15.11.2009
Pétales de chair
PÉTALES DE CHAIR.
Pétales de chair livide
sous la lumière bleue,
éclats de vie sans écho.
L’ample geste du semeur de sable
a effacé tout rêve d’ici.
Partir, rejoindre le grand fleuve
afin que sa pirogue existe.
Fragments éparpillés
par des coups de pied botté
dans le cosmos vertigineux.
Puzzle incomplet, cadeau de riche
qui garde la pièce gagnante.
Les lampyres stellaires,
feux d’artifice des puissants,
éclairent le plat des pauvres
en recherche d’unité.
Ingrats quémandeurs de miettes dorées
dans l’oubli de la frugalité divine.
Qu’importe l’or ruisselle sans fin.
Le sommet de la pyramide est
éclatant sous le soleil.
Dans l’ombre la base pellette sans fin.
Le libéral torrent
nettoie les écuries d’Augias
emportant vers les bas fonds
la lie du monde.
Chacun à sa place et
les sommets resplendiront.
Mesquins les nains agitent
leurs mains pleines de vilenies,
en hurlant la bouche tordue
de haine et d’envie :
"Augias a des frères, nettoyons, nettoyons"
Pauvres écervelés qui ne savent pas
récurer leurs toilettes puantes
La merde n’encombre pas les sommets
elle glisse vers le bas où patauge le commun
Heureusement Dieu dans sa grande bonté
permet l’apparition régulière
d’un Grand Nettoyeur,
d’un Grand Ordonnateur
qui élimine les impuretés accumulées.
La vallée enfin remplie de vérité
reçoit le soleil universel.
Gloire au Grand Nettoyeur.
Alléluia à Dieu qui lui a
confié la Grande Épée de Feu
Les roseaux sous le souffle divin
se redressent, fiers et hardis.
Les prêtres ont changé d’habits
ils entonnent le nouveau credo ;
dépouillé de ses oripeaux dorés
on le croirait nouveau-né.
Souple et flexible le serpent
regarde le sommet de la pyramide.
Malheur à nous!
Des nuages diaboliques
cachent le pyramidion
qu’avons-nous fait ?
Le soleil affolé d’or
parcours avidement
la terre aride des "no futur".
Sous ses rais ne scintille plus
que la grise poussière du néant.
La manne a disparue.
Ô Pharaon nous t’en supplions
fait sortir du Grand Temple
le Gros Marteau d’airain et
le Glorieux Ventilateur de tes ancêtres.
Après avoir tuer le Grand Nettoyeur,
nous actionnerons la Grande Roue.
Comme nos valeureux anciens
nous sommes prêts à mourir
pour chasser les impies nuages.
Le Pyramidion est plus beau que jamais
Les prêtres ont revêtus l’ancienne robe
Ils ont entonnés le Cred’or.
Pharaon a fait brûler les corps
des vaillants défendeurs de l’Ordre
morts pour sauver le Monde de Râ.
Le Grand Ventilateur a chassé les cendres.
Le Pyramidion est au soleil
La vallée dans l’ombre
Tout est en ordre.
Pharaon sourit.
Le 13 novembre 2009.
11:41 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, société, politique, sarkozy
13.11.2009
La grippe félino-canine.
LA GRIPPE "A" FÉLINO-CANINE.
Une pandémie de grippe "A" félino-canine (CT1-CN1) s’est abattue sur la planète. Elle est particulièrement féroce en France où en quelques mois elle a tué cinquante millions six cent quarante deux mille trois cent douze chiens et quarante millions quatre cent vint trois mille six cent trente six chats. Autant dire qu’il n’y a plus de chien et de chat en France.
Progressivement un flot visqueux, fétide et fébrile a recouvert le pays. Après analyse sa composition fut gardé secrète tant elle reflétait (suivant des fuites) la dépression avancée de la société française. Mon beau-frère portier de nuit au Laboratoire National de Caninerie cédant à mes tendres supplications "Si tu ne me trouve pas le résultat des analyses je tue ta soeur", me rapporta un matin brumeux et livide le listing Clearsteam au dos duquel les ingrédients composants ce flot étaient détaillés : larmes de crocodile, bave de jeunes séniles, dégoulinades de niaiserie, poudre de faux sentiments, fins éclats de connerie, jus de débilité et comme excipient du miel de cucuterie.
Sous prétexte de deuil un grand drap noir fut tendu sur toute la France, en réalité il servait à dissimuler ce flot immonde. Les Autorités firent croire que c’était par compassion. Les traders plus malins achetèrent en masse les actions des usines à fabriquer les chiots et les chatons. À la Bourse Félino-Canine le CACA 40 bondit en trois semaines et demi de 3 842 à 8 644 points. Mouvement spéculatif amplifié par le blocage total des importations. Les Autorités ne sachant pas si le virus pouvait contaminer l’homme avait, en application du principe de précaution, pris cette décision.
L’armée du dégager la Bourse Félino-Canine. Une rumeur, affirmant qu’il fallait détenir au moins mille actions d’une société productrice de chiots et de chatons pour en obtenir un, avait provoqué un raz de marée humain. On dénombra autour la Bourse dix mille huit cent cinquante six morts par égorgement, pendaison, strangulation, stress, rupture d’anévrisme, faim, immolation, crise cardiaque, etc.
Les Autorités après trois semaines d’intenses réflexions, négociations et tergiversations décrétèrent l’attribution aux demandeurs maniaco-dépendants au bord du suicide, de plus de soixante dix ans, d’une carte de priorité, les autres reçurent un numéro d’ordre par inscription sur internet.
Les cartes se vendirent dix mille euros minimum au marché noir et internet fut bloqué pendant une semaine. Puis tout s’arrangea ; la Bourse Félino-Canine retrouva son fonctionnement normal lorsque le couvre-feu fut imposé dans un rayon de cinq cents mètres et que les paras du 2ème REP reçurent l’ordre d’abattre toute personne qui tenterait de s’y introduire de force.
En réalité la possession de mille actions ne donnait que la possibilité d’accéder aux magasins d’usine qui disposaient de chiots et de chatons sains à la vente. Malheureusement il ne suffisait pas de posséder ce passe droit, ni d’être dépressif grave par manque de tendresse canine ou féline il fallait aussi posséder un portefeuille bien garni. Un caniche blond qui se négociait 1 200 euros avant la crise trouvait preneur aujourd’hui à 20 000 euros. Pour les moins fortunés il ne restait plus que le suicide ou l’achat d’un substitut.
