23.11.2009

Père que faire ?

PÈRE QUE FAIRE ?

 

 

 

 

 

Père que faire ?

 

Les pauvres se plaignent d’être pauvre.

Les riches se plaignent d’être riche.

 

Mon cher fils contentez vous d’être

un grand bourgeois calfeutré.

Heureux caché derrière de hauts murs.

HEC va vous expliquer tout cela.

 

Père je crains que cette position soit inconfortable.

Je vais vivre dans l’angoisse permanente.

La peur des affres de la pauvreté.

La peur de la tentation de la richesse.

 

Concentré sur la ligne médiane

comme un funambule entre deux vies,

subissant les assauts de l’envie et de l’excès.

Entre misère et péché.

 

Père que faire ?

 

Pensez à vous avant tout, négligez le commun.

Adulé le puissant, votez pour lui il vous préservera.

Aux envieux cachés vos biens et vos passions.

Ne donnez pas trop aux pauvres, ils s’habituent vite.

 

N’abandonnez jamais notre Sainte Mère l’Église

dernier rempart contre l’avilissement des mœurs.

Elle seule maintient chacun à sa place.

Laissez l’espoir du Paradis aux démunis.

 

Père les temps ont changé

Les cierges des églises n’attirent plus que les papillons.

L’encens n’enivre que les bigotes et les pigeons.

Quant au Paradis vos pauvres le cherchent sur terre.

 

Patiemment les puissants ont commencé à nous dépouiller

ils sont de plus en plus riches, leurs enfants s’embourgeoisent.

Ils achètent les châteaux Napoléon III de vos grands pères

pour en faire des résidences secondaires avec piscine.

 

Père que faire ?

 

Ils rêvent de vous ressembler! Alors, ingérez les, digérez les !

Faites en de bons gros bourgeois à la face rougeaude.

Ensemble vous trouverez des jeunes ambitieux sans le sou

que vous formerez au maintien à distance de la plèbe.

 

Quelques médailles, des postes politiques lucratifs,

puis des portefeuilles de ministre bien remplis.

Alors soyez sans crainte ils vous serviront servilement.

L’ombre sera douce à vos yeux de vainqueur.

 

Merci père.

 

 

Le 20 novembre 2009.

09.11.2009

Sur le banc.

Toujours dans la série de mes "Improbables dialogues.

SUR LE BANC.

 

Parc Monceau, juin, quinze heures, le soleil brille. Lui est assis sur un banc L’autre s’assied à ses cotés.

 

L’autre : Bonjour Monsieur, comment allez-vous ?

Lui (Surpris et inquiet) : Bonjour.

L’autre : Belle journée.

Lui (Toujours surpris et inquiet) : Oui.

L’autre : Surtout dans cet admirable parc. J’y viens régulièrement j’aime sa tranquillité au milieu de la folie parisienne.

Lui : (Où veut il en venir ?) Absolument d’accord.

L’autre : Quelle chance ont les habitants des immeubles et des hôtels particuliers qui le bordent.

Lui : Bien sûr.

L’autre : Vivre à proximité restera toujours un rêve hors de mes moyens. Je n’en suis d’ailleurs nullement attristé, les problèmes d’argent sont secondaires. Ma vie coule paisible.

Lui : (Nous y voilà) Désolé je n’ai pas mon portefeuille sur moi.

L’autre : Voulez vous que je vous offre un café ?

Lui : (Il est fou ce noiraud à costume) Non merci.

L’autre : Ce serait avec plaisir vous me semblez un homme d’agréable compagnie.

Lui : (C’est le monde à l’envers) Merci.

L’autre : Que faites vous dans la vie ?

Lui : (De quoi il se mêle) Je suis juge.

L’autre : Quel type de juge ?

Lui : (Je rêve il est en train de m’interroger) Juge d’application des peines.

L’autre : Dur métier.

Lui : Oui et vous quel est votre emploi ?

L’autre : Je suis professeur au Collège de France.

Lui : (Il se fout de moi) Oui bien sûr et quelle est votre spécialité ?

L’autre : La linguistique.

Lui : (Un comble) Ha oui ! Bien.

