2009.
11:45 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, politique, humour.
23.11.2009
Père que faire ?
PÈRE QUE FAIRE ?
Père que faire ?
Les pauvres se plaignent d’être pauvre.
Les riches se plaignent d’être riche.
Mon cher fils contentez vous d’être
un grand bourgeois calfeutré.
Heureux caché derrière de hauts murs.
HEC va vous expliquer tout cela.
Père je crains que cette position soit inconfortable.
Je vais vivre dans l’angoisse permanente.
La peur des affres de la pauvreté.
La peur de la tentation de la richesse.
Concentré sur la ligne médiane
comme un funambule entre deux vies,
subissant les assauts de l’envie et de l’excès.
Entre misère et péché.
Père que faire ?
Pensez à vous avant tout, négligez le commun.
Adulé le puissant, votez pour lui il vous préservera.
Aux envieux cachés vos biens et vos passions.
Ne donnez pas trop aux pauvres, ils s’habituent vite.
N’abandonnez jamais notre Sainte Mère l’Église
dernier rempart contre l’avilissement des mœurs.
Elle seule maintient chacun à sa place.
Laissez l’espoir du Paradis aux démunis.
Père les temps ont changé
Les cierges des églises n’attirent plus que les papillons.
L’encens n’enivre que les bigotes et les pigeons.
Quant au Paradis vos pauvres le cherchent sur terre.
Patiemment les puissants ont commencé à nous dépouiller
ils sont de plus en plus riches, leurs enfants s’embourgeoisent.
Ils achètent les châteaux Napoléon III de vos grands pères
pour en faire des résidences secondaires avec piscine.
Père que faire ?
Ils rêvent de vous ressembler! Alors, ingérez les, digérez les !
Faites en de bons gros bourgeois à la face rougeaude.
Ensemble vous trouverez des jeunes ambitieux sans le sou
que vous formerez au maintien à distance de la plèbe.
Quelques médailles, des postes politiques lucratifs,
puis des portefeuilles de ministre bien remplis.
Alors soyez sans crainte ils vous serviront servilement.
L’ombre sera douce à vos yeux de vainqueur.
Merci père.
Le 20 novembre 2009.
21:00 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, société, sarkozy.
18.11.2009
Brisures.
BRISURES.
Brisures intérieures dis tu.
Oh ! Tout de suite les grands mots
juste des petites fêlures en réalité,
pas de quoi fouetter un chat.
Cinquante coups de bâton
ce n’est pas la mer à boire
pour un dépravé notoire,
accro récidiviste du vice.
Brisures morales dis tu !
Comment est ce possible ?
Lecteur de tous les Livres.
tu es un homme sans morale.
Je sais tu te dis poète
embrassant l’universel.
Mécréant, seul Lui
peut y prétendre.
Poète du Seul pour l’honorer,
là serai ton devoir si tu étais
un authentique croyant.
Hélas tu n’es qu’hérésie.
Pauvre manipulateur de mots
tu oses magnifier l’humain.
Un bloc de glaise tu serais
sans son Souffle pur.
Ultime déraison tu prétends
à retrouver le poème originel.
Folie d’un esprit déréglé
d’espérer l’ultime Mystère.
Aussi vrai que je suis ton frère
j’irais voir le Grand Inquisiteur
afin que tu sois jugé et brûlé.
Gloire et soumission à l’Unique.
Le 13 novembre 2009.
08:59 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, société, politique
15.11.2009
Pétales de chair
PÉTALES DE CHAIR.
Pétales de chair livide
sous la lumière bleue,
éclats de vie sans écho.
L’ample geste du semeur de sable
a effacé tout rêve d’ici.
Partir, rejoindre le grand fleuve
afin que sa pirogue existe.
Fragments éparpillés
par des coups de pied botté
dans le cosmos vertigineux.
Puzzle incomplet, cadeau de riche
qui garde la pièce gagnante.
Les lampyres stellaires,
feux d’artifice des puissants,
éclairent le plat des pauvres
en recherche d’unité.
Ingrats quémandeurs de miettes dorées
dans l’oubli de la frugalité divine.
Qu’importe l’or ruisselle sans fin.
Le sommet de la pyramide est
éclatant sous le soleil.
Dans l’ombre la base pellette sans fin.
Le libéral torrent
nettoie les écuries d’Augias
emportant vers les bas fonds
la lie du monde.
Chacun à sa place et
les sommets resplendiront.
Mesquins les nains agitent
leurs mains pleines de vilenies,
en hurlant la bouche tordue
de haine et d’envie :
"Augias a des frères, nettoyons, nettoyons"
Pauvres écervelés qui ne savent pas
récurer leurs toilettes puantes
La merde n’encombre pas les sommets
elle glisse vers le bas où patauge le commun
Heureusement Dieu dans sa grande bonté
permet l’apparition régulière
d’un Grand Nettoyeur,
d’un Grand Ordonnateur
qui élimine les impuretés accumulées.
La vallée enfin remplie de vérité
reçoit le soleil universel.
Gloire au Grand Nettoyeur.
Alléluia à Dieu qui lui a
confié la Grande Épée de Feu
Les roseaux sous le souffle divin
se redressent, fiers et hardis.
Les prêtres ont changé d’habits
ils entonnent le nouveau credo ;
dépouillé de ses oripeaux dorés
on le croirait nouveau-né.
Souple et flexible le serpent
regarde le sommet de la pyramide.
Malheur à nous!
Des nuages diaboliques
cachent le pyramidion
qu’avons-nous fait ?
Le soleil affolé d’or
parcours avidement
la terre aride des "no futur".
Sous ses rais ne scintille plus
que la grise poussière du néant.
La manne a disparue.
Ô Pharaon nous t’en supplions
fait sortir du Grand Temple
le Gros Marteau d’airain et
le Glorieux Ventilateur de tes ancêtres.
Après avoir tuer le Grand Nettoyeur,
nous actionnerons la Grande Roue.
Comme nos valeureux anciens
nous sommes prêts à mourir
pour chasser les impies nuages.
Le Pyramidion est plus beau que jamais
Les prêtres ont revêtus l’ancienne robe
Ils ont entonnés le Cred’or.
Pharaon a fait brûler les corps
des vaillants défendeurs de l’Ordre
morts pour sauver le Monde de Râ.
Le Grand Ventilateur a chassé les cendres.
Le Pyramidion est au soleil
La vallée dans l’ombre
Tout est en ordre.
Pharaon sourit.
Le 13 novembre 2009.
11:41 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, société, politique, sarkozy
13.11.2009
La grippe félino-canine.
LA GRIPPE "A" FÉLINO-CANINE.
Une pandémie de grippe "A" félino-canine (CT1-CN1) s’est abattue sur la planète. Elle est particulièrement féroce en France où en quelques mois elle a tué cinquante millions six cent quarante deux mille trois cent douze chiens et quarante millions quatre cent vint trois mille six cent trente six chats. Autant dire qu’il n’y a plus de chien et de chat en France.
Progressivement un flot visqueux, fétide et fébrile a recouvert le pays. Après analyse sa composition fut gardé secrète tant elle reflétait (suivant des fuites) la dépression avancée de la société française. Mon beau-frère portier de nuit au Laboratoire National de Caninerie cédant à mes tendres supplications "Si tu ne me trouve pas le résultat des analyses je tue ta soeur", me rapporta un matin brumeux et livide le listing Clearsteam au dos duquel les ingrédients composants ce flot étaient détaillés : larmes de crocodile, bave de jeunes séniles, dégoulinades de niaiserie, poudre de faux sentiments, fins éclats de connerie, jus de débilité et comme excipient du miel de cucuterie.