Hélas toutes ces mesures frappées au coin du bon sens n’empêchèrent pas un nombre exceptionnel de suicides. Devant la tombe de leur bébé, de leur fifils, de leur fifille, de leur chéri(e), de leur toutou d’amour, de leur chatounet(te) adoré(e), de leur amour, de leur trésor, (à compléter avec votre propre appellation). Des "papas", des"mamans" se firent hara-kiri, avalèrent trois tubes de Valium, se tirèrent une balle dans le cœur et autres façons extraordinaires de quitter ce bas monde tant est grand le génie humain.
L’Iphone et l’Ipod équipés d’un logiciel de chien virtuel qu’il faut nourrir, soigner, sortir et câliner se négociaient à 5 000 euros pièce au marché noir car le fabricant ne réussissait pas à produire suffisamment malgré ses dix usines chinoises.
Le lapin à poils longs connus un certain succès. Toutefois il est indéniable que tu as plutôt l’air con à chaque fois que tu le promènes au bout d’une laisse, surtout lorsqu’il ne veut plus avancer. Même à vingt deux heures trente on n’est pas à l’abri d’une rencontre avec la voisine. D’autres poussèrent l’absurde jusqu’à sortir avec une brosse à dents au bout d’une ficelle. Finalement des solutions sans avenir.
La vente de poisson rouge et de serin connut une période faste mais brève car difficile de dire : couchez, aux pieds, sur le cucul pour avoir le susucre à un poisson rouge ou à un serin et il ne faut pas avoir peur du ridicule pour se promener avec un bocal sous le bras ou une cage sur la tête.
Les hamsters connurent un succès foudroyant, surtout auprès des enfants. Hélas ils furent eux aussi décimés par la grippe félino-canine.
Le rat ne fit qu’une apparition confidentielle sur le marché, victime des préjugés qui sont encore fortement ancrés dans la mémoire de nos concitoyens envers ce charmant petit animal.
L’ours des Carpates n’amusa que quelques riches excentriques. Trop cher, trop dangereux dans l’étreinte, mais quelle gueule lorsque vous arrivez en soirée avec lui !
Aussi dur à trouver, mais moins chers, la peluche chien ou chat sous toutes ses formes se vendait très bien. Tous ceux qui en avaient gagné dans une fête foraine les ressortaient de la cave et organisait dans leur immeuble une vente clandestine aux enchères. Les Autorités interdirent ces pratiques à cause des centaines de décès qu’elles provoquèrent dans des bousculades hystériques.
Des épouses, des maris, des filles, des fils enfilèrent le soir des déguisements de chien ou chat et se mirent à marcher à quatre pattes en aboyant ou en miaulant, tout en se frottant aux jambes de l’être aimé.
De petits rusés en firent leur métier. Hélas pour eux ils n’avaient pas le poil aussi doux, le regard aussi tendre, la léchouille aussi sensuelle, le frottement aussi érotique et puis ils étaient un peu lourds pour être pris tendrement dans les bras. La profession disparue aussi vite qu’elle était apparue.
Lorsqu’un nouveau marché se crée il y a toujours des intuitifs qui anticipent la demande en offrant un produit innovant en phase avec la demande profonde du consommateur. Pour ce drame humain il fallait offrir une solution d’effusions pisseuses publiques pour combler ce besoin impérieux, non pas matériel mais affectif. Des sites internet offrent donc à l’achat des bébés africains, asiatiques ou sud américains. Leur prix est inférieur à celui des chiots et des chatons. Ce qui est normal dans une économie de marché lorsque l’offre est supérieure à la demande. Comme toujours dans ce type de transaction il faut être très prudent, il y a toujours des escrocs prêts à vous vendre du vent ou à pirater votre carte bleue.
L’adoption sauvage connue donc une progression exponentielle. Tous les efforts des Autorités pour stopper cette pratique furent vains. Comme les Autorités aiment à faire croire qu’ils sont à l’origine de tout ils légalisèrent, à l’unanimité, ce commerce.
Aujourd’hui l’engouement est moindre. Les anciennes maîtresses, les anciens maîtres de chien ou de chat déchantent. Le bébé, il est vrai, est affectueux. Sensible aux cucuteries et au gâtisme précoce dans son premier âge, hélas il réclame rapidement une présence affective mais également intelligente. De plus, sauf à de très rares exceptions, il n’est pas poilu et ne léchouille pas. Autres tares de ce mammifère il grandit, devient parlant, désobéissant et souvent se révolte contre les adultes. Problème secondaire non négligeable il coûte cher ! Non seulement il ne mange pas de croquettes, ni de boulettes, mais son habillement est horriblement coûteux. De plus il faut dépenser une fortune en couches pendant de longues, de très longues années, alors qu’avec un chien ou un chat vous lui faites faire sa crotte sur le trottoir où chez le voisin, coût : zéro !
Si malgré tout cette solution vous tente connectez vous à "BBrose.com" ou à "Frimousse.com" vous constaterez que le marché de la revente est florissant. Vous trouverez facilement des enfants âgés de dix huit mois à six ans à des prix très attractifs. Si vous n’êtes pas pressé de nombreux site proposent des remises substantielles au moment des soldes. Le site officiel de la SPE (Société Protectrice des Enfants) "EBaybay.com" quant à lui met aux enchères des bébés abandonnés sur les aires d’autoroute ou dans les forêts, qui leur ont été confiés. Il y a de très bonnes affaires aux moments des vacances. Surtout n’achetez pas pour revendre discrètement au marché noir, celui-ci a totalement disparu.
Parmi les rares heureux bénéficiaires de cette hécatombe : les créateurs de cimetières félino-canin. Tous ceux qui possédaient quelques milliers de mètres carrés de terre non cultivable, non constructible, en un mot invendables, les transformèrent en magnifiques lieux de pèlerinage. Tombes avec stèle, mur pour les urnes à cendres, poème gravé et statuaire de marbre qui font pleurer les foules, ifs du Brésil, salle de méditation etc.