L’autre : Tenez voici ma carte demain à 15 heures je donne un cours, je serais honoré de votre présence. Sauf si le juge d’application des peines que je vois demain matin confirme mon expulsion.

Lui : (C’est bien ce que je pensais) On ne peut pas expulser un professeur du Collège de France, Monsieur !

L’autre : Sauf si l’on découvre qu’il est sans papier depuis 40 ans.

Lui : C’est impossible !

L’autre : Si ! Je suis venu étudier clandestinement en France et je n’ai jamais régularisé ma situation.

Lui : C’est impossible !

L’autre : J’ai dis au juge que j’étais sans profession. La loi est la même pour tous nous répète son digne représentant Monsieur Hortefeux et vous êtes bien placé pour le savoir. Alors de quoi voulez vous que je m’inquiète.

Lui : C’est impossible !

L’autre (En se levant) : À demain, sinon vous lirez la suite dans les journaux.

Lui (Incrédule): Au revoir Monsieur.

 

 

SUR LE BANC. (Bis).

 

Parc Monceau, juin, quinze heures, le soleil brille. Lui est assis sur un banc L’autre s’assied à ses cotés.

 

 

L’autre : Bonjour Messieu, ça va ?

Lui (Surpris et inquiet) : Salut.

L’autre : la soleil bon.

Lui (De plus en plus surpris et inquiet): Oui.

L’autre : Aime banc ici, bien.

Lui : (Il va me foutre la paix celui-là) Oui.

L’autre : Jardin beau, pas SDF.

Lui : (Je rêve) Oui. Vous, vous avez un travail ?

L’autre : Oui.

Lui : Alors qu’est ce que vous faites ici ?

L’autre : Poubelles matin. Quatre heures matin travail. Midi fini.

Lui : Pourquoi vous ne retournez pas dans votre quartier ?

L’autre (Attristé): (Tous même) Chambre petite. Pas jardin. Ici beau.

Lui : (Encore un sans papier) Vous avez des papiers ?

L’autre : Oui moi réfugié politique. Si rester pays moi mort. Voulez voir papiers ?

Lui : Non ; non. Je suis juge d’application des peines je passe mon temps à vérifier des papiers. Aujourd’hui je suis de repos.

L’autre : Comprend, comprend.

Lui : De quel pays venez vous ?

L’autre : Tchétchénie.

Lui : Il n’y a pas de danger là-bas, les Russes ont rétablis l’ordre.

L’autre : Pas vrai ;

Lui : Comment pas vrai ! Dans le "Figaro" il y avait un reportage qui disait que tout était redevenu normal.

L’autre : "Figaro" menteur.

Lui : (Pourquoi je perds mon temps à discuter avec cet analphabète ?) Vous ne savez pas lire comment pouvez vous comprendre la politique.

L’autre : Moi lire ma langue.

Lui (Surpris): Ah bon !

L’autre : Oui moi ingénieur-docteur. Parler pas français, parler tchétchène, russe et anglais. Un mois France. Tous soirs école apprendre vite français.

Lui : Ah bon !

L’autre : Oui.

Lui (Impressionné): Est-ce que je peux vous payer un café ?

L’autre : Merci, moi bois thé.

Lui : D’accord pour le thé

L’autre : Gentil, beaucoup gentil.

Lui (Surpris par la main tendue et son invitation. Se levant): (Quelle idée, trop tard maintenant pour reculer) Suivez moi le café est juste face à la sortie.

 

 

 

01.11.2009

Racisme ordinaire.

RACISME ORDINAIRE.

 

 

 

Il y a quelques mois j’ai embauché un congolais. Il est noir, vraiment noir.

Lors du recrutement sa candidature fut retenue avec celle de deux autres personnes car sa formation et son expérience correspondaient exactement au profil que nous avions défini.

Après qu’il eu passé les tests et rencontré notre DRH je le reçu pour un dernier entretien. En dehors des critères professionnels sa personnalité et sa couleur de peau étaient pour moi des atouts supplémentaires.