Sous prétexte de deuil un grand drap noir fut tendu sur toute la France, en réalité il servait à dissimuler ce flot immonde. Les Autorités firent croire que c’était par compassion. Les traders plus malins achetèrent en masse les actions des usines à fabriquer les chiots et les chatons. À la Bourse Félino-Canine le CACA 40 bondit en trois semaines et demi de 3 842 à 8 644 points. Mouvement spéculatif amplifié par le blocage total des importations. Les Autorités ne sachant pas si le virus pouvait contaminer l’homme avait, en application du principe de précaution, pris cette décision.
L’armée du dégager la Bourse Félino-Canine. Une rumeur, affirmant qu’il fallait détenir au moins mille actions d’une société productrice de chiots et de chatons pour en obtenir un, avait provoqué un raz de marée humain. On dénombra autour la Bourse dix mille huit cent cinquante six morts par égorgement, pendaison, strangulation, stress, rupture d’anévrisme, faim, immolation, crise cardiaque, etc.
Les Autorités après trois semaines d’intenses réflexions, négociations et tergiversations décrétèrent l’attribution aux demandeurs maniaco-dépendants au bord du suicide, de plus de soixante dix ans, d’une carte de priorité, les autres reçurent un numéro d’ordre par inscription sur internet.
Les cartes se vendirent dix mille euros minimum au marché noir et internet fut bloqué pendant une semaine. Puis tout s’arrangea ; la Bourse Félino-Canine retrouva son fonctionnement normal lorsque le couvre-feu fut imposé dans un rayon de cinq cents mètres et que les paras du 2ème REP reçurent l’ordre d’abattre toute personne qui tenterait de s’y introduire de force.
En réalité la possession de mille actions ne donnait que la possibilité d’accéder aux magasins d’usine qui disposaient de chiots et de chatons sains à la vente. Malheureusement il ne suffisait pas de posséder ce passe droit, ni d’être dépressif grave par manque de tendresse canine ou féline il fallait aussi posséder un portefeuille bien garni. Un caniche blond qui se négociait 1 200 euros avant la crise trouvait preneur aujourd’hui à 20 000 euros. Pour les moins fortunés il ne restait plus que le suicide ou l’achat d’un substitut.
Hélas toutes ces mesures frappées au coin du bon sens n’empêchèrent pas un nombre exceptionnel de suicides. Devant la tombe de leur bébé, de leur fifils, de leur fifille, de leur chéri(e), de leur toutou d’amour, de leur chatounet(te) adoré(e), de leur amour, de leur trésor, (à compléter avec votre propre appellation). Des "papas", des"mamans" se firent hara-kiri, avalèrent trois tubes de Valium, se tirèrent une balle dans le cœur et autres façons extraordinaires de quitter ce bas monde tant est grand le génie humain.
L’Iphone et l’Ipod équipés d’un logiciel de chien virtuel qu’il faut nourrir, soigner, sortir et câliner se négociaient à 5 000 euros pièce au marché noir car le fabricant ne réussissait pas à produire suffisamment malgré ses dix usines chinoises.
Le lapin à poils longs connus un certain succès. Toutefois il est indéniable que tu as plutôt l’air con à chaque fois que tu le promènes au bout d’une laisse, surtout lorsqu’il ne veut plus avancer. Même à vingt deux heures trente on n’est pas à l’abri d’une rencontre avec la voisine. D’autres poussèrent l’absurde jusqu’à sortir avec une brosse à dents au bout d’une ficelle. Finalement des solutions sans avenir.
La vente de poisson rouge et de serin connut une période faste mais brève car difficile de dire : couchez, aux pieds, sur le cucul pour avoir le susucre à un poisson rouge ou à un serin et il ne faut pas avoir peur du ridicule pour se promener avec un bocal sous le bras ou une cage sur la tête.
Les hamsters connurent un succès foudroyant, surtout auprès des enfants. Hélas ils furent eux aussi décimés par la grippe félino-canine.
Le rat ne fit qu’une apparition confidentielle sur le marché, victime des préjugés qui sont encore fortement ancrés dans la mémoire de nos concitoyens envers ce charmant petit animal.
L’ours des Carpates n’amusa que quelques riches excentriques. Trop cher, trop dangereux dans l’étreinte, mais quelle gueule lorsque vous arrivez en soirée avec lui !
Aussi dur à trouver, mais moins chers, la peluche chien ou chat sous toutes ses formes se vendait très bien. Tous ceux qui en avaient gagné dans une fête foraine les ressortaient de la cave et organisait dans leur immeuble une vente clandestine aux enchères. Les Autorités interdirent ces pratiques à cause des centaines de décès qu’elles provoquèrent dans des bousculades hystériques.
Des épouses, des maris, des filles, des fils enfilèrent le soir des déguisements de chien ou chat et se mirent à marcher à quatre pattes en aboyant ou en miaulant, tout en se frottant aux jambes de l’être aimé.
De petits rusés en firent leur métier. Hélas pour eux ils n’avaient pas le poil aussi doux, le regard aussi tendre, la léchouille aussi sensuelle, le frottement aussi érotique et puis ils étaient un peu lourds pour être pris tendrement dans les bras. La profession disparue aussi vite qu’elle était apparue.
Lorsqu’un nouveau marché se crée il y a toujours des intuitifs qui anticipent la demande en offrant un produit innovant en phase avec la demande profonde du consommateur. Pour ce drame humain il fallait offrir une solution d’effusions pisseuses publiques pour combler ce besoin impérieux, non pas matériel mais affectif. Des sites internet offrent donc à l’achat des bébés africains, asiatiques ou sud américains. Leur prix est inférieur à celui des chiots et des chatons. Ce qui est normal dans une économie de marché lorsque l’offre est supérieure à la demande. Comme toujours dans ce type de transaction il faut être très prudent, il y a toujours des escrocs prêts à vous vendre du vent ou à pirater votre carte bleue.
L’adoption sauvage connue donc une progression exponentielle. Tous les efforts des Autorités pour stopper cette pratique furent vains. Comme les Autorités aiment à faire croire qu’ils sont à l’origine de tout ils légalisèrent, à l’unanimité, ce commerce.
Aujourd’hui l’engouement est moindre. Les anciennes maîtresses, les anciens maîtres de chien ou de chat déchantent. Le bébé, il est vrai, est affectueux. Sensible aux cucuteries et au gâtisme précoce dans son premier âge, hélas il réclame rapidement une présence affective mais également intelligente. De plus, sauf à de très rares exceptions, il n’est pas poilu et ne léchouille pas. Autres tares de ce mammifère il grandit, devient parlant, désobéissant et souvent se révolte contre les adultes. Problème secondaire non négligeable il coûte cher ! Non seulement il ne mange pas de croquettes, ni de boulettes, mais son habillement est horriblement coûteux. De plus il faut dépenser une fortune en couches pendant de longues, de très longues années, alors qu’avec un chien ou un chat vous lui faites faire sa crotte sur le trottoir où chez le voisin, coût : zéro !
Si malgré tout cette solution vous tente connectez vous à "BBrose.com" ou à "Frimousse.com" vous constaterez que le marché de la revente est florissant. Vous trouverez facilement des enfants âgés de dix huit mois à six ans à des prix très attractifs. Si vous n’êtes pas pressé de nombreux site proposent des remises substantielles au moment des soldes. Le site officiel de la SPE (Société Protectrice des Enfants) "EBaybay.com" quant à lui met aux enchères des bébés abandonnés sur les aires d’autoroute ou dans les forêts, qui leur ont été confiés. Il y a de très bonnes affaires aux moments des vacances. Surtout n’achetez pas pour revendre discrètement au marché noir, celui-ci a totalement disparu.