Les plus confiants en la durée de la pandémie attendirent. Bien leur en pris dès la deuxième année le prix des tombeaux doubla. Un concession de trente ans pour chat se vendait dix mille euros et pour chien au environ de dix huit mille euros. Aujourd’hui le prix des places, enfin celles dignes de ce nom, est totalement irrationnel. Certain parle de cinquante mille euros et même de cent mille euros pour les emplacements exceptionnels. Les emplacements exceptionnels sont ceux à proximité de chez soi, d’une gare ou d’un aéroport, exposés plein sud avec vue dégagée, perchés sur une butte et dans un lieu peu venteux.
Toutes ces considérations ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel c'est-à-dire le tsunami sentimental qui a submergé des millions de français. Un deuil national sans précédent depuis 14-18. Les drapeaux furent mis en berne pendant un mois dans toutes les SPA, les cabinets vétérinaires, les salons de toilettage et la Bourse Félino-Canine.
Des milliers de messes à la mémoire de nos amis les bêtes furent organisées moyennant un don tarifé comme il se doit. Elles se déroulèrent incognito pour ne pas discréditer un peu plus le clergé. L’Église de France de ce fait retrouva une situation financière qu’elle n’avait pas connue depuis soixante ans.
Sans mélanger les valeurs il faut bien reconnaître que les effets collatéraux de cette catastrophe provoquèrent un effondrement de l’activité économique spécialisée. Aussi rapidement que les ravages de la pandémie il se produisit une chute vertigineuse des ventes de croquettes, boulettes, pâtés, litières, laisses, nœud-nœud, paletot, etc. les usines fermaient aussi vite que tire Lucky Luck. Les ouvriers manifestaient en criant "Mangez comme vos animaux vous serez beaux", "Les croquettes c’est bon pour les coquettes", "À bas les rillettes vive les pâtés pour chiens".
Certains dirigeants d’entreprises tentèrent bien de reconvertir leur chaîne pour produire du pâté de tête ou des gâteaux à apéritif, se fut un échec, la qualité n’était pas au rendez vous.
Difficile à admettre mais il faut bien le reconnaître les maîtresse et les maîtres ne montrèrent guère d’empressement à manger ce qu’ils donnaient sans états d’âme à leurs animaux.
Les vétérinaires autant pris de court mais plus ingénieux arguèrent de leurs compétences pour offrir leurs services aux cellules de soutien psychologique. Reconversion réussie ! À leur grande surprise et à leur grande satisfaction la rentabilité se révéla nettement supérieur à leur activité de praticien.
Certains toiletteurs tentèrent de se reconvertir en salon de beauté pour bébés, d’autres en garderie pour poissons exotiques, oiseaux en tout genre et rats. Quelques audacieux osèrent le grand saut et se transformèrent en salon de beauté. Hélas, trois fois hélas, malgré quelques exceptionnelles réussites, se fut un fiasco.
La ville de Paris licencia les trois cent deux personnes et demi affectées au ramassage et au traitement quotidien des tonnes d’excrément animal rejetés sur les trottoirs et les chaussées de la Capital.
Ne croyez pas que je vous ai oublié vous les promeneurs de chien, les contractuelles de la brigade de répression canine, les dresseurs, les organisateurs de concours, les tricoteuses de paletots, les graveurs de médailles, les employés d’animaleries, les brodeuses de sac à crottes, les tresseurs de paniers, les rouleurs de baballe, les tatoueurs. Vous tous que cette crise a précipité dans le chômage, cet acide qui dissout toutes les volontés et brise les vies. Tous les français pensent à vous, enfin disons quelques français…
N’ayant, comme toujours, aucune possibilité d’action contre l’élévation du taux de chômage les Autorités, soucieuses et gardiennes du bien être de tous les français, décidèrent de porter le remboursement des calmants et autres somnifères de quinze pour cent à cent pour cent. Les consultations aux cellules d’aide psychologique étaient devenues payantes, leur gratuité fut rétablie par un vote à l’unanimité.
De la même façon qu’il n’est pas bon pour l’image d’un people politique ou du show-biz de paraître à la télévision ave une cigarette, les Autorités de ne se présentèrent plus en public avec un animal de compagnie. Certaines Autorités allèrent même, suprême audace, jusqu’à porter au revers de leur veste le pin’s de l’association "Casser la grippe".
Malgré les millions d’euros investis dans la recherche aucun vaccin n’a été mis au point à ce jour. Au grand dam des laboratoires qui attendent avec impatience l’ouverture de ce juteux marché.
Les Autorités au pouvoir, dont la vie est devenue un calvaire à cause des de ces chercheurs incompétents et trop payés à ne rien foutre, sont confrontés, en plus de toutes leurs misères, à une augmentation importante de la délinquance.
Vols de chien ou de chat à l’arraché ou par cambriolage, kidnapping avec demande de rançon, attaque au bélier des locaux de stockage dans les usines à chatons et à chiots, vols d’actions à Bourse félino-canine, importations clandestines. La mafia russe toujours à l’affût de nouvelles recettes est considérée comme la plus active dans cette filière bien que l’albanaise ne laisse pas sa part aux chiens.
En plus depuis trois ans les Autorités doivent gérer le plus Grand Spleen franco-français du siècle : comment vivre sans son animal adoré ? Lui qui était toujours disponible pour écouter les ersatz d’amour de Papa et Maman. Recueillir toute leur tendresse, leur amour inassouvi.
Bien que je comprenne parfaitement la douleur de nos endeuillés, j’avoue mon étonnement. N’ont-ils pas dans leur entourage des enfants, petits-enfants, neveux ou nièces ? Les associations caritatives et humanitaires fleurissent à leurs portes. Et tous ces vieux à l’abandon. Dont les leurs font peut être partis d’ailleurs ? Pourquoi ne leur donnent ils pas à profiter de cet excédents d’amour, de tendresse et d’euros ?
Un autre facteur d’importance joue dans cette dépression collective. Un manque abyssal : ce pauvre exutoire qui leur permettait d’assouvir le besoin bassement humain d’être la maîtresse ou le maître. Face à leur animal ils pouvaient laisser libre cours à leurs velléités d’autorité. Celle qu’ils n’ont jamais eue par ailleurs.
Bas fantasmes sado-maso ou triste misère humaine ?