Dans notre charte d’éthique d’entreprise il est inscrit comme positive attitude, entre autre, que chaque salarié doit avoir une vision totalement humaine dans ses relations avec les autres et que notre politique d’embauche exclus toutes les discriminations sexiste, raciale ou religieuse.

Notre personnel inclus donc des arabes, des juifs, des asiatiques. Nous employons même un indien d’Inde au service informatique, mais pas de noir. Monsieur M’Backi nous offrait, en plus de sa compétence, la possibilité de remédier à ce manque dans notre effectif.

Je donnais donc mon accord pour son embauche en CDI.

 

En janvier réunion semestrielle avec les représentants du personnel. Nous parlons de la crise et de ses conséquences pour la société. Le DRH et moi rassurons tout le monde en présentant notre carnet de commandes rempli pour un an. Il est vrai que certains clients ont diminué leurs quantités d’achat par contre nos commerciaux sont très offensifs et ainsi trouvent de nouveaux clients avec ardeur. De plus nos produits sont très performants et nous avons deux à trois ans d’avance en innovation sur nos concurrents. Nous allons sûrement être obligé d’embaucher.

Le point sur notre situation économique étant épuisé nous passons au volet social. La charte éthique est bien connue de tous et aux dires des deux parties elle est globalement respectée. Le montant de la participation pour l’année écoulée est en hausse. Nouvelle qui réjouit les représentants du personnel. Notre offre d’augmentation annuelle de six pour cent est votée sans grand débat.

Puis l’ordre du jour appelle les questions diverses. Quelques interrogations sans grande importance, par contre je vois nos interlocuteurs s’agiter sur leur chaise. Je sais que cette attitude, comme à l’accoutumée, précède une question délicate.

-         Voilà Messieurs ……nous voudrions vous parler de Monsieur M’Backi….

-         -Nous vous écoutons.

-         Il y a un problème ………avec ses collègues

-         C'est-à-dire ?

-         Il sent fort…..

-         Et alors à chacun son odeur. Pour les noirs nous sentons la mort. Pensez vous que ce soit agréable pour eux ?

-         Oui, oui d’accord….mais bon… les gars se plaignent à nous sans arrêt.

-         À part le fait qu’il soit noir il n’est pas différent de nous. Il est arrivé en France à l’âge de trois ans, famille chrétienne, éducation stricte. Il ne boit pas, le problème est peut être là ?

-         Non, non……

-         Alors quoi ?

-         Ben…..ils ont du mal….

-         À quoi ?

-         A l’accepter comme chef d’équipe.

-         Quelles raisons invoquent ils ?

-         Son équipe…..n’accepte pas d’être commandée par un noir, voilà !

-         C’est impensable et en contradiction totale avec notre éthique

-         Nous le savons Monsieur mais…..mais l’ambiance est devenue invivable et le mal gagne les équipes voisines. Ce qui va aussi à l’encontre de notre éthique d’harmonie et de consensus.

-         Ah ! Oui c’est embêtant…..bien embêtant.

-         Personnellement nous n’avons rien contre lui, mais aujourd’hui avec la crise et tout, ça l’fait pas. Il vaudrait mieux que l’ambiance soit bonne, qu’en pensez vous ?

-         Bien sûr, bien sûr……….Monsieur le DRH êtes vous au courant de cette affaire ?

-         Oui évidement, j’essaie de calmer les esprits afin de faire respecter notre charte mais j’avoue mon impuissance

-         La personnalité de Monsieur M’Backi est elle en cause ?

-         Non, ni sa compétence. Simplement il serait balayeur il n’y aurait pas de problème. Comme chef d’équipe il est rejeté

-         Donc sur sa simple couleur de peau ?

-         Oui Monsieur c’est navrant mais je ne vois pas comment faire évoluer la mentalité des membres de son équipe. En attendant l’ambiance est plombée et la productivité baisse. Je suis bien en peine pour ramener la sérénité.

-         Que nous conseillez vous ?

-         Monsieur je pense que le mieux ne serait pas de licencier Monsieur M’Backi, ce qui serait contraire à notre éthique d’entreprise, mais ……..mais de lui conseiller de chercher un autre emploi. Bien sur nous lui laisserions le temps nécessaire.