Parmi les rares heureux bénéficiaires de cette hécatombe : les créateurs de cimetières félino-canin. Tous ceux qui possédaient quelques milliers de mètres carrés de terre non cultivable, non constructible, en un mot invendables, les transformèrent en magnifiques lieux de pèlerinage. Tombes avec stèle, mur pour les urnes à cendres, poème gravé et statuaire de marbre qui font pleurer les foules, ifs du Brésil, salle de méditation etc.
Les plus confiants en la durée de la pandémie attendirent. Bien leur en pris dès la deuxième année le prix des tombeaux doubla. Un concession de trente ans pour chat se vendait dix mille euros et pour chien au environ de dix huit mille euros. Aujourd’hui le prix des places, enfin celles dignes de ce nom, est totalement irrationnel. Certain parle de cinquante mille euros et même de cent mille euros pour les emplacements exceptionnels. Les emplacements exceptionnels sont ceux à proximité de chez soi, d’une gare ou d’un aéroport, exposés plein sud avec vue dégagée, perchés sur une butte et dans un lieu peu venteux.
Toutes ces considérations ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel c'est-à-dire le tsunami sentimental qui a submergé des millions de français. Un deuil national sans précédent depuis 14-18. Les drapeaux furent mis en berne pendant un mois dans toutes les SPA, les cabinets vétérinaires, les salons de toilettage et la Bourse Félino-Canine.
Des milliers de messes à la mémoire de nos amis les bêtes furent organisées moyennant un don tarifé comme il se doit. Elles se déroulèrent incognito pour ne pas discréditer un peu plus le clergé. L’Église de France de ce fait retrouva une situation financière qu’elle n’avait pas connue depuis soixante ans.
Sans mélanger les valeurs il faut bien reconnaître que les effets collatéraux de cette catastrophe provoquèrent un effondrement de l’activité économique spécialisée. Aussi rapidement que les ravages de la pandémie il se produisit une chute vertigineuse des ventes de croquettes, boulettes, pâtés, litières, laisses, nœud-nœud, paletot, etc. les usines fermaient aussi vite que tire Lucky Luck. Les ouvriers manifestaient en criant "Mangez comme vos animaux vous serez beaux", "Les croquettes c’est bon pour les coquettes", "À bas les rillettes vive les pâtés pour chiens".
Certains dirigeants d’entreprises tentèrent bien de reconvertir leur chaîne pour produire du pâté de tête ou des gâteaux à apéritif, se fut un échec, la qualité n’était pas au rendez vous.
Difficile à admettre mais il faut bien le reconnaître les maîtresse et les maîtres ne montrèrent guère d’empressement à manger ce qu’ils donnaient sans états d’âme à leurs animaux.
Les vétérinaires autant pris de court mais plus ingénieux arguèrent de leurs compétences pour offrir leurs services aux cellules de soutien psychologique. Reconversion réussie ! À leur grande surprise et à leur grande satisfaction la rentabilité se révéla nettement supérieur à leur activité de praticien.
Certains toiletteurs tentèrent de se reconvertir en salon de beauté pour bébés, d’autres en garderie pour poissons exotiques, oiseaux en tout genre et rats. Quelques audacieux osèrent le grand saut et se transformèrent en salon de beauté. Hélas, trois fois hélas, malgré quelques exceptionnelles réussites, se fut un fiasco.
La ville de Paris licencia les trois cent deux personnes et demi affectées au ramassage et au traitement quotidien des tonnes d’excrément animal rejetés sur les trottoirs et les chaussées de la Capital.
Ne croyez pas que je vous ai oublié vous les promeneurs de chien, les contractuelles de la brigade de répression canine, les dresseurs, les organisateurs de concours, les tricoteuses de paletots, les graveurs de médailles, les employés d’animaleries, les brodeuses de sac à crottes, les tresseurs de paniers, les rouleurs de baballe, les tatoueurs. Vous tous que cette crise a précipité dans le chômage, cet acide qui dissout toutes les volontés et brise les vies. Tous les français pensent à vous, enfin disons quelques français…
N’ayant, comme toujours, aucune possibilité d’action contre l’élévation du taux de chômage les Autorités, soucieuses et gardiennes du bien être de tous les français, décidèrent de porter le remboursement des calmants et autres somnifères de quinze pour cent à cent pour cent. Les consultations aux cellules d’aide psychologique étaient devenues payantes, leur gratuité fut rétablie par un vote à l’unanimité.
De la même façon qu’il n’est pas bon pour l’image d’un people politique ou du show-biz de paraître à la télévision ave une cigarette, les Autorités de ne se présentèrent plus en public avec un animal de compagnie. Certaines Autorités allèrent même, suprême audace, jusqu’à porter au revers de leur veste le pin’s de l’association "Casser la grippe".
Malgré les millions d’euros investis dans la recherche aucun vaccin n’a été mis au point à ce jour. Au grand dam des laboratoires qui attendent avec impatience l’ouverture de ce juteux marché.
Les Autorités au pouvoir, dont la vie est devenue un calvaire à cause des de ces chercheurs incompétents et trop payés à ne rien foutre, sont confrontés, en plus de toutes leurs misères, à une augmentation importante de la délinquance.
Vols de chien ou de chat à l’arraché ou par cambriolage, kidnapping avec demande de rançon, attaque au bélier des locaux de stockage dans les usines à chatons et à chiots, vols d’actions à Bourse félino-canine, importations clandestines. La mafia russe toujours à l’affût de nouvelles recettes est considérée comme la plus active dans cette filière bien que l’albanaise ne laisse pas sa part aux chiens.
En plus depuis trois ans les Autorités doivent gérer le plus Grand Spleen franco-français du siècle : comment vivre sans son animal adoré ? Lui qui était toujours disponible pour écouter les ersatz d’amour de Papa et Maman. Recueillir toute leur tendresse, leur amour inassouvi.
Bien que je comprenne parfaitement la douleur de nos endeuillés, j’avoue mon étonnement. N’ont-ils pas dans leur entourage des enfants, petits-enfants, neveux ou nièces ? Les associations caritatives et humanitaires fleurissent à leurs portes. Et tous ces vieux à l’abandon. Dont les leurs font peut être partis d’ailleurs ? Pourquoi ne leur donnent ils pas à profiter de cet excédents d’amour, de tendresse et d’euros ?
Un autre facteur d’importance joue dans cette dépression collective. Un manque abyssal : ce pauvre exutoire qui leur permettait d’assouvir le besoin bassement humain d’être la maîtresse ou le maître. Face à leur animal ils pouvaient laisser libre cours à leurs velléités d’autorité. Celle qu’ils n’ont jamais eue par ailleurs.
Bas fantasmes sado-maso ou triste misère humaine ?