Tout cela n’est rien au regard de la vie des riches, qui n’était déjà pas facile avec tous ces fainéants jaloux qui les entourent, l’ISF, la Crise, le pillage des châteaux, l’augmentation déraisonnable du champagne et du caviar. Toutes ces brimades et vexations les avaient déjà bien encourcaillés
La grippe "A" félino-canine a fini de détruire leur quiétude. Cette fois ci l’attaque passait du matériel au sentimental. Toutes les dépressives femmes de riches, à la mort de leur "bébé", devinrent hyper désamourées. Leur richissime mari, eux, n’eurent aucun problème pour acquérir un nouveau "bébé". Tout s’arrangea, sauf que quelques mois après, la multiplication des vols, des rapts provoqua chez ces dames une angoisse insoutenable. Ensuite c’est l’engrenage infernal : vigiles à la porte de l’immeuble ou de la villa, garde du corps pour tous les déplacements, gilet pare-balles pour le "bébé", voitures blindées etc. En un mot l’enfer !
Dans les misérables ghettos à riches les antidépresseurs sont devenus l’unique sujet de conversation de toutes les théparty.
Certains couples se demande même s’ils ne vont pas tout donner pour devenir pauvres et retrouver ainsi le bonheur du paradis perdu. Vous dire le pathétique de la situation !
Pour conclure cet état des lieux, trois ans après le début de cette pandémie félino-canine, je supplie à genoux, à plat ventre, sur la tête, enfin comme ils veulent, les Autorités de lancer un emprunt national de trois milliards d’euros nécessaire au financement de la création d’un vaccin et de sa fabrication industrielle. Le solde permettra de vendre la dose à petit prix en subventionnant les laboratoires, lieux de sainteté de la paix publique.
Cette décision honorera pour l’éternité les Autorités. Les Français reconnaissants leurs tresseront des couronnes de lauriers et brûleront de l’encens le dimanche dans les cimetières félino-canin pour que leurs âmes rejoignent celles de leur chatounet ou de leur toutou adorés.
En revendicateur professionnel ma demande n’est pas innocente, elle tient compte des prochaines élections présidentielles.
Toutes les Autorités sont d’ailleurs conscientes que leurs prises de position sur ce sujet ultrasensible seront déterminantes pour leur élection ou réélection.
Certaines Autorités distribuent sur les marchés des porte-clés avec en pendentif un chien ou un chat en peluche.
D’autres Autorités donnent des chiens ou des chats en plastique avec la tête qui bouge à déposer sur la plage arrière de votre véhicule automobile. Dans la région PACA le chien aboie et le chat miaule toutes les demi-heures.
Certaines Autorités, très riches, offrent des week-ends avec un animal de compagnie. Cette attention délicate est valable pour un couple sans enfant dans une résidence privée pour retraités propriétaires d’animaux. Une milice d’autodéfense assure la sécurité des heureux élus.
Au-delà de ces divergences l’unanimité se fait lors des discours publics, toutes les Autorités promettent la même chose : "Avec moi vous allez voir ce que vous allez voir. Élisez moi et dans trois mois je vous le promet un vaccin efficace sera distribué gratuitement. Je rouvrirai les frontières, les chiens, les chats arriveront par millions de tous les pays. Je vous l’assure tout le monde, je dis bien tout le monde aura, six mois après mon élection, un animal de compagnie. Je vous jure que je ne remplacerai mon très cher Médor, ma très chère Minouche (larme dans l’œil obligatoire) que lorsque toutes les Françaises et tous les Français auront retrouvé les leurs". Applaudissements, cris hystériques, évanouissements et sanglots d’émotion.
Certaines Autorités par excès de zèle électoral font des promesses inconsidérées et malodorantes. Que voulez-vous il arrive parfois dans les méandres de l’Histoire qu’une Autorité borgne règne chez les aveugles. Le Grand Rictus complète le discours ci-dessus en ces termes : "Tous les métèques adoptés à cause de l’incurie des Autorités en place seront récupérés et renvoyés par charter dans leur pays d’origine. En cadeau de retour il recevront un régime de bananes, des tongs, une bible et dix euros".
L’Autorité dirigeante, soucieuse de sa réélection, a adopté mon idée de Grand Emprunt National au taux de huit pour cent garanti par l’État. La souscription d’un montant de cinq milliards d’euros s’est ouverte lundi à neuf heures …….. à douze heures trente elle était close.
Août/septembre 2009.
10:57 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, société, politique, sarkozy, poésie
29.10.2009
Suicide
SUICIDE.
Je ne l’ai jamais nié, j’ai déconné
C’est vrai je me suis complètement égaré.
Je n’aurais jamais du la voler cette télé
C’était la coupe du monde j’ai disjoncté.
Est-ce une raison pour me tutoyer,
M’insulter, me bousculer, me bastonner,
Me jeter dans cette cellule sans manger,
M’obliger à implorer afin de pouvoir pisser ?
Transfert, je suis en prison depuis une semaine
À attendre sans explication, sans espoir
Les matons me traite comme un criminel
J’ai une peur permanente de mes codétenus.
Eux c’est des durs des vrais, pas des pédés.
D’ailleurs il ne se gêne pas pour me le rappeler
T’as des couilles ou quoi tu ne vas pas pleurer
Toute la journée comme une gonzesse.
Je n’en dors plus, je revis tout en boucle
J’ai honte pour ma mère et mon père
Ma famille est déshonorée dans la cité
Quand à moi ma vie est foutue, c’est sûr.
Madame, Monsieur bonsoir, voici les titres :
Un communiqué du Ministère de la Justice
Annonce qu’un nouveau détenu c’est suicidé
Il s’agit du douzième cas depuis le début du mois.
Carla Bruni a vendu trois cent mille exemplaires
De son dernier disque "Comme si de rien n’était".
Le 27 octobre 2008.
09:02 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, politique, sarkozy
28.10.2009
Stock-options.
Toujours dans ma série des "improbables dialogues".
STOCK-OPTIONS
Lui (Très aimable) : Bonjour Monsieur Baulthi, je vous en prie prenez place.
L’autre : Merci, bonjour Monsieur Lièreseil.
Lui (Flatteur) : Je vous remercie d’avoir accepter mon invitation à cette réunion informelle, non prévue au planning. C’est un plaisir de vous recevoir aujourd’hui.
L’autre (Surpris): Je vous en prie. Je suis seul ?
Lui (Suave) : Oui, si vous n’y voyez pas d’inconvénient évidemment ? J’ai besoin de votre conseil de syndicaliste expérimenté, concernant un projet qui me tient à cœur.