-         Well, well situation délicate mais l’harmonie de la société est en jeu. Convoquez Monsieur M’Backi à mon bureau demain matin.

 

 

 

-         Monsieur M’Backi bonjour prenez place s’il vous plait. Je suis extrêmement embêté……..vous savez que nous vivons une crise très dure, notre chiffre d’affaires baisse alors il nous faut serrer les boulons, réduire nos coûts. Comme vous êtes parmi les derniers embauchés nous allons devoir nous passer de vos services. Attention nous ne vous licencions pas sèchement car tout le monde est satisfait de vous et ce serait contraire à notre éthique. Cherchez un travail tranquillement. Bien sur pas pendant un an (rire forcé).

-         Monsieur je ne suis pas surpris j’ai déjà vécu plusieurs fois cette situation. Tout le monde est content de moi, mais l’on fini toujours par me virer. Je n’ai pas les moyens de Michael Jackson pour me faire blanchir la peau, alors…….Ne vous inquiétez pas j’ai vu le complot se développer j’ai donc pris les devants. Je dois signer prochainement un CDI pour un poste de directeur dans une société au Congo. Ne vous inquiétez pas je ne resterai pas un an, ne vous inquiétez pas.

 

Monsieur M’Backi pleure en silence.

 

-         Ne vous inquiétez pas ce n’est pas grave j’ai l’habitude. Ne vous inquiétez pas. Au revoir Monsieur.

-         Au revoir Monsieur M’Backi, bonne chance.

 

 

Le 03 avril 2009.

03.06.2009

Gens de peu.

GENS DE PEU.

 

 

 

 

Gens de peu.

Gens de peine.

Votre sang lumineux

coule dans mes veines.

 

Dès l’enfance, plus de rêves

la réalité avec perversion

vous harcelait sans trêve

jusqu’à la soumission.

 

Belles et joyeuses servantes,

courageuses et lestes repasseuses

au travail toujours présentes,

pour eux, des paresseuses

 

Rustres et durs paysans,

fiers manouvriers d’antan

quelque soit vos talents

pour eux, des fainéants.

 

Anonymes acteurs du labeur

pourtant sans votre sueur

rien qu’un monde de laideur

souvenez en Messeigneurs.

 

De l’ombre à la lumière

je n’ai pas eu peur

quelque soit les manières

le noir reste ma couleur.

 

Souvent à vous je pense

Lorsque je me trouve

En des lieux d’insolence

où brille ce que je réprouve.

 

De toutes vos souffrances

je porte fièrement la vêture

jusqu’à l’ultime déchéance

de vos morts sans sépulture.

 

Filles mères repoussées,

pères inconnus repus,

obscurs étrangers rejetés,

pères loin disparus.

 

Êtres de chair et de sang,

d’amour et de souffrance

réduits au néant

d’une énergie de subsistance.

 

Vous êtes ma pierre

je le revendique aux cieux.

Sel de ma terre,

pour vous je lève les yeux.

 

Gens de peu.

Gens de rien.

Mes ancêtres miséreux

d’amour est notre lien.

 

 

Le 03 juin 2009.

15.05.2009

Plus de porte de sortie

PLUS DE PORTE DE SORTIE.

 

 

 

 

 

Plus de porte de sortie.

 

Les zèbres ont abandonné

le costume rayé, drôle !

 

Les girafes se repeignent

en orange, révolutionnaire !

 

Les crocos claquent des dents

le marigot est froid, bizarre !

 

Les lions se coiffent la crinière

avec la raie à gauche, surprenant !

 

Les éléphants font une cure

de rajeunissement, bidonnant !

 

Les vipères ne sifflent plus au

dessus de nos têtes, extraordinaire !

 

Les renards désertent les poulaillers

pour le désert, temporaire !

 

Les buffles ne se parent plus

Qui va les défendre, désillusion !

 

L’aigle souverain a défié le soleil

il a perdu la vue, crépusculaire !

 

Les humains amassent, amassent

pour gonfler leur ego, explosif !

 

Plus de porte de sortie.

 

 

Le 14 mai 2009.