Tout cela n’est rien au regard de la vie des riches, qui n’était déjà pas facile avec tous ces fainéants jaloux qui les entourent, l’ISF, la Crise, le pillage des châteaux, l’augmentation déraisonnable du champagne et du caviar. Toutes ces brimades et vexations les avaient déjà bien encourcaillés
La grippe "A" félino-canine a fini de détruire leur quiétude. Cette fois ci l’attaque passait du matériel au sentimental. Toutes les dépressives femmes de riches, à la mort de leur "bébé", devinrent hyper désamourées. Leur richissime mari, eux, n’eurent aucun problème pour acquérir un nouveau "bébé". Tout s’arrangea, sauf que quelques mois après, la multiplication des vols, des rapts provoqua chez ces dames une angoisse insoutenable. Ensuite c’est l’engrenage infernal : vigiles à la porte de l’immeuble ou de la villa, garde du corps pour tous les déplacements, gilet pare-balles pour le "bébé", voitures blindées etc. En un mot l’enfer !
Dans les misérables ghettos à riches les antidépresseurs sont devenus l’unique sujet de conversation de toutes les théparty.
Certains couples se demande même s’ils ne vont pas tout donner pour devenir pauvres et retrouver ainsi le bonheur du paradis perdu. Vous dire le pathétique de la situation !
Pour conclure cet état des lieux, trois ans après le début de cette pandémie félino-canine, je supplie à genoux, à plat ventre, sur la tête, enfin comme ils veulent, les Autorités de lancer un emprunt national de trois milliards d’euros nécessaire au financement de la création d’un vaccin et de sa fabrication industrielle. Le solde permettra de vendre la dose à petit prix en subventionnant les laboratoires, lieux de sainteté de la paix publique.
Cette décision honorera pour l’éternité les Autorités. Les Français reconnaissants leurs tresseront des couronnes de lauriers et brûleront de l’encens le dimanche dans les cimetières félino-canin pour que leurs âmes rejoignent celles de leur chatounet ou de leur toutou adorés.
En revendicateur professionnel ma demande n’est pas innocente, elle tient compte des prochaines élections présidentielles.
Toutes les Autorités sont d’ailleurs conscientes que leurs prises de position sur ce sujet ultrasensible seront déterminantes pour leur élection ou réélection.
Certaines Autorités distribuent sur les marchés des porte-clés avec en pendentif un chien ou un chat en peluche.
D’autres Autorités donnent des chiens ou des chats en plastique avec la tête qui bouge à déposer sur la plage arrière de votre véhicule automobile. Dans la région PACA le chien aboie et le chat miaule toutes les demi-heures.
Certaines Autorités, très riches, offrent des week-ends avec un animal de compagnie. Cette attention délicate est valable pour un couple sans enfant dans une résidence privée pour retraités propriétaires d’animaux. Une milice d’autodéfense assure la sécurité des heureux élus.
Au-delà de ces divergences l’unanimité se fait lors des discours publics, toutes les Autorités promettent la même chose : "Avec moi vous allez voir ce que vous allez voir. Élisez moi et dans trois mois je vous le promet un vaccin efficace sera distribué gratuitement. Je rouvrirai les frontières, les chiens, les chats arriveront par millions de tous les pays. Je vous l’assure tout le monde, je dis bien tout le monde aura, six mois après mon élection, un animal de compagnie. Je vous jure que je ne remplacerai mon très cher Médor, ma très chère Minouche (larme dans l’œil obligatoire) que lorsque toutes les Françaises et tous les Français auront retrouvé les leurs". Applaudissements, cris hystériques, évanouissements et sanglots d’émotion.
Certaines Autorités par excès de zèle électoral font des promesses inconsidérées et malodorantes. Que voulez-vous il arrive parfois dans les méandres de l’Histoire qu’une Autorité borgne règne chez les aveugles. Le Grand Rictus complète le discours ci-dessus en ces termes : "Tous les métèques adoptés à cause de l’incurie des Autorités en place seront récupérés et renvoyés par charter dans leur pays d’origine. En cadeau de retour il recevront un régime de bananes, des tongs, une bible et dix euros".
L’Autorité dirigeante, soucieuse de sa réélection, a adopté mon idée de Grand Emprunt National au taux de huit pour cent garanti par l’État. La souscription d’un montant de cinq milliards d’euros s’est ouverte lundi à neuf heures …….. à douze heures trente elle était close.
Août/septembre 2009.
10:57 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, société, politique, sarkozy, poésie
Barbe de Noël.
BARBE DE NOËL.
D’une cathédrale de haillons
émerge une barbe de Noël
décoré de deux étoiles hilares et
d’un lampion carminé.
Sur le front une portée
attend les notes dorées
d’une berceuse oubliée
pour s’incliner vers la nuit.
La chevelure de fils de rêve
et de crins de réalité
ne cherche plus à démêler
sa vie tombée en quenouille.
Bien au chaud en un nid
de brindilles roussies
la bouche oscille entre Villon
et un hymne à Bacchus.
Ses coquillages nacrés de givre
ont oublié depuis longtemps
le bruit de la mère.
Reste l’écho ouaté
de lointaines vagues
chaudes et caressantes.
Baisers d’une étoile morte
du temps où il y avait
des arbres de Noël.
Le 07 novembre 2009.
09:49 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, société, politique
10.11.2009
La grippe félino-canine.
Exceptionnellement un texte long.
Bon courage !
LA GRIPPE "A" FÉLINO-CANINE.
Une pandémie de grippe "A" félino-canine (CT1-CN1) s’est abattue sur la planète. Elle est particulièrement féroce en France où en quelques mois elle a tué cinquante millions six cent quarante deux mille trois cent douze chiens et quarante millions quatre cent vint trois mille six cent trente six chats. Autant dire qu'il n'y a plus de chien et de chat en France.
Progressivement un flot visqueux, fétide et fébrile a recouvert le pays. Après analyse sa composition fut gardé secrète tant elle reflétait (suivant des fuites) la dépression avancée de la société française. Mon beau-frère portier de nuit au Laboratoire National de Caninerie cédant à mes tendres supplications "Si tu ne me trouve pas le résultat des analyses je tue ta soeur", me rapporta un matin brumeux et livide le listing Clearsteam au dos duquel les ingrédients composants ce flot étaient détaillés : larmes de crocodile, bave de jeunes séniles, dégoulinades de niaiserie, poudre de faux sentiments, fins éclats de connerie, jus de débilité et comme excipient du miel de cucuterie.
Sous prétexte de deuil un grand drap noir fut tendu sur toute la France, en réalité il servait à dissimuler ce flot immonde. Les Autorités firent croire que c’était par compassion. Les traders plus malins achetèrent en masse les actions des usines à fabriquer les chiots et les chatons. À la Bourse Félino-Canine le CACA 40 bondit en trois semaines et demi de 3 842 à 8 644 points. Mouvement spéculatif amplifié par le blocage total des importations. Les Autorités ne sachant pas si le virus pouvait contaminer l’homme avait, en application du principe de précaution, pris cette décision.
L’armée du dégager la Bourse Félino-Canine. Une rumeur, affirmant qu’il fallait détenir au moins mille actions d’une société productrice de chiots et de chatons pour en obtenir un, avait provoqué un raz de marée humain. On dénombra autour la Bourse dix mille huit cent cinquante six morts par égorgement, pendaison, strangulation, stress, rupture d’anévrisme, faim, immolation, crise cardiaque, etc.
Les Autorités après trois semaines d’intenses réflexions, négociations et tergiversations décrétèrent l’attribution aux demandeurs maniaco-dépendants au bord du suicide, de plus de soixante dix ans, d’une carte de priorité, les autres reçurent un numéro d’ordre par inscription sur internet.
Les cartes se vendirent dix mille euros minimum au marché noir et internet fut bloqué pendant une semaine. Puis tout s’arrangea ; la Bourse Félino-Canine retrouva son fonctionnement normal lorsque le couvre-feu fut imposé dans un rayon de cinq cents mètres et que les paras du 2ème REP reçurent l’ordre d’abattre toute personne qui tenterait de s’y introduire de force.