L’autre (De plus en plus surpris) : Bien, je vous écoute alors.
Lui (Baissant la voix) : Contrairement à tout ce qui se raconte notre groupe gagne de l’argent, beaucoup d’argent. Les excédents, par un montage fiscal très complexe, convergent vers la holding, de la holding, de la holding. Ils sont bien sûr situés dans trois pays différents.
L’autre (Abasourdit) : Ouais, ouais.
Lui (Enjoué) : Tout ceci est anecdotique, sans intérêt mais permettra d’éclairer ce qui va suivre.
L’autre : Ouais, ouais.
Lui (Baissant à nouveau la voix) : En accord avec les membres de ma famille qui sont toujours actionnaires, nous avons décidé, pour l’année 2008, de ne pas externaliser les excédents mais de procéder à une distribution de stock-options.
L’autre (Désorienté, puis s’énervant) : Ouais, bien. C’est gentil de m’expliquer vos problèmes, mais je pense que vous êtes plus expert que moi dans la mise en place d’une usine à gaz fiscal. Et pour ne rien vous cacher j’en ai rien à foutre de vos stock-options. De plus sachant que cet argent est celui que vous avez volé aux travailleurs, je suis indigné que vous m’ayez convoqué pour me raconter vos histoires de fric.
Lui (Conciliant) : Ne vous énervé pas Monsieur Baulthi, laissez moi finir…
L’autre (Se levant) : Ne vous énervez pas Monsieur Baulthi, elle est bonne celle là. Monsieur Lièreseil souhaite l’avis du syndicaliste expérimenté pour savoir comment résoudre ses problèmes de superbénéfices et ensuite il s’étonne de ma réaction.
Lui (Doucement) : Laissez moi finir, je ne vous ai pas encore exposé mon projet. Vous allez voir, contrairement à ce que vous pensez, il va beaucoup vous intéresser.
L’autre (Se rasseyant) : Bon, bon je vous écoute.
Lui (Réjoui d’avance) : Je disais donc en 2008 nous n’allons pas externaliser les excédents mais procéder à une distribution de stock-options. Attention écoutez bien : réservé à tous les salariés sauf les cadres dirigeants et les actionnaires.
L’autre (Troublé) : Ai-je bien compris, vous allez distribuer des actions au personnel ?
Lui (Fier) : C’est exactement cela !
L’autre (Narquois) : Ouais, ouais, comme la prime que vous avez versé début 2008 pour les bénéfices 2007. Entre quarante cinq et quatre vingt quatre euros par personne suivant la qualification.
Lui (Pédagogue) : Pas du tout. Sachant que les années précédentes la holding de tête à distribuer entre trois et quatre milliards d’euros aux soixante quatre actionnaires, si nous nous basons sur le l’hypothèse basse cela fera environ trois cents soixante mille euros pour chacun des huit mille deux cents soixante dix employés de notre groupe "Whisky Placement".
L’autre (Éberlué) : Tous ces chiffres me tournent la tête, pouvez vous me répéter la somme que toucherai chaque personne.
Lui (Souriant) : Environ trois cents soixante mille euros.
L’autre (Sortant sa calculette): Cela ferai…cela ferai…vingt quatre ans de salaire pour une personne qui gagne quinze mille euros par an ???
Lui (Souverain) : Je ne saurais vous dire, je ne fait jamais ce genre de calcul.
L’autre (Assommé) : C’est une mauvaise blague Monsieur Lièreseil, votre humour est bien connu mais là je pense que vous dépassez les bornes. Je comprends mieux que vous n’ayez pas souhaité la présence de mes collègues.
Lui (Soudainement inquiet) : Non, non Monsieur Baulthi, tout ceci est très sérieux. Si j’ai souhaitais m’entretenir en tête à tête avec vous, le Président de la T.G.C.* c’est pour connaître votre sentiment sur notre idée et les conséquences qui pourraient découler de sa mise en application.
L’autre : Les conséquences ?
Lui : Oui, imaginons que les gens se mettent en grève ou en colère et cassent tout le matériel.
L’autre (Dubitatif) : En grève…pourquoi ?
Lui : Je ne sais pas pour réclamer une indemnité rétroactive par exemple.
L’autre (Souriant) : C’est bien des idées de capitaliste, ne vous inquiétez pas Monsieur Lièreseil je gèrerai. Et pour le matériel vous savez bien que nous protégeons toujours l’outil de travail.
Lui (Détendu) : Bon me voici rassuré demain je convoque un C.E. groupe pour la semaine prochaine. J’ai votre parole Monsieur Baulthi, vous tiendrez vos troupes ?
L’autre (Rigolard) : Pas d’inquiétude Monsieur Lièreseil, annoncez et distribuez les stock-options je m’occupe du reste.
Lui : Merci, merci.
L’autre (Abattu) : Je cherchais le piège le voilà ! Je suppose que je dois aussi annoncer que votre offre n’est valable que pour 2008 ?
Lui : Pas du tout à l’unanimité des actionnaires nous avons décidé qu’il en serait ainsi tous les ans.
*Très Grande Centrale.
Le 29 décembre 2008.
09:34 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, politique, sarkozy
19.10.2009
Sur les marches.
Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues".
SUR LES MARCHES.
Lui (Pas à l’aise) : Salut les gars comment ça va ?
L’autre : Salut, tu veux une bière ? C’est vrai tu ne bois pas d’alcool, tiens prend de la flotte.
Lui (Toujours pas à l’aise): Merci, merci.
L’autre : T’es v’nu tout seul ?
Lui : Oui bien sur. (Pourvu que les autres cons ne soient pas trop loin).
L’autre : Assied toi sur les marches.
Lui : Oui, oui.
L’autre : Elles sont propres, vas y.
Lui (En s’asseyant): Bien sur, bien sûr.
L’autre : T’as pas l’air détendu, tiens commence, le "tarpé" est tout neuf. Craint rien c’est de la bonne, pas de vomito.
Lui (Pas rassuré par ses souvenirs d’étudiant) : Super c’est meilleur que le cigare !
L’autre : Sur, sauf que j’ai jamais fumé de cigare. Garde bien la fumée.
Lui (Ragaillardi) : J’suis pas un bleu. T’inquiète pas je te ferais passer des cigares et des bons
L’autre : Ouais, ouais, fait tourner.