En réalité la possession de mille actions ne donnait que la possibilité d’accéder aux magasins d’usine qui disposaient de chiots et de chatons sains à la vente. Malheureusement il ne suffisait pas de posséder ce passe droit, ni d’être dépressif grave par manque de tendresse canine ou féline il fallait aussi posséder un portefeuille bien garni. Un caniche blond qui se négociait 1 200 euros avant la crise trouvait preneur aujourd’hui à 20 000 euros. Pour les moins fortunés il ne restait plus que le suicide ou l’achat d’un substitut.
Hélas toutes ces mesures frappées au coin du bon sens n’empêchèrent pas un nombre exceptionnel de suicides. Devant la tombe de leur bébé, de leur fifils, de leur fifille, de leur chéri(e), de leur toutou d’amour, de leur chatounet(te) adoré(e), de leur amour, de leur trésor, (à compléter avec votre propre appellation). Des "papas", des"mamans" se firent hara-kiri, avalèrent trois tubes de Valium, se tirèrent une balle dans le cœur et autres façons extraordinaires de quitter ce bas monde tant est grand le génie humain.
L’Iphone et l’Ipod équipés d’un logiciel de chien virtuel qu’il faut nourrir, soigner, sortir et câliner se négociaient à 5 000 euros pièce au marché noir car le fabricant ne réussissait pas à produire suffisamment malgré ses dix usines chinoises.
Le lapin à poils longs connus un certain succès. Toutefois il est indéniable que tu as plutôt l’air con à chaque fois que tu le promènes au bout d’une laisse, surtout lorsqu’il ne veut plus avancer. Même à vingt deux heures trente on n’est pas à l’abri d’une rencontre avec la voisine. D’autres poussèrent l’absurde jusqu’à sortir avec une brosse à dents au bout d’une ficelle. Finalement des solutions sans avenir.
La vente de poisson rouge et de serin connut une période faste mais brève car difficile de dire : couchez, aux pieds, sur le cucul pour avoir le susucre à un poisson rouge ou à un serin et il ne faut pas avoir peur du ridicule pour se promener avec un bocal sous le bras ou une cage sur la tête.
Les hamsters connurent un succès foudroyant, surtout auprès des enfants. Hélas ils furent eux aussi décimés par la grippe félino-canine.
Le rat ne fit qu’une apparition confidentielle sur le marché, victime des préjugés qui sont encore fortement ancrés dans la mémoire de nos concitoyens envers ce charmant petit animal.
L’ours des Carpates n’amusa que quelques riches excentriques. Trop cher, trop dangereux dans l’étreinte, mais quelle gueule lorsque vous arrivez en soirée avec lui !
Aussi dur à trouver, mais moins chers, la peluche chien ou chat sous toutes ses formes se vendait très bien. Tous ceux qui en avaient gagné dans une fête foraine les ressortaient de la cave et organisait dans leur immeuble une vente clandestine aux enchères. Les Autorités interdirent ces pratiques à cause des centaines de décès qu’elles provoquèrent dans des bousculades hystériques.
Des épouses, des maris, des filles, des fils enfilèrent le soir des déguisements de chien ou chat et se mirent à marcher à quatre pattes en aboyant ou en miaulant, tout en se frottant aux jambes de l’être aimé.
De petits rusés en firent leur métier. Hélas pour eux ils n’avaient pas le poil aussi doux, le regard aussi tendre, la léchouille aussi sensuelle, le frottement aussi érotique et puis ils étaient un peu lourds pour être pris tendrement dans les bras. La profession disparue aussi vite qu’elle était apparue.
Lorsqu’un nouveau marché se crée il y a toujours des intuitifs qui anticipent la demande en offrant un produit innovant en phase avec la demande profonde du consommateur. Pour ce drame humain il fallait offrir une solution d’effusions pisseuses publiques pour combler ce besoin impérieux, non pas matériel mais affectif. Des sites internet offrent donc à l’achat des bébés africains, asiatiques ou sud américains. Leur prix est inférieur à celui des chiots et des chatons. Ce qui est normal dans une économie de marché lorsque l’offre est supérieure à la demande. Comme toujours dans ce type de transaction il faut être très prudent, il y a toujours des escrocs prêts à vous vendre du vent ou à pirater votre carte bleue.
L’adoption sauvage connue donc une progression exponentielle. Tous les efforts des Autorités pour stopper cette pratique furent vains. Comme les Autorités aiment à faire croire qu’ils sont à l’origine de tout ils légalisèrent, à l’unanimité, ce commerce.
Aujourd’hui l’engouement est moindre. Les anciennes maîtresses, les anciens maîtres de chien ou de chat déchantent. Le bébé, il est vrai, est affectueux. Sensible aux cucuteries et au gâtisme précoce dans son premier âge, hélas il réclame rapidement une présence affective mais également intelligente. De plus, sauf à de très rares exceptions, il n’est pas poilu et ne léchouille pas. Autres tares de ce mammifère il grandit, devient parlant, désobéissant et souvent se révolte contre les adultes. Problème secondaire non négligeable il coûte cher ! Non seulement il ne mange pas de croquettes, ni de boulettes, mais son habillement est horriblement coûteux. De plus il faut dépenser une fortune en couches pendant de longues, de très longues années, alors qu’avec un chien ou un chat vous lui faites faire sa crotte sur le trottoir où chez le voisin, coût : zéro !
Si malgré tout cette solution vous tente connectez vous à "BBrose.com" ou à "Frimousse.com" vous constaterez que le marché de la revente est florissant. Vous trouverez facilement des enfants âgés de dix huit mois à six ans à des prix très attractifs. Si vous n’êtes pas pressé de nombreux site proposent des remises substantielles au moment des soldes. Le site officiel de la SPE (Société Protectrice des Enfants) "EBaybay.com" quant à lui met aux enchères des bébés abandonnés sur les aires d’autoroute ou dans les forêts, qui leur ont été confiés. Il y a de très bonnes affaires aux moments des vacances. Surtout n’achetez pas pour revendre discrètement au marché noir, celui-ci a totalement disparu.
Parmi les rares heureux bénéficiaires de cette hécatombe : les créateurs de cimetières félino-canin. Tous ceux qui possédaient quelques milliers de mètres carrés de terre non cultivable, non constructible, en un mot invendables, les transformèrent en magnifiques lieux de pèlerinage. Tombes avec stèle, mur pour les urnes à cendres, poème gravé et statuaire de marbre qui font pleurer les foules, ifs du Brésil, salle de méditation etc.
Les plus confiants en la durée de la pandémie attendirent. Bien leur en pris dès la deuxième année le prix des tombeaux doubla. Un concession de trente ans pour chat se vendait dix mille euros et pour chien au environ de dix huit mille euros. Aujourd’hui le prix des places, enfin celles dignes de ce nom, est totalement irrationnel. Certain parle de cinquante mille euros et même de cent mille euros pour les emplacements exceptionnels. Les emplacements exceptionnels sont ceux à proximité de chez soi, d’une gare ou d’un aéroport, exposés plein sud avec vue dégagée, perchés sur une butte et dans un lieu peu venteux.
Toutes ces considérations ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel c'est-à-dire le tsunami sentimental qui a submergé des millions de français. Un deuil national sans précédent depuis 14-18. Les drapeaux furent mis en berne pendant un mois dans toutes les SPA, les cabinets vétérinaires, les salons de toilettage et la Bourse Félino-Canine.
Des milliers de messes à la mémoire de nos amis les bêtes furent organisées moyennant un don tarifé comme il se doit. Elles se déroulèrent incognito pour ne pas discréditer un peu plus le clergé. L’Église de France de ce fait retrouva une situation financière qu’elle n’avait pas connue depuis soixante ans.
Sans mélanger les valeurs il faut bien reconnaître que les effets collatéraux de cette catastrophe provoquèrent un effondrement de l’activité économique spécialisée. Aussi rapidement que les ravages de la pandémie il se produisit une chute vertigineuse des ventes de croquettes, boulettes, pâtés, litières, laisses, nœud-nœud, paletot, etc. les usines fermaient aussi vite que tire Lucky Luck. Les ouvriers manifestaient en criant "Mangez comme vos animaux vous serez beaux", "Les croquettes c’est bon pour les coquettes", "À bas les rillettes vive les pâtés pour chiens".
Certains dirigeants d’entreprises tentèrent bien de reconvertir leur chaîne pour produire du pâté de tête ou des gâteaux à apéritif, se fut un échec, la qualité n’était pas au rendez vous.
Difficile à admettre mais il faut bien le reconnaître les maîtresse et les maîtres ne montrèrent guère d’empressement à manger ce qu’ils donnaient sans états d’âme à leurs animaux.
Les vétérinaires autant pris de court mais plus ingénieux arguèrent de leurs compétences pour offrir leurs services aux cellules de soutien psychologique. Reconversion réussie ! À leur grande surprise et à leur grande satisfaction la rentabilité se révéla nettement supérieur à leur activité de praticien.
Certains toiletteurs tentèrent de se reconvertir en salon de beauté pour bébés, d’autres en garderie pour poissons exotiques, oiseaux en tout genre et rats. Quelques audacieux osèrent le grand saut et se transformèrent en salon de beauté. Hélas, trois fois hélas, malgré quelques exceptionnelles réussites, se fut un fiasco.
La ville de Paris licencia les trois cent deux personnes et demi affectées au ramassage et au traitement quotidien des tonnes d’excrément animal rejetés sur les trottoirs et les chaussées de la Capital.
Ne croyez pas que je vous ai oublié vous les promeneurs de chien, les contractuelles de la brigade de répression canine, les dresseurs, les organisateurs de concours, les tricoteuses de paletots, les graveurs de médailles, les employés d’animaleries, les brodeuses de sac à crottes, les tresseurs de paniers, les rouleurs de baballe, les tatoueurs. Vous tous que cette crise a précipité dans le chômage, cet acide qui dissout toutes les volontés et brise les vies. Tous les français pensent à vous, enfin disons quelques français…
N’ayant, comme toujours, aucune possibilité d’action contre l’élévation du taux de chômage les Autorités, soucieuses et gardiennes du bien être de tous les français, décidèrent de porter le remboursement des calmants et autres somnifères de quinze pour cent à cent pour cent. Les consultations aux cellules d’aide psychologique étaient devenues payantes, leur gratuité fut rétablie par un vote à l’unanimité.
De la même façon qu’il n’est pas bon pour l’image d’un people politique ou du show-biz de paraître à la télévision ave une cigarette, les Autorités de ne se présentèrent plus en public avec un animal de compagnie. Certaines Autorités allèrent même, suprême audace, jusqu’à porter au revers de leur veste le pin’s de l’association "Casser la grippe".
Malgré les millions d’euros investis dans la recherche aucun vaccin n’a été mis au point à ce jour. Au grand dam des laboratoires qui attendent avec impatience l’ouverture de ce juteux marché.
Les Autorités au pouvoir, dont la vie est devenue un calvaire à cause des de ces chercheurs incompétents et trop payés à ne rien foutre, sont confrontés, en plus de toutes leurs misères, à une augmentation importante de la délinquance.
Vols de chien ou de chat à l’arraché ou par cambriolage, kidnapping avec demande de rançon, attaque au bélier des locaux de stockage dans les usines à chatons et à chiots, vols d’actions à Bourse félino-canine, importations clandestines. La mafia russe toujours à l’affût de nouvelles recettes est considérée comme la plus active dans cette filière bien que l’albanaise ne laisse pas sa part aux chiens.
En plus depuis trois ans les Autorités doivent gérer le plus Grand Spleen franco-français du siècle : comment vivre sans son animal adoré ? Lui qui était toujours disponible pour écouter les ersatz d’amour de Papa et Maman. Recueillir toute leur tendresse, leur amour inassouvi.
Bien que je comprenne parfaitement la douleur de nos endeuillés, j’avoue mon étonnement. N’ont-ils pas dans leur entourage des enfants, petits-enfants, neveux ou nièces ? Les associations caritatives et humanitaires fleurissent à leurs portes. Et tous ces vieux à l’abandon. Dont les leurs font peut être partis d’ailleurs ? Pourquoi ne leur donnent ils pas à profiter de cet excédents d’amour, de tendresse et d’euros ?
Un autre facteur d’importance joue dans cette dépression collective. Un manque abyssal : ce pauvre exutoire qui leur permettait d’assouvir le besoin bassement humain d’être la maîtresse ou le maître. Face à leur animal ils pouvaient laisser libre cours à leurs velléités d’autorité. Celle qu’ils n’ont jamais eue par ailleurs.
Bas fantasmes sado-maso ou triste misère humaine ?
Tout cela n’est rien au regard de la vie des riches, qui n’était déjà pas facile avec tous ces fainéants jaloux qui les entourent, l’ISF, la Crise, le pillage des châteaux, l’augmentation déraisonnable du champagne et du caviar. Toutes ces brimades et vexations les avaient déjà bien encourcaillés
La grippe "A" félino-canine a fini de détruire leur quiétude. Cette fois ci l’attaque passait du matériel au sentimental. Toutes les dépressives femmes de riches, à la mort de leur "bébé", devinrent hyper désamourées. Leur richissime mari, eux, n’eurent aucun problème pour acquérir un nouveau "bébé". Tout s’arrangea, sauf que quelques mois après, la multiplication des vols, des rapts provoqua chez ces dames une angoisse insoutenable. Ensuite c’est l’engrenage infernal : vigiles à la porte de l’immeuble ou de la villa, garde du corps pour tous les déplacements, gilet pare-balles pour le "bébé", voitures blindées etc. En un mot l’enfer !
Dans les misérables ghettos à riches les antidépresseurs sont devenus l’unique sujet de conversation de toutes les théparty.
Certains couples se demande même s’ils ne vont pas tout donner pour devenir pauvres et retrouver ainsi le bonheur du paradis perdu. Vous dire le pathétique de la situation !
Pour conclure cet état des lieux, trois ans après le début de cette pandémie félino-canine, je supplie à genoux, à plat ventre, sur la tête, enfin comme ils veulent, les Autorités de lancer un emprunt national de trois milliards d’euros nécessaire au financement de la création d’un vaccin et de sa fabrication industrielle. Le solde permettra de vendre la dose à petit prix en subventionnant les laboratoires, lieux de sainteté de la paix publique.
Cette décision honorera pour l’éternité les Autorités. Les Français reconnaissants leurs tresseront des couronnes de lauriers et brûleront de l’encens le dimanche dans les cimetières félino-canin pour que leurs âmes rejoignent celles de leur chatounet ou de leur toutou adorés.
En revendicateur professionnel ma demande n’est pas innocente, elle tient compte des prochaines élections présidentielles.