Lui (Légèrement euphorique) : OK ! Les mecs j’voulais vous dire, j’suis comme vous, un type normal avec ses joies et ses problèmes.
L’autre : Ouais, ouais, sauf que toi t’es bourré de fric.
Lui : (Qu’est ce que c’est que cette vibration ? Le pétard qui fait effet ? Non merde c’est le boîtier, il faut que je réponde, une pression tout va bien)
L’autre : T’es d’jà parti ?
Lui : Non, non, je réfléchissais. C’est vrai j’ai des avantages liés à ma fonction, mais je ne fais pas parti des hommes les plus riches du monde. J’ai un train de vie qui n’a rien d’exceptionnel.
L’autre : Ouais, ouais viens je vais te faire visiter mon palais au sixième "l’Élysion", puis ma résidence secondaire au sous sol "La Cave Nègre". Dit donc tu as l’air de prendre goût au tarpé !
Lui (Euphorique): C’est parti on y va les mecs.
L’autre : L’ascenseur est en panne depuis trois semaines.
Lui : Pas grave je suis sportif les gars. (Encore ce putain de boîtier font chier, une pression tout va bien)
L’autre : Salut Mam. Reste pas plantée là, l’hospitalité traditionnelle qu’en fais tu ? Mais non c’est pas un sosie, regarde crois tu que quelqu’un peut imiter aussi bien ses tics ?
Lui : Détendez vous Madame nous sommes entre concitoyens, en toute simplicité.
L’autre : Ma mère parle très mal le français et sa naturalisation vient d’être refusé pour la quatrième fois. C’est pas grave mon père travaille chez Renault depuis trente cinq ans, c’est comme si on été français.
Lui : Oui, oui il va falloir m’adresser un dossier en trois exemplaires je vais régler cela rapidement, il faut que je m’occupe de tout. Vous savez ce n’est pas facile tous les jours pour moi avec ces ministres incompétents et ramollos je dois gérer l’ensemble des problèmes de la France.
L’autre : Ouais, ouais, mon pauvre !
Lui (Très euphorique, avec les gestes): Bientôt tout votre quartier sera rasé, à la place je vais vous faire construire des pavillons avec un jardinet et deux parkings. Des crèches et des parcs pour les petits, des stades et des salles d’activités pour les ados. Une station de RER à proximité, des bus pour toutes les directions. Tout le monde aura du travail bien payé. Vous allez vivre heureux sans souci, la société arc-en-ciel c’est moi qui en serait le père et vous serez tous mes enfants.
L’autre : Ouais, ouais faudrait pt’être arrêter la fumette, Mister Président.
Lui : J’t’en prie je suis parfaitement lucide. Ce thé est extraordinaire et ta mère est une forte agréable personne. J’ai vraiment le sentiment d’être à la maison. (Ils ne me lâchent pas, une pression tout va bien).
L’autre : T’exagère pt’être un peu. Pourquoi tu fais pas tout c’que tu racontes ?
Lui : Pourquoi ? Parce que je suis entravé par cette putain de démocratie. C’est beau la démocratie sur le papier mais dans la réalité elle freine tout. Y’en a toujours un qu’est pas d’accord, un autre qui a un projet différent et celui là qui dépose un recours au Conseil d’État pour violation de la Constitution. Imagine je suis Roi de France, encore mieux Empereur de l’Europe, à ce moment là il n’y aurait plus de problème. Je décide seul, j’applique seul, je contrôle le projet seul et tout fonctionne bien.
L’autre : Ouais, ouais, en attendant on est dans la merde.
Lui (consultant sa montre) : Fait moi confiance ça va changer !
L’autre : T’es pressé ?
Lui : Non mais si je rentre trop tard je vais avoir des ennuis avec la patronne. (Rire). Ce soir nous avons un dîner à la maison.
L’autre : OK ! Tu rentres ?
Lui : Oui, il faut bien que je retourne au turbin.
L’autre : Donc on te reverra jamais.
Lui : Tu rigoles toutes les semaines je viens vous voir. Vous allez en avoir marre. (Rire).
L’autre : Ouais. En avant pour le jogging.
Lui : C’est parti.
L’autre (À l’extérieur sur les marches): Salut Mister Président.
Lui : Salut les mecs à bientôt (Encore ce putain de boîtier, deux pression tout…….merde je me suis trompé c’est l’alerte).
L’autre : T’as l’air bien pressé d’un seul coup ?
Lui (Partant en courant): Oui désolé, Carla m’attends (Rire).
L’autre : Quel con !
- Et maintenant le journal présenté par David Pujadas.
- Dans l’actualité ce soir : affrontement entre la police et des bandes de jeunes dans une cité à Clichy-sous-Bois. Deux compagnies de CRS étaient en stationnement à proximité depuis midi, ainsi que cinquante policiers en civil dans des minibus banalisés. Calme complet de part et d’autre jusqu’à ce que les forces de l’ordre se précipitent dans la cité sans raison apparente. Rien, à cette heure, n’explique cette brusque flambée de violence.
Le 12 novembre 2008.
16:36 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, actualité, sarkozy
18.09.2009
Ne dormez pas en paix, braves gens.
NE DORMEZ PAS EN PAIX BRAVES GENS.
Il est minuit et tout est calme
Ne dormez pas en paix, braves gens
Al-Quaïda omniprésent attend et
Des Afghans ardents courent les rues.
Ne dormez pas en paix, braves gens
Les brûleurs de voitures rodent
Les arracheurs de sac sont à l’affût
Les dealers sont devant vos écoles
Ne dormez pas en paix, braves gens
L’écureuil a mangé vos noisettes
Le dragon chinois brûle vos emplois
Le tigre de papier "surprime" supprime.
Il est minuit et tout est calme
Dormez en paix, braves gens
Nicolas chocolat est là, il sécurise,
Réprime, expulse et vous endort.
Il est huit heures et tout est calme
Votez en paix, braves gens.
Le 16 décembre 2008.
12:05 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
18.07.2009
La crise économique.
LA CRISE ÉCONOMIQUE.
Pas de panique avec la crise économique.
Avenue Matignon pas de différence
Devant le Plaza, Rolls en permanence
Alors ne soyons pas pathétiques.
Pour mon chien chéri asthmatique
J’ai acheté un vison bien dense.