Toutes les Autorités sont d’ailleurs conscientes que leurs prises de position sur ce sujet ultrasensible seront déterminantes pour leur élection ou réélection.
Certaines Autorités distribuent sur les marchés des porte-clés avec en pendentif un chien ou un chat en peluche.
D’autres Autorités donnent des chiens ou des chats en plastique avec la tête qui bouge à déposer sur la plage arrière de votre véhicule automobile. Dans la région PACA le chien aboie et le chat miaule toutes les demi-heures.
Certaines Autorités, très riches, offrent des week-ends avec un animal de compagnie. Cette attention délicate est valable pour un couple sans enfant dans une résidence privée pour retraités propriétaires d’animaux. Une milice d’autodéfense assure la sécurité des heureux élus.
Au-delà de ces divergences l’unanimité se fait lors des discours publics, toutes les Autorités promettent la même chose : "Avec moi vous allez voir ce que vous allez voir. Élisez moi et dans trois mois je vous le promet un vaccin efficace sera distribué gratuitement. Je rouvrirai les frontières, les chiens, les chats arriveront par millions de tous les pays. Je vous l’assure tout le monde, je dis bien tout le monde aura, six mois après mon élection, un animal de compagnie. Je vous jure que je ne remplacerai mon très cher Médor, ma très chère Minouche (larme dans l’œil obligatoire) que lorsque toutes les Françaises et tous les Français auront retrouvé les leurs". Applaudissements, cris hystériques, évanouissements et sanglots d’émotion.
Certaines Autorités par excès de zèle électoral font des promesses inconsidérées et malodorantes. Que voulez-vous il arrive parfois dans les méandres de l’Histoire qu’une Autorité borgne règne chez les aveugles. Le Grand Rictus complète le discours ci-dessus en ces termes : "Tous les métèques adoptés à cause de l’incurie des Autorités en place seront récupérés et renvoyés par charter dans leur pays d’origine. En cadeau de retour il recevront un régime de bananes, des tongs, une bible et dix euros".
L’Autorité dirigeante, soucieuse de sa réélection, a adopté mon idée de Grand Emprunt National au taux de huit pour cent garanti par l’État. La souscription d’un montant de cinq milliards d’euros s’est ouverte lundi à neuf heures …….. à douze heures trente elle était close.
Août/septembre 2009.
13:07 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, sarkozie, société
09.11.2009
Sur le banc.
Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues.
SUR LE BANC.
Parc Monceau, juin, quinze heures, le soleil brille. Lui est assis sur un banc L’autre s’assied à ses cotés.
L’autre : Bonjour Monsieur, comment allez-vous ?
Lui (Surpris et inquiet) : Bonjour.
L’autre : Belle journée.
Lui (Toujours surpris et inquiet) : Oui.
L’autre : Surtout dans cet admirable parc. J’y viens régulièrement j’aime sa tranquillité au milieu de la folie parisienne.
Lui : (Où veut il en venir ?) Absolument d’accord.
L’autre : Quelle chance ont les habitants des immeubles et des hôtels particuliers qui le bordent.
Lui : Bien sûr.
L’autre : Vivre à proximité restera toujours un rêve hors de mes moyens. Je n’en suis d’ailleurs nullement attristé, les problèmes d’argent sont secondaires. Ma vie coule paisible.
Lui : (Nous y voilà) Désolé je n’ai pas mon portefeuille sur moi.
L’autre : Voulez vous que je vous offre un café ?
Lui : (Il est fou ce noiraud à costume) Non merci.
L’autre : Ce serait avec plaisir vous me semblez un homme d’agréable compagnie.
Lui : (C’est le monde à l’envers) Merci.
L’autre : Que faites vous dans la vie ?
Lui : (De quoi il se mêle) Je suis juge.
L’autre : Quel type de juge ?
Lui : (Je rêve il est en train de m’interroger) Juge d’application des peines.
L’autre : Dur métier.
Lui : Oui et vous quel est votre emploi ?
L’autre : Je suis professeur au Collège de France.
Lui : (Il se fout de moi) Oui bien sûr et quelle est votre spécialité ?
L’autre : La linguistique.
Lui : (Un comble) Ha oui ! Bien.
L’autre : Tenez voici ma carte demain à 15 heures je donne un cours, je serais honoré de votre présence. Sauf si le juge d’application des peines que je vois demain matin confirme mon expulsion.
Lui : (C’est bien ce que je pensais) On ne peut pas expulser un professeur du Collège de France, Monsieur !
L’autre : Sauf si l’on découvre qu’il est sans papier depuis 40 ans.
Lui : C’est impossible !
L’autre : Si ! Je suis venu étudier clandestinement en France et je n’ai jamais régularisé ma situation.
Lui : C’est impossible !
L’autre : J’ai dis au juge que j’étais sans profession. La loi est la même pour tous nous répète son digne représentant Monsieur Hortefeux et vous êtes bien placé pour le savoir. Alors de quoi voulez vous que je m’inquiète.
Lui : C’est impossible !
L’autre (En se levant) : À demain, sinon vous lirez la suite dans les journaux.
Lui (Incrédule): Au revoir Monsieur.
SUR LE BANC. (Bis).
Parc Monceau, juin, quinze heures, le soleil brille. Lui est assis sur un banc L’autre s’assied à ses cotés.
L’autre : Bonjour Messieu, ça va ?
Lui (Surpris et inquiet) : Salut.
L’autre : la soleil bon.
Lui (De plus en plus surpris et inquiet): Oui.
L’autre : Aime banc ici, bien.
Lui : (Il va me foutre la paix celui-là) Oui.
L’autre : Jardin beau, pas SDF.
Lui : (Je rêve) Oui. Vous, vous avez un travail ?
L’autre : Oui.
Lui : Alors qu’est ce que vous faites ici ?
L’autre : Poubelles matin. Quatre heures matin travail. Midi fini.
Lui : Pourquoi vous ne retournez pas dans votre quartier ?
L’autre (Attristé): (Tous même) Chambre petite. Pas jardin. Ici beau.
Lui : (Encore un sans papier) Vous avez des papiers ?
L’autre : Oui moi réfugié politique. Si rester pays moi mort. Voulez voir papiers ?
Lui : Non ; non. Je suis juge d’application des peines je passe mon temps à vérifier des papiers. Aujourd’hui je suis de repos.
L’autre : Comprend, comprend.
Lui : De quel pays venez vous ?
L’autre : Tchétchénie.
Lui : Il n’y a pas de danger là-bas, les Russes ont rétablis l’ordre.
L’autre : Pas vrai ;
Lui : Comment pas vrai ! Dans le "Figaro" il y avait un reportage qui disait que tout était redevenu normal.
L’autre : "Figaro" menteur.
Lui : (Pourquoi je perds mon temps à discuter avec cet analphabète ?) Vous ne savez pas lire comment pouvez vous comprendre la politique.
L’autre : Moi lire ma langue.
Lui (Surpris): Ah bon !
L’autre : Oui moi ingénieur-docteur. Parler pas français, parler tchétchène, russe et anglais. Un mois France. Tous soirs école apprendre vite français.
Lui : Ah bon !
L’autre : Oui.
Lui (Impressionné): Est-ce que je peux vous payer un café ?
L’autre : Merci, moi bois thé.
Lui : D’accord pour le thé
L’autre : Gentil, beaucoup gentil.
Lui (Surpris par la main tendue et son invitation. Se levant): (Quelle idée, trop tard maintenant pour reculer) Suivez moi le café est juste face à la sortie.
09:32 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, sarkozy.