File d’attente, une vraie décadence
Oui ! Mais pour lui pas de synthétique.
Hier solde chez Dior c’était la panique
J’ai du bousculer la baronne de Rance
Pour approcher d’une petite robe garance
À dix mille euros tout s’explique.
Pour une Cartier des plus classiques
Deux mois de délai en permanence
J’ai du acheter Piaget quelle démence !
Mon Édouard va avoir sa tête en italique.
Évidemment il faut savoir gérer sa banque,
Pas comme tous ces rêveurs d’alternance
Qui dépensent leur SMIC avec inconséquence.
Ne doivent pas lire les pages saumon ces ploucs.
Le 28 novembre 2008.
09:18 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy
24.06.2009
Avanie et framboie à la PJ.
AVANIE ET FRAMBOISE À LA PJ.
La lumière aveuglante s’est soudainement muée en ambre. J’ai laissé mes yeux en minces meurtrières, il fallait doucement les habitués au repos. De plus la prudence me conseillait de les rapetisser, ne pas se laisser surprendre par un retour inopiné de la lumière.
En descendant du train hier soir, la tête pleine de rêves de ma mie, je ne me creusais pas les méninges, le programme du week-end était limpide. Dîner en tête à tête chez Gaston – ma brasserie préférée – puis retrouvailles amoureuses pour s’emberlificoter tendrement, le bonheur !
"Vous êtes bien Monsieur Pontrand ?".
"Oui pourquoi ?".
"Police judiciaire, veuillez nous suivre".
Le mastodonte préhistorique me brandi sous le nez une carte barrée de tricolore. Je suis tétanisé impossible de faire ma pirouette habituelle, mon jeu de mots ringard pour dédramatiser la situation.
"Que me voulez vous ?".
"Suivez nous le chef vous expliquera le pourquoi du comment".
Il faut bien me satisfaire de cette réponse mes deux lascars ne me semble pas très causants.
Lorsqu’ils me poussent dans un véhicule banalisé l’angoisse me saisie. Et si ce n’était pas des policiers ? Leur demander à nouveau de présenter leurs cartes? Coincé entre ces deux costauds je ne me sens pas le courage de quoique ce soit.
Arrêt brutal, je suis extrait avec vigueur et poussé vers l’entrée d’un immeuble. Je manque de culbuter sur le trottoir. Me voici dans le bureau du chef à peine assis il me présente un trombinoscope où figure une dizaine de photos d’hommes.
"Qui connais tu ? Je me raidi
"Bonjour Monsieur, vous attendez quoi de moi ?".
"Ta gueule bavolet répond à ma question : qui connais tu ? ".
"Je ne distingue pas bien les photos"
Erreur ! Le projecteur me cueille pleine face comme un direct. Je balbutie :
"Laissez … laissez moi le temps".
"Qui connais tu ?".
Cette fois il me faut bien regarder ces têtes toutes patibulaires à l’exception d’un blond frisé qui ressemble à un angelot
"Qui connais tu ?".
Tout tourbillonne dans ma pauvre tête, la série télévisée"L’inspecteur Framboise" que je trouvais dure vue d’ici me parait un conte pour jeunes enfants. Je maudis le ciel et la terre, si j’étais resté tranquille dans ma Lozère à ramasser des gastéropodes. De toute façon…
"Qui connais tu ?".
"Personne Monsieur, personne".
"Tu te fous de ma gueule, qui connais tu ?". La rage me prend :
"Puisque je vous dis personne c’est personne. D’abord expliquez moi pourquoi je suis ici et de quoi suis-je accusé. De plus je veux appeler mon avocat".
"Ici je suis le seul à vouloir. Pourquoi : vol de nains de jardin dans la propriété des Yvelines de Monsieur Christian Clavier. Les voisins vous ont vu crapahuter sur la pelouse, certains ont pris des photos. Un voisin qui déculassait le moteur de sa voiture dans son garage a entendu votre véhicule qui démarrait. Une Golf GTI rouge avec des flammes sur les portières".
Le flic ventripotent à rouflaquettes me regarde en souriant.
"Alors p’tit gars avoue tu vois l’on c’est tout".
Une déchirure brûlante m’explose le cœur. Je n’aurais jamais du rejoindre les terroristes du "Front de Libération des Nains de Jardin". Ma mère me l’avait bien dit.
"Ben oui j’avoue …".
"OK ! Coupez. Détendez vous Monsieur c’était pour la caméra cachée de la police judiciaire. La vie n’est pas gaie dans les commissariats, les nuits sont longues, alors une petite caméra cachée sur la chaîne "PJ News" ça détend.
Le 06 juin 2009.
11:55 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité, sarkozy
20.06.2009
Réfugié.
RÉFUGIÉ.
Huit jours que je marche
Vers le nord, vers l’Autre pays
Sous le grand soleil noir,
Dans la poussière de nos morts.
Huit jours que je marche
J’entends les pleurs des enfants
J’entends les cris des femmes.
J’entends les rires des barbares
Huit jours que je marche
Je vois mes parents égorgés
Je vois les fillettes violées
Je vois la mort hilare.
Huit jours que je marche
Tremblant de frayeur
Dès que j’entends la rumeur
"Ils arrivent, Ils arrivent".
Huit jours que je cours me cacher
Dans la forêt, le marais, le fossé
Je deviens invisible et silencieux
Comme un tronc, un cadavre.
Huit jours que je tombe,
Sans dormir, vais-je mourir ?
Je le souhaite et le redoute
Pourquoi suis-je vivant ?
Huit jours que je mange
Des racines, des baies et
De la viande pourrie de …
Pas de question mes aïeux.
Dix jours que je marche
À l’entrée du camp
À coup de bâton
Ils nous mettent en rang.
Dix heures que j’attends
Dans l’Autre pays
Sous le grand soleil noir
Dans la poussière rouge.
Dix secondes, rapide regard puis
Une couverture, une gamelle.
Anonyme reconnaissance
Du réfugié C 2830.
Six mois que je tourne
Dans le camp. Seules
Les mouches s’intéressent à moi
Je cherche désespérément.
Deux heures que j’attends
Muet et tête basse
"Suivant" je tend ma gamelle,
Claquement de la louche. "Merci"
Le 05 décembre 2008.
14:05 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, actualité, sarkozy
19.04.2009
Sur les marches.
Toujours dans le cadre de la série "Impropables (ou impossibles) dialogues"
SUR LES MARCHES.
Lui (Pas à l’aise) : Salut les gars comment ça va ?
L’autre : Salut, tu veux une bière ? C’est vrai tu ne bois pas d’alcool, tiens prend de la flotte.
Lui (Toujours pas à l’aise): Merci, merci.
L’autre : T’es v’nu tout seul ?
Lui : Oui bien sur. (Pourvu que les autres cons ne soient pas trop loin).
L’autre : Assied toi sur les marches.
Lui : Oui, oui.
L’autre : Elles sont propres, vas y.
Lui (En s’asseyant): Bien sur, bien sûr.
L’autre : T’as pas l’air détendu, tiens commence, le "tarpé" est tout neuf. Craint rien c’est de la bonne, pas de vomito.
Lui (Pas rassuré par ses souvenirs d’étudiant) : Super c’est meilleur que le cigare !
L’autre : Sur, sauf que j’ai jamais fumé de cigare. Garde bien la fumée.
Lui (Ragaillardi) : J’suis pas un bleu. T’inquiète pas je te ferais passer des cigares et des bons
L’autre : Ouais, ouais, fait tourner.
Lui (Légèrement euphorique) : OK ! Les mecs j’voulais vous dire, j’suis comme vous, un type normal avec ses joies et ses problèmes.
L’autre : Ouais, ouais, sauf que toi t’es bourré de fric.
Lui : (Qu’est ce que c’est que cette vibration ? Le pétard qui fait effet ? Non merde c’est le boîtier, il faut que je réponde, une pression tout va bien)
L’autre : T’es d’jà parti ?
Lui : Non, non, je réfléchissais. C’est vrai j’ai des avantages liés à ma fonction, mais je ne fais pas parti des hommes les plus riches du monde. J’ai un train de vie qui n’a rien d’exceptionnel.
L’autre : Ouais, ouais viens je vais te faire visiter mon palais au sixième "l’Élysion", puis ma résidence secondaire au sous sol "La Cave Nègre". Dit donc tu as l’air de prendre goût au tarpé !
Lui (Euphorique): C’est parti on y va les mecs.
L’autre : L’ascenseur est en panne depuis trois semaines.
Lui : Pas grave je suis sportif les gars. (Encore ce putain de boîtier font chier, une pression tout va bien)
L’autre : Salut Mam. Reste pas plantée là, l’hospitalité traditionnelle qu’en fais tu ? Mais non c’est pas un sosie, regarde crois tu que quelqu’un peut imiter aussi bien ses tics ?
Lui : Détendez vous Madame nous sommes entre concitoyens, en toute simplicité.
L’autre : Ma mère parle très mal le français et sa naturalisation vient d’être refusé pour la quatrième fois. C’est pas grave mon père travaille chez Renault depuis trente cinq ans, c’est comme si on été français.
Lui : Oui, oui il va falloir m’adresser un dossier en trois exemplaires je vais régler cela rapidement, il faut que je m’occupe de tout. Vous savez ce n’est pas facile tous les jours pour moi avec ces ministres incompétents et ramollos je dois gérer l’ensemble des problèmes de la France.
L’autre : Ouais, ouais, mon pauvre !
Lui (Très euphorique, avec les gestes): Bientôt tout votre quartier sera rasé, à la place je vais vous faire construire des pavillons avec un jardinet et deux parkings. Des crèches et des parcs pour les petits, des stades et des salles d’activités pour les ados. Une station de RER à proximité, des bus pour toutes les directions. Tout le monde aura du travail bien payé. Vous allez vivre heureux sans souci, la société arc-en-ciel c’est moi qui en serait le père et vous serez tous mes enfants.
L’autre : Ouais, ouais faudrait pt’être arrêter la fumette, Mister Président.
Lui : J’t’en prie je suis parfaitement lucide. Ce thé est extraordinaire et ta mère est une forte agréable personne. J’ai vraiment le sentiment d’être à la maison. (Ils ne me lâchent pas, une pression tout va bien).
L’autre : T’exagère pt’être un peu. Pourquoi tu fais pas tout c’que tu racontes ?
Lui : Pourquoi ? Parce que je suis entravé par cette putain de démocratie. C’est beau la démocratie sur le papier mais dans la réalité elle freine tout. Y’en a toujours un qu’est pas d’accord, un autre qui a un projet différent et celui là qui dépose un recours au Conseil d’État pour violation de la Constitution. Imagine je suis Roi de France, encore mieux Empereur de l’Europe, à ce moment là il n’y aurait plus de problème. Je décide seul, j’applique seul, je contrôle le projet seul et tout fonctionne bien.
L’autre : Ouais, ouais, en attendant on est dans la merde.
Lui (consultant sa montre) : Fait moi confiance ça va changer !
L’autre : T’es pressé ?
Lui : Non mais si je rentre trop tard je vais avoir des ennuis avec la patronne. (Rire). Ce soir nous avons un dîner à la maison.
L’autre : OK ! Tu rentres ?
Lui : Oui, il faut bien que je retourne au turbin.
L’autre : Donc on te reverra jamais.
Lui : Tu rigoles toutes les semaines je viens vous voir. Vous allez en avoir marre. (Rire).
L’autre : Ouais. En avant pour le jogging.
Lui : C’est parti.
L’autre (À l’extérieur sur les marches): Salut Mister Président.
Lui : Salut les mecs à bientôt (Encore ce putain de boîtier, deux pression tout…….merde je me suis trompé c’est l’alerte).
L’autre : T’as l’air bien pressé d’un seul coup ?
Lui (Partant en courant): Oui désolé, Carla m’attends (Rire).
L’autre : Quel con !
- Et maintenant le journal présenté par David Pujadas.
- Dans l’actualité ce soir : affrontement entre la police et des bandes de jeunes dans une cité à Clichy-sous-Bois. Deux compagnies de CRS étaient en stationnement à proximité depuis midi, ainsi que cinquante policiers en civil dans des minibus banalisés. Calme complet de part et d’autre jusqu’à ce que les forces de l’ordre se précipitent dans la cité sans raison apparente. Rien, à cette heure, n’explique cette brusque flambée de violence.
Le 12 novembre 2008.
18:20 Publié dans littérature, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, sarkozy