01.11.2009
Racisme ordinaire.
RACISME ORDINAIRE.
Il y a quelques mois j’ai embauché un congolais. Il est noir, vraiment noir.
Lors du recrutement sa candidature fut retenue avec celle de deux autres personnes car sa formation et son expérience correspondaient exactement au profil que nous avions défini.
Après qu’il eu passé les tests et rencontré notre DRH je le reçu pour un dernier entretien. En dehors des critères professionnels sa personnalité et sa couleur de peau étaient pour moi des atouts supplémentaires.
Dans notre charte d’éthique d’entreprise il est inscrit comme positive attitude, entre autre, que chaque salarié doit avoir une vision totalement humaine dans ses relations avec les autres et que notre politique d’embauche exclus toutes les discriminations sexiste, raciale ou religieuse.
Notre personnel inclus donc des arabes, des juifs, des asiatiques. Nous employons même un indien d’Inde au service informatique, mais pas de noir. Monsieur M’Backi nous offrait, en plus de sa compétence, la possibilité de remédier à ce manque dans notre effectif.
Je donnais donc mon accord pour son embauche en CDI.
En janvier réunion semestrielle avec les représentants du personnel. Nous parlons de la crise et de ses conséquences pour la société. Le DRH et moi rassurons tout le monde en présentant notre carnet de commandes rempli pour un an. Il est vrai que certains clients ont diminué leurs quantités d’achat par contre nos commerciaux sont très offensifs et ainsi trouvent de nouveaux clients avec ardeur. De plus nos produits sont très performants et nous avons deux à trois ans d’avance en innovation sur nos concurrents. Nous allons sûrement être obligé d’embaucher.
Le point sur notre situation économique étant épuisé nous passons au volet social. La charte éthique est bien connue de tous et aux dires des deux parties elle est globalement respectée. Le montant de la participation pour l’année écoulée est en hausse. Nouvelle qui réjouit les représentants du personnel. Notre offre d’augmentation annuelle de six pour cent est votée sans grand débat.
Puis l’ordre du jour appelle les questions diverses. Quelques interrogations sans grande importance, par contre je vois nos interlocuteurs s’agiter sur leur chaise. Je sais que cette attitude, comme à l’accoutumée, précède une question délicate.
- Voilà Messieurs ……nous voudrions vous parler de Monsieur M’Backi….
- -Nous vous écoutons.
- Il y a un problème ………avec ses collègues
- C'est-à-dire ?
- Il sent fort…..
- Et alors à chacun son odeur. Pour les noirs nous sentons la mort. Pensez vous que ce soit agréable pour eux ?
- Oui, oui d’accord….mais bon… les gars se plaignent à nous sans arrêt.
- À part le fait qu’il soit noir il n’est pas différent de nous. Il est arrivé en France à l’âge de trois ans, famille chrétienne, éducation stricte. Il ne boit pas, le problème est peut être là ?
- Non, non……
- Alors quoi ?
- Ben…..ils ont du mal….
- À quoi ?
- A l’accepter comme chef d’équipe.
- Quelles raisons invoquent ils ?
- Son équipe…..n’accepte pas d’être commandée par un noir, voilà !
- C’est impensable et en contradiction totale avec notre éthique
- Nous le savons Monsieur mais…..mais l’ambiance est devenue invivable et le mal gagne les équipes voisines. Ce qui va aussi à l’encontre de notre éthique d’harmonie et de consensus.
- Ah ! Oui c’est embêtant…..bien embêtant.
- Personnellement nous n’avons rien contre lui, mais aujourd’hui avec la crise et tout, ça l’fait pas. Il vaudrait mieux que l’ambiance soit bonne, qu’en pensez vous ?
- Bien sûr, bien sûr……….Monsieur le DRH êtes vous au courant de cette affaire ?
- Oui évidement, j’essaie de calmer les esprits afin de faire respecter notre charte mais j’avoue mon impuissance
- La personnalité de Monsieur M’Backi est elle en cause ?
- Non, ni sa compétence. Simplement il serait balayeur il n’y aurait pas de problème. Comme chef d’équipe il est rejeté
- Donc sur sa simple couleur de peau ?
- Oui Monsieur c’est navrant mais je ne vois pas comment faire évoluer la mentalité des membres de son équipe. En attendant l’ambiance est plombée et la productivité baisse. Je suis bien en peine pour ramener la sérénité.
- Que nous conseillez vous ?
- Monsieur je pense que le mieux ne serait pas de licencier Monsieur M’Backi, ce qui serait contraire à notre éthique d’entreprise, mais ……..mais de lui conseiller de chercher un autre emploi. Bien sur nous lui laisserions le temps nécessaire.
- Well, well situation délicate mais l’harmonie de la société est en jeu. Convoquez Monsieur M’Backi à mon bureau demain matin.
- Monsieur M’Backi bonjour prenez place s’il vous plait. Je suis extrêmement embêté……..vous savez que nous vivons une crise très dure, notre chiffre d’affaires baisse alors il nous faut serrer les boulons, réduire nos coûts. Comme vous êtes parmi les derniers embauchés nous allons devoir nous passer de vos services. Attention nous ne vous licencions pas sèchement car tout le monde est satisfait de vous et ce serait contraire à notre éthique. Cherchez un travail tranquillement. Bien sur pas pendant un an (rire forcé).
- Monsieur je ne suis pas surpris j’ai déjà vécu plusieurs fois cette situation. Tout le monde est content de moi, mais l’on fini toujours par me virer. Je n’ai pas les moyens de Michael Jackson pour me faire blanchir la peau, alors…….Ne vous inquiétez pas j’ai vu le complot se développer j’ai donc pris les devants. Je dois signer prochainement un CDI pour un poste de directeur dans une société au Congo. Ne vous inquiétez pas je ne resterai pas un an, ne vous inquiétez pas.
Monsieur M’Backi pleure en silence.
- Ne vous inquiétez pas ce n’est pas grave j’ai l’habitude. Ne vous inquiétez pas. Au revoir Monsieur.
- Au revoir Monsieur M’Backi, bonne chance.
Le 03 avril 2009.
10:27 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, sarkozy.
29.10.2009
Suicide
SUICIDE.
Je ne l’ai jamais nié, j’ai déconné
C’est vrai je me suis complètement égaré.
Je n’aurais jamais du la voler cette télé
C’était la coupe du monde j’ai disjoncté.
Est-ce une raison pour me tutoyer,
M’insulter, me bousculer, me bastonner,
Me jeter dans cette cellule sans manger,
M’obliger à implorer afin de pouvoir pisser ?
Transfert, je suis en prison depuis une semaine
À attendre sans explication, sans espoir
Les matons me traite comme un criminel
J’ai une peur permanente de mes codétenus.
Eux c’est des durs des vrais, pas des pédés.
D’ailleurs il ne se gêne pas pour me le rappeler
T’as des couilles ou quoi tu ne vas pas pleurer
Toute la journée comme une gonzesse.
Je n’en dors plus, je revis tout en boucle
J’ai honte pour ma mère et mon père
Ma famille est déshonorée dans la cité
Quand à moi ma vie est foutue, c’est sûr.
Madame, Monsieur bonsoir, voici les titres :
Un communiqué du Ministère de la Justice
Annonce qu’un nouveau détenu c’est suicidé
Il s’agit du douzième cas depuis le début du mois.
Carla Bruni a vendu trois cent mille exemplaires
De son dernier disque "Comme si de rien n’était".
Le 27 octobre 2008.
09:02 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, sarkozy



